Lise Gauvin est une écrivaine et critique littéraire québécoise.
Biographie Professeure émérite au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal, qu’elle dirigea de 1999 à 2003, Lise Gauvin (née Gagné) a fait ses études à l'Université Laval, au Conservatoire de musique de Québec, à l'Université de Vienne, à l'Université de Paris IV-Sorbonne (doctorat) ainsi qu’à l’Université de Montréal (baccalauréat en musique., 2019). Elle a été responsable de la chronique des « Lettres francophones » dans le journal Le Devoir durant une vingtaine d’années et a collaboré régulièrement aux émissions culturelles de Radio-Canada à titre d’animatrice et de critique. Ses chroniques du journal Le Devoir ont été réunies dans D’une langue l’autre. Tracées des littératures francophones chez Mémoire d’encrier en 2013.
En 1984, elle est élue présidente de l’Association des éditeurs de périodiques québécois (AEPCQ, maintenant connue sous le nom de Société de développement des périodiques culturels québécois) et en 2008 présidente de l’Académie des lettres du Québec, dont elle est membre depuis 2000. Sous l’égide de cette institution, elle coorganise chaque année une séance de l’Association Femmes-Monde, à Paris, consacrée aux écrivaines québécoises. Elle est l’une des membres fondatrices du Parlement des écrivaines francophones, créé à Orléans en 2018..
Lise Gauvin s’est intéressée aux modes d’inscription de la littérature dans l’espace social, plus précisément aux rapports entre la langue et la littérature au Québec et dans les diverses littératures de langue française. Elle a dirigé plusieurs numéros de revues et écrit plusieurs articles sur ce sujet, notamment dans Langue française, Yale French Studies, la Revue de l’Institut de sociologie de l’ULB, Études françaises, Littérature, La Quinzaine littéraire, etc. On lui doit notamment le concept de "surconscience linguistique" de l'écrivain francophone.
La fabrique de la langue. De François Rabelais à Réjean Ducharme constitue une ambitieuse synthèse sur les usages et les représentations de la langue à travers cinq siècles de littérature. « Cet essai, note le Nouvel Observateur, s’intéressant aux échanges entre code linguistique et écritures transgressives, nous propose une formidable incursion dans l’imaginaire de la langue, de la truculence de Rabelais aux néologismes de Ducharme en passant par l’argot célinien et le créole de Patrick Chamoiseau. » Selon Pauline Bernon, « cette entreprise prend place à côté de l’histoire de la langue française faite par Ferdinand Brunot et Gérald Antoine. Elle ne recoupe pas non plus l’étude du fonctionnement de la langue littéraire par Charles Bally ou Leo Spitzer. En effet, le livre de Lise Gauvin traite du moment où surgit ce qui renouvelle la langue, dans le contact entre langage et création littéraire, plutôt que de ce qui la légitime, par exemple à l’école ou dans le dictionnaire, objets de l’Institution du français de Renée Balibar. » Cet ouvrage a été choisi parmi les 100 meilleurs livres sur la langue française.
En collaboration avec le sociolinguiste Jean-Marie Klinkenberg, elle a créé un Groupe de recherche interuniversitaire sur les interactions entre langues et littératures (GRILL). Le groupe a permis la réalisation de trois colloques (Montréal, Liège et Paris), deux séminaires au Sénégal, un numéro de revue (Littérature) et plusieurs ouvrages collectifs.
Dans le domaine de la fiction, elle a fait paraître Lettres d’une autre ou Comment peut-on être québécois(e), un essai/fiction inspiré des Lettres persanes de Montesquieu. Également des récits (À une enfant d’un autre siècle, Un automne à Paris), des poèmes (L’effacement, Le semainier, Chambres) et une novella (Quelques jours cet été-là – Cette novella, publiée dans une version augmentée en format Kindle sous le titre Le Sursis, a été finaliste au Prix Anne Hébert en 2007). Ses recueils de nouvelles (Fugitives, Arrêts sur images et Parenthèses), ont été chaleureusement accueillis par la critique et ont valu à leur auteure le statut de « nouvellière de premier plan ». Elle a aussi publié des textes en rapport avec la peinture (Chez Riopelle, visites d’atelier, « Trois fois passera », « Passages») ainsi que des Entretiens avec l’artiste Fernand Leduc et les écrivains Édouard Glissant (L’imaginaire des langues) et Marie-Claire Blais (Les lieux de Marie-Claire Blais).
