thumb|285px|FIAT G.50B d'entraînement biplace Le FIAT G.50 Freccia est un avion de chasse italien de la Seconde Guerre mondiale conçu par l'ingénieur aéronautique italien Giuseppe Gabrielli du bureau d'études de FIAT Aviazione situé à Marina di Pisa, en Toscane.

Conception Dans l'histoire de l'aviation italienne le FIAT G.50 a été le premier chasseur monoplan entièrement métallique et doté d'un train rétractable pour la Regia Aeronautica, l'armée de l'air du roi d'Italie.

L'étude du G.50 a représenté un changement majeur pour FIAT Aviazione qui s'était appuyée jusqu'alors sur l'ingénieur en chef Celestino Rosatelli pour la conception de ses avions militaires. Indépendamment de l'étude de Gabrielli, la conception du chasseur fut influencée par les contraintes du cahier des charges visant à doter la Regia Aeronautica (l'armée de l'air du royaume d'Italie) d'un avion d'interception moderne.

Giuseppe Gabrielli a débuté l'étude du G.50 en Avions Militaires 1919–1939 – Profils et Histoire (1979)Air International (Mai 1988). Sa conception était à la pointe de la technologie pour l'époque. Lors de sa présentation, il était le chasseur le plus avancé produit en Italie. La construction de deux prototypes a commencé au cours de l'été 1936. Sa fabrication a été confiée à « CMASA » (Costruzioni Meccaniche Aeronautiche S.A.), une filiale de FIAT Aviazione implantée à Marina di Pisa, dans la banlieue de Pise, en Toscane.

Un prototype du G.50 a été présenté en 1936 au concours organisé par le ministère de l'Air italien pour équiper la Regia Aeronautica, avec 6 autres avions dont le Macchi C.200. Le prototype a été adopté après quelques modifications, notamment le train et l'armement. du G.50 et ses variantes ont été construits au total.

Le premier exemplaire (MM 334) effectua son premier vol le équipé du moteur FIAT A.74 RC.38 développant 840 ch piloté par le commandant Giovanni de Briganti, pilote d'essai en chef du programme G.50. Cet appareil disposait d'un cockpit fermé. Au cours de ce vol, le prototype a atteint une vitesse de pointe de 472 km/h (255 nœuds) et une altitude de () en 6 minutes et 40 secondesMalizia (2004). En , il est officiellement dévoilé au public au Salon aéronautique international de MilanCattaneo (1967)

Une de 50 appareils est passée à FIAT Aviazione et sa filiale CMSA (Costruzioni Meccaniche Aeromautiche SA) de Marina di Pisa, en Toscane mais avec des cockpits ouverts et partiellement fermés. Les livraisons ont débuté en . Seules les versions G.50B d'entrainement ont été dotées d'une longue verrière.

Engagements Le FIAT G.50 a été largement utilisé par la Regia Aeronautica sur plusieurs fronts, notamment en Europe du Nord, en Afrique du Nord, dans les Balkans et en Italie continentale. Il se heurta le plus souvent aux Hawker Hurricane de la Royal Air Force britannique, le seul suffisamment rapide pour lutter contre l'avion italien. Mais, au début de la Seconde Guerre mondiale, le FIAT G.50 a souffert d'un armement inadéquat, composé d'une paire de mitrailleuses Breda-SAFAT de 12,7 mm. Les modèles suivants ont incorporé quelques améliorations, notamment une augmentation de la capacité de carburant qui donna lieu à une augmentation substantielle de l'autonomie.

Lors de sa mise en service, le FIAT G.50 a été unanimement considéré comme un avion extrêmement maniable et souvent comme l'un des meilleurs chasseurs italiens. Cependant, au début de la Seconde Guerre mondiale, l'évolution rapide de l'aviation a contribué à ce que ce type d'appareil soit devenu sous-motorisé et sous-armé par rapport aux nouveaux chasseurs de première ligne construits et utilisés par les grandes puissances en guerre.

