vignette|250px|Localisation dans la ville de Vienne

vignette|250px|Découpage de Döbling en quartiers

Döbling est le dix-neuvième arrondissement de Vienne et se situe au NNO de Vienne, au bord de la forêt de Vienne. L'arrondissement a été constitué en 1892 des faubourgs de Vienne d'alors : UnterdöblingLe présent article fait référence à un grand nombre d'articles en allemand qui n'ont pas encore été traduits. Ils sont indiqués comme des liens marqués en rouge (inexistants) et suivis de . Les lecteurs souhaitant se référer à l'article en allemand non traduit peuvent le retrouver en cliquant sur le , ce qui peut être utile même à des non-germanophones pour consulter des illustrations., , Grinzing, Heiligenstadt, Nussdorf, Josefsdorf, et le Kahlenbergerdorf. En 1938, l'arrondissement a reçu les quartiers de et , aux dépens de l'arrondissement voisin de Währing. Aujourd'hui, Döbling se compare en noblesse aux quartiers de Währing et de Hietzing, avec ses villas en forêt. Par ses nombreux immeubles collectifs, comme le Karl-Marx-Hof, et ses logements communautaires, sa structure en population est maintenant plus équilibrée que jamais.

Géographie Situation vignette|225px|Le Neuberg avec ses vignes, vu depuis le Sommerhaidenweg. Situé au NNO de la ville, il s'étend sur le versant de la forêt de Vienne vers le Danube et son canal latéral, qui en constituent la limite est. C'est là que le Danube matérialise la limite avec l'arrondissement de Floridsdorf, et le canal avec celui de Brigittenau. Au pont du périphérique sur le canal, la limite d'arrondissement commence à suivre le périphérique de Vienne, et sépare Döbling d'Alsergrund. À la Schrottenbachgasse, la limite atteint l'arrondissement de Währing et suit la ligne Park-Hasenauerstrasse, Peter Jordan Strasse, Starkfriedgasse et Sommerhaidenweg. Un petit segment de limite avec l'arrondissement de Hernals va directement vers le nord.

Utilisation des sols

32,6 % de la surface est bâtie (moyenne de Vienne : 33,3 %). À 85,2 %, il s'agit de terrains d'habitation, la part des terrains industriels ou commerciaux n'étant que de 2,2 % (Vienne : 7,6 %). Avec un pourcentage d'espaces verts de 51,8 % (Vienne : 48,3 %), Döbling vient au cinquième rang des arrondissements de Vienne à ce point de vue. Il faut en déduire 14,9 % de la surface de l'arrondissement consacrée à des usages agricoles, principalement la viticulture, dans les quartiers de Grinzing, Nussdorf, Sievering, Neustift am Walde et Salmannsdorf. 25,4 % de l'arrondissement consistent en forêts, 5,3 % en prairies, 2,7 % en lopins individuels, 2,5 % en parcs et 0,9 % en terrains de sport et de détente. Le reste de la surface de l'arrondissement se décompose finalement en 11,0 % de voies de circulation (moins que Vienne), et 4,6 % de cours d'eau (plus que Vienne).

Relief En raison de sa grande partie située dans la forêt de Vienne, il y a à Döbling de nombreuses collines habitées dans la forêt de feuillus. Elles se situent en lisière de la Basse-Autriche, et des arrondissements voisins. Le point culminant est le Hermannskogel (), cependant le symbole de Döbling est constitué par les collines voisines du Kahlenberg () et du Leopoldsberg (). Les autres collines de la région sont les Reisenberg, Latisberg ou Cobenzl, Vogelsangberg, , Burgstall et . En outre, il y a des hauteurs partiellement habitées à Döbling, comme la Hohe Warte à Heiligenstadt, le à Grinzing et le Hackenberg à Sievering.

