Médecins du monde est une ONG médicale de solidarité internationale créée en 1980. Elle intervient en France et à l'étranger, afin de soigner les populations les plus vulnérables, les victimes de conflits armés, de catastrophes naturelles, et ceux qui n'ont pas accès aux soins. Association humanitaire indépendante, Médecins du monde dénonce les atteintes à la dignité et aux droits de l'homme et plaide pour améliorer la situation des personnes vulnérables. En 2019, Médecins du monde mène plus de soixante programmes dans près de cinquante pays.
Depuis , le docteur Jean-François Corty est le président de Médecins du monde.
Histoire 1980 et la création de Médecins du monde
En 1979, des divergences apparaissent au sein de Médecins sans frontières à l'occasion de l'opération « Un bateau pour le Viêt Nam », Bernard Kouchner défendant l'idée qu'il faut affréter un navire, avec à son bord médecins et journalistes, afin de pouvoir soigner et aussi témoigner des violations des droits de l'homme sur le terrain. Cette opération est jugée trop médiatique par les autres dirigeants. Bernard Kouchner, Patrick Aeberhard, Alain Deloche, Pierre Pradier, Patrick Laburthe-Tolra, Jacques Bérès, Pierre Fyot, Monique Donabedian, Jean-Élie Malkin, François Foussadier… une quinzaine de responsables quittent l'association pour fonder, en , Médecins du monde, avec le soutien du professeur Paul Milliez, qui en deviendra président d'honneur.
À la suite de cette intervention, Médecins du monde a développé ses principes fondateurs : aller là où les autres ne vont pas et témoigner des atteintes aux droits et à la dignité humaine.
L'association se développe en intervenant lors des grandes crises qui ont marqué les années 1980 comme en Afghanistan , au Salvador et en Arménie.
En 1986, Médecins du monde intervient pour la première fois en France., toujours dans l’optique de faciliter l’accès aux soins et aux droits des personnes vulnérables : elle ouvre un centre de soins gratuit rue du Jura à Paris et en 1987 le premier centre de dépistage du VIH, volontaire, anonyme et gratuit à Paris. Par la suite se créent d'autres centres en province. Il y a 15 centres de santé aujourd'hui répartis dans toute la France. L'association est reconnue d'utilité publique depuis 1989.
1990-2000 : Médecins du monde agit pour les droits de l’homme Après la chute du mur de Berlin, les acteurs humanitaires jouent un rôle central dans la reconfiguration du monde. Médecins du monde décide alors de devenir un acteur clé de la santé communautaire et agit ainsi afin d’exiger le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire. L’association milite avec d'autres ONG pour la création d'une Cour pénale internationale. Elle intervient également en ex-Yougoslavie, en Somalie, au Rwanda, au Burundi, en république démocratique du Congo, en Iran, au Kosovo, en Turquie, au Timor, en Tchétchénie… L'association connaît une croissance importante : à la fin des années 1990, plus de sont mises en œuvre à travers le monde, dans plus de .
En France, l’ONG a été en première ligne afin de voter en 1998 la loi de prévention et de lutte contre les exclusions.. Cette loi crée les PASS (Permanences d’accès aux soins de santé) puis la CMU et l’AME.
: le rôle des acteurs humanitaires face à la mondialisation Au , Médecins du monde réaffirme sa position : une association de soignants militants et indépendants. Elle maintient sa présence auprès des plus vulnérables, partout dans le monde, et développe son action en matière de réduction de risques liés à l'usage des drogues. Elle intervient en Afghanistan, dans les Territoires palestiniens, en Tchétchénie, en Côte d'Ivoire, en république démocratique du Congo, au Liberia, en Haïti, en Indonésie, et au Liban.
