Baton Rouge (parfois Bâton-Rouge en français) est une ville des États-Unis, capitale de l'État américain de Louisiane. La ville compte , au sein d'une agglomération de (recensement officiel du Bureau de recensement des États-Unis de 2020)... Elle accueille le campus principal de l'université d'État de Louisiane (presque inscrits)World Almanac and Book of Facts (2023), "Four-Year Colleges and Universities", . et de la Southern University.
Orthographe et toponymie Pour le nom en français, le Conseil pour le développement du français en Louisiane recommande l'orthographe « Bâton Rouge » ou « Bâton-Rouge », mais ces graphies avec accent circonflexe sont peu usitées. Le nom « Baton Rouge » est le plus utilisé, même dans le monde francophone, notamment par les dictionnaires et encyclopédies en français..
Le nom de « Bâton Rouge » fait référence aux totems amérindiens (Istrouma en chacta.) présents dans plusieurs communautés et qui servaient aux cérémonies rituelles ou comme bornes frontières.
Drapeau Le drapeau de Baton Rouge arbore un champ cramoisi, qui représente les grandes nations autochtones qui habitaient autrefois la région et sur lequel se détache le nom de la ville, en lettres blanches cursives. Il porte dans sa partie gauche un écu au bord inférieur arrondi aux trois couleurs des États-Unis avec, dans le quart supérieur gauche la fleur de lys de la France, dans le quart supérieur droit, la castille de l'Espagne et dans la moitié inférieure l'union jack de la Grande-Bretagne, emblèmes des trois pays européens dont les couleurs ont flotté sur la ville.
Géographie vignette|upright|Image satellite de Baton Rouge et du Mississippi.|gauche Baton Rouge se situe sur la rive est du Mississippi, à l'extrémité sud d'une série de falaises qui s'étendent vers le nord jusqu'à Vicksburg. Ces falaises appelées bluffs, qui constituent une digue naturelle du fleuve, sont datées par les géologues de la fin de la dernière période glaciaire.
Certains quartiers de la ville situés à l'ouest sont construits sur ces escarpements qui dominent la plaine alluviale du fleuve Mississippi, dont les sols riches et fertiles ont favorisé l'occupation humaine.
Plusieurs secteurs sont en terrain inondable. L'agglomération de Baton Rouge est traversée à l'est par la rivière Comité et au Sud par le bayou Manchac.
Le climat de Bâton-Rouge est subtropical : en hiver, la ville peut connaître des épisodes froids (cold waves ou vagues de froid venues du nord). Les étés sont très chauds et très humides à cause de l'envahissement des masses d'air tropical. La ville fut balayée par l'ouragan Katrina en 2005, sans connaître autant de dégâts que La Nouvelle-Orléans : on déplora quelques arbres arrachés et des coupures de courant électrique.
Histoire Ainsi qu'en témoigne son drapeau, Baton Rouge a connu la souveraineté de diverses nations européennes avant de devenir une ville américaine en 1810. Elle constituait un avant-poste stratégique sur le Mississippi et un certain nombre de luttes et de batailles y ont été livrées au cours de son histoire pour en obtenir le contrôle. Appartenances historiques () 1721-1763 20px|bordure Floride occidentale britannique (20px|bordure Royaume-Uni) 1763-1783 20px|bordure Floride occidentale espagnole (20px|bordure Royaume d'Espagne) 1783-1810 20px|bordure République de Floride occidentale 1810 20px|bordure Territoire de Louisiane (20px|bordure États-Unis) 1810-1812 () 1812-1861 20px|bordure Louisiane () 1861-1862 () 1862-présent vignette|gauche|Panneau présentant, en français, l'historique de Baton Rouge.
