Cet article contient diverses informations sur la géographie de la Corse, une île de la mer Méditerranée et une région française ayant un statut spécial (officiellement Collectivité de Corse).
Géographie physique vignette|La côte environnant la tour génoise d'Olmeto en Corse-du-Sud. En arrière-plan, la montagne de Cagna. La Corse est une montagne dans la mer. Son altitude moyenne de en fait la plus élevée des îles de Méditerranée occidentale. De nombreux lacs et l'aspect de certaines vallées témoignent de l'existence passée de glaciers. Ses côtes composées de plus d'une centaine d'îles, nous confrontent à un vaste archipel. Son littoral comporte de nombreux étangs et marécages. Elle mesure de long du nord au sud et dans sa plus grande largeur. Sa superficie est de INSEE.
D'Emmanuel Arène, député de la Corse, lors d'une intervention à la Chambre sur le problème corse : François Giacobbi - La Corse aux Éditions Sun Paris 1961.
La façade orientale est baignée par la mer Tyrrhénienne, le nord par la mer ligurienne, et la façade occidentale par la mer Méditerranée.
Relief
L'île est divisée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes aux crêtes effilées, orientée NO - SE, d'une altitude plus élevée au nord qu'au sud, mais d'une remarquable continuité : l'En-Deçà-des-Monts () au nord-est d'une ligne incluant Galéria et Solaro, du Filosorma au Fiumorbo ; il est drainé par les larges vallées du Golo et du Tavignano et possède les plus hauts sommets de l'île dont le Monte Cinto ( - point culminant de l'île). L'En-Deçà-des-Monts coïncide quasiment avec le département de la Haute-Corse. l'Au-Delà-des-Monts () au sud-ouest d'une ligne incluant Girolata et Sari-Solenzara, des Deux-Sevi au Freto ; il est essentiellement formé de nombreuses vallées étroites parallèles orientées d'ouest en est et culmine à la Maniccia () dans les Deux-Sorru. L'Au-Delà-des-Monts coïncide quasiment avec le département de la Corse-du-Sud.
D'un point de vue géologique, pour le quart nord-est de l'île (Nebbio, Cap Corse, Bagnaja et Castagniccia), on parle de Corse schisteuse, tandis que tout le reste de l'île (ouest et sud du Cismonte et totalité du Pumonti) constitue la Corse granitique. Ces deux parties sont séparées par une série de dépressions centrales s'étendant de L'Île-Rousse à Solenzara en passant par Ponte-Leccia, Corte et Cateraggio.
La partie orientale, la moins large, est représentée depuis la péninsule du Cap Corse, en majeure partie par des plaines alluviales (plaine de la Marana et Plaine orientale). À l'ouest, chaque vallée est comme un alvéole, aux bords raides, ouvert sur la mer mais fermé vers l'amont car adossé à la chaîne axiale.
Du point de vue de la loi, le massif de Corse couvre l'intégralité de l'île selon le décret n°95-998 du 20 septembre 1985 relatif à la délimitation des massifs..
Principaux sommets vignette|Vue du Monte Cinto (), point culminant de la Corse.
La Corse compte un très grand nombre de sommets de plus de mètres (on en recense quelque 120 ayant un nom sur les cartes IGN), tous sur la chaîne axiale et ses contreforts.
La haute montagne corse est usuellement divisée en quatre massifs. La Corse compte aussi trois massifs de moyenne montagne occupant le quart nord-est de l'île.
Massifs de haute montagne
Le massif du Monte Cinto Situé le plus au nord et le plus élevé, il s'étend des hauteurs de la Balagne au col de Vergio et a pour principaux sommets :
le Monte Cinto (), point culminant de la Corse, le Capu a u Verdatu (), la Capu Biancu (), la Punta Minuta (), point culminant de la ligne de partage des eaux de la Corse, le Capu Falu (), la Paglia Orba (), deuxième plus haut sommet de la ligne de partage des eaux de la Corse, le Capu Larghia (), le Monte Padro (), le Capu Tafunatu (), la Punta Licciola (), la Cima a i Mori (), la Muvrella (), le Monte Corona (), le Capu a u Dente (), le Capu a u Ceppu (), le Monte Grosso (), le San Parteo (), le Capu a a Ghiallichiccia ().
