La Bastidonne est une commune française située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Bastidonnais et Bastidonnaises.
Géographie Communes limitrophes
La commune de La Bastidonne n'a que deux communes limitrophes : La Tour-d'Aigues et Pertuis.
vignette|redresse=2.0|centre|Carte de la commune de La Bastidonne.
Relief Le village de La Bastidonne est situé sur une colline au centre de la commune dont le territoire comprend , dont 215 de forêt méditerranéenne, au croisement des routes départementales CD 972 (reliant Pertuis à Mirabeau) et CD 165 (reliant La Bastidonne à La Tour-d'Aigues).
Au sud-est du village, le plateau de Saint-Julien, qui fut la zone de peuplement sans doute la plus ancienne de la commune et qui est aujourd'hui couvert d'une forêt de chênes verts, culmine à (le point culminant de la commune est le sommet de Malacoste à ).
Voies de communication et transports
Voies routières
Services autocars
Lignes départementales
Le village est desservi par une ligne départementaleTransVaucluse Fiche horaire ligne 17.3. : + LigneTracé 17.3 Beaumont-de-Pertuis ↔ La Bastidonne ↔ Pertuis
Sismicité
Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Peyrolles en Provence », sur la commune de Peyrolles-en-Provence à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Accès Deux routes départementales se croisent à La Bastidonne : la et la .
Gares SNCF à Pertuis à vers Aix-en-Provence et Marseille et à Manosque - Gréoux-les-Bains à .
Gares TGV à Aix-TGV Arbois (45 min) ou Avignon-TGV (1 h).
Distance des grandes villes françaises
L'orientation et la localisation de La Bastidonne par rapport à quelques grandes villes françaises sont données dans le tableau suivant. Distance à vol d'oiseau : Ville Marseille Montpellier Nice Lyon Toulouse Bordeaux Strasbourg Paris Nantes Rennes LilleDistance Orientation(S)(S-O)(S-E)(N)(O)(O)(N-E)(N)(N-O)(N-0)(N)
Toponymie En provençal : La Bastidouno. C'est vers 1231 que le chevalier Savaric, originaire de Pertuis, fait construire une tour avec fortification, qui sera plus tard transformée en bastide. La Bastide de Savaric devient donc La Bastidonne, petite bastide.
Urbanisme Typologie Au , La Bastidonne est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de La Tour-d'AiguesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de La Tour-d'Aigues comprend une ville-centre et une commune de banlieue.... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (51,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (30,1 %), forêts (23,6 %), zones agricoles hétérogènes (21,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,7 %), zones urbanisées (11,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine Répartition des sols La répartition des sols de la commune est la suivante. (donnée pour un total de) :
Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares) Zones urbaines 11,02 % 63,88 Zones agricoles 49,69 % 288,03 Zones naturelles 39,05 % 226,36 Total 100 %
Les zones naturelles sont principalement formées par les forêts méditerranéennes couvrant le petit Luberon. Les zones agricoles sont formées de vergers de fruitiers (oliviers, amandiers), des champs de lavandin et des vignes (AOC Côtes du Luberon).
Logement
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Le peuplement de la commune remonte sans doute à la Préhistoire, en raison de sa localisation dans la vallée de la Durance, voie de passage privilégiée pour qui remonte de l’embouchure du Rhône vers les Alpes au nord.
Des fouilles y ont attesté la présence de l'homme à la fin du Néolithique. Bien connus, les tumuli (tombes empierrées de forme circulaire) qui ont été découverts au lieu-dit l'Agnel (commune de Pertuis, au sud de La Bastidonne) ont révélé des vestiges de l'âge du bronze et notamment un mobilier étrusque qui prouvent l'importance du commerce à cette époque.
