la notion d'immigration familiale concerne l'ensemble des mouvements migratoires familiaux d'étrangers, aussi bien vers une famille étrangère que vers une famille de Français, contrairement à la notion de regroupement familial qui concerne la migration d'étrangers (enfants, conjoint et (ou) ascendant) venus rejoindre une famille étrangère en France.

Historique de l'immigration en France Source : INSEE - La population immigrée : le résultat d'une longue histoire (juin 1996)

AnnéePopulationtotale (en milliers)Nés en France (en milliers)Nés à l'étranger (en milliers)TotalFrançais (en milliers)Totalimmigrés(1) + (2) (en milliers)Totalétrangers (en milliers)Français denaissanceFrançais paracquisitionÉtrangersFrançais denaissanceFrançais paracquisition (1)Étrangers(2)191139 192 37 652 85 218 127 168 942 1 110 1 160 192138 798 36 847 80 277 164 174 1 255 1 429 1 532 192640 228 37 384 45 325 187 204 2 084 2 288 2 409 193141 228 37 937 55 291 216 306 2 423 2 729 2 714 193641 183 38 220 100 288 248 416 1 9102 3262 198194639 848 36 908 301 310343 552 1 434 38 104 1 986 1 744195442 781 39 571 295 245 3777731 5202 293 1 765196246 456 42 133 336 220 905 931 1 931 2 8612 151196849 756 44 0092974021 7661 0192 2623 2812 664197552 599 45 907 280 667 1 8581 1122 77549 1573 8873 442198254 296 47 169 254 845 1 991 1 1672 8704 0373 715199056 652 49 556 472 739 1 719 1 308 2 858 53 0554 166 3 597199958 52051 3408005101 5601 5602 75055 2604 3103 260

Ces statistiques sont à étudier dans le contexte historique : la population des anciennes colonies françaises avant les indépendances n'était considérée ni comme étrangère, ni comme française.

Nuptialité et mariages mixtes

Chaque année, environ mariages sont célébrés en France, dont mariages entre étrangers et plus ou moins mariages mixtesINSEE T9 - Mariages suivant les nationalités combinées des époux . De plus, mariages sont célébrés à l'étranger, pour la quasi-totalité entre un ressortissant français et un ressortissant étranger, et transcrits sur les registres de l'état civil français. De ce fait, près de mariages sur (soit plus d'un mariage sur quatre - du moins pour ceux qui sont enregistrés en France) sont des mariages mixtes, et près de (soit 30 %) concernent les étrangers.

La moitié des titres de séjour est délivrée à des ressortissants étrangers de conjoints français (surtout l'autorisation dite Vie privée et familiale). acquisitions de la nationalité française ont été prononcées au titre du mariage en 2005, 95 % des demandes étant couronnées de succès. Entre 1999 et 2004, la progression de leur nombre a été de 34 %La documentation française - L'immigration clandestine en France.

Natalité de la population étrangère

AnnéePopulationétrangèreNaissancesINSEE Données détaillées - Statistiques d'état civil sur les naissances en 2013, T38 : Nés vivants selon la nationalité de la mère ou T37 - Enfants nés vivants par nationalité des parents et leur situation matrimoniale.Taux denatalité en ‰19461 744 000 15,8019541 765 000 11,6119622 151 000 35 26016,3919682 664 000 21,8619753 442 000 20,9219823 715 000 23,3019903 597 000 22,6219993 260 000 23,0420043 510 000 26,232005 2006 2007 20083 714 505 27,332013 Source : Insee. Champ : France métropolitaineTerritoire au 31 décembre 2010

Entre 1946 et 1960, le taux de natalité de la population étrangère est inférieur à celui des Français, parfois largement (comme en 1954). À cette époque, l'immigration féminine est faible et la population étrangère est en grande partie composée de travailleurs masculins isolés. Les choses changent progressivement dans les années 1960 et surtout 1970. Dès 1971, on comptabilise naissances de mère étrangère pour moins de 3,2 millions d'étrangers. À partir de 1974, année marquant la fin officielle de l'immigration de travailleurs, ce sont surtout des femmes (et des enfants) qui immigrent au titre du regroupement familial. Ce phénomène entraîne un rythme soutenu de naissances au sein des diverses composantes de l'immigration et ce, malgré la stagnation - et parfois le recul - du nombre des étrangers (1990-1999), surtout due aux naturalisations. On remarque une forte progression des naissances après 1998-1999, liée à une immigration assez soutenue durant cette période. Celle-ci concerne avant tout celle de conjoints étrangers (immigration familiale).

