Denis Sassou-Nguesso, né le à Edou., est un militaire et homme d'État congolais. Président de la république populaire du Congo de 1979 à 1992, il est l'actuel président de la république du Congo depuis 1997, après avoir renversé le président élu Pascal Lissouba dans les premiers mois de la guerre civile du Congo-Brazzaville.. Depuis , il est le président de la conférence des chefs d'États et de gouvernent de la CEMAC.

Biographie Famille Denis Sassou-Nguesso est né en 1943 à Edou, petit village aux environs d'Oyo, dernier enfant d'une fratrie dont le père est Julien Nguesso et la mère Émilienne Mouebara (morte en 1982). Il est marié à Antoinette Tchibota. et père de plusieurs enfants, issus de plusieurs femmes. On lui dénombre plus de avec plusieurs femmes dans des liaisons hors mariage. Il est notamment le père de Édith Bongo et de Denis Christel Sassou Nguesso et le grand-père de Omar Denis Junior Bongo.

Formation et carrière Il est élève à l'école primaire d'Édou, puis d'Owando, alors appelé Fort-Rousset. De 1956 à 1960, il est élève au collège normal de Dolisie (Mbounda) pour devenir instituteur.

Après l'obtention de son brevet, il passe avec succès un concours de sélection d'élèves-officiers de réserve. En 1961, il suit la préparation militaire supérieure à Bouar en Centrafrique, avant la formation de l'École interarmes des officiers de réserve de Cherchell en Algérie.

Rentré au Congo en 1962, il est reversé dans le cadre des officiers d'active avec le grade de sous-lieutenant. L'année suivante, il intègre l'École d'application de l'infanterie de Saint-Maixent-l'École. Il en sort avec le grade de lieutenant et devient parachutiste..

Il est l'un des premiers officiers du groupement aéroporté, premier bataillon parachutiste de l'armée congolaise, créé en 1965 sous le commandement du capitaine Marien Ngouabi.

De 1968 à 1975, il commande successivement le groupement aéroporté, les forces terrestres et la zone militaire de Brazzaville (ZAB), puis dirige la Sécurité d'État (services de renseignement du Congo). Il devient capitaine, puis commandant. Il deviendra par la suite colonel..

L'ascension politique (1968-1977) À partir du milieu des années 1960, Sassou Nguesso est dans la mouvance des officiers progressistes conduite par Marien Ngouabi, qui mène une fronde sourde contre le pouvoir de Massamba-Débat. Le l'Armée prend le pouvoir et le La date du 16 août n'est pas mentionnée dans cet article, qui évoque cependant le Conseil national de la révolution en novembre 1963 : un Conseil national de la révolution (CNR) est créé et investi de l'essentiel des pouvoirs. Il est dirigé par Ngouabi et Sassou Nguesso en est l'un des trente-neuf membres..

Le , il fait partie des membres fondateurs du Parti congolais du travail (PCT)., nouveau parti unique d'idéologie marxiste-léniniste, au pouvoir sous le nouveau régime de la république populaire du Congo.. Il devient membre du bureau politique après le congrès extraordinaire du PCT de .

La session extraordinaire du comité central du PCT qui se tient du 5 au met en évidence de fortes contradictions internes au sein du parti unique. Plusieurs décisions importantes sont prises. Joachim Yhombi-Opango, Martin M'beri et d'autres membres sont exclus du comité central. Le bureau politique est dissous et un état-major spécial révolutionnaire de cinq membres est institué. Il en reprend les pouvoirs jusqu'au prochain congrès extraordinaire du PCT. Sassou-Nguesso en est un des cinq membres, avec Marien Ngouabi, Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, Louis Sylvain-Goma et Jean-Pierre Ngombé. Louis Sylvain-Goma est nommé Premier ministre en remplacement d'Henri Lopes.

Le sur délégation du Conseil d'État, exécutif de la République qui réunit l'EMSR et d'autres corps constitués, il est nommé ministre de la Défense et de la Sécurité par décret présidentiel.

