La base aérienne 279 Châteaudun « Lieutenant Marcel Beau » de l'Armée de l'air française était une base aérienne de 1934 à 2014, avant de devenir un aérodrome civil.
Située à à l'est de Châteaudun dans le département d'Eure-et-Loir cette base était durant ces années l'un des principaux agents économiques du bassin d'emploi de Châteaudun. Le , la base aérienne est dissoute pour devenir un Élément Air Rattaché 279 (EAR 279) de la base aérienne 123 Orléans-Bricy. L'EAR est officiellement dissout le .
Historique La base aérienne est active de 1934 à 2021.
Avant 1934 1915 : création d'un entrepôt de munitions, qui deviendra l'ERGMu. Cette présence militaire et l'emplacement des terrains confèrent à Châteaudun un rôle actif dans les navigations aériennes effectuées à partir des écoles d'aviation de Chartres (future base aérienne 122 Chartres-Champhol) et d'Étampes.
De la création, en 1934, à 1944 1934 : création d'un camp d'aviation de vingt hectares, dans la plaine de Nivouville, au sud-est de la ville de Châteaudun. 1936 : opérationnelle, la piste est réservée aux activités militaires. 1937 : installation de l'entrepôt de l'armée de l'Air 301, (EAA 301) en provenance de Villacoublay (créé en 1934). Construction des deux principaux hangars de réception d'aéronefs, de type dénommé « Poulmic ». L'emprise est portée à deux cent quatre-vingt dix hectares., pour partie sur les communes de Châteaudun et de Lutz-en-Dunois. Fernand Aimond, ingénieur des ponts et chaussée, contribue à l'application des voiles minces en béton armé à ces nouvelles réalisationshttp://archives-histoire.centraliens.net/pdfs/revues/rev543.pdf.. 1939 : en janvier, le terrain est ouvert à la circulation civile.. La base est commandée par le colonel Joseph Chatelain, directeur de l'EAA 301., qui déclare à Édouard Daladier avoir armé trois mille avions. Alors que l'Armée de l'air est désorganisée, tout comme l'industrie aéronautique, le site de Châteaudun reçoit les avions sortant d'usines, pour en achever le montage, notamment en radios, en hélices et surtout en armement., qui n'est pas placé en usine pour des raisons de sécurité. L'EAA 301 est le lieu de passage obligé des appareils de différents constructeurs, sortis d'usines situées à Nantes-Bouguenais et à Saint-Nazaire (MS 406 et LeO 45), à Bourges (Curtiss H-75, Potez 631 et Breguet 693), à Ambérieu-en-Bugey (LeO 45), à Châteauroux (Bloch 152), à Bordeaux (Bloch MB.151 puis 174), à Toulouse (MS 406 puis Dewoitine 520), à Pau, à Marignane (LeO 45), Méaulte (Potez) ou encore, en région parisienne (Bréguet, Amiot)https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2002-3-page-37.htm. La charge est trop lourde et les livraisons peinent tout autant que la fabrication des appareils nécessaires. 1940 : les quelque présents en font un objectif de choix.. Les 12 et , bombardements par la Luftwaffe. Action héroïque des pilotes de la base, dont le lieutenant Marcel Beau., abattu au-dessus d'Ouzouer-le-Marché le .. Lors de l'attaque, le lieutenant Beau décolle en patrouille de quatre avions au total. Touché, son Bloch MB.152 265 s'écrase.. Le , repli de l'effectif à Cognac et le , dissolution de l'EAA 301. 1940 : après l'armistice du 22 juin 1940, occupation du terrain par l'armée de l'air allemande, la Luftwaffe. Cette dernière exploite principalement des appareils de bombardement (quatre unités de bombardement de jour, une de bombardement de nuit, trois unités de chasse et d'escorte). 1943 : bombardements américains, le .. 