La Regia Aeronautica a utilisé le FIAT G.50 Freccia comme avion intercepteur, d'attaque au sol et d'escorte de convois et de bombardiers. 250 exemplaires G.50 lui ont été livrés. En 1940, FIAT présente le FIAT G.50 bis, une évolution du G.50 comportant un fuselage reprofilé, un cockpit modifié, des réservoirs de plus grande capacité et d'une protection par blindage. 420 exemplaires lui ont été livrés plus une dizaine à la Croatie.

Le FIAT G.50 a été exporté vers plusieurs clients étrangers, en Croatie et en Finlande, où ils ont servi avec distinction pendant la guerre d'hiver de 1939-1940 et la guerre de continuation de 1941-1944 contre l'Union soviétique. En service en Finlande, le type a atteint un ratio de destruction/perte sans précédent de 33/1Arena (1996).

Espagne Début 1938, les premiers chasseurs FIAT G.50 Freccia de présérie ont servi dans la Regia Aeronautica et au sein de sa branche expéditionnaire lors de l'Intervention militaire italienne en Espagne, l'Aviazione Legionaria, pendant la guerre civile espagnole, où ils se sont distingués par leur vitesse et maniabilité face à leurs adversaires Polikarpov I-15bis et I-16 soviétiques et les Dewoitine D.371 français. Il en était de même pour les bombardiers Savoia-Marchetti SM.81 et FIAT BR.20Gunston (1988)Ethell (1995).

12 exemplaires ont été envoyés en Espagne en , combattant aux côtés des forces nationalistes du général Franco pour les juger en conditions réelles. À la fin de la guerre civile, les FIAT G.50 italiens ont été remis à des pilotes espagnols qui participèrent ensuite aux combats au Maroc pour étendre le protectorat espagnol après la chute de la France en 1940. Cattaneo résuma ainsi l'expérience : « On semble avoir tiré peu de leçons, car rien n'a été fait pour augmenter l'armement ».

Les 11 exemplaires qui avaient appartenu à l'Aviazione Legionaria italienne détachée en Espagne ont été intégrés dans le Grupo de Caza 27 de l'Ejército del Aire, avec quelques Heinkel He 112 allemands. Le dernier exemplaire FIAT G.50 Freccia était encore opérationnel début 1943.

France Le , lorsque l'Italie publie sa déclaration de guerre contre la France et la Grande-Bretagne, elle disposait de 97 FIAT G.50 opérationnels pour la plupart affectés au Stormo (escadre) basés à l'aéroport de Ciampino, près de Rome et à l', près de Pise. Les G.50 sont entrés en action, suivis de 48 autres appareils. Les opérations des premiers jours furent sporadiques et variées, servant souvent d'escorte aux bombardiers Savoia-Marchetti SM.79 en mission d'attaque contre les ports et les aérodromes corses. Ces opérations prirent rapidement fin après que la France ait signé les armistices des 22 & 24 juin 1940, capitulant officiellement devant les puissances de l'Axe.

Angleterre En , le Groupe de la escadre (escadrons 351/352/353), commandé par major , comprenant 48 chasseurs FIAT G.50, est affecté au Corpo Aereo Italiano (CAI - Corps aérien italien) basé en Belgique, aux côtés du Groupe équipé de FIAT CR.42, pour soutenir la Luftwaffe lors de la bataille d'Angleterre. Il disposait de bombardiers, d'avions de reconnaissance et de chasseurs d'escorte. Les tâches d'escorte des bombardiers FIAT BR.20 étaient assurées uniquement par les biplans FIAT CR.42. Début , le CAI est rapatrié en Italie, mais le Groupe et ses FIAT G.50 sont restés en Belgique intégrés dans la Luftflotte 2 jusqu'à la mi-avril pour des missions de surveillance et d'urgence. Avec les FIAT G.50, le CAI a effectué 429 sorties, 34 escortes et 26 missions d'urgence. Après le , ils n'ont plus été engagés dans les combats contre l'aviation ennemie.