Hydrologie

Sur le territoire de l'arrondissement jaillissent de nombreuses sources, dont les émissaires sont maintenant endigués ou recouverts. Initialement, ils se jetaient tous dans le canal du Danube à l'exception du Waldbach. Comme les sources sont situées dans une couche gréseuse, et donc perméable, comme le socle de toute la forêt de Vienne, ils peuvent et ont pu grossir de plusieurs fois leur débit normal, ce qui a conduit à des inondations désastreuses, en particulier le long du . Ce dernier ruisseau est le plus important à Döbling et il est maintenant pratiquement entièrement recouvert. Derrière le lycée fédéral de la Billrothstrasse, il reçoit l', qui vient de Sievering recouvert, bien que coulant encore à ciel ouvert dans son cours supérieur, jusqu'à Obersievering. Le s'écoule encore à ciel ouvert jusqu'au , avant d'être recouvert peu avant le centre-ville de Grinzing, et de se jeter à Grinzing dans le Reisenbergbach. Le et le Waldbach coulent encore presque entièrement à ciel ouvert, le premier jusqu'à Nussdorf, le second jusqu'au Kahlenbergerdorf. Par contre, le a complètement disparu en raison de dérivations. À l'origine, il prenait sa source dans le , et se jetait à dans le canal du Danube.

Quartiers de l'arrondissement

Döbling a été formé de plusieurs communes naguère indépendantes. Ce sont :

* Grinzing * Heiligenstadt * Josefsdorf * le Kahlenbergerdorf * * Nussdorf * * * * Unterdöbling

Histoire

Étymologie

La première apparition écrite de Döbling date de 1114, sous le nom « de Teopilic ». Le nom dérive du slave *topl’ika (« ruisseau marécageux » ou « zone marécageuse ») . Le nom de Döbling fait ainsi allusion au Krottenbach, d'où l'on peut dériver une autre signification du vieux slave toplica (« ruisseau chaud »). Les orthographes ultérieures du nom ont été par exemple Toblich, Töbling et Tepling. À la formation de l'arrondissement, en 1890-92, le nom de Döbling est choisi finalement pour l'ensemble d'après celui de la plus grande commune .

Antiquité

vignette|250px|Dreimarksteingasse, centre de .

L'arrondissement de Döbling est déjà habité depuis plus de ans, ce qui fait probablement de l'ensemble Döbling-Nussdorf-Heiligenstadt avec le territoire de Simmering-Landstrasse la plus ancienne zone habitée de l'espace viennois. On sait qu'il y avait sur le Leopoldsberg un village fortifié avec sa tour, où les habitants des villages voisins venaient chercher refuge en cas de danger. On a peu d'information sur les habitants d'alors, connus dans la littérature scientifique comme les porteurs de la « culture danubienne ». Ce ne sont en tous cas pas des Indo-européens. Ces derniers ne s'installent dans la région que mille ans plus tard, à un moment où les populations locales se mêlent à des Illyriens et à des Celtes.

La principale source de revenus de la population est la viticulture, datant probablement d'avant l'arrivée des Romains. Et les habitants cultivent la terre pour leurs propres besoins.

L'influence des Romains sur le territoire actuel de Döbling est attestée par de nombreuses trouvailles archéologiques : par exemple, à Heiligenstadt une tour de défense du limes, à Sievering un mithraeum, à Heiligenstadt un cimetière romain mis au jour par des fouilles dans l'église, à Sievering une grande carrière accompagnée d'un assez grand village pour les travailleurs.

Moyen Âge

Après le départ des Romains, le développement des villages locaux reste dans l'ombre. Les premières mentions des villages datent du . Peu à peu se forment sur ce territoire les communes qui deviendront Unterdöbling, , Heiligenstadt, Nussdorf, Sievering, le Kahlenbergerdorf, Josefsdorf, et . À côté subsistent pour quelque temps encore des bourgades du temps jadis. C'est ainsi qu'il reste au un village nommé Chlaitzing (Glanzing) sur le flanc sud-ouest du Hackenberg. Mais à partir de 1330, seules des vignes portent ce nom, il n'y a plus de maisons. Le long de la Hackhofergasse il reste un petit village s'étendant sur une seule rue, du vieux nom d'Urfar. Enfin il y a même sur le Hermannskogel en 1200 un village nommé Kogelbrunn, dont on ne retrouve le nom que jusqu'en 1417.

Le territoire de Döbling dans l'histoire moderne

vignette|200px|Église paroissiale de Grinzing.