Les données de l'état-civil font état, pour la France métropolitaine : d'une légère baisse du nombre de naissances de mère étrangère de 1946 (, soit 3,3 % du nombre total de naissances) à 1955 ( naissances, 2,4 % du total), suivie d'une assez forte hausse jusqu'en 1982 ( naissances, 10,9 % du total) puis d'une baisse irrégulière jusqu'en 1997 (, 9,5 %) et, enfin, d'une nouvelle hausse forte et régulière : ( naissances, 14,7 % du total en 2013.

Pour la France entière, les données étaient naissances de mère étrangère, soit 9,6 % du total en 1997 et naissances, soit 14,7 % du total en 2013.

Jusqu'au milieu des années 1970, plus de 90 % des enfants de mère étrangère étaient également de père étranger. Depuis, ce pourcentage a fortement baissé jusqu'à 50,1 % en 2010 et 53,1 % en 2013 : en 2013, naissances étaient de père et mère tous deux étrangers, soit 7,8 % du total.

Natalité de la population immigrée Une personne immigrée peut avoir ou non la nationalité française d'où un taux de natalité différent de celui de la population étrangère. Selon l'Insee, 27,3 % des nouveau-nés en métropole en 2010 ont au moins un parent né à l'étranger, dont 23,9 % un parent né hors de l'Union européenne. Environ 11 % des nouveau-nés ont au moins un parent originaire du Maghreb et 6 % au moins un parent originaire d'Afrique subsaharienne. Les parents nés en France comprennent les parents nés dans les collectivités d'outre-mer (COM)Naissances selon le pays de naissance des parents 2010, Insee, septembre 2011.

Si l'on remonte jusqu'aux grands-parents, 40 % des nouveau-nés entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent né étranger à l’étranger (11 % au moins un grand-parent né dans l'Union Européenne, 16 % au moins un grand-parent né au Maghreb et 13 % au moins un grand-parent né dans une autre région du monde). Parmi eux, 15 % ont quatre grands-parents nés étrangers à l’étranger, 3 % en ont trois, 14 % en ont deux et 8 % ont un seul grand-parent né étranger à l’étranger. Une part importante de ces naissances est donc issue d'unions mixtes. Si l’immigration est de l’Union européenne, pour 75 % des naissances d’un parent immigré ou descendant d’immigré, l’autre parent n’est ni immigré, ni descendant d’immigré ; cette part est de 45 % si elle est d’un pays hors Union européenneLes immigrés, les descendants d'immigrés et leurs enfants, Pascale Breuil-Genier, Catherine Borrel, Bertrand Lhommeau, Insee 2011.

Lieu de naissance des parents1998199920002001200220032004200520062007200820092010% 2010 Les deux parents nés en France566 447 576 537 601 268 595 286 580 999 575 985 574 687 575 659 590 163 579 515 585 427 578 052 583 600 72,7 % Un parent né en France, un parent né à l'étranger 101 511 98 687 101 498 102 013 103 930 106 677 110 258 114 090 119 159 119 587 121 845 125 058 129 025 16,1 % Père né dans un pays de l'UE 27, mère née en France13 194 12 858 13 060 12 447 11 732 11 442 10 811 10 667 10 455 10 188 9 975 9 526 9 549 1,2 % Père né hors UE 27, mère née en France44 891 43 807 45 612 46 459 47 695 49 790 52 244 54 176 56 886 56 626 57 955 60 362 62 478 7,8 % Père né en France, mère née dans un pays de l'UE 27 13 020 12 647 12 411 11 881 11 439 11 119 10 930 10 827 10 794 10 575 10 562 10 585 10 418 1,3 % Père né en France, mère née hors UE 27 30 406 29 375 30 415 31 226 33 064 34 326 36 273 38 420 41 024 42 198 43 353 44 585 46 580 5,8 % Les deux parents nés à l'étranger 70 122 69 567 72 016 73 646 76 701 78 802 82 871 84 606 87 574 86 883 88 772 90 310 89 599 11,2 % Deux parents nés dans un pays de l'UE 276 681 6 157 5 780 5 524 5 159 5 369 5 426 5 372 5 778 5 891 6 276 6 442 6 694 0,8 % Deux parents nés hors UE 2760 281 60 636 63 299 65 406 68 788 70 552 74 537 76 348 78 700 78 020 79 405 80 641 79 698 9,9 % Père né dans un pays de l'UE 27, mère née hors UE 271 188 1 047 1 116 1 035 1 038 1 075 1 150 1 100 1 256 1 190 1 226 1 268 1 258 0,2 % Père né hors UE 27, mère née dans un pays de l'UE 271 972 1 727 1 821 1 681 1 716 1 806 1 758 1 786 1 840 1 782 1 865 1 959 1 949 0,2 % Ensemble des naissances738 080 744 791 774 782 770 945 761 630 761 464 767 816 774 355 796 896 785 985 796 044 793 420 802 224 100 %

