La Gendarmerie des transports aériens (GTA) est une formation spécialisée de la Gendarmerie nationale française. Forte de plus militaires qualifiés en aéronautique et en sûreté aéroportuaire, elle est implantée dans la zone « côté piste » des plus grands aéroports et placée pour emploi auprès de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) par arrêté du Arrêté du 28 avril 2006 relatif à l'organisation, à l'emploi et au soutien de la gendarmerie des transports aériens.
Présente sur les grands aéroports de métropole et d'outre-mer, elle est compétente sur l'ensemble du territoire national pour assurer : les missions traditionnelles de la gendarmerie (police judiciaire, administrative et militaire et défense militaire) les missions de police de la navigation aérienne : contrôle des aéronefs, constatations des infractions à la législation aéronautique, enquêtes judiciaires consécutives aux accidents et incidents d’aéronefs les missions de sûreté de la zone de sûreté à accès réglementé (ZSAR) des aéroports.
les missions de sûreté également de certains centres en route de la navigation aérienne (CRNA) comme le CRNA NORD d’Athis-Mons ou le CRNA Sud-Est d'Aix-en-Provence.
Ces personnels reçoivent une formation aéronautique dispensée d'abord en interne puis à l'École nationale de l'aviation civile afin d'acquérir une connaissance professionnelle de ce secteur. Ils portent la même tenue que ceux de la gendarmerie départementale. Seul leur insigne les différencie.
Historique La gendarmerie a été associée à l'aviation dès les années 1910 au travers de ses brigades territoriales. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'autorité militaire remet à l'aviation civile les terrains d'aviation et les services qui y sont implantés et la gendarmerie est naturellement impliquée dans leur protectionLa différence entre « zone publique » et « zone réservée » est entérinée en 1952.. En 1946, une section de gendarmerie des transports aériens est créée en métropole. C'est le précurseur de la GTA actuelle.
La gendarmerie des transports aériens est créée officiellement par décret ministériel en article de La dépêche du midi, 14 juillet 2013garnison-paris.terre.defense.gouv.fr, 14 juillet 2013. De 1953 à 1962, elle est constituée d'une compagnie puis de 1962 à 1975, elle forme un groupementEncyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome III.
Ses compétences sont étendues aux DOM-TOM en 1966. Les brigades implantées outre-mer prendront l'appellation de brigades de gendarmerie des transports aériens (BGTA) en .
De 1975 à 1996, elle continue à évoluer avec une organisation en quatre groupements, six compagnies, quatre unités de protection (créées en 1987) et trente-huit brigades. Ses premières équipes cynophiles spécialisées dans la recherche d'explosifs sont créées en 1988.
La GTA reçoit son drapeau le La Gendarmerie des Transports Aériens, l'Aviation pour passion, la sécurité et la sûreté pour mission, . En 1995, elle forme un corps, au même titre que les autres formations spécialisées (gendarmerie de l'air et de l'espace, maritime, de l'armement, etc.).
De 1996 à 2004, les groupements sont supprimés et les compagnies sont rattachées directement au commandant de la GTA. La première brigade de recherches est formée en 1996.
En 2004, elle modifie son organisation pour continuer à l'adapter au découpage territorial de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) tout en faisant face aux nouvelles menaces qui pèsent sur le transport aérien en créant deux groupements (Nord et Sud), une section de recherches et deux brigades de recherches (Roissy et Orly). Les Unités de protection (UP) sont remplacées par huit pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie ou « PSIG ». Une nouvelle compagnie est créée (en Corse) ainsi que trois nouvelles brigades (Quimper, Chambéry, Saint-Étienne-Bouthéon).
En 2009, la Gendarmerie passe sous l'autorité budgétaire et opérationnelle du ministère de l'Intérieur mais les gendarmeries spécialisées restent sous l'autorité du ministère de la Défense et la GTA reste placée pour emploi auprès de la DGAC - qui dépend elle-même du ministère responsable des transports, le Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE).
