Lucien Pemjean, né le à Lyon et mort le à ParisActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , , vue 14/31., est un journaliste, écrivain et romancier français.

Durant sa jeunesse, il évolue d'abord dans les milieux blanquistes et anarchistes puis adhère au boulangisme et devient antisémite et antidreyfusard. Après la Première Guerre mondiale, il devient romancier de cape et d'épée et un propagandiste antisémite et antimaçonnique très actif. Ayant rejoint la Collaboration, il rédige plusieurs articles notamment dans Le Pays libre et La France socialiste.

Biographie

Enfance et éducation Fils d'un officier qui fut fait prisonnier Sedan en 1870, il souhaite devenir, comme son grand-père maternel, menuisier, mais lorsqu'il a neuf ans, son père lui fait préparer l'examen d'entrée au Prytanée national militaire de La Flèche, projet interrompu par la Guerre franco-allemande de 1870Le Pays libre, 15 mars 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean. Après sa libération, son père, poursuivant son projet, l'inscrit au lycée Louis-le-GrandLe Pays libre, 22 mars 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean où il passe peu de temps, ayant rejoint, avec sa mère et ses deux frères, son père à Douai où ce dernier a été affectéLe Pays libre, 29 mars 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean. Il intègre le prytanée national militaire de La Flèche en 1871Le Pays libre, 26 avril 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean.

Il obtient la première partie du baccalauréat ès lettres avec la mention très bien et décide de s'opposer à la volonté paternelle en se lançant dans des études de droit à Paris, tout en travaillant pour une compagnie d'assuranceLe Pays libre, 14 juin 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean, puis au Comptoir national d'escompte de Paris. Il devient ensuite le secrétaire d'Adrien Delahante, l'aidant dans ses recherches et démarches dans son projet de livre qui sera publié en 1881 : Une famille de finance au : mémoires, correspondance et papiers de familleLe Pays libre, 21 juin 1941, , "Souvenirs d'un vieux frondeur" par Lucien Pemjean.

Du blanquisme à l'anarchie Entré en relation avec les milieux socialistes parisiens, notamment avec Félix Pyat et Jean-Baptiste Clément, Pemjean collabore comme chroniqueur parlementaire, dès son lancement, au journal blanquiste Ni Dieu ni Maître. Pour « apologie de fait qualifié de crime » dans un meeting l'année suivante, il s’exile alors à Bruxelles où il crée en 1885 un journal de tendance mêlant influences anarchistes, libertaires et socialistes intitulé L’Insurgé puis se réfugie à Londres en 1887. Dans son journal, Pemjean se déclare ouvertement anarchiste :« Dépouillez le théoricien collectiviste ou blanquiste des inavouables appétits qui le dominent et qui altèrent en lui l’instinctive passion de la Justice, soufflez-lui au cœur un peu de cette rare vertu qui s’appelle le désintéressement, en un mot rendez-le sincère, et fatalement, un jour ou l’autre, il deviendra ce que je me fais honneur d’être devenu : un fervent et dévoué propagateur des données anarchistes ».

Avec Boulanger De retour en France, il s’engage dans le mouvement boulangiste et collabore avec Michel Morphy à plusieurs journaux, dont La République sociale à partir de 1891. Dans son livre Cent ans après (1789-1889), Pemjean y affirme que Boulanger est un homme qui lutte contre les « exploiteurs éhontés », « descendants des traitants et des agioteurs » et est du côté des « déshérités de la société moderne ». Ennemi des possédants, il accomplira selon lui « la régénération sociale contre la corruption oligarchique ». vignette|285x285px|Lucien Pemjean vers 1894. Au début des années 1890, Pemjean se retrouve à évoluer dans la nébuleuse autour du marquis de Morès qui lui confie la direction du journal L'Assaut afin de soutenir sa candidature. En octobre, il se rend à Toulouse pour soutenir l’élection du boulangiste Paul Susini tandis que le 29 octobre, il participe à la manifestation organisée à l’occasion des funérailles de l’oncle du général Boulanger.

