vignette|290x290pxthumb|290x290px|L’Alexander von Humboldt

Un trois-mâts barque () est un navire à voiles de trois mâts verticaux, dont le mât de misaine (à l'avant) et le grand mât (au centre) sont gréés en voiles carrées. Sur le mât d'artimon (à l'arrière), une brigantine à corne et un flèche sont gréés.

Historique Beaucoup de voiliers à prime, en particulier des cap-horniers, furent dotés de ce type de gréement.

Par la suite, l'apparition des navires à propulsion mécanique a conduit de nombreux voiliers à la démolition, notamment les cap-horniers, mais certains ont encore navigué en tant que navire-école, jusqu'à nos jours où ils servent encore parfois à l'initiation-découverte, comme le Belem et d'autres. Si certains ont été convertis en bateaux musée comme le Sigyn, les autres se montrent souvent lors des rassemblements de gréements traditionnels (voir ci-après).

Cependant, malgré un fléchissement dans les années 1970, l'intérêt pour ce type de gréement n'a pas disparu et connaît même un regain au début de où de nouveaux lancements de trois-mâts barques concrétisent des projets pour développer la plaisance le long des côtes ou en pleine mer et le tourisme, ainsi que l'insertion des jeunes et de personnes handicapés (projet Euroclippers, Tenacious, ...).

Comparaison avec les autres gréements trois-mâts du au Type de GréementTrois-mâts carréTrois-mâts barqueTrois-mâts goélette à huniersTrois-mâts goéletteGoélette à huniers à trois mâtsGoélette à trois mâtsTermes anglaisFully rigged shipBarque / barkJackass bark / Jackass barqueBarquentine / Schooner barqueThree-masted topsail schoonerThree-masted schoonerCaractéristiques 3 phares carrés brigantine sur mât d'artimon 2 phares carrés mât d'artimon auriqueMélange composite : Un phare carré (grand-mât ou mât de misaine), Autres phares auriques avec Huniers possibles mât d'artimon aurique 1 phare carré (mât de misaine) 2 phares auriques 3 phares auriques 1 ou 2 mâts ont des huniers 3 phares auriquesSchéma du gréementcentré|sans_cadrecentré|sans_cadrecentré|sans_cadrecentré|sans_cadrecentré|sans_cadre centré|sans_cadreExemples de navirecentré|vignette|219x219px|Le Duchesse Anne en 2013 à Dunkerque, son port d'attache.centré|vignette|221x221px|Le trois-mâts carré Christian Radichcentré|vignette|Le Dar Mlodziezy en 2007centré|vignette|213x213px|Le Belem au large de Brest en 2012centré|vignette|Pelican of London (1948)centré|vignette|Le RNOV Shabab Oman au STI Historical Seas festival en 2010 entre Istanbul et Lauri on.centré|vignette|217x217px|L'Iskra IIcentré|vignette|L' Oosterschelde à Rotterdam en 2014centré|vignette|Goélette à trois-mâts et huniers dans le port de Bostoncentré|vignette|Le Regina Maris en 2005centré|vignette|L’American Pride au festival de la Baie de San Diego en 2011

Trois-mâts barques encore visibles En état de naviguer Lancés avant la Première Guerre mondiale Le Star of India (1863), ex Euterpe, est un ancien trois-mâts carré, mis à l'eau à Man. Il transporte des émigrants vers l'Australie. Transformé en trois-mâts barque il transporte des ouvriers vers les pêcheries d'Alaska. Il est aujourd'hui rattaché au Musée maritime de San Diego. Le Star of India (l’étoile de l’Inde) est le plus ancien navire de ce type encore actif. Le James Craig (1874) est un trois-mâts barque australien de 70 m naviguant à nouveau depuis 2001. L’Elissa (1877) est un trois-mâts barque américain à coque en acier de 61,40 m basé à Galveston (Texas). Il a été sauvé de l'abandon dans le port d'Athènes en 1969 par un philanthrope Trampt Morton. Restauré à l'identique, il a repris la mer en 1979. Le Belem (1896) est le dernier trois-mâts barque français (58,50 m), basé à Nantes, il accueille des passagers stagiaires. L’Alexander Von Humbold (1906) (Cf. illustration) est un trois-mâts barque allemand de 63 m Le Marguerite-Molinos, trois-mâts barque, construit au Havre, lancé en 1897, et détruit en 1928. Propriété de la Société des Voiliers Français dont le premier président était Léon Isidore Molinos, dont la fille donna son nom au navire. L’Europa (1911) est un trois-mâts barque hollandais de 56,50 m. Il s'agit d'un ancien bateau-feu allemand construit par les chantiers navals de Stucken à Hambourg, transformé dans les années 1980 (Voilure : -30 voiles). Il est basé à Amsterdam. Le Statsraad Lehmkuhl (1914), sister-ship du trois-mâts carré Duchesse Anne mais gréé en trois-mâts barque, de 98 m. D'origine allemande, il bat désormais pavillon norvégien. Il est basé à Bergen.