1944 : durant l'ensemble de l'année, les alliés bombardent le terrain vingt-et-une fois.. Ce dernier est pratiquement détruit. Bombardements violents le , puis le ; l'un des deux hangars « Poulmic » est complètement détruit. Le : un bombardier allemand Heinkel He-177 est abattu au décollage Crash d'un Heinkel 177 http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/heinkel177htm.htm. Le , un bombardier allié Lancaster est abattu par la chasse allemande de ChâteaudunCrash d'un Lancaster http://memoireethistoire.com/blog/2012/09/06/crash-dun-bombardier-lancaster-pres-de-chateaudun-5-juillet-1944-2/. Les bombardements américains s'intensifient. Suspecté par les renseignements de baser des chasseurs à réaction Messerschmitt Me-262 à partir du S'il a été effectivement envisagé de stationner à Chateaudun des Me-262 de la du KG51 pour aller bombarder l'Angleterre à partir du 20 juillet, l'enfoncement des lignes allemandes en Normandie et l'impréparation des équipages ont conduit la Luftwaffe à déployer l'unité à Juvincourt entre les 22 et 28 août. Un échelon de soutien technique avec des pièces de rechange et des moteurs a circulé en convoi terrestre camouflé, de Chateaudun Etampes Creil à Juvincourt. Source : Die Chronik des Kampfgeschwaders 51 der deutschen Luftwaffe von 1.1.1944 bis Kriegsende, Jan Horn, 2010., le terrain constitue un objectif de choix pour l'aviation américaine. Ces Me 262 de l'un des groupes la Kampfgeschwader 51 sont particulièrement visés. L'armée américaine s'installe en , après la Libération de la ville de Châteaudun, le . Le terrain est désigné par son code : "A-39". Le , l'armée américaine stationne essentiellement des avions de transport C47 ou Dakotas, ainsi que des appareils de reconnaissance et de chasse de nuit.
De 1945 à la dissolution de la base aérienne en 2014 : le départ des américains s'amorce en août. Reprise du contrôle du site par l'armée française et reconstruction.
Une annexe de l'EAA 601, Entrepôt de l'Armée de l'air implanté à Bonneuil-en-France (ainsi qu'à Châteauroux), est installée à Châteaudun. La base devient le seul entrepôt de stockage d'avions de l'Armée de l'air. 1946 : restauration de l'un des hangars "Poulmic", dont l'exploitation perdurera. 1951 : le , transfert total de l'EAA 601 de Châteauroux à Châteaudun, la base aérienne de Châteauroux-Déols étant cédée à l'United States Air Force. 1954 : en janvier, regroupement de toutes les unités sous le nom de base aérienne 279. De 1958 à 1959, la base est commandée par le colonel Gérard Sermet (1913-1978). De 1959 à 1961, le colonel Jean Fournier (1917-1961) commande la base., jusqu'à sa mort en accident aérien. 1967 : à la suite de l'embargo décidé le par le général de Gaulle à l'ensemble des belligérants potentiels, durant la période de tension précédant la Guerre des Six Jours, cinquante Mirage 5J commandés et payés par l'État hébreu sont entreposés sur la base de Châteaudun. Le règlement de ce contentieux aura lieu en 1971, les appareils étant alors achetés par l'Armée de l'air française. 1990 : le , la base est baptisée Lieutenant-Beau, en souvenir du lieutenant Marcel Beau, héros de l'attaque du , breveté pilote à la base aérienne 134 Versailles, en 1935. : la base aérienne est dissoute Dissolution de la BA 279 https://www.defense.gouv.fr/air/actus-air/la-base-aerienne-279-devient-un-ear, dans le cadre du mouvement général de réduction des moyens aériens français Diminuer les coûts, car les ressources diminuent http://www.opex360.com/2014/07/04/la-base-aerienne-279-de-chateaudun-transformee-en-element-air-rattache/.
Le drapeau de tradition de la base aérienne, celui hérité de la 52 Escadre de Reconnaissance, est remis au Service historique de la Défense (SHD).
De 2014 à la dissolution de l'EAR 279 en 2021 L'élément air rattaché 279 (EAR 279) conserve notamment la mission de stockage d'aéronefs, ainsi qu'une activité aérienne (piste ouverte deux jours par semaine).. Un projet de centre de déconstruction d'aéronefs est évoqué.
