Shylock est l'un des personnages les plus marquants du Marchand de Venise de William Shakespeare. Il y tient le rôle d'un riche usurier juif, pratiquant des taux déraisonnables et acharné dans le recouvrement de ses créances.
Son nom est devenu, en anglais courant, synonyme de « requin d’affaires » et le personnage, l’une des incarnations les plus puissantes et durables des préjugés antisémites, avec le Fagin de Charles Dickens. Cependant, Shylock, méprisé de tous, tient aussi une longue tirade sur l'humanité des Juifs et l'absurdité des préjugés antisémites qui en font, dans certaines représentations, un personnage tragique voire sympathique.
Rôle dans la pièce
Shylock est un prêteur sur gages aigri par le succès de son rival chrétien , le marchand de Venise éponyme ; celui-ci lui fait non seulement péricliter ses affaires en pratiquant des taux d’intérêt modiques mais en outre, il ne cache pas son mépris pour le Juif, crache sur lui (au propre et au figuré), détourne de lui ses amis et monte contre lui ses ennemis.
Shylock est donc réticent à accorder un prêt monétaire à Bassanio sur le compte d'Antonio et n’y consent qu’après avoir fixé en gage une « livre de la chair » d’Antonio. Antonio connaissant un revers de fortune, Shylock exige le recouvrement de sa dette, sachant qu’il entraîne ainsi la mort d’Antonio. Shylock se montre d’autant plus insistant que sa fille unique, Jessica, a fui la maison en dérobant sa fortune pour retrouver Lorenzo, un autre ami d'Antonio, après s’être convertie au christianisme.
Refusant d’accorder son pardon, Shylock perd son procès et se voit confisquer le reste de ses avoirs pour avoir voulu attenter à la vie d’un citoyen vénitien alors qu’il est un « étranger ». Le duc de Venise, auquel la moitié de sa fortune revient (l’autre étant devenue la propriété d'Antonio qui souhaite en faire don à Lorenzo et Jessica), consent à la lui remettre si lui aussi accepte la conversion.
La tirade de Shylock Pris à partie par , Shylock répond par un monologue qui constitue l’un des sommets de la pièce :
Pièces inspirées Il existe deux autres pièces inspirées par le personnage principal du Marchand de Venise : : une pièce de 1976 en deux actes du dramaturge anglais Arnold Wesker, centrée sur le personnage juif de Shylock. : une pièce primée de 1996 en un acte composé d'un monologue, écrite par le dramaturge canadien , où un acteur juif se trouve condamné par sa propre communauté pour son interprétation du célèbre personnage de ShakespeareCharlesbois, Gaetan. “Shylock”. Canadian Theatre Encyclopedia. 18 June 2010. Retrieved January 19, 2013Blanchard, Sarah. “’Shylock’ challenges views of censorship, timelessness of theater”. The Vermilion. 19 September 2011. Retrieved January 18, 2013..
Dans la littérature Le roman Opération Shylock : Une confession, de Philip Roth, met en scène la lutte de l’auteur contre l’antisionisme et l’antisémitisme.
Représentations du personnage de Shylock
Notes et références
Annexes Articles connexes Une mésaventure de Shylock (1905) : court-métrage de Georges Méliès. La tirade est aussi citée plusieurs fois par le personnage de Greenberg (Felix Bressart), un figurant rêvant de grand rôles, dans Jeux dangereux (To Be or Not to Be, 1942) d'Ernst Lubitsch. Un extrait de la tirade de Shylock est cité par le personnage d'Henryk Szpilman (Ed Stoppard) dans Le Pianiste (2002) de Roman Polanski. Dans la scène finale d'OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) se déroulant sur la statue du Christ Rédempteur, le personnage de von Zimmel (Rüdiger Vogler) prononce une parodie du monologue de Shylock en remplaçant les deux occurrences du terme « Juif » par le terme « nazi ».
Liens externes
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