Khadga Prasad Sharma Oli, couramment désigné sous les appellations raccourcies K.P. Sharma Oli voire K.P. Oli, né le à Morang, est un homme d'État népalais, cadre dirigeant du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (PCN-MLU). Il est Premier ministre du au , puis du au et enfin du au .
Biographie Carrière politique Le , il est nommé ministre de l'Intérieur dans le cabinet minoritaire PCN-MLU dirigé par Man Mohan Adhikari et occupe ces fonctions jusqu'à la démission du cabinet, le .
Le , il est nommé premier vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères dans le cabinet dirigé par Girija Prasad Koirala et demeure dans ces fonctions jusqu'à la mise en place du cabinet intérimaire (incluant cinq ministres maoïstes), également dirigé par Girija Prasad Koirala, le .
Il est alors remplacé dans ses anciennes fonctions par Sahana Pradhan, également membre du PCN-MLU.
Le , il est battu dans sa circonscription lors de l'élection de l'Assemblée constituante. En revanche, il est élu lors de l'élection de la Assemblée constituante en 2013.
Premier ministre Le , il est élu Premier ministre à la tête d'une fragile coalition. Mis en minorité, il démissionne le .
Le , il redevient Premier ministre après la victoire de la coalition de gauche aux élections législatives népalaises de 2017 Oli appointed as 38th PM of Nepal MyRepublica. En mai suivant, les deux partis de la coalition, le PCN-MLU et le PCUN-M, décident de fusionner pour former le PCN qui est alors dirigé par Pushpa Kamal Dahal. Un accord est conclu entre les deux hommes prévoyant qu'ils échangent leurs postes respectifs au bout de deux ans et demi.
Il demande en le retrait des troupes indiennes stationnant au Népal depuis les années 1960. Le gouvernement du Premier ministre de l'Inde Narendra Modi (droite nationaliste) avait déclenché une crise diplomatique en revendiquant la région de Kalapani, située en territoire népalais.
Crise institutionnelle Au printemps 2020, les relations entre les pôles marxiste, pro-chinois-maoïste et pro-indien, au sein du PCN se dégradent. Une fraction, menée par Pushpa Kamal Dahal et Madhav Kumar Nepal, accuse le Premier ministre d'échouer à mettre en œuvre ses promesses de campagne et à lutter contre la corruption. Ces désaccords culminent avec le dépôt d'une demande de mise au vote d'une motion de censure pour le . Oli réagit en demandant à la présidente Bidya Devi Bhandari la dissolution de la Chambre des représentants avant que ne puisse être votée la motion, une décision qui provoque de vives critiques au sein de la classe politique népalaise et plusieurs manifestations à son encontre. Le , la Cour suprême annule la dissolution.
Le , il est désavoué par la Chambre (93 voix pour, 124 contre sur un total de 271 députés, la majorité requise étant de 136 voix) et s'apprête à diriger un gouvernement minoritaireOli govt loses trust vote, Nepal faces fresh turbulence, The Indian Express, 10 mai 2021. tout en contournant la Chambre des représentants. Il est reconduit à son poste le par la présidente Bhandari, prête serment le lendemain et dispose de 30 jours pour former un gouvernement et obtenir la confiance des représentantsK P Oli sworn in as Nepal PM for third time, , The Indian Express, 14 mai 2021..
Le , la Cour suprême déclare illégale la dissolution du Parlement et ordonne la nomination de Deuba comme Premier ministre en vertu de l'article 76-5 de la Constitution. Ce dernier est désigné par la présidente Bidya Devi Bhandari et prend ses fonctions le 13, ainsi que le poste de ministre des Affaires étrangères.
Retour au pouvoir et destitution Le , KP Sharma Oli est nommé Premier ministre du Népal pour son quatrième mandat, son parti communiste formant une coalition avec le parti du Congrès népalais.
Le , de vastes manifestations se déroulent après la suspension de 26 réseaux sociaux, tandis que la répression policière entraîne la mort d'au moins vingt-une personnes. Plus largement, la colère populaire est alimentée par le train de vie jugé fastueux de la classe politique tandis que la plupart des habitants vivent dans la pauvreté. « Les manifestations sont alimentées par la frustration de la jeunesse et leur perte de confiance envers l'autorité. Ils se sentent exclus des prises de décisions », a analysé Yog Raj Lamichhane, professeur à l'université de Pokhara. Dans la soirée, KP Sharma Oli ordonne le rétablissement des réseaux sociaux et l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur les conditions dans lesquelles la police a ouvert le feu sur la foule.
Le lendemain, le Parlement, des bâtiments publics et les domiciles d'hommes politiques, dont le sien, sont incendiés.. Khadga Prasad Sharma Oli annonce le même jour sa démission. Il est évacué par hélicoptère.
En , Sharma Oli et l'ancien ministre de l'Intérieur Ramesh Lekhak, sont arrêtés pour leurs rôles dans la répression des manifestations, arrestations qui surviennent peu de temps après les élections législatives népalaises de 2026 remportées par le Parti national indépendant. L’ex-premier ministre a constamment nié avoir ordonné à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants. Un rapport d’enquête l'accuse en revanche de « négligence criminelle » : l’armée népalaise avait été informée au préalable que la manifestation du risquait de dégénérer dans la violence et le gouvernement n'aurait pas pris de mesures de sécurité particulière. Il est détenu douze jours en garde à vue avant d’être libéré sans inculpation.
Notes et références
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