Lancés entre les deux guerres 280px|right|thumb|Le Mircea. L’Artemis (1926) est un trois-mâts barque hollandais de 60 m, ancien baleinier norvégien Le Stedemaeght (1926) est un trois-mâts barque néerlandais de 58,90 m appartenant à la compagnie Hansestadt, ancien baleinier à moteur norvégien Le Picton Castle (1928) est un trois-mâts barque canadien de 54,55 m. C'est un ancien chalutier construit au Pays de Galles, transformé en chasseur de mines pour la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale. C'est le premier navire allié entré dans un port de Norvège (Bergen), surnommé alors le « libérateur de la Norvège ». Il est aujourd'hui basé à Lunenburg (Nouvelle-Écosse) où il a été transformé en trois-mâts barque ( de voiles). L’Eagle (1936), ex. Horst Wessel, est un voilier-école américain des US Coast Guards de 89,70 m, basé à New London (Connecticut) Le Sagres III (1937) ex Albert Leo Schlageter, est un voilier-école de la Marine portugaise de 89,30 m, basé à Lisbonne (ex., Albert Leo Schlageter, saisi par les Américains, en 1945, qui le transfèrent au Brésil sous le nom de Guanabara, jusqu'en 1961). Le Mircea (1938) est un voilier-école roumain de 82 m basé à Constanza qui a été entièrement révisé entre 1965 et 1966. Le Gunilla (1940), est un trois-mâts barque suédois, construit à Oskarshamn, basé à Öckerö comme navire-école

Lancés après la Seconde Guerre mondiale 280px|right|thumb|Le Guayas. L’Earl of Pembroke (1948) est une ancienne goélette réaménagée en trois-mâts barque, sous pavillon anglais, de 44 m (voilure : ) Le Kaskelot (1948) est un trois-mâts barque anglais de 47 m, dessiné par Zygmunt Choren et construit au Danemark (son nom signifie « cachalot », en danois). Le Gorch Fock II (1958) est un voilier-école de la Marine allemande de 89m 30 basé à Kiel. Le Gloria (1967) est un trois-mâts barque colombien de 76 m, premier d'une série comportant également le Guayas, le Simon Bolivar et le Cuauhtémoc (ci-dessous) Le Guayas (1977) est un trois-mâts barque équatorien de 78,4 m, de couleur acajou, basé à GuayaquilGuide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, p. 99 Le Pogoria (1980) est un trois-mâts barque polonais de 41,3 m Le Simon Bolivar (1980) est un trois-mâts barque vénézuélien de 82,5 m. Sa proue porte le masque de la Liberté enroulé dans le drapeau national, œuvre dessinée par un grand artiste vénézuélien, Manuel Felipe Rincon. Le Thalassa (1980) est un trois-mâts barque hollandais de 50m, basé à Arlongen. Le Cuauhtémoc (1982), est un trois-mâts barque de la marine mexicaine de 90 m, basé à Acapulco. Il porte le nom du dernier empereur aztèque qui signifie « l'aigle qui descend sur sa proie ». Le Lord Nelson (1985) est un trois-mâts barque anglais de 54 m. (autre caractéristiques : longueur hors tout : 51,70 m; longueur au pont : 43 m; largeur : 8,5 m; tirant d'eau : 4,1 m; déplacement : 420 t; voilure : ). Il est basé à Southampton. Avec le Tenacious (ci-après), ce sont les seuls navires au monde conçus pour permettre aux handicapés de naviguer en équipage. Il a un sister-ship : le Tarangini (ci-après) Le Tarangini (1998) est un voilier-école de marine indienne de 51,70 m, basé à Kochi

Lancés au

Le Tenacious (2000) est un trois-mâts barque anglais 65 m, basé à Southampton, dessiné par Tony Castro. Il est le plus grand voilier en bois de ce type. Avec le Lord Nelson (Cf. supra), ce sont les seuls navires au monde conçus pour permettre aux handicapés de naviguer en équipage. Le Sea Cloud II (2001) est un trois-mâts barque allemand. Le Jeanie Johnston (2002) est un trois-mâts barque irlandais de 47 m, réplique à l'identique d'un voilier construit au Québec en 1847 ayant servi à transporter les immigrés irlandais vers l'Amérique, il y a plus de 150 ans.