Le , lors de l'accident aérien de la base de Los Llanos, l'une des neuf victimes françaises provient de l'EAR 279..
La base sert en 2015/2016 de site d'essais de la maquette du concept de fusée Adeline..
Le , un conseiller municipal de Châteaudun et conseiller régional, propose de réaliser un petit aéroport à partir de la piste longue de plus de , projet soutenu par le président du Conseil supérieur de l'aviation civile.. Le projet privilégie l'accueil d'aéronefs légers, drones inclus, l'aviation d'affaires ou privée et l'activité aéro-industrielle (développement de la filière aéronautique dans le territoire), afin de redonner un nouveau souffle au sud de l'Eure-et-Loir.. Ce projet intéresse également Marc-Antoine Jamet, président du Pôle de compétitivité Cosmetic Valley.. Un vol civil expérimental se déroule le , par l'entreprise dunoise Lachant Spring 28.. Le , la société Aero Success signe une convention avec le ministère de la Défense lui permettant de faire décoller et d'atterrir des avions depuis les infrastructures de Châteaudun.. Cette société propose des vols privés au départ de Châteaudun et de Blois.
En , l'entreprise Air DG, basée dans le Val d'Oise et qui propose aux entreprises d'acheter des avions en copropriété, signe une convention avec le ministère de la Défense qui l'autorise à utiliser la piste pour faire décoller ou atterrir des avions civils. Ce projet vise notamment à aider les entreprises des pôles de compétitivité Polepharma et Cosmetic Valley à attirer des talents en Eure-et-Loir. Ce projet d’aéroport est également soutenu par le président de la région Centre-Val de Loire.. Plus de 92 % des habitants de Châteaudun soutiendraient le projet de plateforme aéronautique civile..
Début , Fabien Verdier annonce le lancement, avec la région, d'une étude sur l'avenir de l'ex-base aérienne. Il propose notamment la création d'un campus de formation aéronautique et la création d'une filière aéronautique industrielle, en complément du petit aéroport civil, à créer..
Le , l'Armée de l'air annonce la dissolution de l'EAR 279 en 2021... À cette date, le site de Châteaudun conserve entre , tous retirés du service..
En , le maire de Chartres, Jean-Pierre-Gorges, a proposé de faire de la base aérienne le troisième aéroport parisien.
Elu maire en , Fabien Verdier relance plusieurs initiatives concernant la base aérienne. En attendant la mise en place d'une centrale photovoltaïque d’EDF Renouvelables fin 2024, le maire de Châteaudun et président de la communauté de communes du Grand Châteaudun propose aux entreprises de s'installer sur l'espace libéré. L’entreprise Drone Pro 360 Grand-Est occupe ainsi les anciens locaux du Centre de gestion des matériels techniques de l’armée de l’Air..
Le , la ministre des Armées Florence Parly annonce que la base aérienne restera une "zone de restructuration de la défense" pour faciliter l'implantation de nouvelles activités. La cession des terrains à un euro symbolique à la communauté de communes du Grand Châteaudun est décidée. La collection du Conservatoire d’aéronefs non opérationnels est maintenue. Le maire de Châteaudun prévoit de construire un musée de l'Air pour la valoriser..
Depuis 2021 La cérémonie de dissolution de l’élément air rattaché 279 a lieu le . Il ne reste qu'une vingtaine de militaires jusqu'à la fermeture définitive du site militaire fixée à fin 2021..
Le , le maire de Châteaudun publie une tribune dans l'hebdomadaire Marianne pour demander un soutien de l’État dans la reconversion de la base aérienne en petit aéroport de civil vert.. L'ex-candidat à l'élection présidentielle Arnaud Montebourg a visité la base aérienne le jeudi et a également défendu le projet comme exemple de développement territorial..
Depuis le , le site aéronautique est devenu la propriété de la communauté de communes dunoises. L’aérodrome est sous la responsabilité de la Société publique locale (SPL) Air Châteaudun, en vue d’en faire un petit aéroport.
Des évolutions sont évoquées. Une centrale photovoltaïque de près de devait y être construite en 2024 et le maire étudie la possibilité de développer une filière de production d'hydrogène..