L’histoire du Football Club de Nantes, club de football français basé à Nantes, commence au mois d' par le regroupement de plusieurs clubs nantais dont la Saint-Pierre de Nantes, le principal club amateur de la ville. Le FC Nantes prend le statut professionnel en 1945 lors de la montée dans le championnat national de deuxième division. Le club doit attendre ensuite une vingtaine d'années avant d'accéder, sous l'impulsion de son entraîneur José Arribas, au championnat de France de première division, qu'il remporte deux fois dans la foulée en 1965 et 1966 grâce au jeu offensif, collectif et agréable de ses « Canaris », salué par la France entière. Grâce à cette école de jeu, à la stabilité de son effectif et de son encadrement et à son centre de formation, l'un des premiers et des plus performants, le FCN maintient ses résultats sous Jean Vincent, puis sous Jean-Claude Suaudeau, disciple d'Arribas, et sous Raynald Denoueix, disciple des deux précédents.
Toujours réputé pour son jeu surnommé le « jeu à la nantaise » par les journalistes et les supporters, le FC Nantes, qui devient FC Nantes Atlantique de 1992 à 2007, se forge, malgré quelques périodes délicates, l'un des plus beaux palmarès de France, le troisième en nombre de championnats (huit titres étalés de 1965 à 2001), auxquels il faut ajouter trois coupes de France. Moins performant sur le plan européen où il ne dépasse pas les demi-finales de la Coupe des coupes 1980 et de la Ligue des champions 1996, le FC Nantes est toutefois réputé pour la qualité de ses équipes à la fois sur le plan collectif et sur le plan individuel, avec quelques vedettes (Henri Michel, Vahid Halilhodžić, Jorge Burruchaga) et de très grands joueurs formés au club (Didier Deschamps, Marcel Desailly, Christian Karembeu, Claude Makelele
La création et la Division 2 (1943-1960) La création, sous l'occupation (1943-1944)
Les circonstances de la création du club alors que la ville de Nantes est occupée par l'armée allemande, restent entourées de mystère que la municipalité comme le club ne font rien pour dissiper. Les faits sont pourtant assez clairs : les dirigeants de plusieurs clubs nantais se réunissent à plusieurs reprises au printemps 1943 (le , le , le , et le ) dans des cafés du centre-ville (le « café Morice », place du Commerce et le « café des Alliés », rue de la Fosse) pour créer un nouveau club.. En fait, c'est l'équipe première de la Saint-Pierre de Nantes (le principal club amateur de la ville qui évolue en division d'honneur) qui prend son autonomie sous le nom de Football Club de Nantes.. À l'origine, deux projets concurrents s'opposent, le premier mené par le Stade nantais université club (SNUC), le second par Marcel Saupin, dirigeant du club de la Mellinet : la participation de la Saint-Pierre au second fait pencher la balance en sa faveur.. Le comité directeur du nouveau club comprend d'ailleurs six membres de la Saint-Pierre, dont son président Marcel Braud.. Les autres clubs de la ville (en particulier des associations ouvrières) ont soit un seul représentant (Ateliers et Chantiers de la Basse-Loire, Association sportive ouvrière nantaise, Société de construction des Batignolles, la Mellinet), soit deux (SNUC). Deux représentants de la Fédération française de football Association en font également partie.
Deux hommes de ce comité directeur en particulier attirent l'attention. Marcel Saupin d'une part, artisan principal de la création du FCN et président du club quelques années plus tard (le stade de Malakoff, au cœur de la ville, est baptisé de son nom après sa mort). Saupin est une figure de la collaboration qui participe notamment au Groupe Collaboration antisémite dirigé par Alphonse de ChâteaubriantInformation connue depuis l’ouverture des archives du ministère de l’Intérieur concernant certaines organisations collaborationnistes dont le groupe « Collaboration », par l’arrêté du 11 octobre 1999Ouest-France : « Saupin : un stade mythique, un homme de l'occupation » Internet archive. Jean Le Guillou, d'autre part, qui n'est pas impliqué dans le milieu sportif nantais mais devient pourtant l'un des premiers présidents du club.. Propriétaire d'une entreprise de bâtiment (qui a notamment construit le marché de Talensac et le stade de Malakoff, actuel actuel stade Marcel-SaupinChristophe Belser, La collaboration en Loire-Inférieure, 1940-1944, Geste éditions, 2005 (2 vol.). Voir aussi cet article sur l'ouvrage.Histoire du marché de Talensac sur le site de la Ville de Nantes.), Le Guillou est une autre figure du collaborationnisme nantais. Il profite de la guerre pour s'enrichir rapidement et devient propriétaire de bijouteries, de boutiques de mode, et d'une écurie de pur-sang dont le meilleur, Ali Pacha, monté d'un jockey jaune et vert, donne ses couleurs au nouveau club. Tout cela grâce à une collusion totale avec l'occupant : les entreprises Le Guillou travaillent pour l'Organisation Todt, la Luftwaffe, la Kriegsmarine et sont associées avec la firme berlinoise de BTP Walter dans une co-filiale GWL. À la Libération, Jean Le Guillou est d'ailleurs arrêté le , démis de ses fonctions et remplacé par Marcel Saupin. Exilé en Suisse, Le Guillou reviendra cependant après l'amnistie de 1951Minier 2007, .
