500px|vignette|La pratique de l'ostéopathie inclut la palpation, la manipulation des os, des muscles, des articulations et des fasciae.
L'ostéopathie est une pratique de soins non conventionnelle., qui repose sur l'idée que des manipulations manuelles du système musculosquelettique et des techniques de relâchement myofascial aideraient à prévenir ou remédier les troubles fonctionnels du corps humain.. Souvent confondue, à tort, avec la kinésithérapieOstéopathie, ça ne sert à rien ?, radiofrance.fr, 31 mars 2021, elle est aujourd'hui réglementée en France., mais pour autant ne possède pas de reconnaissance scientifique et médicale.. Elle n'est pas non plus une profession de santé, n'étant pas inscrite au code de la santé publique... L'ostéopathie repose sur une philosophie pseudoscientifique, comporte de faibles bases théoriques et invoque des mécanismes d'action invraisemblables..
Fondée en 1874 aux États-Unis par Andrew Taylor Still à la suite d'une vision qualifiée « d’épiphanique » par Pinsault N. & Monvoisin R.., l'ostéopathie est fondée sur des techniques manuelles visant à . Elle se base sur l'idée selon laquelle toute altération de la mobilité naturelle des organes les uns par rapport aux autres, apparaissant au niveau des muscles, des tendons, des viscères, du crâne ou des enveloppes (fasciae), induirait des dysfonctionnements..
L'efficacité de l'ostéopathie n'est pas démontrée scientifiquement, ayant une possibilité non garantie de résultat dans la prévention et le traitement des troubles fonctionnels uniquement.. Ce qui l'amène à être qualifiée de médecine non conventionnelle. Des techniques comme l'ostéopathie viscérale ou l'ostéopathie crânienne sont identifiées comme illusoires par l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes..
Principes fondateurs Les premiers principes d’osthéopathie se basent sur les médecines conventionnelles et non conventionnelles occidentales, et les principes traditionnels de soins des natifs amérindiens, en promouvant la santé plutôt qu'en se contentant de lutter contre la maladie.
L’American Association of Colleges of Osteopathic Medicine (AACOM) présente l'ostéopathie comme organisée autour de quatre principes Glossary of Osteopathic Terminology, novembre 2011. [Still, A.T. (1902). The philosophy and mechanical principles of osteopathy. American Academy of Osteopathy. . ., dont la base scientifique n'est pas démontrée. : Chaque structure du corps a une fonction physiologique, chaque fonction entretient une certaine structure et la structure gouverne la fonction. Par exemple, l'appareil digestif est considéré comme structure, la digestion comme fonction et la forme (ondulations, villosités, microvillosités) de l’intestin permet sa fonction (digestion, rôle dans l’immunité et le système hormonal…). Le squelette, en tant que charpente osseuse, et sa musculature ont une grande importance, en tant que support des autres systèmes et organes dont la mobilité naturelle est nécessaire pour un bon fonctionnement durable des systèmes nerveux, musculaire, circulatoire, respiratoire Concept d’unité et d’interrelations entre les différentes parties du corps. Toutes les parties du corps sont reliées, par la vascularisation : le système nerveux, le tissu conjonctif, le système lymphatique, le système endocrinien, et plus généralement l’être humain dans sa globalité, rassemblant ses aspects physique, émotionnel, mental, intellectuel et spirituel. Principe d’autoguérison : le corps dispose de nombreux systèmes de réparation, adaptation, défense ou compensation. Ce postulat d'Andrew Taylor Still, créateur de l’ostéopathie, est considéré comme peu scientifique par certains. L’ostéopathe ne ferait que stimuler les facultés d’autoguérison chez le patient. Les ostéopathes fondent leur réflexion sur les conditions qui ont mis ces moyens en défaut, et tentent de lever l’obstacle. Le rôle de l’artère : toute structure somatique non atteinte d’une lésion organique est capable de fonctionner normalement, pour peu que sa vascularisation soit correcte et que l’alimentation ait fourni des nutriments qualitativement et quantitativement suffisants. Cette dernière notion est remplacée par certains par une notion de synergie des trois premières méthodes même si elle est bien dans la philosophie d'origine de Still.