Bateaux-musées Le Charles W. Morgan (1841) est un ancien baleinier en bois, exposé au Mystic Seaport Museum (Connecticut) depuis 1941Guide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, p. 18. Le Polly Woodside (1885), ex-Rona, construit par le chantier Workman Clark de Belfast, est un trois-mâts barque australien de 58,60 m, visible au Melbourne Maritime MuseumGuide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, p. 27 Le Sigyn (1887), trois-mâts barque finlandais construit à Göteborg, ancien navire marchand suédois. Visible à Turku (Finlande) Le Rickmer Rickmers (1896), ex-Max, ex-Flores, ex-Sagres I, ex-Santo Andre, construit à Bremerhaven, navire de commerce puis navire-école, il est aujourd'hui visible dans le port de HambourgGuide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, 44. Le Glenlee (1896), ex-Islamount, ex-Clara Stella, ex-Galatea, successivement écossais, anglais, italien, espagnol puis, aujourd'hui, à nouveau écossais sous son nom d'origine, il est visible au Clyde Maritime Trust à GlasgowGuide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, 88. Le RRS Discovery (1901) est un trois-mâts barque britannique en bois qui sert de musée à Dundee en Écosse Le Unyo Maru (1909), trois-mâts barque japonais construit à Osaka, devient stationnaire durant l'entre-deux guerres à Tokyo puis bateau muséeGuide des grands voiliers, Chasse-marée, 1999, 78. Le Seute Deern (1919), trois-mâts barque allemand, visible à Bremerhaven. Le Tovarishch (1933), ex Gorch Fock I, est un voilier-école ukrainien de 82 m appartenant au collège maritime de Kherson. Il est désormais à Stralsund en allemagne, comme bateau-musée. Il a trois sister-ships : l’Eagle, le Sagress II et le Mircea.

Vestiges, épaves thumb|Modèle réduit de La Belle, petit trois-mâts barque français de la fin du .vignette|Le Tamaya en 2023.|droite

L’Aboukir Bay (1883) dont l'épave est visible au large de Morlaix depuis 1893. L’Edwin Fox (1853) échoué sur la côte de Nouvelle-Zélande en 1873 et dont la coque a été remise à flot en 1986. L'épave est en cours de restauration dans le port de Picton. La Belle (1684) fait naufrage dans la baie de Matagorda en 1686. Son épave fait l'objet de fouilles archéologiques à partir de 1995.

Trois-mâts-barques disparus Le Bonchamp, trois-mâts barque français Le Tamaris, trois-mâts barque français construit en 1868 à la Seyne-sur-Mer. A sombré dans la nuit du 8 au sur les brisants des Pingouins (îles Crozet, TAAF) en se rendant à Nouméa ; 13 disparus. LeTamaya, robuste cap-hornier., trois mâts carrés de 566 tonneaux de jauge brute, 162 pieds soit 52,80 mètres de long et 8,15 mètres de large. Il est en fer avec deux ponts. Construit en 1862 aux chantiers de Liverpool. Il a été immatriculé au long cours sous le numéro 356. Acheté en 1894 et armé par Pitre Rozier, armateur nantais. Parti de Nantes le pour la Martinique sous le numéro 106, il arrive à la Martinique le . et coule le . Il sera rayé de l’effectif de la marine marchande le . Il est à ce jour l'épave connue la plus profonde des épaves de la rade de Saint-Pierre

Le Pourquoi-Pas ? utilisé par le commandant Charcot pour ses expéditions polaires. Le Suzanne (Dahomey 1967 30F YT A55) était un trois-mâts barque construit au Grand-Quevilly en 1901, muni des derniers perfectionnements (treuils à brasser, nombreux cabestans, petite chaudière et treuils puissants). Il échappa aux dangers de la Première Guerre mondiale mais fut livré à la démolition en 1925.