Début 2011, l'ONG Médecins du monde lance une campagne. : face à l’aggravation des inégalités en santé en France et dans le monde ; le , Médecins du monde s’installe au centre de Paris, place du Palais Royal, et réaffirme que la santé n’est pas et ne doit pas être un produit de luxe. Le , Médecins du monde lance une campagne internationale pour le droit des femmes à décider et pour un accès universel à la contraception et à l'avortement, opération intitulée « ». arguant que de grossesses non-désirées se terminent chaque année par un avortement pratiqué dans des conditions insalubres et non médicalisées et que cela devait cesser.. Cette campagne fut lancée en réponse à l'agitation ayant suivi le projet de loi visant l'interdiction de l'avortement en Espagne. Des personnalités du monde médical telles que les français Patrick Aeberhard, Étienne-Émile Baulieu, Ghada Hatem Gantzer et Marie-Laure Brival et la hollandaise Rebecca Gomperts signent cet appel..
Afin d’être en adéquation avec ces changements mondiaux, Médecins du monde adopte en 2015 son nouveau projet associatif mis en œuvre dans son plan stratégique. L’association se bat pour « un monde où les obstacles à la santé auront été surmontés, où le droit à la santé sera effectif : pour la justice sociale, afin d’accompagner les populations dans leur autonomisation, en toute indépendance, sur la base de l’engagement et de l’équilibre ».
Depuis sa création, Médecins du monde a, plusieurs fois, changé de logo. Inspiré de celui de la Croix-Rouge, il prend comme symbole la colombe au rameau d'olivier pour la paix. Les cinq feuilles représentent les cinq continents alors que la forme ronde rappelle le globe terrestre.
En 2021, le vidéaste MisterMV s'associe à Médecins du monde pour créer SpeeDons, marathon caritatif d’esport visant à récolter des dons pour l’association.
Le , Mediapart révèle que l'ONG fait l’objet de dix procédures judiciaires au civil, au pénal et aux prud’hommes, pour des motifs de harcèlement moral et de licenciement abusif.
Israël lui retire en son accréditation, comme à de nombreuses autres ONG, ce qui pourrait conduire à l’interdiction totale de ses opérations humanitaires en Palestine, tant à Gaza qu'en Cisjordanie occupée.
Le , un collectif publie une lettre ouverte sur Instagram pour rappeler les révélations faites par Mediapart ; à la suite de cette lettre l'organisation de SpeeDons annonce le retrait de Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde, de l'édition 2026.
Missions internationales Médecins du monde est présent dans près de 40 pays. L'association intervient en situation d'urgence et sur le long terme, en menant à bien des projets de développement.
Médecins du monde agit selon : 5 thématiques prioritaires : santé sexuelle et reproductive ; réduction des risques ; migration, droits et santé ; environnement et santé ; urgences et crises. 3 approches transverses à tous ses projets : santé mentale ; enfance vulnérable ; le genre.
Les urgences Lors de catastrophes naturelles et de conflits, MDM développe des réponses d’urgence face à un système de santé mis à mal. L’objectif est à la fois de soigner les blessures physiques et psychiques provoquées par le drame et d'assurer à la population une continuité dans les soins jusque-là couverts : accouchements, soins de santé primaire, traitements chroniques. Ces activités sont souvent prolongées par une phase de reconstruction destinée à rééquiper les centres de soins détruits et à faire redémarrer les systèmes de santé.
Depuis sa création, l'association intervient dans la plupart des grandes catastrophes naturelles, notamment en Iran et en Algérie (2003), Indonésie (2004 et 2006), au Pakistan (2007), en Birmanie (2008). Médecins du monde apporte un soutien aux populations victimes de conflits comme au Kosovo (1999), en Côte d'Ivoire (2002), au Liberia (2003), Liban (2006) ou au Darfour (2004-2008) et se mobilise également sur des crises chroniques comme en Tchétchénie (1995) ou en Irak (2003-2008), et Haïti, lors du tremblement de terre en , sur les inondations au Pakistan en .