Période coloniale
de 1699 à 1763 : les Français Le site de la ville actuelle fut découvert en 1699 par des explorateurs français menés par Pierre Le Moyne d'Iberville, chargé par le roi Louis XIV de retrouver l'embouchure du Mississippi et de coloniser la Louisiane que les Britanniques convoitaient. Parti de La Rochelle en , avec deux frégates, La Badine et Le Marin, le navigateur fait escale à Brest puis à Saint-Domingue, colonie française à Haïti, d'où il met le cap, au nord, vers la Floride puis à l'ouest, vers le golfe du Mexique dont il remonte la côte nord vers le Mississippi. Laissant sa légère flotte entre Cat Island et Ship Island fin janvier, il équipe deux barges pour poursuivre son exploration et atteint l'embouchure le . Puis il remonte le fleuve en canoë avec l'aide d'Indiens Bayougoulas et Mougoulachas (tribus Choctaw). Atteignant un escarpement élevé le , il y remarque . L'un de ses hommes déclare alors qu'il s'agissait là d'un et le nom est resté attaché à ce lieu.. Dans la relation qu'André-Joseph Pénicaut, charpentier de marine, fait en 1723 de cette première expédition, ce poteau serait aussi un marqueur de frontière entre terrains de chasse des Bayougoulas et des Houmas.. Les explorateurs y découvrent aussi un village de huttes couvertes de feuille de palmier où ils sont accueillis fraternellement par la tribu des Houmas.
Ne pouvant faire remonter le fleuve à ses vaisseaux, trop larges pour les passes du delta, Iberville se résout à construire un fort sur le rivage de la Baie de Biloxi en . Ce n'est qu'en 1718 ou 1719 que les Français construisent un poste militaire sur le site de l'actuelle Baton Rouge afin de protéger les établissements humains de la colonie et les voyageurs empruntant le Mississippi. Mais la véracité de ce fait, acquis par certains auteurs comme historique, est sujette à caution..
Le site était alors occupé par la tribu des Houmas qui campaient sur les bluffs dont les sols, riches et fertiles, leur permettaient de cultiver sans trop d'efforts du maïs et des haricots lorsqu'ils venaient y chasser et y pêcher à la belle saison.
Une première mention de Baton Rouge comme concession faite à une famille française apparaît en 1722 dans le Journal de Bernard Diron Dartaguiette, frère cadet de Jean Baptiste Martin Dartaguiette, nommé directeur de la Compagnie de l'Ouest en 1717. Un rapport, datant de la même année, indique que la concession de Baton Rouge compte environ dont cinq femmes et deux enfants, et deux indiens. Au premier de l'an de 1722, la concession accueille un missionnaire, le Père Pierre François-Xavier de Charlevoix, qui bénit l'église et célèbre sans doute la première messe de Baton Rouge. Il n'y reste qu'un jour, n'en fait pas la description et se borne à indiquer qu'il s'agit d'une .Toutefois, quelques années plus tard, le , le Père Paul du Poisson, qui s'arrête lors d'une mission à Baton Rouge, constate que la concession a été abandonnée. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour cet abandon : la présence sur le site de nombreux animaux sauvages, une épidémie ou, plus vraisemblablement, la . qui abandonnait les colons à leur sort dès leur débarquement.
de 1763 à 1779 : les Britanniques
En 1763, Baton Rouge passe aux mains des Anglais lors de la création du Gouvernement de la Floride occidentale et par les termes du traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans. De par sa proximité avec Bayou Manchac qui constitue la frontière entre la Louisiane espagnole et la Louisiane anglaise, Baton Rouge prend une importance stratégique dans la défense des intérêts britanniques. Les Anglais construisent alors deux forts pour protéger leurs nouvelles possessions : l'un sur la rive nord de Bayou Manchac, appelé Fort Bute et l'autre, au nord de Baton Rouge, sur le Mississippi, baptisé Fort New Richmond.
