La cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges, également appelée cathédrale Sainte-Marie, est une cathédrale catholique, située au pied des Pyrénées dans la commune de Saint-Bertrand-de-Comminges, dans le département de la Haute-Garonne en région Occitanie (France).
La cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges était la cathédrale du diocèse de Comminges jusqu'au , date à laquelle le pape Pie VII a établi la bulle Qui Christi Domini répartissant le territoire du diocèse de Comminges entre l'archidiocèse de Toulouse et le diocèse de Bayonne.
La cathédrale Saint-Étienne de Toulouse est alors devenu la cathédrale de l'archidiocèse de Toulouse où siège l'archevêque. Depuis 1801, la cathédrale est devenue l'église paroissiale Sainte-Marie..
La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.
Situation À d'altitude, Saint-Bertrand-de-Comminges est en position de voir le pic de Cagire, le pic du Gar, le mont Sacon, et contemple le bassin de la Garonne. Plus généralement, la ville commande les accès vers l'Espagne, Toulouse et Tarbes, desservis par un réseau routier issu d'anciennes voies romaines.
Histoire thumb|upright 2|Vue de Saint Bertrand de Comminges par Louis Sancet - Musée des Amériques d'Auch
La cathédrale est située sur l'acropole d'un oppidum celte qui a donné naissance à la cité romaine de Lugdunum Convenarum dont les ruines s'étendent dans la plaine. L'invasion des Vandales en 409 l'a dévastée. L'activité municipale a continué au . Après la victoire de Clovis sur les Wisigoths, la cité est passée sous le contrôle des Francs. La ville a disparu en 585 à la suite d'un conflit entre Gondovald, se disant fils naturel de Clotaire et le roi Gontran. Des évêques de la cité sont encore cités épisodiquement, mais il faut attendre Bertrand de l'Isle, membre d'une famille noble et chanoine de Toulouse, nommé évêque de Comminges en 1083. pour voir la cité se redresser. Il rétablit la vie communautaire dans le chapitre, relève la cathédrale et construit son cloître. Il meurt en 1123. Reconnu comme saint par la foule des pèlerins sur le tombeau de saint Bertrand, il ne l'a été que sous le pontificat de Clément V. L'afflux de pèlerins va nécessiter l'agrandissement de la cathédrale dans la seconde moitié du . Le clocher est construit au à l'intérieur de la nef.
La construction de la cathédrale remonte aux environs de l'an 1100, consultée le 27 mars 2019.. Il subsiste de la cathédrale construite par Bertrand de l'Isle la base des murs des quatre premières travées et la façade de la nef. Le cloître est refait aux sous une forme plus riche. Il subsiste une galerie romane à l'ouest. Dans la première moitié du , les chanoines ont ajouté deux travées au cloître, les galeries sud et est qui ont englobé la salle capitulaire. La galerie nord du cloître a été construite au . C'est la seule qui soit voûtée.
Bertrand de Goth est évêque de Comminges entre 1294 et 1299, avant de devenir archevêque de Bordeaux, entre 1299 et 1305, et d'être élu pape sous le nom de Clément V en 1305. La première pierre est posée en 1307. Le projet initial devait prévoir de conserver la nef romane et de reconstruire l'abside et le chœur avec cinq chapelles rayonnantes et quatre chapelles latérales. La clef de voûte de l'abside porte le blason de l'évêque Scot de Linières (1317-1325) à côté de celui de Clément V. La voûte de la quatrième travée de la nef est refaite rapidement car on y voit le blason du chanoine operarius Adhémar de Saint-Pastou, mort le . La clef de voûte de la première travée porte le blason de l'évêque de Comminges (de 1336 à 1352) Hugues de Castillon qui a terminé la construction de la cathédrale.