Regroupement familial et immigration familiale

La procédure de regroupement familial recouvre différentes situations. Classiquement il s'agit de la migration de la famille restée au pays (essentiellement des femmes, accompagnées ou non d’enfants) qui rejoint un étranger venu travailler en France, souvent avant l'arrêt de l'immigration de travailleurs en 1974. Mais cette procédure recouvre aussi la venue en France de personnes qui se sont mariées avec un migrant venu lui-même en France dans l'enfance dans le cadre de cette procédure et encore de nationalité étrangère, ou même né en France de parents immigrés et resté malgré tout de nationalité étrangère (en 2004, sur étrangers nés en France, il y avait mineurs, ce qui implique la continuation actuellement et dans les prochaines années de ce type de migration). De ce fait, cela concerne donc aussi des hommes, venus rejoindre en France leur épouse de nationalité non-française.

L'immigration familiale vers une famille de Français concerne essentiellement des conjointsDPM (Ministère de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement Direction de la population et des migrations) - Immigration et présence étrangère en France en 2004 (on l'appelle dès lors souvent "immigration de conjoints de Français") et résulte le plus souvent soit de mariages d’enfants d’immigrés, nés en France et devenus français, avec un étranger du pays d’origine des parents, soit des mariages d'étrangers avec des Français sans ascendance immigrée récente.

Depuis la fin des années 1990, on constate une augmentation continuelle de l'immigration familiale en France, et ceci concernant tant celle du regroupement familial que celle des conjoints de FrançaisINED - Évolution récente de l'immigration en France et comparaison avec le Royaume-Uni par Xavier Thierry (2004) ].

Évolution de l'immigration familiale

On peut suivre l'évolution de l'immigration familiale depuis 10 ans en France et au sein des principales communautés d'immigrés grâce aux tableaux fournis par l'INEDINED - Tableaux annuels des admissions.

Le tableau suivant reprend les chiffres de l'immigration permanente légale (les admissions au séjour) des migrants ayant obtenu un premier titre de séjour d'une validité d'au moins un an. L'immigration clandestine n'est donc pas comptabilisée. L'année est celle de l'obtention du titre de séjour en question et nullement celle de l'arrivée réelle en France. Beaucoup d'immigrants sont arrivés lors d'une année précédente, parfois clandestinement, et se sont trouvés un certain temps en séjour irrégulier ; dans ce cas, c'est l'année de la régularisation qui compte.

Motif d'admission Années199419951996199719981999200020012002200320042005Total Immigration119.564 106.180 105.986 127.432 155.879 145.120 160.428 182.694 205.708 215.397 210.075207.561 Mineurs (1)15.407 10.939 10.229 10.327 16.149 15.359 14.840 16.001 17.443 17.881 19.330 16.589 Famille d'étrangers (2)12.007 9.685 9.696 10.674 12.885 16.060 17.232 18.362 22.103 25.023 26.065 26.540 Famille de Français (3)14.02414.485 14.138 15.314 20.128 24.582 31.018 37.467 44.645 57.686 54.791 53.697 Regr. familial (1+2)27.41420.624 19.92521.00129.03431.41932.07234.36339.54642.90445.395 43.129 Immigration familiale(1+2+3)41.43835.109 34.063 36.315 49.162 56.001 63.090 71.830 84.191 100.590 100.18696.826Étudiants29.51727.790 28.070 28.386 32.188 36.745 44.631 50.553 55.757 52.786 43.323 40.218 199419951996199719981999200020012002200320042005