Philippe-François-Nazaire Fabre, dit Fabre d'Églantine, né et baptisé le à Carcassonne et guillotiné le à Paris, est un acteur, dramaturge, poète et homme politique français.

Biographie Enfance et formation vignette|redresse|gauche|Fabre d'Eglantine avec l'églantine d’argent Musée des Beaux-Arts de Carcassonne.|alt=thumb|Buste par Aybram Musée des Beaux-Arts de Carcassonne.|alt= Né le .Certaines biographies le font naître le 20 21 ou 29 juillet. à Carcassonne, près de l'église Saint-Nazaire., Fabre d'Églantine est le fils d’un marchand-drapier., François Fabre, et de son épouse, Anne-Catherine-Jeanne-Marie Fons. Sa famille appartient à la bourgeoisie modeste. Pour des raisons inconnues, peut-être économiques, elle s'installe à Limoux en 1757. Il étudie au collège de l’Esquile, à Toulouse, tenu par les Pères de la Doctrine chrétienne ou doctrinairesIl étudie au collège de l'Esquile, selon .. Il y est le condisciple de Joseph Joubert. Là, il apprend, non seulement les langues et littératures grecques et latines, mais aussi la musique, la peinture, le dessin, la gravure. Ses qualités lui valent d'être intégré à la congrégation à Toulouse en 1771 en qualité de professeur des basses classes.

La même année, il aurait présenté un Sonnet à la Vierge aux Jeux floraux de l'Académie de Toulouse. Il obtient le récompensant le meilleur sonnet à la vierge, d'après Michel Taillefer., et non l' comme le pensaient ses premiers biographes.. Louis Jacob. et les auteurs qui le suivent parlent, quant à eux, non d'une , mais d'une Agnès Steuckardt, « Quand un poète change le nom des mois », dans .. Quand il quitte le collège pour se lancer dans le théâtre en 1772., il aurait préféré pour des raisons de consonance, selon Louis Jacob, adopter le nom de « Fabre d'Églantine », plus élégant qu'un « Fabre du Lis » jugé trop abrupt.

Carrière théâtrale Engagé dans une troupe de comédiens ambulants, il parcourt la France. Peut-être à Bordeaux, d'où il aurait été contraint de fuir, en 1771, il est en 1772 à Grenoble, où son père lui écrit de Limoux le . À Chalon-sur-Saône en 1775, il joue à Beauvais l'année suivante, puis retourne à Chalon, où il s'éprend d'une jeune fille, Sophie Poudon.. Le , il rejoint la troupe Hébert à Namur, dans les Pays-Bas autrichiens.. Ayant tenté de s'enfuir avec Catherine Deresmond, dite « Catiche », fille des directeurs de la saison théâtrale, âgée de quinze ans, il est menacé de la corde. Ses camarades comédiens ayant adressé une supplique au prince Charles Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas, sa peine est commuée le en un bannissement perpétuel et à une amende de 734 florins 1 sol 18 deniers.. L'Histoire naturelle et son étude dans le cours des Saisons, l'un des trois poèmes qu'il a composés en l'honneur de Buffon, signale qu'il est à Paris le .. Puis il fait une expérience manquée de directeur d'une troupe théâtrale à Sedan. à la fin de cette année et au début de la suivante. À Troyes en , il est à Strasbourg en juillet.

Dans cette ville, il épouse, le , Marie-Nicole Godin, une actrice, fille mineure de Pierre Godin et de Marie-Odette Graff, parente d'un descendant du dramaturge Lesage, avec laquelle il a un fils, Jules-Louis-Théodore-Vincent, baptisé le à l'église Saint-Jacques de Maastricht., futur polytechnicien et ingénieur du génie maritime. Dans l'acte de mariage, il se présente comme un licencié en droit, fils d’un avocat au Parlement.

