La cathédrale Notre-Dame () est la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau, dans le Land de Bade-Wurtemberg en Allemagne.

Elle est construite en trois étapes. La première débute en 1120 sous le règne du duc Conrad de Zähringen, la seconde en 1210, et la troisième en 1230. Ainsi, la construction se poursuivit dans le nouveau style gothique avec la nef et la tour ouest dominante. Celle-ci fut achevée dès 1330 et possède la plus ancienne flèche gothique à entrelacs. Le conseil municipal décida ensuite de remplacer le chœur de style roman tardif par un autre beaucoup plus grand avec un déambulatoire et une couronne de chapelles, et chargea Johann von Gmünd de la réalisation. Une inscription sur le portail nord témoigne de la pose de la première pierre le . Ce n'est qu'en 1510 que la voûte du nouveau chœur fut achevée.

L'église devient le siège de l'archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau en 1827.

Architecture vignette|gauche|200px|Le clocher octogonal de la tour vu de l'intérieur. L’historien suisse Jacob Burckhardt est souvent cité pour avoir dit que la tour de l’église de de haut est la plus belle de toutes les tours de l’architecture chrétienne.

La tour est presque carrée à sa base, se prolonge en son centre par une section à douze côtés, par-dessus cette section, la tour devient octogonale et en forme de fuseau, et au-dessus de cela, se prolonge par une flèche.

Elle constitue la seule église gothique allemande dont la tour a été achevée au Moyen Âge (1330), et a miraculeusement été préservée jusqu’alors, survivant aux bombardements de lOpération Tigerfish de , qui détruisirent beaucoup des maisons environnantes. Au cours du bombardement, la tour devait résister à de lourdes vibrations, grâce à l’ancrage principal qui relie les sections de la flèche. Les vitraux avaient à l’époque été déposés et de ce fait ne subirent aucun dommage.

Avant 1827, la cathédrale était une simple église paroissiale. C'est pourquoi, contrairement aux autres cathédrales gothiques, la cathédrale de Fribourg n'a qu'une seule tour, seules les églises étant siège épiscopal ayant habituellement deux tours en Allemagne.

Depuis peu, on sait que l'architecte auteur du plan de la tour est Erwin von Steinbach, déjà réputé pour être le concepteur de la façade de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. vignette|left|185px|Gargouille à figure humaine montrant ses fesses. vignette|260px|L'un des autels de la cathédrale, réalisé par Hans Baldung, v. 1512-1516. Le côté arrière de la cathédrale n'a jamais été entièrement fini ; il contient simplement le strict minimum : aucune statue ni gargouille ne sont présentes.

Une des gargouilles du côté sud représente une figure nue, humaine, aux longs cheveux, qui montre ses fesses dénudées, d'où l'eau s'écoule. Elle aurait été sculptée par un artisan mécontent de son salaire ou en retard de paiement..

Intérieur La cathédrale comprend deux autels principaux : le grand autel de Hans Baldung, et un autre autel de Hans Holbein le Jeune dans une chapelle latérale.

Les vitraux sont des dons de guildes, et comprennent des symboles les représentant. La couleur profondément rouge de certains des vitraux n'est pas la conséquence d'un colorant, mais plutôt le résultat de la suspension de nano-particules d'orNanoparticles - Minute Particles with a Huge Effect. Ils représentent les différents corps de métier.

En 2003, la tenture de Carême a été restaurée et remise en place avec un nouveau matériel de suspension. Elle pèse désormais plus d'une tonne et doit être déplacée de l'atelier avec de lourds appareillages pour son utilisation pendant le Carême.

Le clocher renferme une horloge monumentale de Jean-Baptiste Schwilgué datant de 1851.

Les cloches vignette|Les cloches de la cathédrale en 2007. Le beffroi de la cathédrale contient un ensemble campanaire impressionnant de dix-neuf cloches, c'est l'un des plus grands d'Allemagne, et également l'un des plus harmonieux. La plus ancienne cloche encore en place est la vénérable « Hosanna » datant de 1258, sonnant en mi bémol3 et pesant trois mille deux cent quatre-vingt-dix kilos. Cette cloche peut être entendue le jeudi soir après l’Angélus, le vendredi à 11 heures pour commémorer la Crucifixion (ce qui valut à la cloche le surnom de Spätzleglocke, les Fribourgeoises préparant traditionnellement les pâtes à cette heure-là), le samedi soir, et chaque année le , en souvenir du raid aérien sur la ville.

