Un pet de nonne (ou pet-de-nonne) est un beignet soufflé et sucré de pâte à choux frite.

Il est également appelé « beignet de vent », « beignet venteux » ou « soupir de nonne », « pet de putain »Georges Dubosc, « Crêpes et beignets », Chroniques du Journal de Rouen, dimanche 15 février 1925. ., « pet de vieille » (pet de bièillo) dans l'AveyronAimé Vayssier, Dictionnaire patois-français du département de l'Aveyron, Rodez, Ve E. Carrère, 1879 ; rééd. Marseille, Laffitte Reprints, 2002..

Origine Selon Liliane PlouvierLiliane Plouvier, L'Europe se met à table. DG Éducation et Culture, Bruxelles, 2000, ., il faut voir dans l'aliter dulcia, beignet classique des fins de repas romains, cité par Apicius, le premier pet de nonne.

Abandonné au Moyen Âge, l'usage de la pâte à choux pour la confection des beignets reviendrait à la Renaissance sous les ustensiles de Scappi et MessisbugoPlouvier, .. Georges Dubosc indique que ce type de beignet, que d'aucuns « ont baptisé paix-de-nonne, en racontant que ces beignets soufflés et gonflés avaient été inventés par une religieuse qui, en donnant sa recette à un couvent voisin et ennemi, avait assuré la paix », se retrouve dans de Bartolomeo Platina, au , et sur la table de Marguerite III de Flandre. Les auteurs de Les Français peints par eux-mêmes mentionnent également la « vogue » sous , au point qu'« on en vint à le prononcer naturellement et sans rougirHonoré de Balzac et Jules Gabriel Janin, Les Français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle. Paris, L. Curmer, 1841, . ».

Fulbert-Dumonteil, dans sa France GourmandeJean-Camille Fulbert-Dumonteil, La France gourmande. Paris : Librairie Universelle, 1906., situe la naissance du pet-de-nonne à l'abbaye de Marmoutier, réputée à l'époque pour sa cuisine. Lors de la préparation d'un repas de la saint Martin, où l'archevêque de Tours devait bénir une relique du manteau du saint patron tourangeau, tout le monde s'affairait autour des fourneaux.

L'auteur de ce bruit, une novice de l'abbaye prénommée Agnès, gênée face à ses coreligionnaires, aurait alors chancelé malencontreusement, laissant tomber une cuillerée de pâte à chou dans une marmite de graisse chaude.

Une autre tradition donne la maternité de cette recette aux chanoinesses de l'abbaye de Baume-les-Dames, connues pour leurs spécialités pâtissières.

Consommation Les pets de nonne, saupoudrés de sucre et de cannelle, sont notamment une spécialité de Baume-les-Dames, en Franche-ComtéFranche-Comté, Jura, Le Petit futé, 2006, - ..

Plus largement, les pets-de-nonne sont traditionnellement consommés dans l'est de la France, en Belgique et en Allemagne, particulièrement en période de carnavalRobert Dedouaire, Aux délices de ces dames : La renaissance de la pâtisserie wallonne, illustrations René Hausman, imp. G Lelotte, Dison [Belgique], 1985..

Très populaire au , le pet est mentionné dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, (Cuisine.) espèce de petits begnets, ronds, faits de farine, de lait, de sucre & de jaunes d'œufs délayés ensemble. sur ARTFL..

Recette La Cuisinière de la campagne et de la ville livrait en 1858 cette recette :

Sources Bibliothèque et musée de la Gourmandise

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Croustillon Beigne Beignet Bugne Pet de sœurs Trou de beigne

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