thumb|« Chevalier » (en fait cavalier) de la Maréchaussée en 1786. thumb|Musée de la Gendarmerie nationale à Melun. thumb|Gendarmes en uniforme (2006).
La Gendarmerie nationaleLe mot « gendarmerie », lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions « la Gendarmerie » ou « la Gendarmerie nationale », prend une majuscule comme cela est préconisé dans l'article sur les Wikipédia:Conventions typographiques, notamment au § Organismes uniques et au § Unités militaires ; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la « gendarmerie mobile » ou les « forces de gendarmerie ». est une des plus anciennes institutions françaises. Elle est l'héritière de la Maréchaussée, corps de militaires chargé de la police et de la justice aux armées depuis le Moyen Âge, qui est progressivement devenu une force de police compétente pour l'ensemble de la population sur la quasi-totalité du territoire françaisÀ l'exception de certaines grandes villes, qui disposent de milices ou - dans le cas de Paris du Guet royal. Besson (Général) et Rosière, Pierre, Encyclopédie de la Gendarmerie nationale, , Éditions SPE Barthelemy Paris 2004. Voir également Louis Larrieu, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie - des origines à la quatrième république. Service historique de la Gendarmerie nationale - Phénix Editions.. Elle conserve des attributions de justice extraordinaire (dite « prévôtale ») jusqu'à la Révolution.
En 1720, la Maréchaussée est symboliquement placée sous l'autorité administrative de la Gendarmerie de France, corps de cavalerie lourde assimilé à la maison militaire du roi qui est dissous le . En 1791, elle prend le nom de Gendarmerie nationale.
Force armée instituée pour veiller à l'exécution des loisLoi du relative à la gendarmerie, article premier, chargée principalement de la sécurité dans les zones rurales et périurbaines, elle est déployée sur tous les territoires de métropole et d'outre mer. Au , sa zone de responsabilité couvre 95 % du territoire national et 55 % de la population française. La Gendarmerie nationale est également engagée aux côtés des armées françaises depuis les guerres de la Révolution.
Fortement implantée dans les territoires grâce à un maillage étroit, réalisé à partir de brigades identiques, elle se transforme à partir du en se dotant d'unités spécialisées dans de nombreux domaines : maintien de l'ordre, police judiciaire, police scientifique, protection des mineurs, lutte contre les formes modernes de criminalité, sécurité-protection, intervention, aviation, police de la route et secours en montagne ou en mer, tout en restant solidement implantée dans les territoires ruraux et périurbains. Elle se féminise à partir de 1972La féminisation se fait initialement pour certains emplois administratifs seulement ; l'accès aux carrières d'officiers et de sous-officiers est ouvert aux femmes en 1983..
Depuis 2009, dans le cadre d'un rapprochement avec la Police nationale, chargée de la sécurité des zones urbaines, la Gendarmerie nationale est rattachée pour emploi au ministère de l'Intérieur. Elle passe sous l'autorité budgétaire et opérationnelle de ce ministère tout en conservant son statut militaire. La Gendarmerie, qui fait partie des Forces armées, reste toutefois partiellement sous tutelle du ministère des Armées, notamment en ce qui concerne la formation initiale, la gestion des ressources humaines, la discipline, les gendarmeries spécialisées, le département Gendarmerie du service historique de la Défense et la gestion des opérations extérieures.
Le musée de la Gendarmerie nationale, qui présente l'histoire de l'institution depuis l'époque de la Maréchaussée jusqu'à nos jours, est situé à Melun (Seine-et-Marne).
Maréchaussée et Gendarmerie Si la Gendarmerie est l'héritière directe de la Maréchaussée, elle s'en distingue par une notion fondamentale : alors que la Maréchaussée, institution de l'Ancien Régime, est à la fois une juridiction extraordinaire et son propre corps d'exécution, la Gendarmerie, issue de la Révolution et de l'application du principe de la séparation des pouvoirs, abandonne tout rôle judiciaire pour se consacrer aux missions de Police et de DéfensePascal Brouillet. Au commencement était la Maréchaussée in Histoire et Dictionnaire de la Gendarmerie, sous la Direction de Jean-Noël Luc et Frédéric Médard. Éditions Jacob-Duvernet/Ministère de la Défense. 2013.