Un premier peuplement probablement permanent est surtout attesté sur le site de l'Oppidum de Saint-Julien, dont l'escalier dérobé est semblable, quoique plus modeste, à celui du fort néolithique de Buoux (Nord-Luberon). Les archéologues ont retrouvé assez de vestiges et de monnaies phocéennes sur ce plateau pour penser qu’à l’époque celto-grecque y était implanté un « emporion » (comptoir commercial) qui plus tard se transformera en vicus gallo-romain.
À l'époque romaine, les oliveraies et les fermes du pays d'Aigues qui s'étendent jusqu'à la commune de La Bastidonne, où des colonnes romaines et un cercueil de verre — exposé à Marseille — ont été inventés. Le peuplement de Saint-Julien, quant à lui, s'interrompt peut-être aux s, période de repli démographique. On ignore si cette interruption fut totale, mais les grandes invasions mirent un terme à toute occupation humaine.
Moyen Âge
Au haut Moyen Âge, des moines fondent trois prieurés. Le premier, sous le nom de Benadeus, fut une dépendance des chanoines de l’abbaye de Saint-Ruf de Valence dès 1096. Ce lieu fut ensuite consacré à Notre-Dame-de-Bonaventure.
Au , le prieuré de Notre-Dame-de-la-Réal fut une possession viticole de l’abbaye chalaisienne de Notre-Dame de Lure dans les Alpes provençales.
Le troisième dédié à saint Julien – et qui donna son nom au plateau – malgré ses importantes dimensions (25 x ) a des origines assez floues. On sait que, jusqu’au , le prieuré Saint-Julien fut le centre d’un pèlerinage très suivi qui se déroulait tous les . Cette date et son nom suggèrent qu'il se substitua à un ancien culte solaire. Il ne reste de nos jours qu’une partie de l’abside, sa pierre d’autel a été dérobée en 1969. Au milieu du , on sait que son approche était marquée par un petit oratoire sur la base duquel était gravé « Epaminondas, général thébain ».
Le terroir de La Bastidonne relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont La Bastidonne, lui est donnée. Il conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 486..
L'origine du village actuel est quant à elle plus récente. C'est au , époque de défrichements, qu'une « bastide » - probablement l'agrandissement d'un pavillon de chasse originel - est fondée sur les terres des seigneurs de La Tour-d'Aigues, accompagnée par l'église du village. Elle était défendue par le château de Tourrache dont les ruines furent arasées à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
De cette « bastide de Savaric » (Bastida de Savaricus, 1231) subsiste aujourd'hui un pan de mur vers le sommet du village. Elle passa ensuite, en 1235, à Pierre des Orgues. Désertée par ses habitants, la seigneurie devint le fief des Agoult qui la repeuplent par un acte daté de 1485.
Temps modernes
En effet, les possibles reconstitutions du bâtiment médiéval le rapprochent par la forme du pavillon de chasse du roi René, à Aix-en-Provence (daté du ). Il est possible qu'au même moment ait été dédié l’ermitage de Saint-Julien, dont la chapelle actuellement en ruine ne date que du .
Par mariage, la Bastide arriva à Jean Louis Nicolas de Bolliers, au . Malgré ses seigneurs consécutifs, le village garda son nom de Bastide ou Bastidonne de Savaric. La carte du « Comté et Gouvernement de Provence » dressée en 1652 par Samson d’Abbeville note encore Bastide de Savary. En 1782, Darluc, dans son Histoire Naturelle de Provence, l’appelle Bastidonne.
Révolution française
La commune prend officiellement le nom de La Bastidonne le . En 1793, lors de la création du département de Vaucluse, elle est tout naturellement rattachée à ce dernier.
Époque contemporaine
Au , l'expansion des terres agricoles se fait principalement sur le versant sud du plateau de Saint-Julien dont les pierres sont réemployées pour bâtir les murs des terrasses et dans la vallée de Galance en raison de la présence d'eau.
La Bastidonne fait aujourd'hui partie du parc naturel régional du Luberon (son .
Politique et administration vignette|Mairie de La Bastidonne. Tendances politiques