Le comité militaire du parti (1977-1979)

Le , Sassou-Nguesso prononce l'oraison funèbre de Marien Ngouabi. Le , le Comité militaire du parti (CMP) promulgue un acte fondamental qui abroge la Constitution de 1973. Sa structure définitive est rendue publique : Yhombi-Opango en est le président, et de droit président de la république du Congo. Sassou-Nguesso est le Premier vice-président, chargé de la coordination des organisations de masses du parti. Louis Sylvain-Goma, deuxième vice-président du CMP, est nommé Premier ministre et forme un gouvernement dans lequel Sassou-Nguesso conserve le poste de ministre de la Défense.

À partir du deuxième semestre de l'année 1978, il entre en conflit larvé avec Yhombi-Opango, cultivant dans l'opinion l'image d'un homme simple, affable, proche du peuple et fidèle à la ligne de Marien Ngouabi. La crise culmine avec la diffusion par le capitaine , partisan de Yhombi-Opango au sein du CMP, d'un document intitulé « Ce qui nous divise et les moyens de conjurer une crise dans un processus révolutionnaire » qui impute au ministre de la Défense les défaillances de la sécurité présidentielle de Ngouabi au moment de l'attentat et l'accuse de manœuvres pour saper l'autorité du président du CMP. Sassou-Nguesso exige et obtient la suspension du capitaine Anga pour diffamation.

En 1979, Yhombi-Opango, mis en minorité, est contraint d'accepter la dissolution du CMP et la fin de son mandat à la tête de la République.

Au sommet de l'État (1979-1990) En , le Parti congolais du Travail élit le colonel Denis Sassou-Nguesso président de son comité central, et de droit président de la République pour cinq ans. Louis Sylvain-Goma est nommé Premier ministre, et conserve lui-même le poste de ministre de la Défense. Le , il fait adopter par référendum une nouvelle Constitution..

La mise en production de nouveaux gisements pétroliers en 1981 et 1982 (Yanga, Sendji) accroît significativement les recettes de l'État et procure une certaine prospérité au pays. Le gouvernement porte l'âge de la retraite de 50 à , augmente légèrement les salaires des fonctionnaires et la bourse des étudiants et lance un plan quinquennal de développement ambitieux (1982-1986). Celui-ci vise à aménager le territoire et permettre le décollage économique du pays. Plusieurs routes et ponts sont construits, ainsi que de nombreux édifices publics dans les principales villes du pays. Les entreprises publiques reçoivent d'importantes subventions pour assurer leur relance. La CORAF, raffinerie nationale, entre en production en 1982.

Ses rapports avec la France sont amicaux, tant avec le gouvernement de Giscard d'Estaing qu'avec celui de Mitterrand. Les gisements pétroliers sont exploités par la compagnie française Elf qui n'a à reverser au Congo que 17 % des revenus déclarés du brut.

À mi-parcours, la chute des cours du pétrole conduit à l'abandon de plusieurs projets inscrits dans le plan. Dans le domaine économique, les résultats sont mitigés, la plupart des entreprises peinant à être rentables. En outre, la politique de grands travaux publics a eu pour effet, l'aggravation des pratiques de corruption. L'État qui a financé le plan quinquennal par l'endettement extérieur, fondé sur les espérances des recettes pétrolières futures, a du mal à supporter le service de la dette.

Le congrès ordinaire du PCT de 1984 réélit Sassou-Nguesso à la tête du pays pour cinq années. Il assume également les fonctions de chef du gouvernement et de ministre de la Défense. Le numéro deux du régime, Thystère-Tchicaya, est démis de ses fonctions et mis en résidence surveillée. Le président nomme Ange Édouard Poungui Premier ministre.

En 1985-1986, sous la pression des institutions de Bretton Woods, il adopte un programme d'ajustement structurel (PAS), avec le gel des avancements et des recrutements dans la fonction publique. Certains monopoles d'État sont supprimés. Il obtient un ainsi un rééchelonnement des dettes vis-à-vis de ces institutions. Un accord de rééchelonnement de la dette est également signé avec le Club de Paris.. En , il promulgue le Code de la famille, combinaison du Code civil et des différents usages coutumiers..