En 2017, à la suite des attentats de Paris du , la Gendarmerie Nationale décide la création de PSiG SABRE ayant pour mission d'intervenir en cas de tuerie de masse lors d'une attaque terroriste. Le , les PSIGTA de Roissy et Orly sont officiellement transformés en PSIG SABRE. Le , le PSIG SABRE d' ORLY connait son baptême du feu lors d'une attaque terroriste contre une patrouille Sentinelle dans l'aérogare Sud.
Missions Elles comprennent les missions générales civiles de la gendarmerie dans la zone de compétence de la GTA - c'est-à-dire la zone dite réservée, la zone publique étant sous la responsabilité de la Police aux frontières (PAF) - ainsi que les missions spécifiques à la GTAPlaquette de présentation de la GTA en 2014. SDG novembre 2014 et les missions générales militaires sur tout le secteur de l'emprise aéronautique. Il en est de même pour l'exercice de la police judiciaire où c'est le parquet qui décide quel service doit enquêter qui peut être de Police ou de Gendarmerie, lié au domaine ou milieu aéronautique ou pas.
Missions générales (missions de la gendarmerie nationale) : la GTA assure, au sein de la zone "côté piste", celles de sécurité générale. Missions spécifiques Missions de sûreté : contrôle des sociétés privées assurant la sûreté sur les aéroports et sur les zones de fret, protection des installations, des aéronefs, des autorités. Plus de 60 % de l'activité de la GTA est consacré à la sûreté. police aéronautique : contrôle de l'aviation générale, recherche du renseignement aéronautique, lutte anti-drones (LAD) police judiciaire : constatation des crimes et délits liés à l'aviation civile (fraude financière, travail illégal, atteinte aux biens et aux personnes, survols illicites - notamment par drones, importations illégales, trafics de stupéfiants, d'armes, d'objets d'art, de produits de luxe, de pièces aéronautiques contrefaites, spoliation de bagages, vols de fret, escroqueries à la carte bancaire, faux ordres de virement international (FOVI), fraudes aux billets d'avion, aux miles etc.) et enquêtes judiciaires à la suite des accidents d'aéronefs civils dont étatiques (Douanes et Sécurité civile)Il y a coexistence de l'enquête judiciaire menée par la GTA et de l'enquête de sécurité menée par le BEA (en conformité avec le règlement européen /2012 et le protocole DACG/BEA)..
En amont de son action de surveillance et de répression, la GTA a un rôle de prévention et d'information à destination des usagers, tant dans le domaine professionnel que celui des loisirs. Elle participe, en collaboration avec la DGAC, à l'élaboration ou a l'adaptation de la réglementation pour les activités traditionnelles ou nouvelles (drones).
Organisation Commandée par un général, assisté d'un état-major implanté à Paris (co-localisé avec le siège de la DGAC) , la gendarmerie des transports aériens est articulée en deux groupements, une section de recherches rattachée directement au commandement de la GTA, neuf compagnies, quarante brigades en métropole et sept en outre-mer, six pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie des transports aériens (PSIGTA)Le nombre de PSIGTA a été réduit de 9 à 6 en consolidant les 3 unités de Roissy et les 2 unités d'Orly (une seule unité par site). , cinquante-trois équipes cynophiles ( cyno-explosifs et 12 cyno-stupéfiants)Plaquette de présentation de la GTA en 2014. SDG novembre 2014 - Mise à jour des données 2015 par le service com de la GTA.