En 2019, l'association est engagée sur plusieurs programmes d'urgence : le Yémen, le Nigeria, la République centrafricaine, le Bangladesh, la Palestine.
Afrique du Nord et Moyen-Orient L’ONG est présente dans une dizaine de pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (Palestine, Syrie, Algérie…). En Palestine, par exemple, Médecins du monde accompagne les structures de soins pour prendre en charge les populations vulnérables dans des situations d’urgence.
Afrique subsaharienne Médecins du monde est présent dans plus de dix pays dans cette région, notamment au Burkina Faso, en république démocratique du Congo.
Amérique latine et Caraïbes Dans cette région du monde, Médecins du monde soigne et accompagne les exilés qui fuient la violence, la misère et les conflits. C’est notamment le cas en Colombie, au Honduras ou au Mexique.
Europe et Asie Sur ces deux continents, Médecins du monde intervient sur différentes thématiques telles que la migration ou la réduction des risques.
Opération Sourire Cette mission historique de Médecins du monde vise à opérer des enfants et jeunes adultes atteints de pathologies congénitales ou acquises et nécessitant une chirurgie reconstructrice.
Les personnes migrantes / Les exilés Médecins du monde aide et accompagne les personnes exilées tout au long de leurs parcours migratoires et plaide pour un accueil digne de ces personnes. dans les pays où elles espèrent trouver une protection.
En 2005, le réseau de Médecins du monde en Europe (11 pays), « Huma », a créé un Observatoire européen de l'accès aux soins afin d'apporter son analyse sur l'accès aux soins des personnes vivant dans la précarité dans sept pays de l'Union européenne (Belgique, Espagne, Grèce, France, Italie, Portugal et Royaume-Uni). Médecins du monde demande un égal accès aux soins des personnes résidant sur le territoire européen, quel que soit leur statut administratif et milite pour la non-expulsion des étrangers gravement malades. Médecins du monde apporte une aide spécifique dans le pays d'origine des migrants, mais aussi dans les zones de transit. L'objectif est d'améliorer leur accès aux soins et de faire reconnaître leur droit à la santé. Programmes de santé auprès des migrants dans différentes parties du monde (Mayotte, Cayenne, Liban, Malte, Maroc, Mexique etc.).
En France, Médecins du monde intervient auprès des migrants depuis 1986. Implantés sur l'ensemble du territoire, les 21 centres d'accueil, de soins et d'orientation accueillent près de 90 % d'étrangers, la plupart primo-arrivants. Les médecins bénévoles les soignent jusqu'à l'obtention de leurs droits ou les orientent vers des dispositifs mieux à même de les prendre en charge en fonction de leur situation. MdM mène également des actions de témoignage et de plaidoyer, notamment à travers le collectif ODSE.
Le , le président de la République, Nicolas Sarkozy, dans son discours de Grenoble pointait du doigt la communauté rom et annonçait la multiplication des expulsions. Un an après, Médecins du monde déplore les conséquences sanitaires des expulsions à répétition, publie une enquête sur la couverture vaccinale des populations roms et dénonce une mise en danger volontaire de personnes en grande précarité. Depuis le début du conflit syrien en 2011 et la crise de l’accueil des migrants en Europe, Médecins du monde agit pour venir en aide à ces personnes et défendre leurs droits. Ainsi, l’association milite aux côtés de plusieurs associations pour défendre un accueil digne des personnes migrantes. Au-delà des actions menées partout en France et en Europe, l’association plaide auprès des pouvoirs publics pour améliorer les conditions d’accueil de ces personnes. Par exemple, plusieurs contentieux ont été initiés auprès de la justice française pour reconnaître les défaillances de l’État et l’obliger à prendre ses responsabilités..
Femmes victimes de violences Médecins du monde assure une prise en charge pluridisciplinaire aux femmes victimes de violence: soins, soutien psychologique, aide à faire valoir leurs droits, à se réinsérer, en lien avec des partenaires locaux.