Le massif du Monte Rotondo Second massif le plus élevé, il est situé au centre-nord de l'île, entre Corte et Vico. Il se déploie entre les cols de Vergio et de Vizzavona et a pour principaux sommets :
le Monte Rotondo (), sur les hauteurs de Corte au fond de la vallée de la Restonica, la Punta Mufrena (), la Maniccia (), point culminant de l'Au-Delà-des-Monts, le Monte Cardo (), la Punta Felicina (), le Monte d'Oro (), la Punta Diciotte (), la Petra Niella (), la Punta Muzzella (), la Punta Artica (), la Punta Alle Porte (), la Punta Migliarello (), le Capo Facciato (), la Punta di Capezzolo (), la Cimatella (), le Pinerole (), le Monte Corbaia (), la Punta Finosa (), le Monte Cervellu ().
Le massif du Monte Renoso Troisième massif le plus élevé, situé au centre-sud de l'île, entre Ajaccio et Aléria, il se déploie entre les cols de Vizzavona et de Verde. Il a pour principaux sommets :
le Monte Renoso (), deuxième plus haut sommet de l'Au-Delà-des-Monts, le Monte Torto (), la Punta alla Vetta (), la Punta Capannella (), le Monte Niello (), la Punta Sfronditata (), la Punta dell'Oriente (), la Punta Scaldasole (), le Monte Giovanni (), la Punta Mantellucciu ().
Le massif du Monte Incudine Le plus au sud et le moins élevé, il s'étend du col de Verde aux hauteurs du Freto et a pour principaux sommets :
le Monte Incudine (), la Punta Scarachiana (), la Punta della Cappella (), la Punta di Tintennaja (), le Monte Formicula (), la Punta di u Furnellu (), la Punta Muvrareccia (), la Punta Velaco (), le Monte San Petru (), la montagne de Cagna (), la Punta di a Vacca Morta ().
Massifs de moyenne montagne
Le massif du Monte San Petrone
Le Monte San Petrone () centré sur la Castagniccia ;
Le massif du Monte Astu
Le Monte Astu () qui ferme le Nebbio au sud ;
Le massif du Monte Stello
La Cima di e Follicie () sommet de l'arête centrale du Cap Corse devançant le Monte Stello () longtemps considéré comme le point culminant.
Principaux golfes Les arêtes de la chaîne axiale ou dorsale corse plongent dans la mer, créant de remarquables golfes dont les principaux sont, du nord au sud : le golfe de Saint-Florent () le golfe de Porto () le golfe de Sagone () le golfe d'Ajaccio () le golfe de Propriano () le golfe de Porto-Vecchio ()
Un peu moins étendus, on trouve : le golfe de Calvi () le golfe de la Revellata le golfe de Galéria (Golfu di Galeria) le golfe de Girolata le golfe de Chiuni le golfe de Peru le golfe de Santa Giulia le golfe de Lava (), partie du Golfe de Sagone le golfe de Ventilegne () le golfe de Santa Manza () Quelques baies sont renommées : la baie de Rondinara la baie de Piantarella la baie de Crovani la baie de Saint-Cyprien la baie de Focolara la baie d'Elbo la baie de Solana
Principaux cols La communication entre les deux façades de l'île se fait à l'intérieur par quelques rares cols routiers d'assez haute altitude et qui sont de véritables ensellements : (col de Vergio) () : route D84 (col de Verde) () : D69 (col de Bavella) () : D268 (col de Vizzavona) () : RN 193
La Corse présente également de nombreux cols routiers permettant souvent de relier certaines vallées encaissées : vignette|Col de Scalella. (col de Sorba) () : D69 (col de la Vaccia) () : D69 (col de Scalella) () : D27 (col de Sevi) () : D70 (col de Battaglia) () : D63 (col de Casardo) () : D16 (col de Chiatro) () : D39 (col d'Illarata) () : D368 (col Saint-Eustache) () : D420 (col de Prato) () : D71 (col de l'Ospedale) () : D368 (col de Tartavello) () : D4 (col de Bigorno) () : D5 (col de Granace) () : D83 (col d'Arcarota) () : D146 (col de Bacino) () : D59 (col Saint-Georges) () : RN 196 (col de San Colombano) () : RN 297 (col Saint-Antoine) () : D15 / D515 / D237 (col de Sarzoggio) () : D1 (col de Larone) () : D268 (col de Celaccia) () : RN 196 / D302 (col de Teghime) () : D81 (col de Gradello) () : D55 / D355 (col de Sainte-Marie) () : RN 197 / D8 / D308 (col de Marsolino) () : D81 (col de San Bastiano) () : D81 (col de Palmarella) () : D81 (col de Sainte-Lucie) () : D180 (col de Santo Stefano) () : D62 / D82 (col de la Serra) () : D80
