Le système éducatif au Québec comporte principalement quatre niveaux d'enseignement : l'enseignement préscolaire et primaire, secondaire, collégial et universitaire. À ces niveaux se rattachent la formation professionnelle, la formation générale des adultes et la formation continue.
L'éducation étant une compétence provinciale au Canada, le système d'éducation au Québec est administré par le gouvernement du Québec par le biais du ministère de l'Éducation et du ministère de l'Enseignement supérieur. Ces derniers assurent le pilotage d'un système éducatif qui se distingue à plusieurs niveaux de ceux des autres provinces et territoires du Canada.
Durant l'année scolaire 2010-2011, fréquentaient, à temps plein ou partiel, ce système d'éducation. De ce nombre, environ 31 % fréquentaient le niveau préscolaire/primaire, 25 % le niveau secondaire, 17 % la formation générale des adultes, 12 % le niveau collégial et 16 % le niveau universitaire.
La fréquentation scolaire est obligatoire de l'âge de 6 ans (âge du à la 1 année du primaire) jusqu'à l'âge de 16 ans (âge normalement atteint par les élèves lors de leur ou du secondaire selon leur date de naissance) ou l'obtention d'un diplôme d'études secondaires (DES). Le premier niveau est l'enseignement primaire d'une durée de 6 ans. Le deuxième niveau est l'enseignement secondaire d'une durée de 5 ans. Ces deux niveaux sont gérés par les 61 centres de services scolaires (60 francophones et 1 de statut particulier) et les 11 commissions scolaires (9 anglophones et 2 de statut particulier).. Elles sont chargées des écoles préscolaires et primaires, secondaires, des centres de formation générale des adultes et des centres de formation professionnelle.
Le troisième niveau correspond à l'enseignement collégial. Il y a 119 établissements qui offrent l'enseignement collégial dont, 48 collèges d'enseignement général et professionnel (cégep) et 11 collèges gouvernementaux. Les programmes y sont d'une durée normale de deux ans (préuniversitaire) ou trois ans (technique). Le quatrième niveau d'enseignement correspond au niveau universitaire. Le Québec possède 19 universités, dont 16 de statut linguistique français et trois de statut linguistique anglais. De ce nombre, 10 universités sont publiques et rattachées au réseau de l'Université du Québec.
Histoire
L'éducation comme responsabilité d’ordre privé (1608-1800)
Comme toute colonie en période d’équipement, les institutions de la Nouvelle-France sont à l’image de celles de sa métropole. L’éducation, à l’instar des services sociaux et de la santé, est d’abord une « responsabilité morale » qui incombe au clergé et c’est l’évêque qui en dirige les destinées. C’est pourquoi on ne peut parler « d’administration scolaire » au sens moderne du terme, pas plus qu’il ne faut chercher quelques structures locales ou régionales. En un mot, le système scolaire sous le Régime français est entièrement privé.
L’État reconnait cette « responsabilité morale » confiée au clergé en lui accordant un financement qui, toute proportion gardée, correspond aux besoins de la société de l’époque en matière de santé et d’éducation. Cette contribution de l’État comporte trois sources principales. La première consiste en une subvention annuelle qui, en 1744, constituait 11,5 % du budget total de la colonie. Il faut dire toutefois que cette subvention annuelle - à l’instar du budget de la colonie elle-même - n’était pas toujours versée de manière régulière. La deuxième source de financement provient des revenus des seigneuries qui ont été données au clergé par le roi. S’il est difficile d’en évaluer le montant, il demeure qu’au début du , « près de la moitié des censitaires canadiens relèvent de seigneurs ecclésiastiques ».. Enfin, on retrouve les dimes dont les taux sont fixés par l’État qui veille, par ses tribunaux, à assurer sa perception. De plus, on ne saurait négliger les revenus générés également par les fondations établies par la fortune privée, surtout en ce qui a trait à la période qui précède l’établissement du gouvernement royal (1660).