Ces concepts sont appliqués à l’anatomie et à la physiologie humaines. « Le rôle de l’artère » est une manière nutritionnelle de voir les choses en se focalisant sur la vascularisation du corps et donc son alimentation en oxygène et nutriments. Tous les ostéopathes n’y accordent pas la même importance. Les ostéopathes dits « scientifiques » considèrent que ce rôle n’est pas suffisant pour assurer une fonction normale.
Ces principes ont peu évolué, à ce jour l'Organisation mondiale de la santé définit ces principes comme suit. : L'être humain est une unité fonctionnelle dynamique dont l'état de santé est influencé par le corps, l'esprit et l'âme. Le corps possède des mécanismes d'autorégulation et s'autoguérit naturellement. La structure et la fonction sont interreliés à tous les niveaux du corps humain.
Histoire vignette|droite|Andrew Taylor Still.
L'ostéopathie apparaît au , sous l'impulsion d'Andrew Taylor Still, médecin du Kansas autodidacte sans diplôme ni licence, à une époque où cette exigence n’est pas nécessaire à l’exercice de la profession. Il se forme en aidant son père, un missionnaire pasteur méthodiste, en soignant les Indiens shawnees..
La naissance de l'ostéopathie L’ostéopathie est fondée par Andrew Taylor Still. En 1864, il perd 3 enfants d'une méningite spinale malgré la présence de 4 médecins reconnus, ce qui lui fait douter de la médecine conventionnelle.
Le , après avoir découvert l'ostéopathie dans une vision, il est mis au ban de la société religieuse, sociale et médicale, du fait de ses idées non conventionnelles et muté à Kirksville (Missouri). Il rencontre alors des praticiens « non conventionnels », ainsi que les nommaient les professionnels de santé, qui prospéraient dans le contexte non réglementé des États-Unis. Il publie son autobiographie en 1897.
En 1892, il crée l’ . , devenant ainsi le premier docteur en ostéopathie, il est désigné au siècle sous le nom de Dr AT Still MD, DO. Les étudiants qui en sortent se présenteront comme Ostéopathes, puis DO ().
En 1897 est fondée l’American Association for the Advancement of Osteopathy (AAAO), qui devient en 1901 l’American Osteopathic Association (AOA). L'Associated Colleges of Osteopathy (ACO) est créée en 1898 pour coordonner la formation à l'ostéopathie.
Selon les endroits et les périodes, l'introduction de l'ostéopathie parmi les professions de santé donne lieu successivement à des conflits, à l'acceptation puis la reconnaissance du fait de la focalisation des professions de santé sur le traitement de la maladie mais aussi de la présence d'autres professions dont la pratique est similaire, des accusations de sectarisme causé par la promotion de méthodes de soins naturelles, et à la lutte contre les imitateurs discréditant la profession d'ostéopathe.
En 1901, l'ostéopathie est reconnue dans , ce qui implique que les nouveaux diplômés doivent réussir un examen aux côtés des médecins diplômés, à l'exception de la pharmacologie, face aux ordres de médecins admettant un docteur en ostéopathie comme représentant. Cela pousse l'AOA à demander des commissions d'examens autonomes, et à demander aux écoles à rallonger la durée de formation de 2 à . ce qui est le cas de 17 des 39 États en 1913, menant à la fermeture de plusieurs écoles. L'AOA lutte pour imposer des cours de bon niveau dans toutes les écoles.
La communauté ostéopathe connaît des débats internes pour définir le scope de la pratique ostéopathe, médecine conventionnelle du système de santé des États-Unis ou médecine « de terrain », et si le contenu de la formation, doit-elle inclure la pharmacologie et le droit de prescrire. Une part des praticiens souhaite suivre les principes énoncés par le fondateur quand d'autres souhaitent étendre leur pratique à la chirurgie, l'obstétrique et la prescription de certains médicaments. La pratique au début du est très variée, quelques écoles de qualité rattachées à des universités existent, ainsi qu'un grand nombre d'écoles à but lucratif.