En , il est élu à la tête de l'Organisation de l'unité africaine pour une année, dans une période marquée par l'engagement de l'OUA contre l'apartheid et en faveur de la libération de Nelson Mandela..

En , un « complot » contre Sassou-Nguesso est découvert et l'ancien président Yhombi-Opango, libéré trois ans plus tôt, est arrêté, ainsi que d'autres personnalités militaires et civiles, de l'ethnie kouyou pour la plupart : (Henri Eboundit, Jean-Michel Ebaka, Lecas Atondi-Momondjo, etc.). Ils sont accusés d'atteinte à la sûreté de l'État. L’ancien aide de camp de Marien Ngouabi, Pierre Anga, niant toute implication, se réfugie dans la forêt proche d'Ikonongo et entre en rébellion à Owando, dans le nord du pays. Il est abattu un an plus tard par l'armée. La traque d'Anga s'accompagne de grandes brutalités sur les habitants du pays kouyou de la part des militaires..

En se tient le ordinaire du PCT. SassouNguesso est reconduit à la tête du parti et de l'État pour cinq ans. Il conserve les fonctions de chef du gouvernement et de ministre de la Défense. Il nomme Alphonse Souchlaty-Poaty, au poste de Premier ministre.

L'ouverture démocratique (1990-1992)

En , le président monte une commission ad hoc chargée de réfléchir aux changements en cours dans les pays d'Europe de l'Est et leurs implications au niveau national. En , l'ancien Premier ministre Poungui démissionne du PCT. En , lors du sommet France-Afrique à La Baule, François Mitterrand invite les dirigeants africains à libéraliser la vie politique et annonce que l'aide française sera désormais assujettie aux efforts de démocratisation de chaque pays africain.

Début , le comité central du PCT décide de la séparation du parti et de l'État, définit le multipartisme comme un objectif à atteindre après une phase de transition..

Le congrès de la Confédération syndicale congolaise (CSC) de s'ouvre sur la déclaration d'indépendance du syndicat unique vis-à-vis du PCT. Les délégués réclament la hausse des salaires, ainsi que le dégel des avancements dans la fonction publique, et s'invitent sur le champ politique en exigeant une ouverture démocratique immédiate. Il suspend alors le congrès de la CSC et en dissout le comité directeur. Il constitue un directoire provisoire, qui a à sa tête Simon-Pierre Gouoniba-Nsari. Le secrétaire général de la CSC, , réplique en appelant les travailleurs à une grève générale. Celle-ci est suivie par tous. Sassou-Nguesso demande à l'armée de mater les dirigeants syndicaux, mais il se heurte au refus du général Mokoko, chef d'état-major général des FAC. Au bout de trois jours de paralysie générale du pays, il est contraint de céder. La CSC peut reprendre son congrès et le pouvoir lui donne satisfaction sur toutes ses revendications.

Sous la pression, le PCT annonce en septembre l'instauration immédiate du multipartisme et la prochaine convocation d'une conférence des partis. Il annonce un congrès extraordinaire du parti unique en décembre pour entériner la nouvelle donne. Une loi sur les partis, autorisant la création d'autres partis politiques, est votée par l'Assemblée nationale.

Dans les mois qui suivent la libéralisation de la vie publique, et surtout en 1992, une multitude de partis et associations politiques sont créées. Aussi bien par les opposants de longue date que par des personnalités qui, précipitamment, prennent leurs distances avec le PCT. La contestation sociale grandit et des grèves sectorielles éclatent dans le pays, affectant à la fois l'économie et l'administration (industrie pétrolière, transport, écoles, université, etc). Plusieurs journaux privés voient le jour, dont beaucoup se positionnent contre Sassou-Nguesso et le PCT. L'impopularité du président atteint des sommets dans l'opinion.