La Maréchaussée Fin du Moyen Âge Au Moyen Âge, et dans une moindre mesure jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les fonctions de Police et de Justice sont étroitement liéesLes notions de police et de justice n'ont à cette époque pas la même signification que de nos jours. La police fait partie de la justice et en est le corps d'exécution. De la Maréchaussée à la Gendarmerie - Histoire et Patrimoine. Sous la direction de Pascal Brouillet. Service historique de la Gendarmerie nationale, 2003.. Les rois, les seigneurs et les hauts dignitaires rendent la justice. Ainsi, la justice aux armées fait partie des attributions du connétable, qui a succédé au sénéchal en 1191 comme chef des armées, et des maréchaux qui sont ses lieutenants. Connétable et maréchaux délèguent leurs pouvoirs à leurs prévôts (du latin praepositus, « préposé »), d’où le nom de prévôté.
Leurs juridictions, d'abord ambulatoires, fusionneront sous et s'établiront à Paris sous le nom de tribunal de la Connétablie et Maréchaussée de France, avec son siège à la table de marbre du Palais de justice de ParisLouis Larrieu, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie - Des origines à la quatrième république.. Les prévôts nommés par le connétable et les maréchaux rendent également la justice aux armées dans des tribunaux prévôtaux. Les corps d'exécution de ces différentes juridictions sont la compagnie de la Connétablie et les compagnies de la Maréchaussée, qui sont composées d'« archers » (ils étaient appelés « sergents » avant 1501).
Initialement chargée de réprimer les méfaits commis par les soldats et les déserteurs, mais également par les mercenaires qui, pendant et après la guerre de Cent Ans, forment des bandes de pillards (les Grandes compagnies), la Maréchaussée va progressivement se sédentariser. Ainsi, elle ne se contente plus de suivre les armées en campagne mais, après l'apparition des compagnies d'ordonnance, qui ont été créées par l'ordonnance du 26 mai 1445, sous Charles VII (roi de France) et sous l'autorité d'Arthur III de Bretagne, connétable de Richemont, compagnies qui sont la première forme d'armée permanente soldée, elle commence à s'implanter durablement sur le territoire sous Voir notamment l'ordonnance du de la Ferté-sous-Jouarre..
Sous Par une décision royale de en 1536, les missions de la Maréchaussée sont étendues à la police des personnes ne relevant pas des juridictions locales ordinaires : vagabonds, étrangers non domiciliés, vols avec armes, vols sur les grands cheminsJean-Noël Luc, Gendarmerie, État et société au , Paris, Publications de la Sorbonne, 2002 , ..
À partir de cette époque, la Maréchaussée est chargée de constater et de poursuivre les cas prévôtaux (c'est-à-dire relevant de la justice prévôtale), mais elle intervient en fait dans de nombreuses affaires relevant des tribunaux ordinaires. Les prévôts ont désormais une résidence fixe.
Sous Après la suppression de la connétablie en 1626, la Connétablie et Maréchaussée est placée sous les ordres des maréchaux de France.
Sous Selon l'ordonnance criminelle dite de 1670, une partie des crimes, qualifiés de « cas royaux », sont recherchés par la Maréchaussée mais jugés par une chambre criminelle du Parlement, tandis que les autres, qualifiés de « cas prévôtaux », sont jugés en première et dernière instance par les cours prévôtales provinciales des maréchaux.
Organisation territoriale au Cependant, la Maréchaussée souffre de nombreuses imperfections (implantation irrégulière, manque de contrôle, faiblesse des effectifs) aggravées par la vénalitéLes prévôts et les officiers achètent leur office. C'est une marque de dignité, mais aussi un investissement qu'il convient de rentabiliser. De plus les charges sont héréditaires. des charges et la faiblesse des gages qui justifient une série de réformes, conduites entre 1720 et 1778Colonel R. Coulin. Historique et traditions de la Gendarmerie Nationale, 1954..