Le programme initial de Clément V a été modifié par l'évêque Hugues de Castillon qui fait construire sa chapelle funéraire, sur le côté nord de la quatrième travée de la nef. Bertrand de Cosnac (1352-1374) fait construire la chapelle Sainte-Marguerite, côté sud de la quatrième travée. Bertrand de Cosnac voulait placer les reliques de saint Bertrand dans cette chapelle pour permettre un accès plus aisé aux pèlerins. La construction de ces chapelles a déstabilisé la quatrième travée entraînant des désordres et obligeant à ajouter de puissants arcs-boutants aux contreforts.
Le mausolée de saint Bertrand a été commencé par le cardinal Pierre de Foix (1422-1450) et terminé par son neveu Jean de Foix-Béarn (1466-1501). Il a dû recouvrir le lieu ayant servi à la translation et à l'exaltation des reliques de saint Bertrand par le pape Clément V, le . On ne sait pas où se trouvaient les reliques du saint avant 1309. Le mausolée a reçu le corps du saint en 1476. Les peintures s'inspirent de celles du livre des miracles de l'évêque Bertrand rédigé par Vital, notaire de l'abbaye de l'Escale-Dieu, rédigé en 1179 pour obtenir sa canonisation par le pape Alexandre III.
La sacristie placée sur le flanc sud-est de la cathédrale, la salle capitulaire sur la galerie nord du cloître et la mise en place de nouveaux vitraux ont été réalisées sous l'épiscopat de Jean de Mauléon (1523-1551). Jean de Mauléon a acheté sept tapisseries des Flandres et du mobilier liturgique, installé le chœur des chanoines, l'orgue et le retable du maître-autel.
Elle a subi des dommages à l'époque des guerres de religion. En 1586, la ville haute a été prise par le capitaine Sus avec sa troupe de huguenots. Ils ont massacré des ecclésiastiques, ont accaparé de l'argenterie, brûlé des archives de la ville et, dans la cathédrale, pris des ornements, des vases sacrés et des reliques. Les reliques de saint Bertrand ont été prises et cachées dans un puits par un soldat. Elles sont rachetées par des chanoines de Lectoure et sont rendues en 1591. Le Chapitre a versé aux pillards. L'évêque Urbain de Saint-Gelais a chassé les protestants après sept semaines d'occupation. L'évêque reconnaît Henri IV comme roi de France, mais en 1593, le vicomte de Larboust s'est emparé de la ville avec une troupe de pillards et y commet les pires excès dans l'église, mais les reliques de saint Bertrand ont été cachées. La châsse de Clément V a été détruite en 1586. Une nouvelle châsse est prévue en 1627 par l'évêque Barthélemy de Donnadieu de Griet, mais n'a été réalisée qu'en 1748 et la translation des reliques a été faite par l'évêque Antoine de Lastic.
L'autel majeur, en marbre de Sarrancolin, a remplacé en 1737 celui de Jean de Mauléon.
Le , des révolutionnaires viennent saisir l'argenterie se trouvant dans la cathédrale. Les reliques de saint Bertrand sont cachées et rendues après la Révolution.
La cathédrale fait partie des tout premiers monuments placés sur la liste des monuments historiques de 1840. Le cloître est à son tour classé en 1889.
Structure générale vignette|Plan de l'état actuel.
L'architecture abrite sous un toit unique trois églises d'époques, de constructions et de styles différents : une église romane du , fondée par saint Bertrand, dont certaines parties ont été conservées. une église gothique du , conçue, voulue et financée par le pape Clément V. une « église de bois » constituée par les boiseries Renaissance du chœur, insérée dans l'église de pierre sous l'impulsion de l'évêque Jean de Mauléon.
Extérieur Sont classés au titre objet des monuments historiques : L'ensemble de la sculpture du portail ouest (tympan et chapiteau) datant du Moyen Âge. . Une dalle funéraire en marbre blanc encastrée dans la façade sud datant de l'époque gallo-romaine. . Le tympan de l'adoration des mages et linteau du portail ouest datant du . . Les chapiteaux du portail ouest datant du . . La tour-clocher et l'entrée vignette|redresse|La tour-clocher.