À la différence de ce que l’on observera sous le Régime anglais, on n’assistera pas à l’éternel conflit entre l’Église et l’ÉtatIl faut dire qu’à cette époque, l’État - au sens moderne du mot - vient à peine d’émerger en Europe et qu’il constitue une réalité encore balbutiante dont la forme de gouvernement demeure la monarchie. pour le contrôle de l’éducation. À cette époque, selon le mot de l’historien Guy Frégault, bureaucrates et ecclésiastiques « regardent la Cour non pas comme l’adversaire à qui il faut tenir tête, mais comme l’arbitre auquel il est sage de porter sa cause ».. Il ne faut pas perdre de vue que la population est peu importante et que les trois principales agglomérations du temps (Québec, Montréal et Trois-Rivières) ne regroupent que le quart de la population qui, en 1663, s’élevait à environ personnes. Après la conquête En 1760, au lendemain de la Conquête, la Nouvelle-France ne compte que personnes. Elle est pratiquement en ruine, coupée de tout contact financier et matériel avec le royaume de France. Les seules contacts sont par lettre entre le clergé et les lettres sont écrites avec prudences, car des paquets de lettres sont saisis; afin de ne pas risquer de froisser les dirigeants anglais en plus d'une interdiction totale de tolérer toute influence qui vient de France, de faire venir des membres du clergé, du personnel enseignant, religieuses, d'importer des livres scolaires comme tout autre matériel comme pour les tissus spéciaux pour voiles ou les vêtements que portaient les religieuses qui devaient faire preuve d'imagination afin de confectionner leur uniformes avec d'autres tissus non appropriés. Selon l'historien Robin S. Harris, les étudiants anglophones n’eurent aucune difficulté à se procurer des livres dans leur langue venant de l’Angleterre ou des colonies anglaises du sud. Quant aux francophones, les importations des livres en français furent interdits entre 1760 et jusqu'à environ 1850A History of Higher Education in Canada 1663-1960 Harris, Robin. pp87-88. Du matériel scolaire fut probablement apporté de France en de rares occasions et de façon pas très légale. En 1836, Jean Holmes fut autorisé à faire un voyage en Europe en passant par l’Angleterre et put ramener des livres et autres instruments afin d'aider quelque peu les institutions d'éducation. D'autre articles furent quelquefois amenés en contrebande et saisis à l'occasion.
Les premières législations scolaires (1801-1840) left|120px|Académie loyaliste anglaise d'Eaton Corner en EstrieAcadémie d'Eaton Corner, sur le site patrimoine-culturel.gouv.qc.ca.Jusqu’en 1801, l’enseignement est laissé entièrement à l’initiative privée. En 1789, un comité d’enquête avait proposé la création par l’État d’un réseau d’écoles primaires et secondaires anglaises que couronnerait la fondation d’une université non confessionnelle et d’où, par conséquent, l’enseignement de la théologie serait exclu. Le but était d'angliciser les francophones et qu'ils deviennent progressivement de bons protestants. Ce projet est repoussé par les milieux catholiques et les canadiens-français qui s’opposent à la création d'écoles anglaises et protestantes et d’une université anglaise non confessionnelle. Les populations locales n'avaient pas d'autorité sous le système de l’Institution royale, car la permission pour l’établissement d'une école relevait du gouverneur.