Dès 1901, l'ostéopathie reçoit un soutien de choix en la personne de Mark Twain, . Mais Twain renforce son soutien après la guérison de sa fille Jean de ses crises d'épilepsie et le traitement de ses propres bronchites chroniques. Il critique l'opposition de la faculté de médecine envers l'ostéopathie qu'il attribue essentiellement à un désir de monopole sur les soins de santéThe Pre-Flexnerian Reports: Mark Twain's Criticism of Medicine in the United States.To ask a doctor's opinion of osteopathy is equivalent to going to Satan for information about Christianity. (Demander à un médecin son opinion sur l'ostéopathie revient à prendre ses renseignements sur la Chrétienté chez Satan), Mark Twain, 1901..
Au début du siècle, l'Association de médecine américaine (AMA) et l’American Osteopathic Association (AOA) estiment que leurs disciplines respectives souffrent d'un faible niveau de standardisation. En 1904, le Conseil de l'éducation de l'AMA évalue 160 écoles formant à la médecine, parmi lesquelles seules 82 sont approuvées. En 1903, le Comité d'éducation de l'AOA demande au Dr. ER Booth, ostéopathe diplômé, d'inspecter tous les collèges d'ostéopathie pour relever leurs forces et faiblesses. En 1908, la fondation Caernegie pour la promotion de l'enseignement et l'AMA confient alors au Dr. Abraham Flexner, médecin diplômé de l'Université John Hopkins, la mission d'évaluer les de médecine subsistant après l'évaluation AMA de 1904. En 1910, le Comité d'éducation de l'AOA conclut dans son rapport à un faible niveau de sélection, des laboratoires en sciences fondamentale médiocres, le manque d'installations cliniques et un corps enseignant insuffisant. Dans son rapport publié la même année, Flexner juge les d'ostéopathie mercantiles et trompeuses sur le pouvoir curatif de l'ostéopathie. Le conseil d'administration de l'AOA juge le rapport Flexner avec colère, demandant à ce que ses écoles puissent former selon les besoins de la profession. Toutefois, Cette réponse officielle est néanmoins en décalage avec son propre rapport publié en 1910, qui correspond aux conclusions du rapport Flexner. L'éveil provoqué par le rapport Flexner pousse les écoles d'ostéopathie à se réformer pour adopter une méthode scientifique, ce qui engendre des débats internes.
Mais Viola Frymann fut aussi par la suite condamnée par deux fois (1992 et 2000) par ses pairs et par la justice pour incompétence et mise en danger d’autrui ..
Naissance du concept crânien dans le domaine de l'ostéopathie William Garner Sutherland est étudiant à Kirksville à la fin du . En observant les sutures des os du crâne, il se déclare frappé par leur agencement : ^W.G. Sutherland, Textes fondateurs de l'ostéopathie dans le champ crânien, Vannes, Sully, 2008, .. Il engage dès lors des recherches afin de prouver la validité d'une telle idée. Son étude de l'anatomie des os du crâne et les essais qu'il pratique sur lui-même le convainquent peu à peu de l'intérêt de cette hypothèse.
En 1939, il publie le résultat de ses recherches dans (La boule crânienne), accueilli avec indifférence ou scepticisme. Un grand soutien lui est toutefois apporté par le Kimberley, un neurochirurgien américain. Son élève, Harold Magoun, poursuivit son œuvre et publia en 1951 (Ostéopathie dans le champ crânien), le livre de référence de l'ostéopathie crânienne.
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Il n'existe aucune preuve scientifique d'efficacité thérapeutique ni de fiabilité diagnostique de l'ostéopathie crânienne, ou cranio-sacrée, ce qui vaut à cette branche de l'ostéopathie d'être qualifiée de technique illusoire....
Développement de l'ostéopathie en Europe