Condamné en 1892 à six mois de prison pour « excitation des militaires à la désobéissance », Pemjean est incarcéré le 1er janvier 1893 à la prison de Sainte-Pélagie. Rentré lors de sa détention en contact avec Édouard Drumont, condamné peu de temps auparavant à une peine de trois mois d’emprisonnement, il se convertit à l'antisémitisme à son contact . Il écrira en 1942 dans Le Cinquantenaire de la Libre parole : « Les entretiens que j’avais eu avec Drumont pendant le premier mois de mon incarcération m’avaient convaincu de l’injustice primordiale de la question juive. Jusque là, en effet, je n’avais étudié la question sociale que sous l’angle de l’évolution économique et sous les aspects de la lutte entre le capital et le travail […], sans tenir suffisamment compte du facteur spéculation et accaparement représenté par l’élément juif. »Une fois en liberté, Pemjean est impliqué dans le procès des Trente mais parvient, le 12 mai 1894, à s’évader du palais de Justice avec la complicité de sa maîtresse. Réfugié à Londres, il est amnistié en 1898. Il s’engage par la suite aux côtés des antidreyfusards et devient collaborateur à La Libre parole. Au début du XXe siècle, il fonde Le Salut public puis s'engage activement dans la défense des Boers avec son journal Le Cri du Transvaal, « exclusivement consacré à la propagande boërophile », qui change de nom en 1901 pour devenir L’Ami des Boërs, organe d’une « Ligue d’action pro-boërs ». Lors de la Première Guerre mondiale, il publie un journal intitulé Le Courrier du soldat. À partir des années 1920, il est directeur littéraire des éditions Baudinière. Durant les années 1930, il reparaît sur la scène de l'antisémitisme et de l'antimaçonnisme en publiant plusieurs pamphlets tels Vers l'invasion (1933) et La Maffia judéo-maçonnique (1934).vignette|270x270px|Lucien Pemjean vers 1933. L'Entre-deux guerres : antisémitisme et antimaçonnisme Entre 1934 et 1939, Pemjean publie un petit mensuel intitulé Grand Occident, consacré à la dénonciation des juifs et des francs-maçons. Le titre de ce quotidien fait référence au Grand Occident de France, mouvement fondé par l'antisémite Jules Guérin en réaction à l'obédience maçonnique du Grand Orient de France. Une hache à deux côtés (la francisque) et le slogan « Le judéo-maçonnique, voilà l'ennemi » figurent en tête du journal. Le numéro d' de Grand Occident titre en grosses lettres : " Pétain au pouvoir ! ". vignette|Journal Grand Occident, une "Pétain au pouvoir"Proche de l'ancien combattant Jean Boissel, il participe à l'équipe dirigeante des mouvements fondés par ce dernier comme la "Ligue antijuive universelle" et participe à la rédaction du journal du Front franc, Le Réveil du peuple. De plus, il est très impliqué au sein du "Comité de vigilance nationale pour la solution radicale de la question juive" et collabore à l'Agence Prima presse, chargée de relayer la propagande nazie en France, en compagnie de Paul Ferdonnet.

Le journaliste collaborationniste Sous l'occupation allemande, il signe des articles dans le Paris-Soir sous contrôle allemand, ainsi que dans des journaux collaborationnistes comme La France socialiste, Le Pays libre (où il publie "Souvenirs d'un vieux frondeur", feuilleton dans lequel il raconte ses souvenirs de jeunesse et ses débuts en politique) ou Au Pilori. Pemjean est arrêté en pour faits de collaboration ; son état de santé s'étant dégradé, il meurt à l'hôpital le sans même avoir pu être entendu par un juge d'instruction.

Publications Plus de frontières, Librairie socialiste internationale, 1884. Cent ans après (1789-1889), précédé d'une Lettre du général Georges Boulanger, Paris, Albert Savine, 1889 L'Auberge rouge de Peyrabeille, récit historique et dramatique, Paris, Librairie illustrée, . Germaine, roman inédit, Paris, Librairie des romans choisis, . Les Noces de Germaine, Paris, Librairie des romans choisis, . Cyrano de Bergerac, Paris, Arthème Fayard, . La Gosse de l'Assistance, roman inédit, Paris, Éditions S. E. T., "Trois heures de voyage, trois heures de lecture. Les Romans à lire en voyage", 1926. Petite madone, Paris, F. Rouff, 1926 La Plus Belle Aventure de Cyrano, roman, Paris, Éditions Baudinière, 1928. Le Capitaine d'Artagnan, roman de cape et d'épée, Paris, Éditions Baudinière, 1931. Vers l'invasion, Paris, Éditions Baudinière, 1933 ; réédité sous le titre La Maffia judéo-maçonnique, Paris, éditions Baudinière, . La Presse et les Juifs depuis la Révolution jusqu'à nos jours, Paris, Les Nouvelles éditions françaises, Les Juifs en France, III, 1941 avec Jacques Ploncard, Paul Lafitte, Jean Drault et Henry Coston, 1892-1942. Le Cinquantenaire de la Libre parole, fondée par Édouard Drumont, Bordeaux, E. Castera et Paris (Centre d'action contre la franc-maçonnerie), 1942.

Notes et références

Bibliographie

Pierre-André Taguieff (dir.), L'antisémitisme de plume, Paris, Berg International éditeurs, « Pensée politique et sciences sociales », 1999.

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Liens externes

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