L’Exposition coloniale internationale s’est tenue à Paris du au , à la porte Dorée et sur le site du bois de Vincennes, pour présenter les produits et réalisations de l'ensemble des colonies et des dépendances d'outre-mer de la France, ainsi que celles des autres puissances coloniales participantes, au sein de pavillons rappelant, dans le cas de l'empire colonial français, l'architecture de ces territoires, notamment d'Afrique noire, de Madagascar, d'Afrique du Nord, d'Indochine, de Syrie et du Liban.

Elle reçoit huit millions de visiteurs, venus accomplir selon le slogan de l'époque, et est en même temps l'occasion pour le Parti communiste français d'exprimer ses convictions anti-colonialistes.

Historique Expositions antérieures En 1894 est organisée à Lyon une foire privée dépourvue de droits de douane dénommée Exposition universelle, internationale et coloniale.

En 1896, une exposition nationale et coloniale est organisée à Rouen. L'exposition internationale de Rochefort-sur-Mer est organisée deux ans plus tard, en 1898. Les troisième et quatrième expositions coloniales officielles sont celles de Marseille en 1906 et Paris en 1907. Chacune accueille 1,8 million de visiteurs.

Enfin, la dernière grande exposition coloniale française avant celle de 1931 est celle de Marseille, en 1922. Son succès est sans appel, puisqu'elle accueille 3 millions de visiteurs.

Projet Le projet d'exposition existe dès 1913, impulsé notamment par la personnalité d'Henri Brunel, chef de file du « parti colonial ». Dans son esprit, son intérêt est de montrer les bénéfices que présente la colonisation pour l'économie française. Marseille et Paris se disputent pendant une dizaine d'années le projetCharles-Robert Ageron, Maurice Aghulhon, Christian Amalvi et Pierre Nora, Les lieux de mémoire, I. La République, Paris, Gallimard, 1984, pp. 561-591.. Ce n'est qu'en 1925, pour répondre à la British Empire Exhibition de 1924, que Paris est choisi pour accueillir l’événement. La concurrence entre les deux empires coloniaux fait que les Britanniques refusent de participer à celle de Paris. thumb|Inauguration du musée permanent des Colonies, en marge de l'Exposition.|gauche

Sa direction est assurée par le maréchal Lyautey, ancien résident général du Maroc qui confie la direction artistique (peinture) à Jean Bouchaud qui y réalise une composition murale de . Le journal La Dépêche coloniale et maritime, alors en pleine expansion, fait la promotion du projet"La Saga des Giscard" par Pol Bruno aux éditions Ramsay en 1980 La%20D%C3%A9p%C3%AAche%20coloniale%20et%20maritime%20%20%20giscard&f=false et un numéro est confié au journaliste Pierre Lazareff"Pierre Lazareff à la une" par Jean-Claude Lamy, Éditions Stock 1974, que l'industriel Jean Prouvost fait passer la même année du journal Paris-Midi à Paris-Soir.

La pose de la première pierre a lieu le et elle est finalement inaugurée le par le président de la République Gaston Doumergue entouré de rutilants spahis marocains, accompagné du ministre des Colonies Paul Reynaud, du gouverneur des colonies faisant office de secrétaire général Léon Geismar, et du maréchal Lyautey nommé commissaire général de l'Exposition en 1927.

Elle se veut le reflet de la puissance coloniale de la France, de sa mission civilisatrice dans les colonies ainsi qu'un outil économique au service des industriels métropolitains et coloniauxPaul Reynaud, Le Livre d'or de l'Exposition coloniale internationale de Paris, 1931..

L’Exposition vignette|Affiche de l'exposition. Pour l’Exposition, on construit à l’est de Paris dans le , autour du lac Daumesnil, dans le bois de Vincennes, un ensemble de monuments représentatifs des colonies. Cet ensemble s’étend sur 110 hectares et son entrée principale est située à la Porte Dorée.