L'archipel corse
Les îlots et rochers en mer qui entourent le continent corse, récemment qualifiés d'îles « satellites » par les géographes italiensIstituto Geografico Militare italien in L'UNIVERSO 1986, apparaissent pour la première fois dès le , voire plus tôt, sur les cartes marines arabes"Il existerait un important fonds manuscrit non encore exploité, faute de traducteurs" Robert Castellana - Actes des Journées Universitaires Corses de Nice 19-20 mai 1995, Nice, Centre d'Études Corses, UNSA, 1996, , pp 99-105.
Leur recensement ne devient exhaustif qu'au avec des relevés comme ceux de Bellin.
Cours d'eau
La Corse bénéficie de ressources en eau beaucoup plus importantes que celles des autres îles de Méditerranée. Sources, ruisseaux, rivières, torrents sont partout. On compte près de 1380 km de cours d'eau au total, dont près de 90% sont vierges de toute pollution. Le Golo (en corse Golu) et le Tavignano (Tavignanu) les deux plus grands fleuves de Corse, circulent dans le nord de l'île. Le Liamone, la Gravona, le Taravo et le Rizzanese marquent la moitié sud.
Lacs
Le découpage du territoire L'« ossature » montagneuse naturelle de l'île a depuis toujours été utilisée par la plupart de ses occupants successifs pour déterminer les circonscriptions administratives, juridiques et religieuses. D'abord en pièves avec leurs créateurs romains, en évêchés avec la décadence de leur empire, puis en 1358 en territoires (le Cap Corse et la Terra del ComuneIn LA CORSE du , Paul Silvani, avec le titre : « Un texte fondamental découvert aux Archives de Milan ». Antoine-Marie Graziani : , dava un'intervista di Graziani chì citava : - Cronache 3 opposés à la Terra dei Signori) (ils deviendront l'En-Deçà-des-Monts et l'Au-Delà-des-Monts), en évêchés et en juridictions administratives avec les Génois, enfin en provinces jusqu'à la fin du , l'île reste toujours découpée en microrégions. Le découpage est utile mais varié même si la toponymie de régions est parfois conservée selon les organismes : parc naturel régional de Corse, communautés de communes, offices du Tourisme, CREPAC, etc.
Les limites des deux départements créés lorsque la Corse est devenue française, décret de la Convention : « 8° L’île de Corse sera divisée en deux départements, l’un en deçà et l’autre en delà des monts, sont restées quasiment identiques à celles d'aujourd'hui. Seulement les appellations ont changé : le Golo est devenu la Haute-Corse et le Liamone est la Corse-du-Sud. Seul le Niolo appartenait au Liamone et dépend aujourd'hui de la Haute-Corse.
Les microrégions
L'île est souvent partagée en onze secteurs géographiques suivants : Cap Corse Balagne Nebbio Bastia - Marana (Bagnaja) Vicolais Cortenais Castagniccia Plaine orientale Ajaccio Sud-ouest Corse Sartenais Sud Corse (Freto)
Les Corses (décrits dans la littérature) Hormis quelques places fortes sur la côte, les lieux habités étaient tous disséminés sur les hauteurs, loin du rivage, ou dans l'intérieur de l'île.
Des contrastes forts existaient entre territoires, de par leur histoire, leurs habitants.
Dans son « Histoire de Corse », Colonna de Cesari-Rocca décrit l'habitant corse à l'époque romaine ainsi :
Faune et flore