thumb|William Hogarth, 1732 environ, scène d’hyperalcoolisation.

Le , beuverie express Commission générale de terminologie et de néologie, Journal officiel de la République française du .. ou hyperalcoolisation rapide est un mode de consommation excessif de boissons alcoolisées sur une courte période de temps, par épisodes ponctuels ou répétés.

Ce type de comportement, dans lequel l'état d'ivresse est recherché rapidement, est considéré comme une dépendance ou une dipsomanie, dès lors que la dépendance à l'alcool sous forme épisodique est établie. Sur le plan physique, ce type d'alcoolisation occasionne des lésions cérébrales notamment au niveau de la substance blanche pouvant avoir des conséquences neurologiques majeures et définitives.

Pratiquée par des jeunes qui « jouent » à tester leurs limites comme et dans la mesure où cette conduite peut entraîner un coma éthylique mortelDijon : mort au bout d'une soirée d'alcool : « L'autopsie a révélé une très forte alcoolisation de la victime, plus de de bière dans la journée, en attendant la fête du soir, où il aurait pratiqué un jeu à boire… il aurait consommé de nouveau de la bière, du whisky et de la vodka…jusqu'à en mourir »., le est un comportement ordalique.

Sémantique On trouve d'autres expressions variées renvoyant à la même pratique : « alcoolisation massive » selon le Ministère de la Santé françaishttp://www.sante.gouv.fr/ouverture-de-la-conference-de-presse-prevention-alcool-des-jeunes.html Dans un discours de 2008 du ministre de la Santé, le ministre de la Santé emploie le terme.., « intoxication alcoolique aiguë » selon le rapport sur le sujet par les sénateurs Reichardt et BouchouxLe texte intégral du rapport est disponible sur le site du Sénat.. L'Académie nationale de médecine (France) emploie le terme d'« hyperalcoolisation » ou, pour être précise, d'« intoxication alcoolique aiguë »., d'autres médecins parlant d'« alcoolisation paroxystique intermittente ».. Le Grand Dictionnaire terminologique de l’OQLF parle d'« hyperalcoolisation rapide ». L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies parle d'« alcoolisation ponctuelle importante » (API)Alcool, tabac et cannabis durant les années lycée, Tendances, novembre 2013, OFDT..

En France, des reportages ont défini le comme « biture express ».., « chaos éthylique » ou encore « alcool défonce » et ont tenté de cerner le phénomène en décrivant les comportements sociaux associés (fêtes d'étudiants, regroupements de jeunes avec beuveries sur la voie publique, etc.).

La Commission d'enrichissement de la langue française a proposé l'expression « beuverie express »..

Tendance Au Royaume-Uni et en Irlande, le est considéré comme un problème majeur de santé publiqueCf. les Anglais boivent trop et risquent la démence ! dans le Dossier Binge Drinking, source : Le Post..

Aux États-Unis, près de 25 % des Américains ont déjà pratiqué le NSDUH survey shows almost one quarter of americans report binge-drinking in the past month. National Survey on Drug Use and Health (NSDUH).. De grandes universités ne sont pas épargnées : dans les années 1990 les enquêtes sur l'alcoolémie étudiante faites par le département santé publique de l'université Harvard auprès de 119 étudiants suivis ont conclu que, de 1993 à 2001, le taux d'étudiants concernés a peu changé (en 2001 environ 2 étudiants sur 5 (44,4 %) déclaraient avoir consommé de l'alcool de manière excessive, un taux presque identique à celui des trois enquêtes précédentes), mais les taux d'abstinents et de buveurs occasionnels ont augmenté ("polarisation de comportement") à partir de 1997. La fréquence des beuveries a fortement augmenté dans les sections entièrement féminines, comme la consommation excessive et les dommages chez les buveurs. Un plus grand nombre d'étudiants ont dit avoir été confrontés à des efforts d'éducation de la part de l'université ainsi qu'à des sanctions résultant de leur consommation d'alcoolWechsler, H., Lee, J. E., Kuo, M., Seibring, M., Nelson, T. F., & Lee, H. (2002). Trends in college binge drinking during a period of increased prevention efforts: Findings from 4 Harvard School of Public Health College Alcohol Study surveys: 1993–2001. Journal of American college health, 50(5), 203-217..

