vignette|L’Hôtel de Rambouillet d’après une gravure de Gomboust (1652). vignette|Une séance à l’hôtel de Rambouillet par François-Hippolyte Debon, musée de Dreux. L’hôtel de Rambouillet est un hôtel parisien connu pour le salon littéraire que Catherine de Vivonne, épouse d'Angennes, marquise de Rambouillet tient de 1608 jusqu’à sa mort en 1665. Il était situé rue Saint-Thomas-du-Louvre (rue perpendiculaire à la rue Saint-Honoré, au sud de celle-ci), approximativement à l'emplacement de l'actuel pavillon Turgot du Louvre.
Historique Le précédent hôtel de Rambouillet, situé rue Saint-Honoré, fut absorbé par le Palais Cardinal (devenu Palais-Royal)Walckenaer, Charles Athanase (M. le baron), Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin Chantal, dame de Bourbilly, marquise de Sévigné, durant le ministère du cardinal Mazarin et la jeunesse de Louis XIV, Librairie Firmin Didot Frères, Imprimeurs de l'Institut, 56 rue Jacob, Paris, 1843, pp. 382-383.
Le salon de Catherine de Vivonne, « l’incomparable Arthénice », anagrammeAnagramme due à Malherbe : J.B. de Saint-Victor, « Tableau historique et pittoresque de Paris », Paris 1822, . (coutume très en vogue à cette époque dans le monde littéraire) de « Catherine », une des personnalités féminines les plus marquantes de son temps, fut l’un des plus brillants de son époque.
Elle n’hésite pas à faire reconstruire l’hôtel de son père, Jean de Vivonne, marquis de Pisani, sur des plans dessinés par elle-même, pour qu’il comporte des pièces plus adaptées aux réceptions, en particulier une enfilade de salons communicants dans le style italien. Gédéon Tallemant des Réaux rapporte qu' Benedetta Craveri, L'âge de la conversation, chapitre III (pp. 42-58) : « La chambre bleue », Gallimard, 2002..
De la ruelle de sa « chambre bleueAutre innovation de la part de Catherine de Vivonne, à une époque où on ne peignait les chambres qu’en rouge ou en tanné. », « Arthénice » recevra allongée sur un litAinsi reçoit-on au . les beaux esprits, les gens de lettres et les grands personnages de son époque : Richelieu, Malherbe, Vaugelas, Guez de Balzac, le Cavalier Marin, Chapelain, l'Abbé Cotin, Racan, Voiture feront partie de ses familiers. C’est également dans ce salon que la fille de la marquise de Rambouillet, Julie d'Angennes, rencontrera son futur époux, le duc de Montausier, qui la courtisera de nombreuses années, et lui offrira la célèbre Guirlande de Julie.
écrira Chapelain à propos de l’hôtel de Rambouillet. Ce monde jeune et gai qu’est l’hôtel de Rambouillet, où les bals et les plaisirs se succèdent, les intrigues amoureuses se nouent et se dénouent, ne fut pas une société de pédants même si les divertissements y prennent volontiers un tour intellectuel. La « préciosité » naît dans ce salon et gagne l'esprit des jeunes femmes de l’aristocratie qui le fréquentent. Cette mode durera une trentaine d'années. C’est de l’hôtel de Rambouillet que sortiront celles qui s’impliqueront activement dans la Fronde au point d’être qualifiées d’Amazones.
Bien que Molière ait tourné en dérision les membres de ce salon, il est indéniable que l’hôtel de Rambouillet a joué un rôle monumental dans la genèse du roman moderne français. La succession sera assurée par Madeleine de Scudéry, et le même Chapelain, qui a laissé quelques descriptions de ce temps, n’aura pas pour cette dernière les mêmes mots que pour Madame de Rambouillet.
Témoignages contemporains - Madeleine de Scudéry Madeleine de Scudéry, Artamène ou le Grand Cyrus, Augustin Courbé, Paris, 1656, vol.VII, pp.298-299. - Gédéon Tallemant des Réaux Tallemant des Réaux, Historiettes, tome II, article 29.
Références
Bibliographie
Sur l'hôtel Jean-Pierre Babelon, « L’Hôtel de Rambouillet », Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, t.XI, 1960, p. 313-361.
Sur le salon de la marquise de Rambouillet Heinrich Breitinger, Der Salon Rambouillet und seine kulturgeschichtliche Bedeutung, Frauenfeld, J. Huber, 1874 Louis Chabaud, Les précurseurs du féminisme, Mesdames de Maintenon, de Genlis, et Campan, leur rôle dans l’éducation chrétienne de la femme, Paris, Plon-Nourrit et cie., 1901. Benedetta Craveri, L'âge de la conversation, Gallimard, 2002 Joan E Dejean, Tender Geographies. Women and the Origins of the Novel in France, Columbia University Press, 1993 F. A. Fischer, Das Hôtel de Rambouillet und die Precieusen, Jena, Ratz, 1868 Lucella Ruth Hartwell, The Hôtel de Rambouillet and French classicism, Thèse pour la maitrise à l’université du Minnesota Charles-Louis Livet, Précieux et précieuses : caractères et mœurs littéraires du , 1895 Cœuvres-et-Valsery, Ressouvenances, 2001 Denis Lopez, « La Plume et l’Épée : Montausier (1610-1690), position sociale et littéraire jusqu’après la Fronde », collection Biblio 17, Papers on French Seventeenth Century Literature, Paris-Saettle-Tuebingen, 1987. Denis Lopez, « Quelques repères sur l’usage mondain de l’épitre en vers », dans L’Épître en vers au , Littératures classiques , Paris, Klincksieck 1993, p61-101. Denis Lopez, « Le théâtre à l’Hôtel de Rambouillet », Théâtre et espace mondain au , actes du colloque du Centre de Recherche sur la Transmission des Modèles Littéraires et Esthétiques (Reims), 5-, PFSCL, , n° 64, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2006, 239-68. Émile Magne, Voiture et l’Hôtel de Rambouillet : les années de gloire, 1635-1648, Paris, Éditions Émile-Paul frères, 1930 Madeleine de Scudéry, Artamène ou le Grand Cyrus, Auguste Courbé, Paris, 1656. Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, tome II, article 29. Leon H. Vincent, Hôtel de Rambouillet and the précieuses, Boston, Houghton, Mifflin & Co., 1900 Charles Athanase Walckenaer (M. le baron), Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin Chantal, dame de Bourbilly, marquise de Sévigné, durant le ministère du cardinal Mazarin et la jeunesse de Louis XIV, Librairie Firmin Didot Frères, Imprimeurs de l'Institut, 56 rue Jacob, Paris, 1843 Émile Weisser, L’Hôtel de Rambouillet : essai d’histoire littéraire Breslau, 1873
Catégorie:Histoire de la littérature Rambouillet, Hôtel de Catégorie:Littérature du XVIIe siècle Catégorie:Préciosité