thumb|Reliquaire de saint Julien, à Ath en Belgique.
Saint Julien de Brioude () est un martyr de l’Église des premiers temps. Soldat romain converti au christianisme, il aurait subi le martyre en 304. La basilique Saint-Julien de Brioude est réputée pour être construite sur sa tombe. Il est fêté le .
Sources historiques Les textes primaires sur Julien sont quelques vers et deux lettres de Sidoine ApollinaireSidoine Apollinaire, Carmen XXIV, vers 16-19 ; Epistulæ IV, 6, 1-3 ; Epistulæ VII, 1, 7., puis la Passio s. Juliani martyris, écrit postérieur à la construction de la basilique Saint-Julien de Brioude vers 470, ainsi que la Passio s. Ferreoli, qui associe Julien et Ferréol. Au , le poète Fortunat le cite dans quelques versFortunat, Carmen, V, 3 vers 11 ; VIII, 3 vers 161 ; X, 10, vers 13. tandis que Grégoire de Tours lui consacre un livre dans ses Vitæ patrum et rapporte la construction de sa basilique dans son Historia francorum..
Tradition vignette|Gravure reproduisant un tableau d'Autrac.
Selon la Passio s. Juliani martyris, Julien de Brioude serait originaire de Vienne (Isère) sur le Rhône. Soldat romain et chrétien, comme Ferréol qui était son ami et son officier supérieur, il fuit l'annonce d'une persécution et se réfugie en Auvergne, hors de la Viennoise, sa province d'origine. Il est repris près de Brioude par les gardes envoyés par le gouverneur de la Viennoise, nommé Crispin. Il est aussitôt décapité et sa tête rapportée à Vienne. La passio s. Juliani ne fournit aucun repère chronologique, le rattachement à la persécution de Dioclétien de 304 est apocryphe mais plausible, la persécution de Dioclétien ayant visé particulièrement l'armée. De même, la date de son exécution était selon Grégoire de Tours inconnue des habitants de Brioude jusqu'à ce que l'évêque Germain d'Auxerre (mort en 448) la fixe au à la suite d'une révélation..
Jacques de Voragine rapporte, dans la Légende dorée, que, lorsque le gouverneur Crispin envoya l'un de ses hommes pour le tuer, Julien sortit de chez lui et s'offrit en martyre. Sa tête fut alors apportée à Ferréol, qui fut menacé du même sort s'il ne sacrifiait pas aux dieux. Ce dernier refusa et fut exécuté. Sa dépouille et la tête de saint Julien furent reunies dans un même tombeau.
Liturgie Saint Julien de Brioude a longtemps été honoré par un chapitre de chanoines. Ce chapitre avait composé un office de saint Julien inscrit dans le bréviaire à la date du en lieu et place de la Saint-Augustin. À cette date, le chapitre avait rédigé, majoritairement d'après le texte de Grégoire de Tours, les leçons à lire en ce jour. Plusieurs hymnes et antiennes médiévales avaient également été composées pour honorer spécialement ce saint. Le dernier bréviaire qui utilisait cet office de saint Julien date du . Après l'Ancien Régime, aucun bréviaire n'a plus possédé d'office (office du bréviaire) spécialement écrit pour ce saint. Seuls quelques missels du réservaient encore quelques antiennes, oraisons et autres chants spécialement dédiés au saint. Aujourd'hui, la liturgie brivadoise conserve le traditionnel chant « Protecteur de nos Pères » et une messe de mémoire à saint Julien avec des oraisons et lectures propres à la fête qui est une solennité pour Brioude.
Le martyrologe brivadois, analysé par Jean-Loup Lemaître. ou Michel Huglo, conserve des calendriers liturgiques. Un exceptionnel calendrier du a récemment été analysé. Parallèlement au travail de Denis Muzerelle, l'analyse révèle les fêtes célébrées à Brioude et en Auvergne depuis le Moyen Âge. Plusieurs dates étaient spécialement ménagée pour les saints du diocèse de Clermont ou du Puy..
La grande procession, pratiquée jusqu'à l'approche de Vatican II, n'existe plus aujourd'hui dans les rues, même si récemment, durant quelques années, elle a pu se faire dans la basilique le jour de la solennité. Lors de l'anniversaire de la mort de Julien en 2004 (martyre de Julien en 304), un chant à saint Julien a été recréé. Il commence par ce refrain : « Julien, martyr et protecteur, vivant pour notre terre, entends la voix de tous nos cœurs qui s'unissent en prière ». La procession passait dans les rues de Brioude. Des fidèles ou des clercs portaient la statue de saint Julien et les reliques.
Le tombeau de Julien à Brioude Le tombeau de saint Julien se situe à Brioude en Auvergne. Au-dessus de son tombeau, trois basiliques successives ont été élevées. Le martyrium originel est encore visible aujourd'hui. Transformé en crypte au , il était durant la période médiévale déjà visible depuis le déambulatoireFabien Vivier, « L'architecture romane à l'épreuve du choix : la collégiale Saint-Julien de Brioude », dans Recherches en histoire de l'art 8, 2009.. Un chapitre de chanoines a assuré la permanence de l'office divin dans la basilique de Brioude jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. , la crypte martyrium recueille et présente les reliques de Julien dans un grand reliquaire datant du . L'ancienne collégiale du avait été surhaussée durant la période gothique. Le bâtiment remarquable est orné de nombreux chapiteaux romans, ainsi que de plusieurs peintures médiévales.
Postérité thumb|Crypte de la basilique de Brioude : reliquaire du et icône du représentant saint Julien.
Le modeste tombeau de Julien à Brioude fut l'objet d'un culte avec l'édification d'un petit mausolée datant peut-être du , puis d'une basilique dans la deuxième moitié du .. C'est l'un des sanctuaires les plus anciens de l'Auvergne, siège du prestigieux chapitre des chanoines-comtes de Brioude. On lui dédia plus de huit cents églises, dont il reste au moins trois cents., dont : vignette|Saint Julien de Brioude (église au Coudray, Eure-et-Loir, France). l'église Saint-Julien de Savas ; l'église Saint-Julien d'Ath (Ath, Belgique) ; l'église Saint-Julien de Saint-Julien-Chapteuil (Haute-Loire) ; l'église Saint-Julien de Tournon-sur-Rhône.
L'hypothèse Armenius Julianus Selon Ernest-Charles Babut, la référence à une dame espagnole finançant la construction de la première chapelle à la mémoire du saint et à un « empereur de Trèves » (vraisemblablement Maxime) comme persécuteur dans la Passio Iuliani Martyris (passion de saint Julien martyr), le texte le plus ancien sur saint Julien de Brioude, amène à faire l'hypothèse que saint Julien de Brioude pourrait être Armenius Julianus, ce dernier étant d'après Sulpice Sévère l'un des chrétiens condamnés à Trèves pour hérésie avec Priscillien..
Notes et références
Annexes Bibliographie
. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau.
Articles connexes Liste des saints de la Légende dorée Saint-Julien-du-Sault Église Saint-Julien-de-Brioude de Concèze
Liens externes
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