La démographie du Québec, comme celle de la plupart des sociétés développées, est marquée en ce début de par un faible taux de fécondité, insuffisant à lui seul à assurer le renouvellement des générations. L'indice de fécondité a augmenté entre les années 2003 à 2008, où il est passé de 1,50 à 1,73. En revanche, de 2008 à 2013, celui-ci a diminué de 1,73 à 1,65. Cette baisse de la fécondité, amorcée dans les années 1960, est toutefois tempérée par un accroissement de l'espérance de vie qui a augmenté de manière significative entre 1951 et 2005, passant durant cette période de ans à ans chez les hommes et de à ans chez les femmes. Québec Institut de la statistique du Québec. (2006). La situation démographique au Québec. Bilan 2006. . page 53..

Entre 1991 et 2000, le Québec a enregistré naissances contre décès pour un solde naturel de . C'est 336 049 naissances de moins que durant les années 1960 ().

Ayant connu généralement un solde migratoire interprovincial négatif depuis les années 1960, l'immigration internationale — avec un solde migratoire net de entre 1991 et 2000 —, est devenu, depuis un demi-siècle, un moteur de plus en plus important de progression démographique du Québec.

Le Québec pourrait compter 9,2 millions d'habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8.2 millions d'habitants le pour une population de 35.5 millions d'habitants au Canada.

Le scénario de référence de Perspectives démographiques du Québec et des régions 2003-2053 prévoyait un déclin de la population à partir de 2031. Le taux de fécondité stagnait à environ 1,69 enfant par femme en 2011 et 1,68 en 2012. « On avait alors fait l'hypothèse que le taux de fécondité s'élèverait, puis se maintiendrait à 1,5 », a indiqué au Devoir le démographe Dominique André.

Actuellement, la population du Québec devient vieillissante à cause du manque de natalité chez les jeunes. Les aînés devraient être plus nombreux que les moins de en 2036 (une différence de individus, comparé à pour les jeunes). Le baby boom de l'après-guerre, 1941-1960, fait son œuvre ce jour : les personnes nées durant cette période sont désormais près de l'âge de la retraite ou le sont actuellement. Cela occasionne une population vieillissante et une population active réduite. Il est nécessaire que le Québec étudie différentes solutions face à ce problème.

Histoire démographique Nouvelle-France En Nouvelle-France, dans la colonie du Canada (sans les Pays-d'en-Haut), la population était majoritairement d'origine française à 97,1 %, d'origine anglaise à 0,9 %. Les Acadiens composaient 0,6 % de la population et les autres Européens, 1 %. Quant aux Autochtones et aux personnes noires, ils n'étaient que 0,4 % de la population de la colonie pour l'entièreté du régime français.. De 1629 à 1760, on recense au total 333 personnes noires dans la colonie..

Évolution démographique

Évolution démographique du Québec en comparaison du reste du pays

droite|500px|vignette|Graphique démographie du Québec

Année PopulationCanada PopulationQuébec Part (%)Québec/Canada185136,5186134,4187132,3188131,4189130,8190130,7191127,8192126,9193127,7194129,0195128,9196128,8197127,9198126,4199125,2199624,5200123,8200623,4201123,3201223,3201323,2201523,0201922,6 Source :Institut de la statistique du Québec

L'évolution comparée de la population du Québec, de l'Ontario et du Canada, montre que le Québec avait une démographie relativement dynamique jusqu'en 1961. La population a même cru à un rythme plus rapide qu'en Ontario entre 1901 et 1961. À partir de 1961, cependant, la croissance de la population québécoise fléchit considérablement, accélérant la chute de son poids relatif dans la fédération canadienne. + Évolution de la population québécoiseQuébec. Institut de la statistique du Québec (2006, 28 septembre). Québec et Canada, 1851-2006. Page consultée le 16 août 2007. Année Habitants 1851 1861 1871 1881 1891 1901 1911 1921 1931 1941 1951 1956 1961 1966 1971 Année Habitants 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 20122013 Source :Institut de la statistique du Québec

Évolution démographique des régions administratives (2006)

