La girafe offerte à par Méhémet Ali, appelée a posteriori Zarafa, est la première girafe à être entrée en France, où elle a vécu pendant dix-huit ans, de à , dans la ménagerie du Jardin des plantes à Paris. Ce cadeau diplomatique de Méhémet Ali, vice-roi en Égypte ottomane, à , roi de France, faisait partie d'un groupe de trois girafes envoyées à des souverains d'Europe. On n'avait alors pas vu de girafe sur le continent européen depuis la girafe Médicis, offerte à Laurent de Médicis à Florence en .

La girafe empaillée est exposée au muséum d'histoire naturelle de La Rochelle, en France.

Histoire

Le vice-roi en Égypte ottomane, Méhémet Ali, offrit une girafe à chacun des trois monarques européens les plus puissants de l'époque, l'empereur d'Autriche, , le souverain britannique, , et le roi de France, ..

L'idée d'offrir une girafe à la France a été donnée à Méhémet Ali par Bernardino Drovetti, consul de France en Égypte afin d'entretenir les relations entre les deux pays., notamment dans un contexte de guerre d'indépendance opposant les Grecs à l'Empire ottoman.... Méhémet Ali avait lui-même reçu cette girafe en cadeau de Mouker Bey, un seigneur du Soudan.

Née début d'après les calculs de l'époque : , elle arriva à Marseille le et fut conduite à Paris à pied à partir du ( en six semaines). Au cours de ce voyage, elle était accompagnée par Geoffroy Saint-Hilaire, directeur du Jardin des plantes, ainsi que par deux vaches dont elle buvait le lait et qu'elle suivait., une escorte de gendarmes à cheval, et un chariot à bagages. Arrivée le , elle fut pendant trois ans une des principales attractions de la capitale (au cours de l'été , elle attira ) et participa à l'essor du .

Après sa mort le de tuberculose bovine due à l'ingestion quotidienne de lait de vache, elle a été naturalisée, et fait désormais partie de la collection zoologique du muséum d'histoire naturelle de La Rochelle..

Il existe également un témoignage historique peint : une huile sur toile de Jacques Raymond Brascassat, datée de 1831, ayant pour nom Passage de la girafe à Arnay-le-Duc. Elle est exposée au musée des Beaux-Arts de Beaune. L'artiste a probablement peint le tableau de mémoire ou d'après des croquis au château du Musigny, près d'Arnay-le-DucGuide des collections, Musée des Beaux-arts, Beaune, 2014..

Postérité Du vivant de l'animal Elle est à l'origine de nombreuses illustrations et objets au décor dit « à la girafe ».. ou « girafomania » (gravures, vaisselle, tapisseries et papier peint, coiffure « à la girafe », bijoux, etc.). Elle a également inspiré un couple de personnages typiques du Carnaval de Paris : La girafe et son cornacLe Carnaval de Paris : planche gravée vers , consultable notamment au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, cote : M 29-330 Pd202..

Narcisse-Achille de Salvandy lui donne fictivement la parole en et dans deux pamphlets politiques intitulés Lettre de la girafe au pacha d'ÉgypteLettre de la girafe au pacha d'Égypte pour lui rendre compte de son voyage à Saint-Cloud et envoyer les rognures de la censure de France au journal qui s'établit à Alexandrie en Afrique, , 45, et Seconde lettre de la girafe au pacha d'Égypte, en lui envoyant son album enrichi des dernières noirceurs de la censure, , 32, Paris, Auguste Sautelet et .. En est publié le Discours de la girafe au chef des six Osages, imprimé par Honoré de Balzac et possiblement son œuvre, et la même année Dame Girafe à Paris : aventures et voyage de cette illustre étrangère racontés par elle-même de Charles-François Bertu.. Plus tard, en , Charles Nodier lui donne à nouveau la parole dans les Tablettes de la girafe du Jardin des plantes, qui fait partie du recueil Scènes de la vie privée et publique des animaux.

droite|vignette|La plus grande bête qu'on ait jamais vue : caricature de , . La caricature politique s'empare de la girafe en l'assimilant à la physionomie longiligne du roi , notamment après la révolution de Juillet en , qui voit fleurir plusieurs estampes accoutrant l'animal avec la tenue du souverain déchu.. Dans son ouvrage Les Mœurs et la Caricature en France (), John Grand-Carteret qualifie l'année d'. bien que d'autres événements politiques et artistiques d'importance se soient produits cette année-là..

Vers , un diorama est réalisé montrant la girafe dans son enclos de la ménagerie du jardin des plantes avec son vétérinaire. : .

Au Le relevé de discordances entre le spécimen de La Rochelle et des dessins de . perpétue les rumeurs d'origine patriotique apparues après la Première Guerre mondiale, selon lesquelles le corps de la girafe, transféré au musée de Verdun, aurait inspiré aux militaires français l'idée de le brandir dans les tranchées pour effrayer l'ennemi, ou aurait fini sous les ruines du musée, après un bombardement qui n'en aurait laissé subsister que le cou.. Ces histoires reposeraient elles-mêmes sur une confusion, la girafe du musée de Verdun ne pouvant être que celle dite « de Daubenton », montée en par le taxidermiste Delalande avec la première peau de girafe reçue par le muséum de Paris.

La girafe offerte à est aujourd'hui couramment appelée Zarafa, mais ce nom n'est pas attesté du vivant de l'animal, et il semble dû à Gabriel Dardaud en dans son livre Une girafe pour le roi.. Ce nom est repris en dans le livre de Michael Allin, qui le présente comme la transcription d'un mot arabe signifiant à la fois « girafe » et « charmante » (en fait, deux mots distincts mais se transcrivant de la même manière, compte-rendu de ., respectivement et ). L'animal n'avait pas de nom de son vivant, et était désigné, selon Saint-Hilaire, « le bel animal du roi » ; il n'est pas impossible que son premier propriétaire l'ait présentée comme la « belle », la « charmante », en langue arabe.

La sculpture Zarafa, installée à Marseille depuis , fait référence à la girafe offerte à .

En , elle a inspiré le nom de Zarafasaura, un nouveau genre éteint de reptiles marins de l'ordre des plésiosauriens.

Un film d'animation très librement inspiré de l'histoire de cette girafe, Zarafa, réalisé par Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie, est sorti en . Spécialiste français de la première girafe de France, Olivier Lebleu a collaboré à la promotion de sortie, et des expositions sur cette girafe ont été présentées au jardin des plantes de Paris du au , et au muséum d'histoire naturelle de La Rochelle au . Le film a réalisé d'entrées cinéma en France.

Du au , l'artiste britannique Sebastian Mayer reconstitue le voyage de Zarafa à travers la France, en marchant de Marseille à Paris avec une marionnette de girafe à échelle réelle.. Celle-ci, mesurant de haut et pesant ., est équipée d'une peau en carton amovible. L'artiste s'arrête au cours du trajet et offre des ateliers gratuits aux membres de la communauté locale, qui décorent alors la peau pour la prochaine étape du voyage..

Galerie

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Documents d'époque

Sources actuelles ; et , . . .

. ; présenté et annoté par Olivier Lebleu, Bordeaux, Elytis, , 130 . . .

; Arléa, « Poche » (131), , 330 .

Littérature jeunesse

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Articles connexes Girafe Girafe Médicis Ménagerie du Jardin des plantes Obélisque de Louxor, autre présent du vice-roi d'Égypte, Méhémet Ali Zarafasaura Diplomatie animalière

Liens externes

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