L'université hébraïque de Jérusalem (en hébreu , prononciation : , en anglais The Hebrew University of Jerusalem) couramment abrégée HUJI, dont la majorité des campus se situent dans la ville de Jérusalem, est l'une des principales universités situées en Israël.
Fondée en 1918 et inaugurée en 1925 en présence de nombreuses personnalités dont le physicien nucléaire Albert Einstein, le psychanalyste Sigmund Freud, le financier et leader politique sioniste Chaim Weizmann ou le philosophe, théologien et pédagogue Martin Buber, mais également de représentants du gouvernement britannique et des communautés confessionnelles juives, musulmanes et chrétiennes de Palestine mandataire, et avec l'appui d'autres personnalités dont Tzvi Herman Shapira, elle est historiquement la deuxième plus ancienne des huit universités israéliennes, inaugurée un an après l'Institut de technologie d'Israël (ou Technion) fondé en 1912 et inauguré en 1924 à Haïfa.
L'université abritait jusqu'à peu la Bibliothèque nationale d'Israël qui constitue la plus grande bibliothèque publique de l'État d'Israël.
Histoire 250px|thumb|left|Fondation de l'université hébraïque et pose de la pierre angulaire au mont Scopus, 1918.
Naissance du projet
Le projet d'une université où un enseignement scientifique et sécularisé se ferait en hébreu moderne, par opposition au yiddish, a pris forme relativement tôt dans la pensée des chefs du mouvement politique sioniste. Il fut formulé pour la première fois par Tzvi Herman Shapira en 1884 puis appuyé par des intellectuels et partisans socialistes-révolutionnaires ashkénazes russes, lituaniens et polonais, membres du Bund à partir de 1897. La diffusion de l’hébreu moderne, qui connut un réel renouveau dès le tout début du grâce aux efforts d'Éliézer Ben-Yehoudah et d'autres figures importantes du sionisme politique, participa à la légitimation du projet.
La création de l'université fut publiquement proposée pour la première fois en 1884 à la conférence de la société des Amants de Sion de Kattowitz par des intellectuels juifs ashkénazes réformés et socialistes. Un grand promoteur et architecte de cette idée fut ensuite Albert Einstein, physicien juif autrichien puis apatride et finalement helvético-américain. Einstein légua toute son œuvre et ses écrits à l'université à sa mort. Ces documents sont aujourd'hui conservés à la bibliothèque Albert-Einstein, située dans l’enceinte de l'université.
Création sous le mandat britannique 250px|thumb|left|Inauguration de l'université hébraïque de Jérusalem au mont Scopus, 1925.La première pierre de l'université fut posée en 1918 à Jérusalem sur le mont Scopus, alors sous juridiction de l'armée britannique à la suite de la victoire en 1917 du Royaume-Uni sur l'Empire ottoman.
Sept ans plus tard, le , l'ouverture officielle du premier campus de l'université, situé sur le mont Scopus à Jérusalem, fut célébrée en présence des leaders du monde juif dont le gouverneur et académicien Chaim Weizmann ainsi que des figures municipales et des dignitaires britanniques dont Arthur Balfour, Edmund Allenby et Herbert Samuel. Ce dernier fut l’un des principaux architectes politiques du projet sioniste durant l’époque de la Palestine mandataire britannique. Le premier chancelier de l'université fut le docteur . 250px|thumb|left|Hôpital universitaire au mont Scopus - 1934.
De 1948 à 1967
Durant la guerre israélo-arabe de 1948, le site de l'université fit l'objet d'une âpre lutte, car sa situation, au nord-est de la future capitale, le rendait particulièrement vulnérable à une occupation palestinienne.
Isolé au cours des combats du reste de la ville, le mont Scopus se trouva, après l'Armistice de 1949, enclavé dans la partie de la ville annexée par la Jordanie.
Dès 1947, et plus encore après l’indépendance d’Israël en 1948, l'université se développe considérablement et devient un institut public d'enseignement et de recherche majeur. Elle comprenait alors déjà des facultés en humanités, sciences, médecine, éducation et agriculture. La dernière, excentrée, se situe à Rehovot.