Les villages de Döbling sont souvent dévastés par les armées au cours de l'histoire moderne. Quand le siège de Vienne par les armées de Matthias Corvin commence, les soldats pillent les villages alentour.

Également, en 1529, au premier siège de Vienne par les Turcs, les soldats prennent les villages de Döbling, tuent nombre d'habitants, en déportent d'autres en esclavage. Pendant le pillage des églises, les maisons elles-mêmes restent debout en grande partie.

La guerre de Trente Ans apporte aussi la misère économique. La chute des exportations de vin et les augmentations d'impôts apportent une grande misère aux populations.

La grande peste de 1679 fait de nombreuses victimes dans les villages, ainsi que le deuxième siège de Vienne par les Turcs, débuté en été 1683. Le , l'avant-garde ottomane, les Tatars, envahissent et pillent les villages de Döbling. La délivrance de la ville de Vienne se décide le (bataille de Kahlenberg) quand l'armée de libération, notamment sa cavalerie lourde conduite par Jean Sobieski charge sur les arrières des assiégeants turcs en dévalant des collines de la forêt de Vienne.

En 1713, la peste revient à Vienne : les villages de Sievering et de Grinzing sont spécialement touchés. Après toutes ces nombreuses destructions, et les ravages de la peste, qui ont si longtemps freiné le développement du territoire de l'arrondissement, la deuxième moitié du voit un développement constant. L'utilisation du territoire comme terrain de chasse impérial rend en particulier Oberdöbling attrayant pour la noblesse et la bourgeoisie de Vienne. Ceux qui le peuvent y bâtissent une résidence secondaire. De même que Hietzing profite de la proximité du château de Schönbrunn, les bases du développement de Döbling sont posées. Entre 1765 et 1786, cinq nouvelles rues sont ouvertes, et quatre pavillons de chasse bâtis.

La suppression de nombreux ordres religieux par Joseph II remanie la propriété des terres à Döbling : les biens des camaldules à Kahlenberg, ceux du couvent de religieuses de Tulln (Oberdöbling), ceux des chartreux de Gaming (Untersievering) sont confisqués, et permettent le financement de la paroisse de Nussdorf et de l'église de Grinzing, ainsi que l'aménagement du cimetière de Döbling. Le village de Josefsdorf doit son origine à la fermeture du couvent de camaldules au Kahlenberg. Par la réforme des paroisses de Joseph II, les paroisses de Heiligenstadt suivantes acquièrent l'indépendance : Oberdöbling, Nussdorf et Neustift am Walde.

Döbling au vignette|250px| avec son église paroissiale et la passerelle au-dessus du en 1830

Les guerres napoléoniennes amènent des temps difficiles pour la région. Après leur victoire à Ulm en 1805, l'armée française se rapproche de Vienne, et les soldats pillent les villages. Après l'échec de la campagne de Bavière, les Français s'approchent encore de Vienne, et outre les pillages, les communes sont obligées de ravitailler les soldats français. Après le congrès de Vienne commence un arpentage systématique du territoire de Döbling. Ce travail dure de 1817 à 1819, et se termine avec l'introduction d'un cadastre communal et la fixation des limites entre communes. La croissance favorise une première percée de l'artisanat et de l'industrie dans les villages paysans. En même temps, les villages de Döbling se développent comme sites d'excursion préférés des Viennois. Avant tout, ce sont le vin nouveau et la brasserie de Nussdorf qui attirent les visiteurs hors les murs.

Pendant la Révolution, Döbling reste en marge des événements. Le , le territoire de l'arrondissement est occupé par les troupes impériales, qui lancent un pont sur le Danube à partir de Nussdorf, en bombardant la rive opposée. Au milieu du , la fraîcheur de l'été, devenue à la mode, entretient un véritable boom de croissance pour les villages de Döbling. En raison de la demande croissante d'habitations, de nombreuses maisons d'habitation sont bâties, et la population des villages triple presque en 40 ans. Ceci conduit aussi à une modernisation de l'infrastructure : au milieu du siècle, les premiers becs de gaz sont installés, et la société du gaz de Döbling fondée en 1856 alimente tout le quartier en gaz.

Transformation en arrondissement