thumb|L'Observatoire de Meudon en 1899.
L'Observatoire de Paris - PSL est un observatoire astronomique implanté sur trois sites : Paris (avenue de l'Observatoire), Meudon et Nançay.
L'Observatoire de Paris est né du projet, en 1667, de créer un observatoire astronomique équipé de bons instruments permettant d'établir des cartes pour la navigation. Venant en complément de l'Académie des sciences fondée en 1666, il a joué un rôle très important dans l'astronomie en Occident.. C'est là que prirent essor en France des sciences comme la géodésie, la cartographie et la météorologie. C'est le plus ancien observatoire du monde toujours en fonctionnement..
En 1927, l'Observatoire de Meudon est rattaché administrativement à l'Observatoire de Paris. En 1956 est fondé l'Observatoire radioastronomique de Nançay.
L'Observatoire de Paris est doté du statut de grand établissement et placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est membre fondateur de l'Université PSLCinq grandes écoles parisiennes créent une fondation, Le Monde, 16 avril 2010. dont il est l'un des 9 établissements-composantesDécret n° 2019-1130 du 5 novembre 2019 portant création de l'Université Paris sciences et lettres (Université PSL) et approbation de ses statuts. C'est le plus grand pôle national de recherche en astronomie. L'Observatoire dispense également un enseignement supérieur de haut niveau.
Il est l'un des observatoires des sciences de l'Univers (OSU), un regroupement de laboratoires chargés de conduire des observations de longue durée dans le domaine des sciences de l’Univers (astronomie, physique du globe, océanographie, environnement) associés à l’Institut national des sciences de l'univers (INSU) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Historique thumb|left|Cérémonie fondatrice de l'Académie royale des Sciences et de l'Observatoire de Paris, en présence de Louis XIV, en 1667. L'observatoire en construction est visible à l'arrière plan. (Peinture de Henri Testelin d'après Charles Le Brun ; titre original : Colbert présente au Roi Louis XIV les membres de l'Académie royale des Sciences ; conservée au château de Versailles).
Sous l'impulsion de nombreux savants et notamment Adrien Auzout qui adresse en 1665 une lettre à pour lui demander de créer sans attendre « une compagnie des sciences et des arts », et Jean-Baptiste Colbert fondent en 1666 l'Académie royale des sciences...
Lors de sa première séance, le , il fut décidé de créer l'observatoire royal, qui deviendra plus tard l'actuel Observatoire de Paris. Il devait être un lieu de rencontre et d'expérimentation pour tous les académiciens. Cependant, en raison de son éloignement par rapport au Paris de l'époque, seuls les astronomes l'utilisaient..
thumb|left|Salle méridienne, dite salle Cassini : sur la ligne de laitonConstituée de 32 règles de laiton mises bout à bout, enchâssées dans des dalles de marbre blanc., longue de près de , vient se projeter l’image elliptique du Soleil produite par un gnomonConstitué d’un simple trou percé dans une plaque de cuivre, Jean-Dominique Cassini voulut immortaliser ce gnomon dans la ligne méridienne en donnant à sa hauteur une valeur égale à dix fois la longueur du pendule de Picard situé à une hauteur de ..
Le , jour du solstice d'été, les mathématiciens de l'Académie, sous la direction de Christian Huygens, tracent sur le terrain, à l'emplacement actuel du bâtiment., le méridien et les autres axes nécessaires à l'implantation précise de l'édifice imaginé par l'architecte et médecin Claude Perrault (frère du conteur Charles Perrault, également secrétaire de Colbert). Le plan médian du bâtiment deviendra le méridien de Paris, les horloges étant réglées sur le midi vrai. En 1669, Colbert fait appel Giovanni Domenico Cassini pour diriger l'institution et apporter des modifications à l'édifice. Louis XIV visite l'Observatoire de Paris pour la première fois en , soit dix ans après la fin des travaux. Conçu comme une citadelle des sciences, le bâtiment présente une architecture sobre, avec une tour carrée en avant-corps, exposée plein nord sur la grande avenue, et des ailes latérales terminées par des pavillons octogonaux.
thumb|left|L'observatoire, vu de la Butte-aux-Cailles de Jean Millet dit Francisque (huile sur toile, 1710) - Musée Carnavalet.
Dynastie des Cassini L'observatoire de Paris fut dirigé pendant ses 125 premières années par la famille Cassini : Giovanni Domenico Cassini (Cassini I), de 1669 à 1712 lui donne une expansion rapide. Durant cette période, de grands astronomes comme Huygens, Roëmer et d'autres fréquentent l'Observatoire. Jean Picard y effectue une mesure du degré d'arc de méridien terrestre ; Jacques Cassini (Cassini II), son fils, prend la relève de 1712 à 1756. L'observatoire est alors dirigé par l'Académie des sciences. Mais dans les faits, le directeur a une très grande indépendance ; César-François Cassini (Cassini III aussi appelé Cassini de Thury), le petit-fils, le dirige de 1756 à 1784. C'est durant cette période que se développent des études en géodésie et en cartographie ; Jean-Dominique, comte de Cassini (Cassini IV), l'arrière-petit-fils, dirige l'Observatoire à partir de 1784. Un an après sa prise de fonction, il recruteSuzanne Débarbat, S. Grillot et J. Lévy (Observatoire de Paris), Comprendre - Histoire - observatoire de Paris IX : direction du Bureau des Longitudes (1795-1854), Paris, Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE/UFE), c. 2007 (CD-ROM ). trois élèves : Nicolas-Antoine Nouet, Jean Pemy de Villeneuve et Alexandre RuelleLire en ligne. (auxquels le décret du de la Convention attribuera le statut d'astronomes, voire de professeurs). Étant monarchiste, il démissionne le , quitte l'Observatoire le mois suivant, et est remplacé par un autodidacte, Alexis Bouvard.