Directrice de la revue Études françaises de 1994 à 2000, elle est membre du comité de rédaction de la revue Possibles de 1986 à 1996 et de la revue américaine Québec Studies de 1989 à 1993. Elle a participé quelques années au jury du prix du journal Le Monde et elle fait maintenant partie de deux jurys internationaux : celui du Prix Carbet des Caraïbes, fondé par Édouard Glissant, et celui du Prix Senghor, décerné au premier roman d’un écrivain francophone. Elle est également correspondante de Mondes francophones.
Pour son engagement envers la langue et dans la francophonie, elle a reçu un Doctorat honorifique de l’Université de Moncton en 2010 et obtenu le prestigieux Prix Georges-Émile Lapalme en 2018. En 2020, l'Académie française lui a remis le Grand Prix de la Francophonie (Médaille de vermeil). En 2026, elle est nommée Officière de l’Ordre national des Arts et Lettres de France.
Pour souligner l’ensemble de ses réalisations, la revue Lettres québécoises lui a consacré un « Dossier spécial » en 2014. On retrouve dans le numéro un autoportrait abécédaire, un entretien avec Marie-Andrée Lamontagne et une rétrospective sur son parcours par Réjean Beaudoin.
Mentions et prix 1992 - Prix des Arcades de Bologne pour Fugitives 1993 - Membre de l'Ordre des francophones d'Amérique 1999 - Prix France-Québec/Prix Jean-Hamelin pour L'écrivain francophone à la croisée des langues 2000 - Membre de la Société royale du Canada 2000 - Membre de l'Académie des lettres du Québec 2002 - Chevalière de l'Ordre des Palmes académiques 2004 - Mention spéciale du Grand Prix de la critique (remis par le PEN Club français) pour La Fabrique de la langue 2007 - Prix Acfas André-Laurendeau 2007 - Finaliste, Prix Anne Hébert pour Quelques jours cet été-là 2010 - Docteure honoris causa de l’Université de Moncton 2015 - Officière de l'ordre national du Québec. 2018 - Prix Georges-Émile-Lapalme. 2020 - Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française (Médaille de vermeil). 2026 - de France
Œuvres
Essais et entretiens
« Il est donné, dans toutes les langues, de construire la tour. Apprivoiser Babel », dans François Noudelmann, Francoise Simasotchi-Bronèes et Yan Toma (dir.), Archipels Glissant, Presses universitaires de Vincennes, 2020, p.41-50.« De la notion de littérature nationale à celle du Tout-Monde chez Édouard Glissant », dans Sylvie Glissant, Loîc Cery et al. (dir.), Édouard Glissant et le Discours antillais : la source et le delta, Éditions de l’Institut du Tout-Monde, 2020. « France Daigle : le roman mode d’emploi », dans Francophonies d’Amérique, no 49, 2020, p. 25-39.
Récits, fictions et poésie
Ouvrages collectifs (direction ou codirection)
Directions d’ouvrages et articles (sélection)
Ouvrages traduits
Spectacle littéraire et performance
...
Bibliographie
Dossiers
Articles (sélection)
Baladodiffusion et émission de radio
Comptes rendus (sélection)
Notes et références
Articles connexes
Université de Montréal Jean-Marie Klinkenberg Le Devoir Académie des lettres du Québec Études françaises
Liens externes
Académie des lettres du Québec Le Parlement des écrivaines francophones : Qui sommes-nous ? Mondes francophones : revue mondiale des francophonies Ordre national du Québec : Lise Gauvin, officière Répertoire des professeurs du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal Répertoire des professeurs et chercheurs de l’université de Montréal
Catégorie:Écrivaine québécoise Catégorie:Naissance en octobre 1940 Catégorie:Membre de la Société royale du Canada Catégorie:Lauréat du prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde Catégorie:Étudiant de l'Université Laval Catégorie:Lauréat du grand prix de la francophonie Catégorie:Lauréat du prix Georges-Émile-Lapalme Catégorie:Lauréat du prix Acfas André-Laurendeau