Groupements Métropole Groupement Nord à Paris-Charles-de-Gaulle Compagnie de Paris-Charles-de-Gaulle (1 PSIG à Paris-CDG et 4 brigades à Paris-CDG 1, Paris-CDG 2, Paris-CDG Fret et Le Bourget) Compagnie de Paris-Orly (1 PSIG à Orly et 6 brigades à Orly, Issy-les-Moulineaux, Beauvais-Tillé, Lille-Lesquin, Toussus-le-Noble et CRNA Nord Athis-Mons) Compagnie de Brest (5 brigades à Brest-Bretagne, Deauville-Normandie, Nantes Atlantique, Châteauroux-Déols et Rennes St Jacques) Compagnie de Strasbourg (4 brigades à Strasbourg, Bâle-Mulhouse, Metz-Nancy-Lorraine et CRNA Est Reims)
Groupement Sud à Aix-en-Provence Compagnie de Lyon (1 PSIG à Lyon-Saint Exupéry et 4 brigades à Lyon-Saint Exupéry, Chambéry Savoie, Clermont-Ferrand Auvergne et Grenoble St Geoirs) Compagnie de Bordeaux (4 brigades à Bordeaux-Mérignac, Biarritz-Anglet-Bayonne, Pau Pyrenées et CRNA Bordeaux-Mérignac) Compagnie de Nice (2 PSIG Nice-Côte d’Azur et Marseille Provence et 5 brigades à Nice-Côte d'Azur, Ajaccio Napoleon Bonaparte, Bastia Poretta, Marseille Provence, et CRNA Aix-en-Provence) et un poste provisoire Figari-Sud Corse Compagnie de Toulouse (1 PSIG à Toulouse-Blagnac et 4 brigades à Toulouse-Blagnac et Tarbes-Lourdes-Pyrénées, Montpellier Méditerranée, Perpignan-Rivesaltes)
Outre-mer servent dans les sept brigades de GTA outre-mer. Brigade de Cayenne-Félix Éboué (Guyane) Brigade de Nouméa-La Tontouta (Nouvelle-Calédonie) Brigade du Lamentin (Martinique) Brigade de Guadeloupe Brigade de Saint-Denis (La Réunion) Brigade de Tahiti-Faaa (Polynésie française) Brigade de Aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi (Mayotte) Brigade de Aéroport de Wallis-Hihifo (Wallis-et-Futuna)
Unités de recherches La GTA dispose d'une section de recherches à compétence nationale. La section de recherches a été créée en 2004 à la suite du crash du Concorde en 2000 dont la GTA avait conduit l'enquête. Elle est compétente dans le domaine judiciaire lors des crashs aériens en métropole ou à l'étranger lorsqu'il s'agit d'une compagnie soit française soit étrangère mais avec des ressortissants français.
Elle a conduit des investigations à l'étranger dans de nombreux pays (Argentine, Brésil, Mali, Niger, Russie, Venezuela) et notamment lors des accidents suivants : vol Panama Fort-de-France en 2005, vol AF447 Rio-Paris en 2009, vol d'Air Algérie au Mali en , Falcon 50 transportant le PDG de Total à Moscou en , 2 hélicoptères transportant des sportifs et journalistes français en Argentine en , vol d'EgyptAir en Égypte en .
En France elle a conduit les investigations judiciaires à la suite du crash de l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings ().
L'autre activité prioritaire de la section de recherches est la lutte contre la grande criminalité (voir missions ci-dessus).
En 2015, La section de recherches est constituée d'un groupe de commandement, d'une division de lutte contre la criminalité liée à l'aviation civile, d'une division de lutte contre les atteintes à la sécurité et à la sûreté aériennes, d'un groupe appui renseignement et d'une cellule d'identification criminelle aéronautique.
Coopération internationale La coopération internationale, priorité de la GTA depuis ses débuts, a été renforcée en 2010 par l'adhésion au réseau de coopération Airpol qui rassemble les forces de gendarmerie et de police européennes chargées de la sûreté et la sécurité sur les aéroports.
La GTA conduit par ailleurs de nombreuses missions à l'étranger notamment au profit de pays désirant renforcer leur sûreté aéronautique. 22 missions ont été assurées en 2012Aviation Civile magazine - avril 2013.
Personnels vignette|279x279px|Des membres de la Gendarmerie des Transports Aériens lors du 14 juillet 2013. Les personnels d'active de la GTA doivent compter au moins trois années de service en Gendarmerie lors de leur recrutement. Ils reçoivent une formation aéronautique dispensée d'abord en interne puis à l'École nationale de l'aviation civile afin d'acquérir une connaissance professionnelle de ce secteur. Cette formation leur enseigne également le concept d'intelligence économique territoriale dans sa composante de protection des entreprises.