La Transantarctica est une expédition, scientifique et humaine internationale, de traversée intégrale du continent Antarctique sur , à pied aidé au total de trente-six chiens de traîneaux, réalisée en en 1989-1990Cécile Ré, « La marche fabuleuse », L'Humanité, 5 mars 1990.. Ce n'est pas la première traversée terrestre du continent mais elle a été la première sans aide mécanique et elle reste l'unique performance de ce type. Elle est également la plus longue par son tracé.

Origine Le projet est né de la rencontre en Arctique en 1986 de Jean-Louis Étienne, parti dans une marche solitaire vers le pôle Nord, avec Will Steger, qui lancent alors l'idée de ce défi. Elle avait pour objectif de traverser le continent Antarctique sur sa plus grande diagonale le long plus ou moins du de longitude, durant la période estivale afin d'attirer l'attention du monde sur l'importance du traité sur l'Antarctique qui arrivait alors à expiration et sensibiliser l'opinion internationale pour la préservation du continent de l'exploitation minière et de la pollution. En , lors d'une conférence de presse tenue par Will Steger et Jean-Louis Étienne à l'Explorer Club de New York, le projet est officialisé « Polar Explorers Announce New Expeditions », The New York Times, 8 décembre 1987. après la levée de la moitié des fonds nécessaires à l'expédition estimés à ( de l'époque« J'ai cassé les frontières dans ma tête » entretien avec Jean-Louis Étienne, L'Humanité, 7 juillet 1990.).

Préparation La dureté du climat du continent antarctique (entre -25 °C et -70 °C en juillet-août ; entre -10 °C et -35 °C en décembre-janvier) ne permettait pas aux membres de la Transantarctica de compter sur la ponctualité des liaisons aériennes qui apporteraient le ravitaillement nécessaire. Il a donc fallu profiter de l'été austral 1988-1989 pour envoyer des appareils constituer des dépôts sur la majorité du parcours, c'est-à-dire jusqu'à la chaîne Thiel. Une fois franchi le pôle Sud, les explorateurs ont disposé de réserves de vivres et de combustible qui avaient donc été mises en place durant l'été austral 1989-1990 par la compagnie canadienne Adventure Network grâce à un avion cargo Douglas DC-6 opérant dans un but non gouvernemental dans l'Antarctique « Soviets Come to Aid of Antarctic Expedition », The New York Times, 6 décembre 1989.. Le coût de cet approvisionnement fut de 1,5 million de dollars. À la suite de problèmes logistiques de l'avion, les Soviétiques se sont chargés de l'approvisionnement des derniers sites vers le pôle qu'ils visitent traditionnellement en camions à chenilles.

Déroulement Le , l'expédition part de l'extrémité de la péninsule Antarctique à Seal Nunatak, avec trois traîneaux de de matériel et de vivres tirés par douze chiens. Les hommes skient et marchent à côté, et parcourent une distance moyenne quotidienne de en plus ou moins 7 heures, malgré les conditions extrêmes. Au début du mois de décembre, à environ du pôle dans la zone des montagnes Thiel, le fioul et la nourriture pour les hommes et les chiens viennent à manquer à la suite de problèmes de logistique de l'avion canadien. Une aide d'urgence est apportée par les Soviétiques sur leurs propres réserves constituées. Le , ils atteignent le pôle Sud et la base américaine Amundsen-Scott. Au début du mois de , ils rejoignent la base russe de Vostok, et atteignent enfin leur objectif le en arrivant après sept mois à la station soviétique Mirny, sur la côte Est du continent au début de l'hiver austral.

Cette traversée a été, pour le symbole, une mission internationale regroupant six hommes de six nationalités différentes : Will Steger (États-Unis), maître-chien et aventurier Jean-Louis Étienne, (France), médecin Viktor Boyarsky« Victor Boyarsky, l’homo antarcticus », Le Courrier de Russie, novembre 2016., (URSS), glaciologue à l'Institut de recherches arctiques et antarctiques de Leningrad Qin DaheFréquemment orthographié Tchin Daho. Biography of Qin Dahe, www.chinavitae.com, consulté le 23 avril 2021., (Chine), glaciologue de l'Institut de Lanzhou , (Grande-Bretagne), membre du British Antarctic Survey Keizo Funatsu, (Japon), universitaire et économiste

Conséquence En partie grâce à l'accueil international reçu par cette expédition hors normes, le continent est resté une terre de sciences et de paix par la signature du protocole de Madrid, le . Ce moratoire de cinquante ans reconduit le traité, et gèle toute exploitation des ressources et richesses de l'Antarctique jusqu'en 2041Philippe Legrand, « Jean-Louis Etienne : "Transantarctica était une ouverture sur le monde" », Europe 1, septembre 2019..

Un documentaire intitulé Transantarctica a été réalisé par Laurent Chevallier en 1990, retraçant en deux heures les cent premiers jours de l'expédition, lors de quatre fois une semaine de tournage pris à des rendez-vous à l'avanceJean-Pierre Defait, « Six hommes et un continent », L'Humanité, 7 juillet 1990.. Par ailleurs, Jean-Louis Étienne a retracé son expédition dans un livre Transantarctica paru en 1990.

Notes et références

Annexes Bibliographie Jean-Louis Étienne, Transantarctica, éditions Robert Laffont, 1990 .

Liens externes Le site de Jean-Louis Étienne où sont retracés les évènements de la Transantarctica

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