Le couple joue à Maastricht de 1779 à 1780, où Fabre d'Églantine débute le dans le Misanthrope et le lendemain dans le rôle principal du Distrait ; il joue les premiers rôles alternativement avec Antoine Dorfeuille. De son côté, sa femme débute dans le rôle de Marine dans la Colonie d'Antonio Sacchini. En 1780, le rideau du théâtre du Jekerstraat étant usé, Fabre en peint un autre. Le , il fait représenter sa première pièce de théâtre Laure et Pétrarque, opéra-comique en un acte sur une musique de François-Léonard Rouweyzer ou Rouwizer (1737-1827), violon solo au théâtre.. On n'en conserve que quelques romances : Il pleut, il pleut, bergère (sur une musique de Louis-Victor Simon), Je t'aime tant, À peine encore le couchant brille et Laure et Pétrarque. thumb|redresse|Théâtre de la Comédie d'Avignon Passé à Liège en 1780, il y est moins heureux qu'à Maastricht.. Le , il prononce au théâtre de Liège Le Triomphe de Grétri, un poème en hommage à André Grétry, lors de l'installation du buste de ce musicien. En 1781, il édite le Spectateur cosmopolite, dont aucun exemplaire ne semble avoir été conservé. Après des séjours à Sedan, Arras, Mons et Douai, il quitte le Nord en 1783 pour Besançon et Genève., où il compose un poème, la Treille de Genève.. À Lyon en 1783, il y fait représenter en septembre sa tragédie Augusta, le premier rôle étant interprété par d'Herbois. En octobre, Fabre joue le Misanthrope devant un public, selon ses propres mots, . En 1785, il obtient la direction du théâtre de Nîmes. Le , il est autorisé en tant que chef de troupe à venir jouer au théâtre de la Comédie d'Avignon..

Établi à Paris à partir de 1787 comme auteur dramatique, il fait jouer plusieurs pièces. Les Gens de lettres, ou le Poète provincial à Paris, comédie en cinq actes et en vers, est reçue au Théâtre-Italien et représentée le . Comme plus tard avec Le Philinte de Molière, Fabre d'Églantine expose dans cette pièce le côté social et politique de la littérature.. Mais elle tombe à la première représentation. Augusta, tragédie créée à la Comédie-Française le , n'a que six représentations. De son côté, Le Présomptueux, ou l'Heureux imaginaire, comédie en cinq actes en vers créée à la Comédie-Française le , tombe dès la deuxième scène. Aussi mal accueillie que les œuvres précédentes, cette pièce lui attire en outre l'accusation de plagiat. Atteint dans sa vanité, Fabre d'Églantine crie à la cabale..

L'engagement révolutionnaire thumb|upright|Épître de Fabre d’Églantine à Turgot.

En 1789, délaissant sa femme, il s'installe dans un appartement de la rue de la Ville-l'Évêque avec Caroline Remy, comédienne au Théâtre de la République ou au Théâtre de la Montansier, qui lui donne deux enfants morts en bas âge et enceinte de cinq mois à la mort de Fabre.

S'enthousiasmant dès le début pour la Révolution, il en propage les principes, ce qui lui attire la faveur du public..

Il écrit Le Philinte de Molière ou la Suite du Misanthrope, pièce d'esprit révolutionnaire. C’est une comédie en cinq actes et en vers qui est créée le au Théâtre de la Nation et représentée neuf fois avec succès, avant d'être reprise le . C'est son premier et plus grand succès, et la meilleure de ses pièces.

Le , Le Convalescent de qualité, ou l'Aristocrate, comédie en deux actes et en vers, est représentée pour la première fois à la Comédie-Italienne.. L'Intrigue épistolaire, comédie en cinq actes et en vers, est créée le au Théâtre-Français de la rue de Richelieu.

L'Apothicaire, pièce en deux actes avec musique de Foignet, est jouée le au théâtre de Montansier.

Isabelle de Salisbury, comédie héroïque et lyrique en trois actes et en vers avec musique de Mengozzi, froide et mal écrite, est refusée à l'Académie royale de musique, et finalement jouée au théâtre Montansier le , où le machiniste et le décorateur lui assurent un succès passager..

L'Héritière, ou les Champs et la Ville, comédie en cinq actes et en vers créée le , est si violemment sifflée, qu'elle a du mal à être jouée jusqu'au bout..

Le Sot orgueilleux ou L'école des élections, d'inspiration réactionnaire, est représentée le . Tournant en dérision les hommes et les choses de la Révolution, souffrant en outre de la faiblesse de l'intrigue et de l'incorrection du style, elle déplaît au public, qui la fait tomber..