La tour primitive a été exhaussée et convertie en donjon avec hourdage. Elle fait de hauteur. La toiture et les hourds ont été reconstruits à la fin du XIXème siècle; la toiture d'avant restauration avait une pente plus basse que l'actuelle.
L'entrée de la tour-clocher est surmontée d'un tympan roman figurant l'Adoration des mages ; sur le linteau sont sculptés les douze apôtres.
Le cloître Le cloître est construit pour les chanoines : c'est un lieu de prière, de réunion et de détente. Sa construction débute au et il est remanié à plusieurs reprises. Trois de ses galeries sont romanes, recouvertes d'une charpente à claire-voie. Elles ont des arcs cintrés qui reposent sur une double rangée de colonnes surmontées de chapiteaux décorés, dont le plus travaillé est le pilier des Évangélistes. La galerie du midi ouvre sur la colline avoisinante. La galerie gothique du nord, de style austère, a été refaite aux . Elle contient les tombes de sept chanoines, d'où son nom de galerie des tombeaux.
Sont classés au titre objet des monuments historiques :
Les 5 dalles funéraires en pierre de chanoines datant des , .. La dalle funéraire en pierre présumée de Don Sanche, seigneur de Labarthe, mort en 1086.. La stèle (cippe funéraire) en marbre datant de l'époque gallo-romaine.
Intérieur Le narthex et l'avant-nef Le narthex (entrée de la cathédrale) est constitué d'arcs brisés, supportés par deux piliers colossaux reposant sur une base circulaire de qui supporte une voûte à huit nervures. Le clocher s'élève au-dessus. Il y a des arcades romanes sur les murs nord et sud.
La nef gothique Dès le , l'ancien édifice roman est complètement transformé : une large voûte est construite à l'est, formant le chevet. La voûte en croisée d'ogives, haute de , s'étire du chevet au clocher ; elle culmine à . Les murs sont en pierre grise. Le tout forme un unique vaisseau de type gothique méridional, large de .
Partie arrière L'autel de la paroisse, situé dans l'avant-nef, est une chapelle qui ne faisait pas partie du plan primitif : elle est ajoutée en 1621 par l'évêque Gilles de Souvre afin de permettre aux fidèles de suivre les offices autrement qu'à travers la clôture du chœur, selon une directive du concile de Trente.
Un retable monumental avec au centre un tableau de la crucifixion de Jésus. Jésus est entouré de deux anges visible dans les nuages, en bas de la croix, à gauche : saint Jean l'Évangéliste et la Vierge Marie, au pied de la croix saint Bertrand rend grâce, à droite : saint Dominique et un évêque à genoux avec les mains jointent.
Le tabernacle à ailes est en bois sculpté et doré. Sont représentés :
Sur l'aile droite, un Grand Prêtre d'Israël reconnaissable à son hoshen (Pectoral du grand prêtre), l'arche d'alliance, un Menorah (chandelier à sept branches des Hébreux) Sur l'aile gauche, un pape (Clement V ?) reconnaissable à sa Tiare pontificale (il porte en encensoir), un ostensoir, un calice surmonté d'un hostie, un ange avec bouquet d'épis de blé, et un crucifix. Au centre, sur la porte du réceptacle, le Bon Pasteur.
Sont classés au titre objet des monuments historiques :
Le retable, le tabernacle et l'antependium en cuir de Cordoue datant du .. Le buste de Barthélemy de Donnadieu de Griet datant du .. Les chapiteaux et culots de la nef romane daté des ..
thumb|Orgue d'angle de la cathédrale : buffet Renaissance et colonnes cannelées.
L'orgue Dans l'avant-nef, espace compris entre l'entrée de la cathédrale et la tribune du jubé et qui reçoit paroissiens et pèlerins, se dresse l'orgue. Son emplacement peu conventionnel est unique.
Le buffet Renaissance est élevé sur cinq colonnes cannelées ; ses sculptures traitent de sujets profanes (scènes champêtres, travaux et exploits d'Hercule). Cet orgue d'angle a été remanié à trois reprises : en 1835, 1901 et 1975.
Composition