L'Exposition coloniale présente toutes les colonies françaises et les pays sous protectorats français (avec leurs sections dédiées et leurs pavillons) ainsi que des pays étrangers et leurs colonies. Les Églises sont également représentées avec les pavillons des missions catholiques et protestantes. Environ 200 pavillons répartis dans l'exposition sont loués à des exposants particuliers (grandes entreprises, restaurants et buvettes, alimentation fine ou exotique, etc.). Un ensemble de bâtiments généraux complètent l'exposition comme le musée des Colonies et son aquarium tropical, le jardin zoologique ou la section des Attractions. Des fontaines majestueuses et lumineuses, réalisées par André Granet et Roger-Henri Expert, agrémentent le site.

Différents moyens de transport sont à la disposition du public : un chemin de fer circulaire de comprenant 6 stations, 50 cars électriques, 16 bateaux à moteur (et de nombreux bateaux à rames sur le lac), 30 bateaux pour les attractions nautiques.

Le public trouve aussi à sa disposition dans l'exposition 4 bureaux de poste, 7 bureaux de tabac, 4 postes médicaux, des restaurants de spécialités dans toutes les sections, ainsi que trois restaurants généraux.

animent l'exposition, et plus de 33 millions d'entrées sont comptabilisées, ce qui donne une estimation d'environ 8 millions de visiteursPierre Nora (dir.), Les Lieux de Mémoires, Tome 1 La république, Édition Gallimard, page 561/591..

Les monuments les plus importants de cette exposition sont la reproduction du temple principal d'Angkor Vat, dans la section de l'Indochine qui représente plus de 10 % de la superficie de l'Exposition, et le Palais de l'Afrique occidentale française, forteresse évoquant pour beaucoup de visiteurs la Grande mosquée de Djenné, même si elle n'en est pas une réplique explicite.

Évènements et divertissements De nombreuses fêtes sont organisées tout au long de l'exposition, comme la Fête du Tourisme colonial. Des spectacles nommés La Féerie africaine, Le Monde colonial qui danse et qui chante, Les Nuits coloniales, L’Adieu aux colonies sont également proposés aux visiteurs.

Au théâtre de la Cité des informations, les visiteurs peuvent assister à spectacle-type nommé Nuits coloniales, composé de différents tableaux sur le thème des colonies présentées. Multipliant les décors, il met en scène plus de 350 figurants.

Les sections françaises SectionPhotographieArchitectureNoteAfrique-Équatoriale françaisecentré|sans_cadre|Pavillon de l’Afrique-Équatoriale française (AEF).Le pavillon de l’Afrique-Équatoriale française (AEF) est la reproduction d'une case indigène du Logone, affluent du Chari.L’Afrique-Équatoriale française (AEF) est une fédération de 4 colonies :

Gabon ; Moyen Congo ; Oubangui-Chari ; Tchad.Afrique-Occidentale françaisecentré|sans_cadre|Pavillon de l’Afrique-Occidentale française (AOF).Cette section présente sur 4 hectares les bâtiments suivants :

le Palais de l’Afrique-Occidentale française, siège du gouvernement général de l’AOF, construit en terre séchée, d'après la technique soudanaise. Le centre de ce palais est constitué d'une tour de de haut. Georges Saupique sculpte la Fontaine des lions, qui orne le palais ; un village soudanais ; un village indigène sur le lac ; un restaurant gastronomique au bord d’un petit lac.L’Afrique-Occidentale française (AOF) est une fédération de 8 colonies :

Sénégal ; Guinée ; Côte d'Ivoire ; Dahomey ; Mauritanie ; Soudan français ; Haute-Volta ; Niger.Algériecentré|sans_cadreLe pavillon de la section algérienne présente une synthèse de l'architecture algérienne, en offrant au visiteur deux façades:

la façade principale présente un bâtiment européen, avec un minaret ; la façade sud-algérienne présente un ensemble de bâtiments africains, comme on en trouve au Sahara. Décoration par Jean Bouchaud.Cameroun et Togocentré|sans_cadre|Pavillon du Cameroun et du Togo.La section du Cameroun et du Togo est composée de reproduction de cases Bamoun, au Cameroun.Le plus grand pavillon présente les ressources du pays. Les autres pavillons sont attribués aux œuvres sociales, à l'enseignement, à la chasse, au tourisme, à l'artisanat. Les pavillons du Cameroun et du Togo sont encore visibles aujourd'hui au Bois de Vincennes. Ils constituent les bâtiments principaux de la pagode de Vincennes.Côte française des Somaliscentré|sans_cadre|Pavillon de la Côte française des Somalis.Le Pavillon de la Côte française des Somalis est la reproduction en réduction de la mosquée Ammoudy de Djibouti.Le pavillon présente l'économie de cette petite colonie, située à un endroit stratégique sur la route maritime entre la Méditerranée et l'océan Indien via le canal de Suez et la mer Rouge.Pavillon des États du Levantcentré|sans_cadre|Pavillon de la Syrie et du Liban.Le Pavillon de la Syrie et du Liban - tous deux administrés par la France sous Mandat de la Société des Nations - s'inspire du palais Azim de Damas, et du palais Beiteddine au Liban. Son aspect extérieur austère cache un jardin intérieur entouré de galeries à colonnes.Pavillon de la Guadeloupecentré|sans_cadre|Pavillon de la Guadeloupe.Le petit pavillon de la Guadeloupe met en scène une reconstitution d'une baie de l'île : une crique a été reconstituée, bordée par une plage de sable blanc, et un phare de de haut. .Ce pavillon présente les ressources économiques de l'île. Elle est aussi le lieu où la biguine et d'autres musiques ont pu être découvertes.Pavillon de la Guyanecentré|sans_cadre|Pavillon de la Guyane.Le pavillon de la Guyane, petite colonie de , présente dans son pavillon une exposition de bois précieux.Pavillon des Indes françaisescentré|sans_cadre|Pavillon de l’Inde française.Le pavillon des Établissements français de l'Inde, représentation d'une demeure hindoue de Pondichéry, est précédé des éléphants en pierre du sculpteur Jean Magrou.Pavillon de Madagascarcentré|sans_cadre|Pavillon de Madagascar.La section de Madagascar présente l'ensemble de bâtiments suivant :

la Maison royale malgache, copie agrandie et stylisée de la case du roi Andrianampoïnimérina, qui présente le résultat de la colonisation de l'île depuis 1895. la Tour des Bucrânes, symbole de la richesse de Madagascar. Cette tour de plus de supporte 4 têtes de bœuf de de haut. l’Atelier des Arts Appliqués, qui présente l'artisanat de l'île. le portique des Comores, réplique de celui de Moroni. le théâtre MalgachePavillon du Maroccentré|sans_cadre|Pavillon du Maroc.Le pavillon du protectorat du Maroc se présente sous la forme d'un palais sobre, inspiré du palais de Maghzen, et entouré de vastes cours et patios. Un canal d'eau, bordé de jardins à la mode andalouse, s'allonge en façade, et est encadré par des souks.

Le palais quant à lui présente une porte monumentale, est construit autour d'un jardin intérieur, et présente les différents aspects du Maroc.Pavillon de la Martiniquecentré|sans_cadre|Pavillon de la Martinique.Le pavillon de la Martinique évoque les demeures des riches planteurs créoles.Monument des Forces d’Outremercentré|sans_cadreLe monument des Forces d'Outremer est principalement composé d'une tour de bronze de de haut, flanquée de 4 boucliers d'airain, et qui supporte un phare éclairant des drapeaux français.Dans ce monument se trouve présenté le travail de l'armée coloniale et de ses services.Pavillon de la Nouvelle-Calédoniecentré|sans_cadre|Pavillon de la Nouvelle-Calédonie.La section de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances regroupe trois pavillons :

le pavillon de la Nouvelle-Calédonie ; le pavillon des îles Wallis-et-Futuna; le pavillon des Nouvelles-Hébrides, condominium franco-britannique.Pavillon de l’Océaniecentré|sans_cadre|Pavillon de l’Océanie.Le Pavillon des Établissements Français de l'Océanie représente une case polynésienne, et est construit en troncs de cocotiers, roseaux et bambous.Il présente la production de la colonie et des collections d'art.Pavillon de La Réunioncentré|sans_cadre|Pavillon de La Réunion.Le pavillon de La Réunion est une élégante réplique de la Villa du domaine du Chaudron.