Région à croissance démographique Lanaudière (+ 2,10 %) Laurentides (+ 1,58 %) Laval (+ 1,56 %) Outaouais (+ 1,24 %) Montérégie (+ 1,12 %) Capitale-Nationale (+ 0,75 %) Centre-du-Québec (+ 0,68 %) Nord-du-Québec (+ 0,55 %) Chaudière-Appalaches (+ 0,53 %) Estrie (+ 0,53 %) Mauricie (+ 0,26 %) Abitibi-Témiscamingue (+ 0,15 %) Montréal (+ 0,09 %) Région à décroissance démographique Bas-Saint-Laurent (- 0,04 %) Saguenay-Lac-Saint-Jean (- 0,25 %) Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (- 0,25 %) Côte-Nord (- 0,55 %)

On peut remarquer que le facteur migratoire interrégional est très important. Il explique la décroissance de la Côte-Nord et de bien d'autres régions éloignées ainsi que la faible progression (+0,09 %) de Montréal; en effet les habitants de l'Île de Montréal quittent pour les régions périphériques, comme Lanaudière, les Laurentides ou la Montérégie, ce qui explique les fortes croissances dans ces régions. Certaines régions habituellement en décroissance ou en faible croissance ont profité de l'augmentation des naissances en 2006. Les composantes de la progression démographique en Abitibi-Témiscamingue sont le fort taux de natalité et une balance migratoire qui s'est nettement améliorée avec le «boom» minier de la région.

Natalité et mortalité

De 1901 à 2010

Période Naissances Taux de natalité moyen Décès Solde naturel1901-191038,51911-192038,41921-193033,01931-194025,61941-195029,51951-196029,91961-197021,01971-198015,01981-199013,21991-200011,82001-201010,51 Source : Institut de la Statistique du Québec

On remarque que le taux de natalité a fortement régressé au cours du . Après un sursaut de 20 ans, entre 1941 et 1960 (le Baby boom), le taux de natalité a poursuivi sa chute amorcée au début du siècle. Il est aujourd'hui trois fois plus faible qu'il y a cent ans. On explique cette hausse de la natalité de 1941 par le début de la Seconde Guerre mondiale. L'expansion de la démographie à cette époque a duré jusqu'en 1965. Ce phénomène est expliqué par le retour des soldats à leur foyer. Les unions ont donc été retardées et les familles ont par le fait même été fondés qu'à la fin de la guerre et ce, tous au même moment. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le phénomène du baby-boom.

Évolution récente

Année Naissances Décès Taux de natalité(pour 1000 habitants) Taux de mortalité(pour 1000 habitants) Indice de fécondité(enfants par femme)2007 11,0 7,4 1,682008 11,3 7,4 1,732009 11,3 7,4 1,732010 11,2 7,4 1,702011 11,1 7,4 1,682012 11,0 7,6 1,682013 10,9 7,6 1,682014 10,8 7,8 1,672015 10,6 7,9 1,672016 10,5 7,7 1,662017 10,1 8,0 1,60 Source : Institut de la Statistique du QuébecInstitut de la statistique du Québec. Population et démographie

Indice synthétique de fécondité par région administrative (2021)

Nord-du-Québec : 2,74 Abitibi-Témiscamingue : 1,97 Centre-du-Québec : 1,94 Chaudière-Appalaches : 1,92 Saguenay-Lac-Saint-Jean : 1,87 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 1,84 Côte-Nord : 1,82 Lanaudière : 1,79 Laurentides : 1,78 Montérégie : 1,74 Estrie : 1,71 Mauricie : 1,70 Bas-Saint-Laurent : 1,69 Outaouais : 1,63 Capitale-Nationale : 1,56 Laval : 1,55 Montréal : 1,26 Ensemble du Québec : 1,58