Grèce À partir du , premier jour de la campagne d'Italie en Grèce, les Balkans ont représenté un important théâtre d'engagement pour les FIAT G.50. 80 (ou 60, selon les auteurs) des 92 avions à aile basse déployés par la Regia Aeronautica comprenaient 48 FIAT G.50 (, 12 monoplans FIAT et biplans FIAT CR.32. Dans les Balkans, le FIAT G.50 a connu de beaux succès, notamment contre les biplans britanniques Gloster Gladiator.

Au cours de la campagne de Grèce, la Regia Aeronautica a enregistré uniquement 10 avions G.50 perdus, abattus et détruits dans des bombardements contre 21 avions ennemis abattus.

Afrique du Nord Le FIAT G.50 Freccia a opéré intensivement en Afrique du Nord. Les 27 premiers FIAT G.50 sont arrivés en Libye le , en provenance des bases aériennes de Brindisi et de Grottaglie (Tarente). Ils sont intervenus lors d'un premier combat le . Les G.50, qui ont beaucoup été sollicités, notamment en 1941 où, passés de 27 à 80 en octobre, ont réussi à l'emporter sur les Hawker Hurricane, qui étaient plus rapide et mieux armés. Le , une nouvelle unité de 31 appareils, commandée par le major Luigi Bianchi, arriva en Libye avec 31 monoplans FIAT G.50bis flambant neufs.

Une version spécifiquement conçue pour l'assaut, le FIAT G.50bis A, doté d'une plus grande envergure et d'un armement plus lourd grâce à l'ajout de deux sections d'aile supplémentaires abritant chacune une mitrailleuse de 12,7 mmNino Arena - Stormo Assalto, n'a fut pas produite en grande série. Mais dans le rôle d'attaque il fut beaucoup utilisé jusqu'au , date de l'armistice de Cassibile.

Campagne en Italie, en Sicile et au Dodécanèse Le FIAT G.50 a opéré en Méditerranée lors de missions d'escorte de 1941 jusqu'aux derniers jours de la guerre, contribuant à couvrir la « route de la mort » vers la Tunisie. Il est resté en première ligne, comme avion d'attaque, jusqu'à la fin de la guerre, participant massivement aux opérations aériennes au-dessus de la tête de pont anglo-américaine en Sicile à partir du .

À cette époque, le G.50 était déjà obsolète, comme chasseur et chasseur-bombardier. Contrairement au CR.42, il n'était pas adapté aux opérations de nuit. Il fut néanmoins utilisé pour des missions de couverture navale sur les routes de Sicile et de Sardaigne, des attaques au sol (avec ou sans escorte), des opérations d'assaut, des attaques légères sur des navires et d'autres missions de première ligne. Il a été aussi modifié au sein des unités pour en faire un avion de reconnaissance photographique. Environ 25 exemplaires du FIAT G.50 ont été saisis par l'armée nazie dans les Balkans (beaucoup d'autres exemplaires ont aussi été « récupérés », principalement à Rhodes et en Albanie). Certains appareils qui servaient d'intercepteurs ont été remis à l'armée de l'air croate.

Force aérienne nationale républicaine Après l'armistice de 1943, 4 appareils en parfait état ont été utilisés par l'Aeronautica Nazionale Repubblicana, étroitement liée à la Luftwaffe en Italie du Nord, pour l'entraînement.

Aeronautica Militare À la fin de la guerre, il ne restait qu'un seul FIAT G.50 biplace en service dans l'Aeronautica Militare, l'armée de l'air de la République italienne. Il s'agissait d'un modèle argenté, orné de six cocardes tricolores, utilisé pour l'entraînement à l'école aéronavale de Brindisi.

Finlande thumb|250px|FIAT G.50 série des forces aériennes finlandaises