Obscure, l'histoire des cloches de la cathédrale a commencé pendant la période de construction romane. Nous ne savons toujours pas où Hosanna, la plus ancienne des cloches qui date de 1258, aurait pu être accrochée avant d'être placée dans la tour Ouest, achevée vers 1300. Quoi qu'il en soit, l'immense beffroi en bois de sapin, qui s'étend sur plusieurs étages, a été construit avant que la tour actuelle ne soit achevée, ce dernier servait également d'échafaudage jusqu'au , où il obtint sa fonction actuelle.

Grâce à des circonstances historiques heureuses, l'évolution des cloches au cours des 750 dernières années peut être retracée presque entièrement. «Hosanna» (mi bémol) a été coulée en 1258, quatre ans après la mort du dernier roi Hohenstaufen, Conrad IV. C'est l'une des rares cloches conservées de son époque, malheureusement son fondeur et son lieu de coulée restent inconnus. Pendant près de six cents ans, Hosanna fut la plus grande cloche du carillon et servit de bourdon pour les jours de particulière solennité. Grâce aux sommes d'argent données par les nobles et les citoyens, la cloche fut un repère dans le quotidien de la ville et marquait les différents évènements, comme les incendies ou les tempêtes.

Il perdure encore aujourd'hui deux sonneries historiques : tous les jeudis soirs, Hosanna commémore l'Agonie du Christ sur le mont des Oliviers et le vendredi à 11 heures, sa Crucifixion. Elle appelle également les Fribourgeois à prier pour les défunts de la semaine, le samedi soir. L'ont rejoint : en 1281, la cloche de sermon comme cloche des dimanches ordinaires, en 1300, la cloche de l'Angélus, en 1363, la cloche des heures, reliée à l'horloge au-dessus de la plate-forme.

Puis au ou , la petite cloche d'argent, la cloche du conseil et probablement dans le dernier quart du , une autre cloche de volée sans inscription. En 1481, une cloche spécialement dédiée à la prière du Salve Regina fut coulée, étant donné l'importante croissance de la dévotion de la chrétienté pour cette acclamation à Notre-Dame. En 1570, c'est la cloche des veillées ou des rassemblements de la confrérie (qui sonnait également avant les funérailles) fut forgée, et c'est en 1606, que la cloche des vêpres vit le jour par Hans-Ulrich Bindzlin, à Breisach. Une cloche au-dessus du transept sud a été mentionnée pour la première fois en 1697 alors que la tourelle du toit était en construction.

L'inventaire de la cathédrale, réalisé en 1820 fait état d'une « cloche des messes basses ». La tradition de sonner la cloche funéraire au décès d'un paroissien a été reprise en 1735 sur celle fondue par Hans Friedrich Weitnauer, à Bâle. En 1773, Sebastian Bayer fondit une cloche destinée à rappeler les citoyens de Fribourg à payer les traites de Noël, elle portait une inscription laïque et sonnait deux fois par semaine entre la Saint-Martin et Noël.

La cathédrale de Fribourg conserva pendant six siècles, un certain nombre de cloches anciennes, jusque dans les années 1840 où un important travail de refonte du carillon eût été entrepris, en l'honneur de l'élévation du diocèse de Fribourg, en archidiocèse, le . Le Chapitre métropolitain fribourgeois décida d'enlever sept anciennes cloches pour en doter huit nouvelles, et grâce à la générosité de donateurs, on pût en ajouter deux supplémentaires. Les dix nouvelles furent coulées par Carl Rosenlächer à Constance, entre 1841 et 1843. Elles sonnèrent en si2, ré3, fa3, fa dièse3, la3, si3, do dièse4, ré4, fa4 et si4, à partir duquel, conformément au goût de l'époque, seuls des motifs harmonieux partiels étaient joués. De l'inventaire précédent subsistent la cloche doyenne Hosanna, datant de 1258, la cloche en argent du et la petite cloche sonnant les vêpres qui date de 1606.