En France, il est en augmentation rapide chez les adolescents depuis 2003. Le département de Loire-Atlantique est particulièrement touché par le phénomènela consommation excessive d'alcool des jeunes de la Loire-Atlantique, Anne Tallec, Observatoire régional de la santé et du haut conseil de la santé publique : 42 % des jeunes de 18-25 ans ont déclaré au moins 3 ivresses au cours des 12 derniers mois.. Fin , un « plan alcool » a été mis en place par la préfecture pour prendre des mesures.. Selon le Docteur Anne Tallec, le phénomène est avant tout culturel : « L’alcool est ancré dans les familles et ne fait pas peur aux parents Journal 20 minutes, 6 octobre 2008.. » Pour le Georges Picherot du centre hospitalier universitaire de Nantes, il correspond plutôt à une situation de détresse chez les adolescentsChez les jeunes ados, le correspond à une situation de détresse, Libération.. Selon un animateur de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, le caractère ludique du phénomène attire les jeunes dans le milieu étudiant sans se soucier des conséquences physiques.

Nature et origine du phénomène Chez les plus jeunes, la biture express

Définition des seuils La quantité d'alcool nécessaire pour atteindre l'état hyperalcoolique, ou l'« orgie » d'alcool (le ), ne fait pas encore consensus au niveau international Key Facts and Issues, International Center for Alcohol Policies. Le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) des États-Unis propose la définition suivante du , la « 5/4 definition » : « L'hyperalcoolisation est un modèle de consommation d'alcool avec une alcoolémie égale ou supérieure à d'alcool par litre de sangSoit le taux légal pour les États-Unis et le Canada ; en France, il est de .. Pour l'adulte commun, il correspond à la consommation de cinq verres ou plus (hommes) ou de quatre verres ou plus (femmes), sur une durée de deux heures environ. L'intoxication alcoolique aiguë est clairement dangereuse pour le consommateur d'alcool et pour la sociétéLe conseil consultatif national du NIAAA a approuvé cette définition de l'hyperalcoolisation le 5 février 2004. NIAAA Publications - The Scope of the Problem.. » Il s'agit ici de « verres standards » dont la contenance exacte varie significativement suivant les pays. Ainsi, l'Organisation mondiale de la santé recommande une base de d’alcool pur pour définir l'unité d'alcool ou le verre standard comme instrument de mesureInternational guide for monitoring alcohol consumption and related harm : Consideration of the use of 10g ‘units’ or standard drinks as a means of reporting drinking data is also recommended as an aid to international communication of epidemiological and other scientific research.2340.fr - Évaluer sa consommation d'alcool, campagne d'information des alcooliers. En France, l'unité d'alcool est indiquée sur les bouteilles de bière..

Selon une étude, boire deux à trois fois les quantités définies par la NIAAA en une seule occasion, est considéré comme de l’extreme drinking. Aux États-Unis, ce phénomène n'est pas isolé : 20 % d'étudiants américains ont déclaré boire plus de dix verres standards pendant au moins une journée (8 verres pour 10 % des étudiantes), ce qui représente le double du standard. Pour ce qui est de tripler celui-ci : 8 % d'étudiants ont déclaré 15 verres et 2 % d'étudiantes, 12 verresFOXNews.com - Extreme Drinking, Alcohol Abuse Common Among College Students - Health News | Current Health News | Medical News, From Binge Drinking to Extreme Drinking : étude en 2003, portant sur plus de étudiants de 14 universités américaines, publiée en juin 2006 dans le journal Alcoholism: Clinical and Experimental Research.. Selon un sondage de 2004 de l'American Medical Association, 91 % des parents américains pensent qu'il est temps de mettre un terme aux pratiques marketing qui promeuvent les beuveries durant le spring break Spring Break Dangers - Spring Break is Potentially Life Threatening.. L'étudiant typique déclare boire à cette occasion 18 verres par jour (10 pour les femmes). Plus de la moitié des hommes et 40 % des femmes boivent jusqu'à se rendre malade ou s'évanouir au moins une foisBinge Drinking Fact Sheet : selon une publication de l'American College Health de mai 1998..