La loi des écoles de syndics de 1829 Puis, la loi des écoles de fabrique a ouvert la porte à l’intervention des communautés locales dans le domaine scolaire. L'école de fabrique de Saint-François située à Saint-François-de-l'Île-d'Orléans est un bâtiment patrimonial, reflétant l'école paroissiale à cette époque.. thumb|École de fabrique de Saint-FrançoisLa fonction de la fabrique demeurait l’administration des biens de la paroisse; église, presbytère, cimetière et école. Cette institution était administrée par un conseil comprenant le curé et des laïques, nommés marguilliers, choisis de façon différente d’une paroisse à l’autrehttp://mail.patrimoine-religieux.qc.ca/fr/activites/conferences/pdf/publications/archives/2009-janv_Diocese-Montreal_Role-du-marguillier.pdf. La loi des écoles de syndics de 1829 crée un nouveau système public d’écoles élémentaires financées à la fois par les parents des élèves, par les communautés locales et par le gouvernement colonial. Le gouvernement maintient par ailleurs les anciens réseaux de l’Institution royale et des écoles de fabrique. En 1841 l'union des deux Canada forme la Province du Canada unilingue anglaise entre 1841 et 1843 dont le gouverneur est Charles Metcalfe entre 1843 et 1845. Les communautés locales sont désormais impliquées dans le fonctionnement d’un réseau scolaire, les écoles de rang se multiplienthttps://www.journaldequebec.com/2025/05/18/photos-voici-10-choses-a-savoir-sur-lepoque-des-ecoles-de-rang-au-quebec. Jean-Baptiste Meilleur est nommé « surintendant de l'Instruction publique pour le Bas-Canada » en 1842. En 1845 et 1846 deux lois créent ce qui s'appelle désormais les commissions scolaires et crée la possibilité d'avoir des écoles catholiques en français ou protestantes en anglais selon la population de la paroisse. En tout, durant ces années une vingtaine de lois furent votées.. Ces lois, qui aboutirent a deux systemes scolaire parallèles, le « Superintendent of Education for Upper Canada » dirigé par le pasteur méthodiste Egerton Ryerson dans le Haut-Canada, aujourd’hui l'Ontario sont adoptées pour développer le système scolaire public.https://ia803408.us.archive.org/32/items/schoolsystemofon00rossuoft/schoolsystemofon00rossuoft.pdf p.6-15. À partir de ces années, la scolarisation s'améliore. Les écoles normales voient le jour en 1857 afin de mieux former les enseignants.
La Loi constitutionnelle de1867 En cette fin du , une série de facteurs politiques et idéologiques allaient précipiter l’intervention de l’État en matière d’enseignement primaire. D’une part, l’éducation en Europe avait toujours été le lot d’une élite, ce qui explique en contrepartie l’indifférence relative de l’État à ce propos. Les immigrants anglo-saxons, influencés par les idéologies égalitaires du Nouveau Monde, manifestent au contraire une « volonté commune (...) de créer ici une société d’avant-garde qui amenuiserait les distinctions de classes et qui mettrait l’enseignement à la disposition de tous »Louis-Philippe Audet, Histoire de l’enseignement au Québec, tome I : 1608-1840, Montréal et Toronto, Holt, Rinehart et Winston ltée, 1971, ..
D’autre part, avec les transformations économiques qui se manifestent au tournant du , la bourgeoisie anglaise commence à apercevoir « dans l’ignorance du peuple, une entrave au progrès économique »Fernand Ouellet, «L’enseignement primaire : responsabilité des Églises ou de l’État (1801-1836)», Éléments d’histoire sociale du Bas-Canada, Montréal, Hurtubise HMH, 1972, .. Enfin, l’introduction du système parlementaire en 1791 et l’affirmation croissante de l’idéologie libérale font apparaître l’ignorance généralisée comme un obstacle majeur à l’exercice démocratique et à la formation du citoyen. C’est pourquoi, « pour répondre principalement aux demandes d’une population anglaise croissante qui n’avait pas besoin d’être convertie à la cause de l’enseignement primaire»Ibid., ., le pouvoir exécutif décide d’intervenir en matière d’éducation primaire en promulguant, en 1801, la loi de l’Institution royale pour l'avancement des sciences. Au Royaume-Uni, l’éducation était traditionnellement prise en charge par l’Église et réservée à l’élite; en 1870 une loi instituant la scolarité primaire obligatoire fut adoptée. En 1938, seulement 13 % des enfants de classe ouvrière étaient à l'école à 13 ans. En 1944, le Système tripartite éducatif au Royaume-Uni rendit l’école secondaire, Grammar school, obligatoire jusqu'à 15 ans..
Structures scolaires (1876-1959)