Malheureusement, le carillon de Rosenlächer ne subsista que peu de temps, dès 1866, la plus petite se fêla et fut recoulée par Johann Baptist Koch, à Fribourg. Ensuite, la Première Guerre mondiale en réquisitionna cinq (les quatre plus petites et le bourdon) pour les fondre et utiliser leur bronze afin de fabriquer des armes. En 1927, l'entreprise Grüninger de Villingen fit retrouver à Notre-Dame de Fribourg-en-Brisgau, les quatre petites cordes de sa voix mélodieuse, mais ces dernières ne purent être livrées qu'en 1942. En 1947, c'est la plus petite cloche de la cathédrale qui revient des entrepôts de Hambourg, celle-ci se fêle l'année suivante et n'a été réparée puis réinstallée qu'en 2008. L'ancien bourdon sonnant en sol2 fut un don de la Suisse en 1950, certainement à l'occasion de la proclamation du dogme de l'Assomption de la très-sainte Vierge Marie, patronne de la cathédrale, par le pape Pie XII.

En 1959, l'archevêque Hermann Schäufele et le chapitre métropolitain, ralliés aux conseils des experts en cloches Rolli et du professeur Stemmer décident que le carillon soit complètement remplacé, par un nouveau, à l'exception d'Hosanna, de la cloche de vêpres et de la cloche d'argent. Ainsi, le vendredi (vendredi dans la dix-huitième semaine après la Pentecôte), ce sont quinze toutes nouvelles cloches fabriquées en trois moulages puis fondues par le réputé maître-fondeur bavarois Friedrich Wilhelm Schilling à Heidelberg, le nouveau carillon a été béni et consacré par l'archevêque, le jour de la Saint-Luc, le .

Élégantes, les nouvelles cloches forment une impressionnante gamme musicale s'étendant sur deux octaves et demi. Celui-ci est l'un des premiers à avoir été fondu dans la technique des profils ultra-lourds : plus la cloche est lourde et épaisse selon la note désirée, plus le son est volumineux, mœlleux et agréable à l'oreille. Il forme un groupe mineur qui s'étend sur deux octaves et demie. Les cloches plus petites peuvent également avoir un bon son car elles sont plus lourdes que la cloche de base. Les carillons de la cathédrale furent parmi les premiers en Allemagne à utiliser cette progression des nervures. La plus grande sonne en sol2 et pèse six mille huit cent cinquante-six kilos et la plus petite, sonnant en ré5, pèse soixante-dix-neuf kilos. Sur ces cloches, les inscriptions ont été créées par Robert Schlund, apposées par Alfred Riedel, les portraits sont signés Harry Mac Léandre. Elles ont été coulées dans un alliage traditionnel d'airain (78% de cuivre rouge, 22% d'étain et moins d'1% d'impuretés : zinc, antimoine, plomb....).

En 2008, deux vieilles cloches jusqu'alors hors d'usage ont été réinstallées dans le beffroi, portant à dix-huit le nombre de cloches se trouvant dans la tour. Une dix-neuvième cloche (la4), destinée à sonner les baptêmes, est installée dans le clocheton dressé au-dessus du croisillon sud du transept. Dans le cadre de la rénovation de la flèche, du clocher et de la salle du gardien de la tour, réalisée entre 2012 et 2018, toutes les cloches ont été équipées d'un nouveau jeu de battants fabriqué selon les critères ProBell®. Les carillons sont désormais très bien équilibrés et clairement définis. Une attention particulière a été accordée à la meilleure protection possible des cloches historiques et à la coordination minutieuse des interactions dynamiques entre le tintement des cloches et la structure de la tour. +Tableau recensant les anciennes cloches de la cathédraleNom/UsageNoteDiamètre (centimètres)Poids (kilos)FonteFin de serviceInscriptionsSilberglöckchen ou la petite cloche en argentfa535,231,8Toujours en serviceHosannami bémol3 +2/16≈1613 290vendredi 12 juillet 1258Toujours en serviceÉpaules : † OREX GLORIE VENI CUM PACE † ME RESONANTE PIA POPULO SUCCURE MARIA † ANNO DOMINI M•C•C•L•VIII•I•XV•KLAS•AUGUSTI•