La bibliothèque nationale juive, devenue plus tard Bibliothèque nationale d'Israël, s'y trouve, ainsi qu'un centre de formation continue pour adultes.
Quand en contradiction avec les accords d'armistice de 1949, le gouvernement jordanien interdit aux Israéliens l'accès à l'université, cette dernière fut contrainte de s'installer temporairement à Givat Ram, dans la partie occidentale de Jérusalem. Elle ne reprit une activité normale qu'en 1953.
Quelques années plus tard, en même temps que l'organisation médicale Hadassah, un campus de sciences médicales fut inauguré dans le quartier d'Ein Kerem, situé dans le sud-ouest de la ville de Jérusalem.
Jusqu'en 1967, les étudiants, alors au nombre de , étaient dispersés entre les différents campus de Jérusalem et la faculté d'agriculture à Rehovot.
Depuis 1967
Après la guerre des Six Jours, l'université hébraïque retrouva ses locaux initiaux, reconstruits, modernisés et officiellement réinaugurés en 1981, les bâtiments d'origine ayant été endommagés lors des combats. L'effectif de l'université progresse alors constamment. Il passe la barre des étudiants au milieu des années 2000. Une partie du campus est construite sur les terres du village palestinien de Lifta, expulsé en 1948 lors du nettoyage ethnique de la Palestine, et dont les terres ont été déclarées appartenant à des « absents » et spoliées au profit d'Israël.
L'université est de nouveau touchée par la violence le quand un résident palestinien de Jérusalem-Est, membre d'une cellule du Hamas, fait exploser une bombe dans une cafétéria sur Frank Sinatra Center (ainsi nommé en hommage à un donateur) sur le campus du Mont Scopus. Neuf personnes sont tuées (5 Israéliens, 3 citoyens américains et 1 citoyen franco-israélien) par l'explosion et une centaine blessées. Le Hamas revendique la responsabilité de cette attaque, qui intervient quelques jours après l'assassinat du commandant militaire des Brigades Izz al-Din al-Qassam Salah Shehadeh par Tsahal
Pendant la guerre de Gaza (depuis 2023) l'établissement est visé par l’extrême droite israélienne après que des étudiants ont organisé un rassemblement afin de rappeler la mémoire de la Nakba, l’exode forcé de Palestiniens en 1948. Des mouvements d’extrême droite ont réclamé des sanctions et le ministère de l’Éducation a annoncé vouloir couper les budgets de l’université.
Enseignement L’université hébraïque de Jérusalem a développé une renommée mondiale pour ses enseignements dans les sciences dures, la psychologie, l’économie, la théologie et les études religieuses, domaine dans lequel elle possède d’abondantes ressources pédagogiques comprenant notamment l’une des plus importantes collections mondiales consacrées aux études juives. L’université a formé de nombreux enseignants et chercheurs faisant autorité dans cette discipline, dont Gershom Scholem ou encore Yeshayahu Leibowitz.
L’établissement est également reconnu pour son approche interdisciplinaire de l’enseignement et de la recherche. Il accueille des étudiants venus d’Israël et de nombreux pays étrangers et propose des formations couvrant un large éventail de disciplines, des sciences exactes et de la médecine aux sciences humaines, au droit et aux sciences sociales. Son Institut des études juives, fondé en 1924, est considéré comme l’un des centres académiques les plus influents dans ce domaine.
L’université compte parmi ses anciens étudiants, enseignants ou chercheurs associés plusieurs lauréats du prix Nobel dans les domaines des sciences et de l’économie. Parmi eux figurent notamment Robert Aumann, lauréat du prix Nobel d’économie en 2005 pour ses travaux sur la théorie des jeux, Ada Yonath, lauréate du prix Nobel de chimie en 2009 pour ses recherches sur la structure du ribosome, ainsi qu’Avram Hershko, lauréat du prix Nobel de chimie en 2004 pour ses travaux sur la dégradation des protéines. Ces distinctions ont contribué au rayonnement international de l’université et à sa réputation comme l’un des principaux centres de recherche et d’enseignement supérieur d’Israël et du Moyen-Orient.
