Nicolas Roumiantzeff-Pachkevitch dit Nicolas Roumiantzoff, né le à Yanovka en Russie tsariste et mort le à Paris en France, est un officier de la Légion étrangère puis de l'armée de terre française (colonel puis général de brigade à la retraite), de 1926 à 1962.
Jeunesse
Nicolas Roumiantzoff est né, avant la chute de l'Empire de Russie, dans une famille d'officiers militaires russes.
Il est – si l'on se réfère à sa biographie – un descendant du général russe Piotr Alexandrovitch Roumiantsev, qui fut promu maréchal en 1774 et reçut le patronyme d'honneur et de victoire de Zadunaisky (littéralement "Transdanubien") après avoir défait l'armée ottomane.
À leur arrivée en France, poussés par la Guerre civile russe qui les a obligés à fuir la Russie, sa grand-mère et lui trouvent refuge au château de Kernévez en Bretagne, auprès des Budes de Guébriant qui les accueillent.
Son patronyme aurait ensuite été francisé à l'état civil de Rumyantsev/Roumiantsev à Roumiantzeff (mais se prononce, comme en russe, "Roumiantzoff").
Il est élève au lycée parisien Stanislas, puis il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1924, à titre étranger, et en sort sous-lieutenant (« promotion du Rif ») en 1926.
Entre-deux guerres
Le sous-lieutenant Nicolas Roumiantzoff est affecté à la Légion étrangère et sert au étranger de cavalerie ( REC), en Tunisie (1927-1929), puis au Maroc (1929-1935).
Lieutenant en 1928, il reçoit en 1932 le commandement du escadron des cavaliers tcherkesses en Syrie (1932-1935). En 1936, il est de nouveau affecté au REC, d'abord au Maroc puis en Tunisie.
Il obtient la nationalité française en juin 1939.
Seconde Guerre mondiale
En avril 1940, il participe, avec son escadron à cheval, à la campagne de France, au sein du groupement de reconnaissance divisionnaire (GRD 97). Blessé le , il est fait prisonnier. Il s'évade puis, après l'armistice, est de nouveau affecté au REC au Maroc. Incarcéré à Ceuta pour avoir essayé de rejoindre la France libre, il s'évade puis rejoint les « Français libres » à Londres, en décembre 1941.
Promu au grade de capitaine, il est affecté à l'état-major du général de Gaulle.
En février 1942, il débarque à Beyrouth et devient commandant en second du Groupement de Reconnaissance de Corps d'Armée (GRCA), unité qui deviendra plus tard le Régiment de Marche de Spahis Marocains ( RMSM). Il est de nouveau blessé en août 1942 en Libye. Il se distingue ensuite au combat de l'Himeimat lors de la bataille d'El Alamein.
Chef d'escadrons en 1943, il s'illustre en Tunisie au combat de l’oued Gragour, où il bloque l'offensive du général allemand Rommel. Il est intégré avec son unité à la « force L » du général Leclerc. Le , il est décoré de la croix de la Libération par le général de Gaulle.
Il rejoint la blindée et fait mouvement vers l'Angleterre avec son unité, le régiment de marche des spahis marocains, en mai 1944.
Promu lieutenant-colonel en , il débarque en Normandie le , avec la américaine. Il est le premier, avec son groupement léger, à atteindre la place de l'Étoile à Paris, le .
Poursuivant les combats en France, il devient chef d'état-major de la d'Infanterie fin septembre 1944.
Indochine et Afrique du Nord
À l'issue de la guerre, le lieutenant-colonel Roumiantzoff est affecté au cabinet militaire du ministère de la Défense, puis, après un bref séjour à Beyrouth, rejoint l’Indochine en 1948 en qualité de commandant du secteur de Quảng Trị. En janvier 1949, il est blessé une troisième fois. En octobre de la même année, il prend le commandement du secteur Est du Cambodge. En 1950, il prend le commandement du Régiment de Chasseurs d'Afrique ( RCA), dans le sud tunisien.
En 1953, il est promu au grade de colonelTirage photographique original représentant le colonel Roumiantzoff (1er RMSM, 1906-1988), Paris Musées : musée de la Libération de Paris — musée du Général Leclerc — musée Jean-Moulin, 1950. et sert de nouveau en Indochine, où il commande le groupement mobile n°3.
En 1955, il commande le groupement mobile n°7 à Saarburg (Allemagne) avant de rejoindre l'Algérie, pour y être affecté au commandement du secteur d'Aflou en 1959.
Retour en métropole
De retour en France métropolitaine, le colonel Roumiantzoff est affecté à l’état-major de la Région militaire et prend, en 1961, le commandement de la subdivision de Chambéry.
Titulaire de 22 citations (dont 11 citations à l'ordre de l'armée) durant sa carrière militaire, il est inscrit sur liste d'aptitude et promu au grade de général de brigade en janvier 1962, affecté en des officiers généraux puis, à sa demande, en et mis à la retraite au mois de juillet de la même année.
Décès
Retiré à Paris, le général Roumiantzoff meurt à l'âge de 81 ans à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, le . Ses obsèques ont lieu en l’église Saint-Louis des Invalides. Il est inhumé à Saint-Pierre-de-Rivière dans l’Ariège.
Vie privée
Le , il épouse Pierrette Adrienne Naudi ( à Foix – en Suisse), qui avait été mannequin (connue après-guerre sous le nom de « Pâquerette »). Il est le père de Nicolas Pierre Roumiantzoff (né le à Neuilly-sur-Seine)Nicolas Pierre Roumiantzeff-Pachkevitch dit Roumiantzoff est un avocat parisien et lausannois, fils du général Nicolas Alexandre Roumiantzoff et de Pierrette Adrienne Naudi. Marié avec la citoyenne néerlandaise Maria "Myranda" Meeuwissen, ils sont parents de trois enfants (Natacha, Igor et Ivana)., qui est avocat aux barreaux de Paris et de LausanneNicolas Roumiantzoff, ISA-Lex Avocats (consulté le 2 juillet 2023)., et le grand-père de Natacha Roumiantzoff (née en 1988), ex belle-fille de Marie-Astrid de Luxembourg.
Décorations Françaises
par décret du (10 citations) (5 citations) avec palme
avec agrafes "Libye", "Tunisie 1942-43", "Extrême-Orient"
avec agrafe "Algérie"
Américaines (USA). Britanniques (GB) (GB) Autres (Tunisie) (Maroc)
Notes et références Notes
Sources
Bibliographie Nicolas Pierre Roumiantzoff, « Le Roum », le spahi du général de Gaulle, Le Cherche Midi, 2018, 256 p. Nicolas Ross, Entre Hitler et Staline. Russes blancs et Soviétiques en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, éditions des Syrtes, 2021.
Voir aussi Sources et bibliographie Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère (DHPLE) Képi blanc Table des rangs
Lien externe Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération fondation-leclerc.com
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