Source : Institut de la Statistique du Québec

Composition ethnique Minorités visibles Catégorie En 2006 En 2011 En 2016Population ProportionPopulation ProportionPopulation ProportionPas une minorité visible 6 781 550 91,2 % 6 882 285 89 % 6 933 085 87 % Minorité visible 8,8 % 11,0 % 1 032 365 13 % Noire 2,5 % 3,2 % 319 230 4,0 % Arabe 1,5 % 2,2 % 213 740 2,7 % Latino-Américaine 1,2 % 1,5 % 133 920 1,7 % Sud-Asiatique 1,0 % 1,1 % 90 335 1,1 % Chinoise 1,1 % 1,1 % 99 505 1,2 % Asiatique du Sud-Est 50 460 0,7 % 65 855 0,85 % 62 820 0,8 % Philippine 24 200 0,33 % 31 495 0,41 % 34 910 0,4 % Asiatique occidentale 16 120 0,22 % 23 445 0,3 % 32 400 0,4 % Coréenne 5 310 0,07 % 6 665 0,09 % 8 055 0,1 % Japonaise 3 535 0,05 % 4 025 0,05 % 4 570 0,1 %Minorités visibles multiples 11 310 0,15 % 17 420 0,22 % 23 040 0,3 %Minorité visible, n.i.a. 4 155 0,06 % 8 895 0,12 % 9 845 0,1 % Total 100,0 % 100,0 % 7 965 450 100,0 %

Source: Statistique CanadaStatistique Canada. 2007. Québec (Code24) (tableau). Profils des communautés de 2006, Recensement de 2006, produit nº 92-591-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 13 mars 2007. (site consulté le 27 décembre 2019).Statistique Canada. 2013. Québec (Code 24) (tableau). Profil de l'enquête nationale auprès des ménages (ENM), Enquête nationale auprès des ménages de 2011, produit nº 99-004-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 11 septembre 2013. (site consulté le 27 décembre 2019).Statistique Canada. 2017. Québec [Province et Canada [Pays] (tableau). Profil du recensement, Recensement de 2016, produit nº 98-316-X2016001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 29 novembre 2017.] (site consulté le 27 décembre 2019)..

Population autochtone Identité En 2006 En 2011 En 2016Population ProportionPopulation ProportionPopulation ProportionAutochtone 108 425 1,5 % 141 915 1,8 % 182 885 2,3 %Allochtone 7 327 475 98,5 % 7 590 605 98,2 % 7 782 560 97,7 %Total7 435 905 100,0 %7 732 520 100,0 %7 965 450 100,0 %

Source: Statistique Canada.

Langues

Langue maternellePopulation (2011)Pourcentage de la population totale Français 78,9 % Anglais 8,3 % Autre 12,8 % Population totale 100,0 %Statistique Canada - Population selon les langues maternelles déclarées

Immigration

Solde migratoire

Période Solde des migrations internationales Solde des migrations interprovinciales Solde migratoire total1961-1970--1971-1980--1981-1990-1991-2000-2001-2010-

Source : Institut de la statistique du Québec http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/migration/internationales-interprovinciales/601.htm

Le Québec est depuis longtemps une terre d'accueil pour l'immigration internationale. Cet important apport d'immigrants est cependant tempéré par la forte émigration des Québécois vers les autres provinces canadiennes. Depuis 1960, le solde migratoire interprovincial a toujours été négatif. Ce phénomène a plusieurs composantes. Plusieurs immigrants internationaux ayant choisi le Québec comme terre d'accueil repartent après quelques années vers d'autres provinces, ce qui fait du Québec qu'une étape dans le parcours de ces immigrants.

L'émigration des anglophones du Québec vers le Canada anglais a été un phénomène très important dans le passé. Il explique en bonne partie l'imposant solde négatif qu'on observe dans la décennie 1971-1980, époque marquée par la montée du mouvement souverainiste québécois et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement du Parti québécois en 1976.

L'autre composante de cette émigration vers les autres provinces est l'attrait que représentent les économies fortes de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique chez tous les Québécois, y compris les francophones. D'ailleurs, le mouvement des anglophones peut déjà être remarqué entre les recensements 1961, 1966, 1971, et est attribuable en bonne partie à la nouvelle voie maritime du St-Laurent (1959), qui augmentait grandement le rythme auquel une entreprise des Grands Lacs pouvait recevoir des marchandises par bateau, ce qui a favorisé Toronto, alors que Montréal avait été longtemps développée comme terminus des grosses livraisons maritimes.