Actif dans le district des Cordeliers, membre du club local, il se lie avec Georges Jacques Danton et Jean-Paul Marat. Membre des cordeliers, il est plusieurs fois élu secrétaire ou vice président, au point de passer, avec Jules François Paré et Georges Jacques Danton, dont il devient alors un intime, pour l'un des trois membres d'un triumvirat dirigeant. De même, il collabore au journal Révolutions de Paris et tente vainement de se faire élire, en 1790-1791, juge de paix à Chevreuse. Il fait aussi partie du Club des jacobins.

Au début d', il offre son appui à la Cour. Dans son rapport contre les dantonistes du , Saint-Just signale : , avant de préciser que Danton lui-même avait affirmé , mais .. Selon Antoine François de Bertrand de Molleville, il a proposé au ministre de la Marine Dubouchage de gagner les canonniers et les chefs de l'insurrection, et d'attaquer le Club des jacobins et la Législative, moyennant trois millions. Mais cette proposition aurait effrayé Louis XVI, d'autant que l'homme ..

À l'été 1792, il participe à des tractations de « pacification » avec la Gironde. Le lendemain de la chute de la royauté, Danton, devenu ministre de la Justice, l’engage comme secrétaire général avec Camille Desmoulins, tandis que Pierre-François-Joseph Robert est chef du secrétariat particulier du ministre..

Lié à Marc René Marie de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac et à Jean-Pierre, baron de Batz, qui l'ont initié aux secrets de la grande finance, il espère retirer des bénéfices substantiels de la fourniture aux armées, rendus nécessaires par son train de vie fastueux. (Jules Claretie signale dans son appartement de la rue de la Ville-l'Évêque ). Joseph Servan, le ministre de la Guerre, lui verse le , pour lui permettre de faire un approvisionnement en bottes et en souliers. Or, aucun n'a été remis aux armées quand le ministre réclame le à Fabre d'Églantine le compte des sommes versées, suivi en cela par son successeur Jean-Nicolas Pache le .. Dans une dénonciation anonyme, envoyée après l'arrestation de Fabre d'Églantine, Le Sieur, sous-économe au collège Louis-le-Grand, l'accuse d'avoir . Ces souliers, précise-t-il, .

À la fin d'août et en , paraît le Compte rendu au peuple souverain, journal affiche non daté, dont Fabre d'Églantine est considéré comme le rédacteur. Dans le , que Pierre Caron date du 2 au , figure un appel au massacre : . Dans le , on trouve une justification du massacre de Versailles du ..

Élu dix-septième député de la Seine à la Convention avec 437 voix sur 725 votants, il ne s'y distingue guère, appelant, dans la suite de Danton, à la concorde et à l'union. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort sans appel ni sursis. Après la trahison de Dumouriez, il rompt avec les girondins, contre lesquels il lance une campagne de presse dans La Gazette de France nationale, dont il a pris depuis peu la direction..

Le , il fait son entrée au Comité de guerre.. Nommé représentant en mission en Seine-et-Oise et Eure-et-Loir pour la levée des , il est remplacé par Armand-Joseph Guffroy par décret du .. Le , sur sa proposition, l'organisation du Comité de défense générale est modifiée. Puis, le il fait son entrée à la Commission de salut public qui lui succède, jusqu'à son remplacement par le Comité de salut public, le .

La Convention ayant adopté le le principe d'un calendrier républicain, elle choisit, le 24, le projet présenté par Fabre d'Églantine — auteur de la dénomination des mois et jours —, Marie-Joseph Chénier et Jacques-Louis David, qui renvoie à ... C'est dans ce calendrier que l'on retrouve pour la première fois l'idée d'une journée destinée à célébrer les travailleurs. Des années plus tard, l'églantine sera d'ailleurs choisie comme symbole du , en partie en son honneur, avant d'être plus tard remplacée par le muguet..

Appelé à déposer au procès des girondins le , il met en cause Jean-Marie Roland de La Platière dans l'affaire du vol du Garde-Meuble. — il avait été nommé par la Convention un des commissaires chargés de mener l'enquête..

L'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes (orientales) et la conspiration de l'étranger