Gemini 10 est la habitée du programme spatial américain Gemini. La mission est lancée le avec à son bord John Young , commandant de la mission, et Michael Collins. L'objectif principal de la mission est de réaliser un rendez-vous orbital avec un étage Agena et de s'amarrer à celui-ci. La mission comprend également deux sorties extravéhiculaires. Enfin l'équipage doit réaliser quinze expériences scientifiques, technologiques et médicales.
Cinq heures après le lancement, l'équipage du vaisseau parvient à s'amarrer à l'étage Agena GATV-10. Mais le lanceur Titan a placé le vaisseau Gemini sur une orbite différente de celle visée et 60% des ergols ont du être consommés pour corriger cette erreur. En conséquence le planning des opérations est revu : le vaisseau Gemini restera amarré à l'étage Agena durant les suivantes et il utilisera la propulsion de ce dernier pour effectuer ses manœuvres tandis que les répétitions d'amarrage qui étaient prévues sont annulées. Une première sortie véhiculaire est effectuée, au cours de laquelle Collins prend des photos du rayonnement ultraviolet émis par les étoiles. En utilisant la propulsion de GATV-10 le vaisseau Gemini est placé sur la même orbite que l'étage Agena lancé pour la mission (GATV-10). Le GATV-8 est largué et le vaisseau Gemini effectue une série de manœuvres pour se rapprocher à environ 15 mètres du GATV-8. Dans cette configuration une deuxième sortie extravéhiculaire est réalisée. Collins relié au vaisseau Gemini par un cordon ombilical se propulse jusqu'au GATV-8 et démonte une expérience de détection des micro-météorites qu'il ramène dans le vaisseau Gemini. Au cours de ses déplacements il perd sa caméra et une deuxième expérience de détection de micro-météorites qui était installée sur le vaisseau. La sortie extravéhiculaire a duré . Le lendemain, la rentrée atmosphérique est déclenchée et le vaisseau Gemini amerrit à du point visé. Au cours de la mission, d'une durée de et , le vaisseau a bouclé .
Contexte
Le programme Gemini est le second programme de vols spatiaux habités lancé par les États-Unis après le programme Mercury. Intercalé entre celui-ci et le programme Apollo, il a pour objectif de permettre à l'astronautique américaine de maîtriser des techniques de vol spatial que la capsule spatiale Mercury, trop rudimentaire, ne permettait pas de tester : les sorties extravéhiculaires, les manœuvres orbitales (avec en particulier le rendez-vous spatial). Pour remplir cet objectif l'agence spatiale américaine, la NASA, développe le vaisseau spatial Gemini biplace disposant de capacités de manœuvre en orbite importantes et qui, pour la première fois dans le monde de l'astronautique, met en œuvre un ordinateur embarqué. Ce vaisseau est lancé par une fusée Titan, missile balistique intercontinental reconverti en lanceur.
Entre 1963 à 1966, dix missions Gemini sont lancées. Les sept missions qui ont précédé n'ont pas permis de dérouler le processus complet du rendez-vous spatial.
Objectifs
La mission de prévoit la série de manœuvres la plus complexe réalisée jusque là : d'abord un rendez-vous et un amarrage avec une Agena lancée le même jour. Puis un second rendez-vous, sur une orbite plus élevée, avec la cible Agena laissée par . Comme cette fusée n'avait plus d'électricité depuis plusieurs mois, l'équipage allait pouvoir tester sa capacité à effectuer un rendez-vous avec un véhicule passif. Le relevage de l'orbite jusqu'à l'altitude record de est envisagé. Trois ouvertures des portes de la cabine et une sortie extravéhiculaire sont également au programmeLe Progrès, 17 juillet 1966..
Équipage John W. Young (2)Le nombre entre parenthèses désigne le nombre de missions spatiales antérieures, celle décrite ici incluse., pilote commandant de bord. Michael Collins (1), pilote.
Équipage de réserve : Alan Bean, pilote commandant de bord ; Clifton Williams, pilote.
Déroulement
Le lancement de l'Agena est parfait ainsi que celui de , plus tard. Après le rendez-vous et l'amarrage avec leur cible après leur lancement, mais la consommation de carburant a largement dépassé les prévisions, il ne subsiste que de carburant sur les au départ, ce qui oblige l'annulation de la répétition prévue des manœuvres de décrochage et d'arrimage avec l'Agena. Les astronautes allument le moteur de l'Agena qui propulse l'ensemble de six tonnes et demi sur une orbite terrestre de d'apogée, record à l'époqueLe Progrès, 20 juillet 1966..
La mission continue avec une sortie extravéhiculaire partielle de Collins durant . Il demeure assis sur son siège, tête et torse dans le vide au niveau de son écoutille ouverte, et prend des photos de la Voie lactée avec un filtre permettant de capter les ultraviolets. Il récupère aussi une plaquette de fixée à l'extérieur de la cabine pour enregistrer les impacts de micrométéorites. Les astronautes se séparent ensuite de leur Agena pour effectuer un rendez-vous avec l'Agena de à d'altitude, s'approchant de leur cible à quelques dizaines de mètres après trois heures de poursuite consommant de carburant. après le début du vol, Collins effectue une seconde sortie, avec un cordon ombilical de quinze mètres. Il récupère une plaquette de détection des micrométéorites et prend à nouveau quelques photos mais laisse échapper sa caméra, qui part dans l'espaceLe Progrès, 21 juillet 1966.. Grâce à un pistolet à jet de gaz, il peut ensuite aller inspecter la fusée-cible qui volait à quelques mètres du vaisseau Gemini.. Mais la sortie doit être écourtée à au lieu de prévues, la consommation de carburant pour garder la proximité avec l'Agena, environ , étant plus élevée que prévu. À cause de cela, Collins ne peut accrocher à l'extérieur une autre plaquette de détection des micrométéorites.
Avant leur retour, les astronautes ouvrent une troisième fois leurs écoutilles, pour jeter dans le vide les appareils et instruments devenus inutiles et encombrants. L'allumage des rétrofusées a lieu à l'altitude de , un record par rapport aux précédentes missions. Les astronautes amerrissent à quatre milles du point prévu et sont récupérés par l'. Ils sont en meilleure forme qu'avant leur départ, quoique un peu déshydratés. La NASA estime la mission comme un plein succès, mais enquête pour identifier les causes de consommation excessive de carburantLe Progrès, 23 juillet 1966..
En 2010, la capsule est exposée au Kansas Cosmosphere and Space Center, Hutchinson, Kansas, États-Unis.
Notes et références Notes
Références
Sources
Voir aussi
Articles connexes Programme Gemini John Watts Young Gemini (vaisseau spatial).
Liens externes
Kennedy Space Center: Gemini X Récit détaillé de la mission, sur Encyclopedia Astronautica Description de la mission, sur le site officiel de la NASA
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