L’université entretient également de nombreux partenariats académiques avec des établissements de recherche internationaux et participe à divers programmes d’échanges d’étudiants et de chercheurs, favorisant ainsi la coopération scientifique et la diffusion des connaissances à l’échelle mondiale.
Le Conseil israélien pour l’enseignement supérieur a classé en 2006 les universités israéliennes selon le critère d’excellence académique et l’Université hébraïque a reçu le meilleur classement http://ed.sjtu.edu.cn/rank/2006/ARWU2006_Top100.htm.
Facultés 250px|thumb|Campus de Givat Ram. Cette université est composée de plusieurs facultés : Faculté de lettres Faculté des sciences sociales Faculté de droit et de criminologie Faculté des sciences Faculté de médecine et de chirurgie dentaire Faculté d'agriculture, de nutrition et de qualité de l'environnement
Origine des étudiants En 2002, sur les 23 000 étudiants estimés par l’Université hébraïque, environ 20 % sont arabes et environ 1 500 sont étrangers.
Classements En 2006, l'Université hébraïque est classée dans le monde selon le classement produit par l'université Jiao-tong de Shanghaiï et la première du Moyen-Orient.
En 2012, le Center for World University Rankings a classé l'Université hébraïque mondiale (95 en 2018) et deuxième d'Israël dans son classement CWUR World University RankingsClassement 2012, CWUR World University Rankings alors qu'une autre enquête l'a classé comme la université du monde pour travailler, la à l'extérieur des États-Unis et la en dehors du monde anglo-saxonHebrew U. is 9th-best university to work in the world, Time Of Israel, 3 août 2012.
En 2017, le département de mathématiques de l'université hébraïque a été classé au monde dans le classement de Shanghai devant des départements prestigieux tels que ceux des universités Harvard, Berkeley, Columbia ou de l'Imperial College LondonShanghaiRanking's Global Ranking of Academic Subjects 2017 - Mathematics, université Jiao-tong de Shanghai.
En 2023, elle est classée 80 mondiale selon l'université Jiao-tong de Shanghaï.
Bibliothèques 250px|thumb|left|Bibliothèque nationale d'Israël. Historiquement, la Bibliothèque nationale juive était la bibliothèque centrale de l'université ainsi que l'une des plus impressionnantes collections de livres et de manuscrits au monde. C'était aussi la plus vieille section de l'université. Fondée en 1892, en tant que centre mondial pour la préservation des livres relatifs à la pensée juive et à la culture juive, elle joua le rôle d'une bibliothèque universitaire centrale jusqu'en 1920. Ses collections hébraïques et juives sont les plus grandes du monde.
Elle contient tous les livres publiés en Israël, et essaye d'acquérir tous les livres en relation avec Israël, l’hébreu et le monde juif publiés dans le monde entier.
Elle possède plus de de livres et des milliers d'articles dans des sections spéciales, nombre d'entre eux sont uniques.
On peut y trouver les Archives d'Albert Einstein, les manuscrits en hébreu, la collection de cartes d'Eran Laor« The Eran Laor Cartographic Collection », sur nli.org.il, la collection scientifique d'Edelstein, la collection Gershom Scholem, et une collection unique des manuscrits et écritures précoces de Maïmonide. Cette bibliothèque a désormais pris son autonomie en vertu de la .
Depuis 2003, une « autorité de la bibliothèque » administre les nombreuses autres bibliothèques de l'universitéSandra Bercovici, « Les bibliothèques universitaires à Jérusalem », Anne Métivier, dans Bibliothèque(s), , mars 2008, .. Parmi celles-ci : Bibliothèque scientifique , Givat Ram Bibliothèque des mathématiques et des sciences informatiques, Givat Ram Bibliothèque des sciences de la terre, Givat Ram Bibliothèque des sciences humaines et sociales, Scopus