Ainsi, une série d'édits, d'ordonnances et de règlements vise à la rendre plus efficace et plus présente dans les campagnes, à une époque où le vagabondage fait l'objet d'une répression accrue, tout en renforçant son caractère militaire.
L'édit de Édit du , préparé par le Secrétaire d'État de la Guerre Claude Le Blanc. réorganise profondément la Maréchaussée et accentue son caractère territorial. Il crée dans chacun des trente-six gouvernements ou provinces un tribunal prévôtal et une compagnie de maréchaussée. À la tête de ceux-ci, le Secrétaire d'État de la Guerre place un prévôt général, résidant au chef-lieu de la province, et qui peut être mis à la disposition de l'intendant. Les prévôtés sont divisées en lieutenances , elles-mêmes divisées en brigades réparties le long des grandes routes. Chaque brigade doit surveiller une dizaine de kilomètres de route de part et d'autre de son siège.. L'« arrondissement » ou « district » d'une brigade comprend également plusieurs dizaines de paroisses rurales plus ou moins éloignées. À partir de 1760, les « archers » des prévôts sont appelés « cavaliers ».
L'ordonnance du crée supplémentaires et réorganise leur implantation, afin de parvenir à un maillage du territoire plus fin et plus rationnel. Cependant, en 1779, la Maréchaussée ne compte pas plus de répartis en et pour l'ensemble du Royaume.
Le service de la Maréchaussée à la fin de l'Ancien Régime Les hommes de la Maréchaussée sont obligatoirement d'anciens militaires. L'ordonnance de 1778 les oblige à souscrire un engagement d’une durée de seize ans. Par ailleurs, ce texte assimile la hiérarchie de la Maréchaussée à celle de la cavalerie, qui se substitue à celle héritée du Moyen Âge : le maréchal des logis remplace l'exempt, et le cavalier l'archer. Une brigade, commandée par un maréchal des logis ou un brigadier, compte quatre hommes, le chef de brigade compris. Chaque brigade doit avoir des contacts hebdomadaires avec ses voisines en un lieu ou un autre, et des tournées de deux cavaliers doivent être effectuées chaque jour. La maréchaussée doit surveiller tout particulièrement les rassemblements : foires et marchés, fêtes locales
Prévôts des maréchaux célèbres Le Gallois de Fougières, prévôt des maréchaux, tué à la bataille d'Azincourt en 1415. Il est aujourd’hui honoré par la Gendarmerie nationale, comme étant le premier gendarme mort au combat. Tristan Lhermitte, seigneur du Moulin et du Bouchet, grand prévôt des maréchaux du roi . vignette|right|L'entrée de à Naples, Jean Dax, seigneur d'Axat, de Leuc, de La Serpent, de Trèbes et autres places, conseiller, grand chambellan du roi et grand prévôt des maréchaux de France dans le royaume de Sicile, tué au siège de Gaëte en l'armée du roi lors de la première guerre d'Italie, en Louis-Pierre d'Hozier « Armorial général de la France », Firmin-Didot 1738, volume 1, lire en ligne Claude de Vic, Joseph Vaissete, Ernest Roschach, Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives, 1845, tome 8, page 201, voir ce lien : le départ du roi et de son armée pour la guerre d'Italie début ., quelques jours avant l'entrée solennelle du roi à Naples, . Louis de Chandieu, grand prévôt des maréchaux de France du roi . Nicolas Rapin, grand prévôt des maréchaux et poète, mort en 1609. Jean de Lannion, lieutenant du prévôt des maréchaux de Bretagne, sauva la ville de Lannion de l'attaque de brigands en 1634.
La Gendarmerie nationale Au début de la Révolution française, par la loi du de l'assemblée constituante, la Maréchaussée prend le nom de « Gendarmerie nationale ».
La Révolution et l'Empire