Sous le prétexte de se rendre à Manchac, les vaisseaux britanniques développent un commerce illégal mais florissant avec les planteurs de la Louisiane espagnole et font arriver la traite négrière dans la région de Baton Rouge. Les Noirs sont amenés depuis Pensecola jusqu'à Bayou Manchac puis à Baton Rouge qui voit sa population rapidement augmenter. Détenant le monopole du commerce, les Britanniques construisent un grand entrepôt à Baton Rouge qui devient un lieu de contrebande. Deux vaisseaux sont par ailleurs convertis en magasins flottants qui sillonnent le Mississippi. Les colons britanniques affluent, le gouverneur George Johnstone ayant été autorisé par le roi George III à faire des dons de terres aux officiers et soldats ayant combattu lors de la guerre franco-indienne. Les civils sont aussi autorisés à s'installer. Le district de Baton Rouge fait partie des terres allouées et la colonie prend le nom évocateur de New Richmond. Les colons bénéficient alors des droits inhérents à la loi anglaise et notamment d'un gouvernement démocratique : ainsi, les planteurs de Baton Rouge sont-ils représentés à l'Assemblée dont la première session s'ouvre le . Avec l'aide d'esclaves achetés en Jamaïque, ils cultivent le maïs, le riz, l'indigo et les cucurbitacées, tout en se livrant à la traite négrière. Ce même mois, arrivent d'Halifax, qui s'installent sur les deux rives du Mississipi jusqu'à Baton Rouge et Pointe Coupée. New Richmond prospère pendant une douzaine d'années environ et jusqu'à l'entrée en guerre de l'Espagne dans la guerre d'indépendance américaine. Conscient de la menace et de la faiblesse de la défense de Fort Bute, le lieutenant colonel Alexander Dickson entreprend en la fortification de Baton Rouge avec la construction d'une redoute entourée d'un large et profond fossé, qu'il arme de treize canons. Le , le gouverneur de la Louisiane espagnole, Bernardo de Gàlvez, assiège le fort et le bombarde avec ses pièces d'artillerie pendant trois heures, jusqu'à ce que Dickson propose sa reddition. Le fort est pris par les Espagnols qui contrôlent désormais le cours inférieur du Mississippi. Baton Rouge restera entre leurs mains jusqu'à la fin de la guerre..
de 1779 à 1810 : les Espagnols gauche|vignette|Plan de Baton Rouge, 1806 Les colons du territoire du Mississippi et de Baton Rouge restent sous la domination espagnole, avec l'espoir que les États-Unis d’Amérique revendiquent leur territoire.. Le gouverneur de la Louisiane espagnole rend son nom de Baton Rouge à la ville.
Le district de Baton Rouge passe sous le commandement de Don Carlos de Grand Pré et le poste militaire sous celui de Don Pedro Jose Favror qui sera relevé de ses fonctions en 1781. Le , les habitants de Baton Rouge sont invités à prêter allégeance au roi d'Espagne sous six jours. Fort New Richmond est rebaptisé Fort San Carlos. Le commerce est limité à l'Espagne et la ville perd en prospérité. Elle devient vite un fardeau financier pour l'Espagne qui doit payer les nombreux employés civils du poste, en sus des personnels militaires. Les lois espagnoles, pour être mieux comprises, sont condensées dans un code : le Code O'Reilly. Le commandant du poste assure de multiples fonctions : contrôle des passeports, juridiction sur les affaires civiles, punition des esclaves fautifs, responsabilités notariales. Durant l'occupation espagnole, les trois langues (française, anglaise et espagnole) sont en usage et de nombreux Français sont recrutés comme officiers de justice, les règles espagnoles s'inspirant des précédentes règles françaises. Au recensement de 1785, Baton Rouge compte avec une nouvelle composante d'origine allemande : les . Arrivés dans les années 1770 à Manchac, ces fermiers de Pennsylvanie, originaires du Palatinat rhénan, abandonnent leurs terres ravagées par les grandes crues de 1784 et s'installent dans la région de Baton Rouge.
Les Espagnols s'emploient à répandre la religion catholique dans le district et face à l'obstacle de la langue dans les concessions des familles anglaises ou américaines, ils font appel à des prêtres irlandais. Arrivés en Louisiane au nombre de six en 1792, trois d'entre eux desservent Baton Rouge érigée en paroisse en 1790. L'église paroissiale porte en 1793 le vocable d'église de la Vierge des Douleurs qui devient en 1804, l'église Notre-Dame des Douleurs. Une deuxième église est construite sous le ministère du Père Antoine Blanc, qui sera dédiée à saint Joseph le .