Le rapport détaillé « Vital Signs » des « Centers for Disease Control and Prevention » concernant la consommation d’alcool aux États-Unis révèle qu’un adulte américain sur six, soit plus de 38 millions d’Américains se livrent au en moyenne quatre fois par mois et qu’ils peuvent boire jusqu’à 8 verres..

Risques et conséquences à court, moyen et long terme vignette|Troubles de l'ordre public à Stonehenge au cours d'une beuverie. vignette|Intoxication alcoolique aiguë : prise de pouls sur la voie publique.

Effets immédiats et de courts termes En ingérant une grande quantité d'alcool en un court laps de temps afin d'atteindre l'état d'ivresse le plus rapidement possible, l'adepte du , qui peut mélanger plusieurs types d'alcools plus ou moins forts (prémix, cocktails), met sa santé (voire sa vie en cas de coma éthylique) et celle des autres en danger.

Cette pratique peut impliquer des complications sociales et sanitaires : conduite en état d'ivresse, violences urbaines, pugilats, violences verbales, viols, rapports sexuels non-protégés avec risque de grossesse et de transmission d'ISTs, rupture de la vessie sous-péritonéale, urémie élevée. À propos des viols et contacts sexuels non-désirés, une récente étude montre un taux de 60 % de risque chez des adolescentes dans le comté de New York, États-Unishttps://www.upi.com/Health_News/2011/12/08/Binge-drinking-linked-to-sex-assault/UPI-64691323327625/..

La conséquence la plus grave sur un plan médical est l'intoxication alcoolique aiguë qui peut mener aux risques mortels du coma éthylique, soit entre 2 et d'alcool par litre de sang selon les individusLes jeunes face au risque alcool : États généraux de l'alcool, selon le Baromètre Santé 2000. aussi les conséquences sanitaires..

Effets à moyens et long termes des lésions de la substance blanche du cerveau ont été mises en évidence par le Tapert de l’université de Californie, grâce à l'IRM chez 18 volontaires (dont la moitié d'adolescents) adeptes du Wiley InterScience - Altered White Matter Integrity in Adolescent Binge Drinkers et l'électroencéphalogramme présente des anomalies graves spécifiquement corrélées au Binge drinking"Binge drinking was associated with massive ERP impairments, starting at the perceptive level (P100/N100 and N170/P2) and spreading through the attentional (N2b/P3a) and decisional (P3b) ones. Moreover, these deficits were linked with global alcohol intake and also with the specific binge-drinking consumption pattern". ; in Maurage, P., Joassin, F., Speth, A., Modave, J., Philippot, P., & Campanella, S. (2012). Cerebral effects of binge drinking: respective influences of global alcohol intake and consumption pattern. Clinical Neurophysiology, 123(5), 892-901.. L'atteinte fonctionnelle à court et moyen terme de la fonction cérébrale est également rapportée et étudiée. Des effets électrophysiologiques à court terme, qui a été constaté chez ceux qui pratiquent les "beuveries étudiantes". Les anomalies de latence observées sont , elles Maurage, P., Pesenti, M., Philippot, P., Joassin, F., & Campanella, S. (2009). Latent deleterious effects of binge drinking over a short period of time revealed only by electrophysiological measures. Journal of psychiatry & neuroscience: JPN, 34(2), 111..