Tous les Cassini étaient très présents au sein de l'Observatoire, et vivaient même sur place.
Après la Révolution thumb|L'Observatoire de Paris en 1862.. Après la démission du comte de Cassini, l'Observatoire est quelque peu malmené par la Révolution française en raison de ses très forts liens avec la monarchie. Une inspection assez musclée a même lieu le à la recherche d'armes et de vivres, mais rien de tel ne sera trouvé dans les locaux de l'Observatoire. L'argent fait également défaut.
Après 1790, l'Observatoire est doté des instruments astronomiques conservés dans l'ancien Cabinet de curiosités du roi Louis XV, dans le parc du château de La Muette, à la suite du démantèlement de ce dernier, en particulier le télescope créé par dom Nicolas Noël..
Le décret du instaure le Bureau des longitudes, et lui attribue l'Observatoire, dont la mission est de développer l'astronomie. Parmi les dix membres nommés, les astronomes Jérôme Lalande, Jean-Dominique Cassini, Pierre-François-André Méchain et Jean-Baptiste Joseph Delambre sont statutaires et perçoivent un salaire, et deux astronomes adjoints sont astreints aux travaux de service à l'Observatoire, Michel Lalande (neveu de Jérôme) et Alexis Bouvard. Cassini démissionne à nouveau au début de 1796, il sera remplacé par Charles Messier.
Durant les années suivantes, le poste de directeur sera attribué successivement à : Lalande de 1795 à 1800. C'est sous sa direction que l'Observatoire contribue à la standardisation des mesures, le mètre et le kilogramme, le ). Les deux étalons de mesure sont conservés à l'Observatoire jusqu'en 1889, date à laquelle est fondé le Bureau international des poids et mesures, à Sèvres ; Pierre-François-André Méchain de 1800 à 1804 ; Jean-Baptiste Joseph Delambre de 1804 à 1822.
Cependant, durant cette période, la direction de l'Observatoire va de pair avec la présidence (renouvelée annuellement) du Bureau des longitudes, et ne concerne que la direction administrative et non scientifique, car les astronomes sont autonomes en ce qui concerne le cap choisi pour leurs travaux. Alexis Bouvard fut ainsi, en tant que trésorier du Bureau des longitudes, chargé de l'administration de l'Observatoire de 1808 jusqu'à sa mort en 1843. En , à la suite de l'adoption d'un nouveau règlement du Bureau des longitudes concernant le service de l'Observatoire de Paris, François Arago est nommé directeur des observations, chargé de superviser les travaux réguliers de l'établissement, confiés à des élèves astronomesJames Lequeux, astronome émérite à l'Observatoire de Paris, , Ciel & Espace radio, 11 janvier 2013.
François Arago développe à l'Observatoire la polarimétrie et la photométrie et y réalise le premier daguerréotype du Soleil. Il fait installer dans la tour est une grande lunette équatoriale. Pour cela, l'architecte Alphonse de Gisors agrandit et réaménage, en 1846-1847, la tour avec une nouvelle coupole. Mais pour des raisons techniques, la lunette ne peut vraiment être utilisée que plus tard.. Durant cette période, Foucault introduit le miroir réflecteur à dépôt d'argent.
Urbain Le Verrier occupe le poste de directeur de 1854 à 1870. Il y fonde la météorologie, le bureau de météorologie est ensuite déplacé au Parc Montsouris. Étant très proche du nouveau pouvoir et également membre du Sénat, il arrive à étendre les pouvoirs du directeur de l'Observatoire. Il arrive également à augmenter les payes des astronomes. Mais son caractère autoritaire crée des tensions importantes avec le personnel de l'Observatoire. Peu après la démission collective de 14 astronomes, il est relevé de son posteLe Verrier proteste en vain auprès du ministre Victor Duruy dans une note du 4 février 1870 ; cf. notamment ..
Jules Janssen présente un projet de restauration du château de Meudon, obtient les fonds nécessaires (plus d'un million de francs de l'époque) et y fonde l'Observatoire d'Astronomie Physique en 1876. Une grande coupole est créée qui abrite toujours des instruments d'observation. L'Observatoire de Meudon reste l'un des laboratoires de référence pour l'étude du Soleil.
L'Amiral Mouchez de 1878 à 1892, jusqu'à sa mort, dirige à son tour l'Observatoire. Il décide, en 1887, la création de la Carte du Ciel, projet auquel participent 18 observatoires à travers le monde. Il rénove les appareils, ouvre l'Observatoire au public et unifie l'heure en France, à l'heure du méridien de Paris.
François-Félix Tisserand prend la direction de l'Observatoire de 1892 à 1896, jusqu'à sa mort. Tout en élaborant son Traité de mécanique céleste, il suit de très près les différents travaux en cours et veille au bon fonctionnement du matériel.
C'est ensuite au tour de Maurice Lœwy d'assurer la direction de l'Observatoire, de 1897 à 1907, jusqu'à sa mort. Il participe activement à l'élaboration de la Carte du Ciel.
Benjamin Baillaud prend le poste de directeur de 1908 à 1926. Il est l'initiateur de la création du Bureau international de l'heure. Il participe activement à la rénovation des équipements astronomiques français.
De 1927 à 1929, c'est Henri Deslandres qui assure la direction de l'Observatoire. Deslandres était le directeur de l'Observatoire de Meudon. Le rattachement de cet observatoire avec celui de Paris lui permet d'accéder au poste de directeur. Deslandres voulait transférer tous les équipements astronomiques de Paris vers Meudon, en ne gardant dans la capitale que l'administratif. Ce projet ne sera jamais appliqué.