Les vraies raisons de la création du club restent finalement troubles même si la collaboration et les idées associées n'y sont certainement pas étrangères. Le principe fondateur adopté le proclame que le FCN est créé . Un programme somme toute classique pour une association sportive mais qui ne doit pas faire oublier le rôle du sport dans l'idéologie pétainiste et l'endoctrinement qu'il véhicule dans le régime nazi. D'ailleurs, selon la presse locale, , sous la direction d'un entraîneur expérimenté, Aimé Nuic. Les ouvriers des Chantiers ou des Batignolles peuvent rêver de gloire sportive. Retenir et endoctriner la jeunesse (alors que les réfractaires au STO sont de plus en plus nombreux à prendre le maquis), voilà peut-être le but caché de cette création, selon l'historien Louis Oury. La Libération, l'année suivante, change la donne, et le sport est bien dès lors la raison d'être du FC Nantes.
Premiers pas en D2 (1944-1951)
En 1944, en raison des combats de la Libération, Nantes ne peut pas profiter de sa promotion en deuxième division après avoir terminé de Division d'Honneur Ouest. Les compétitions sont bouleversées et celles qui peuvent être organisées ne sont pas officiellement reconnues. Nantes réalise donc un triplé « officieux » en 1944-1945, en remportant le championnat d'Anjou amateurs (en ligue de National , contre le SCO Angers, le SO Cholet et le RC Ancenis), le championnat de l'Ouest (victoire 5-0 en finale contre la Tour d'Auvergne de Rennes) et la coupe de l'Ouest, une compétition amicale qui regroupe les principaux clubs de la région (victoire 7-1 en finale contre le SO Cholet)Verret 1981, Chauvière, .
Quelques mois plus tard, le FC Nantes intègre la deuxième division de la zone nord, pour la saison 1945-1946Verret 1981, . Le FCN entre donc dans l'ère du professionnalisme deux ans après sa création, toujours avec des joueurs issus pour la plupart de la Saint-Pierre (Gergotich, Kerdraon, Crépin) et renforcés de quelques joueurs expérimentés comme Antoine Raab ou les frères Abautret. Le premier match officiel, disputé le , voit les Nantais battre le CA Paris à l'extérieur, 2-0 (buteurs : Crépin, Ruffin) tandis que le premier match de D2 à Malakoff se solde par une défaite 2-0 face à Troyes. Pour cette première saison les Nantais se classent de leur groupe.
En 1946-1947, le championnat de D2 retrouve une organisation à poule unique et l'entraîneur Aimé Nuic est remplacé en début de saison par Raab, comme entraîneur-joueur. Pendant plusieurs saisons, l'équipe se classe en milieu de tableau : en 1947, en 1948 puis en 1949. Les performances en Coupe de France ne sont pas des plus brillantes et se résument en des éliminations assez rapides. 1949-1950 débute par contre de manière catastrophique et Antoine Raab est remplacé par Antoine Gorius, gardien de l'équipe, toujours dans un rôle d'entraîneur-joueur. À l'issue de la saison, Nantes, , est voué à la relégation avant d'être finalement repêché. En 1951, après une nouvelle saison décevante où le club termine du championnat, la municipalité verse une coquette subvention au club, qui peut recruter un entraîneur prestigieux, Émile VeinanteVerret 1981, .
Une montée qui se dérobe (1951-1960)
L'arrivée d'Émile Veinante à la tête de l'équipe est le signe d'un changement de la politique du club : avec l'ancien international qui vient d'obtenir la montée pour le FC Metz, Nantes vise une promotion rapide en D1. La saison 1951-1952 débute bien pour le FCN qui reste longtemps deuxième mais manque son objectif en fin de saison en terminant du championnat. L'un des matches les plus marquants de l'année, une rencontre décisive dans la course à la troisième place qualificative pour les barrages, a lieu à Monaco. Au cours d'une partie engagée, le FCN vite réduit à dix par la blessure de Baumann tient un score nul (1-1), mais à 10 minutes de la fin Monaco inscrit un but validé malgré un hors-jeu évident. Remontés, les joueurs nantais égalisent mais l'arbitre refuse cette fois le but au motif d'un hors-jeu. En signe de protestation, les Nantais s'accroupissent et arrêtent de jouer : Monaco l'emporte par 8-1 et le rêve de montée s'effondre, le président Saupin félicitant toutefois ses joueurs à leur retourVerret 1981, .
Veinante ne parvient jamais à décrocher la montée ( en 1953 et en 1954) et démissionne au printemps 1955 avant la dernière journée. Il est remplacé par Antoine Raab qui retrouve le poste d'entraîneurMinier 2007, . Toutes les conditions semblent pourtant réunies pour réussir cette montée, à commencer par des joueurs talentueux et expérimentés comme les Hollandais Gerrit Vreken et Jan van Geen, première véritable vedette du clubVerret 1981, et un public de plus en plus nombreux (record d'affluence le avec pour la réception d'Angers, 4-2). Pourtant, avec Raab, la situation empire : en 1955 (tandis que la réserve de Albert Heil remporte le championnat amateur de l'Ouest, en DH), Nantes semble plonger tout droit vers la relégation en 1955-1956. Raab est à nouveau démis de ses fonctions à deux journées de la fin du championnatMinier 2007, et l'équipe, sous les ordres du capitaine Stanislas Staho, parvient in extremis à se maintenir en terminant à la dernière place de non-relégable ().