Auguste Van Dievoet (Latin : Augustus Divutius, Grec : Αὔγουστος Διοποδίδης), né à Bruxelles le 13 floréal an XI ()Bruxelles, état civil, acte de naissance n° 1850 : « du seizième jour du mois de Floréal l'an onze de la République française acte de naissance de Jean auguste Van Dievoet, né le treizième jour du mois de floréal courant, à sept heures du soir, fils de Jean-Louis van Dievoet, négotiant et de Jeanne Wittouck, conjoints domiciliés rue Jean-Jacques Rousseau, huitième section, n° 805, le sexe de l'enfant a été reconnnu être male. Premier témoin : Jean Baptiste VanDievoet, negotiant agé de cinquante cinq ans demeurant marché au fromage, secon témoin, Jean-Baptiste Van Dievoet fils, agé de vingt sept ans, demeurant marché susdit. Sur le requisitoire à nous fait par Jean Louis Van Dievoet pere de l'enfant ». N.B. La rue Jean-Jacques Rousseau, n'est autre que la rue des Bogards, rebaptisée ainsi après la Révolution française (Jean d'Osta, Les rues disparues de Bruxelles, Bruxelles : Rossel, 1979, p. 160)., et mort en sa ville natale le , est un historien du droit, jurisconsulte, avocat à la Cour de CassationLe nom officiel et légal en Belgique est "Cour de Cassation" : Lire en Ligne : Cour de Cassation. et magistrat belge.
Biographie Jean Auguste Van Dievoet nait à Bruxelles au sein d'une vieille famille notable issue des anciens lignages de cette cité. Son père Jean-Louis Van Dievoet (1777-1854) était secrétaire du Parquet de la Cour de cassation. Sa mère Jeanne Wittouck était la fille du jurisconsulte et haut magistrat Guillaume Wittouck.
Auguste Van Dievoet était le frère d'Eugène Van Dievoet (1804-1858), juge suppléant puis juge au Tribunal de commerce de Bruxelles, époux de Hortense Poelaert (1815-1900), sœur du célèbre architecte Joseph Poelaert.
Il est le cousin de Nicolas Félix Van Dievoet dit Vandive, écuyer, avocat au Parlement de Paris, greffier de l'audience du conseil du roi au Grand Conseil, conseiller, notaire, secrétaire Maison et Couronne de France<ref>Willy van Eeckhoutte, "De balie bij het Hof van Cassatie: oorsprong en evolutie", in : Geschiedenis van de advocatuur in de Lage Landen, onder redactie van Georges Martyn, Gretha Donker, Sjoerd Faber en Dirk Heirbaut, Uitgeverij Verloren, Hilversum, 2009, p. 317, note 140 : « Auguste van Dievoet, geboren in 1803, was, terloops gezegd, verwant met Nicolas Felix van Dievoet, gezegd Vandive, in de achttiende eeuw griffier van de Grand Conseil, een andere afdeling van de Conseil du roi dan de Conseil des parties, en advocaat bij het Parlement van Parijs".</ref>.
Jean Auguste Van Dievoet, après des humanités au Lycée Impérial de Bruxelles où il remporta le deuxième prix de vers latinsAlmanach de l'Université Impériale, année 1813, Paris, 1813, p. 389 : "Lycée de Bruxelles. Rhétorique. Vers latins. Prix : M. Jean Van-Dievoet, de Bruxelles (Dyle)". Parmi ses condisciples on relève le nom de Frédéric-Auguste de Reiffenberg, récoltant de nombreux prix, prix d'excellence et premiers prix en amplification latine, version latine et second prix en version grecque. en 1813, fit son droit à l'Université d'État de Louvain où il fut reçu docteur en droit le 24 mars 1827.
Il prête serment d’avocat le 7 avril 1827, membre du conseil de l’ordre des avocats de 1838 à 1848.
Il était également juge suppléant au tribunal de première instance de Bruxelles.
Il s'installa en 1842 au n° 24 de la rue Neuve, ayant acquis cette maison des époux Hausmann-Hirsch. Mais en 1847 Auguste Van Dievoet revendit ce bien à la veuve van Haelen de Gheest qui le céda à son tour en 1861 à la société Rothschild Frères.
Le 9 août 1848, après avoir été durant vingt et un ans avocat à la Cour d'Appel, Auguste Van Dievoet fut nommé par arrêté royal du 3 août 1848 avocat à la Cour de Cassation. Après dix ans passés à la Cour de cassation et une carrière de trente et un ans de barreau, ressentant déjà les premières atteintes de la maladie qui allait l'emporter cinq ans plus tard, il délaissa cette fonction le 19 janvier 1859 en faveur d'Auguste Beernaert, futur prix Nobel de la Paix, qui lui succéda par arrêté royal du 18 avril 1859. Il choisit alors le poste plus tranquille de greffier en chef du tribunal de Commerce de Bruxelles, fonction alors réservée au seul juriste de ce tribunal, et qu'il exerça jusqu'à son décès survenu dans l'exercice de ses fonctions le 31 octobre 1865 à l'âge de 62 ans.
Auguste Van Dievoet était membre du Conseil de Discipline des avocats près la Cour de cassation.
Auguste Van Dievoet figure avec ses confrères Auguste Orts et Hubert Dolez parmi les plus éminents avocats de son tempsMercuriale du procureur général Hayoit de Thermicour.. Hubert Dolez domine le barreau de Cassation aussi avec Pierre Sanfourche-Laportehttps://books.openedition.org/pur/4600?lang=fr.
Il fut également membre du conseil supérieur de l'École centrale du commerce et de l'industrieAlmanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838 : . et de la "Société pour la propagation des bons livres"Almanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838, p. 452 : "Société pour la propagation des bons livres. Place du Grand Sablon. Commission administrative. MM. De Stassart, Coghen, O. Wyns. Rouppe. Desmaisières. Dindal. Comte Meeus, F. Jadot. Vandievoet. Engler, J. Indépendamment de la commission, un comité de dames recueille des dons et souscriptions. La bibliothèque de la société, place du Grand Sablon, N° 11, est ouverte les lundis et jeudis de 9 heures a midi, et de 2 à 4"..
Il est membre fondateur en 1834 de la nouvelle Société des douze.
Œuvre historique et juridique Jean Auguste Van Dievoet est surtout connu comme étant un des premiers historiens du droit de la Belgique indépendante.
Il fut disciple de Raepsaet, de Jean-François-Michel BirnbaumBirnbaum l'appelle "un de mes disciples", dans son article: "Ueber den gegenwärtigen Zustand der Gesetzgebung und Rechtswissenschaft im Königreich der Niederlande", in: Kritische Zeitschrift für Rechtswissenschaft und Gesetzgebung des Auslandes, herausgegeben von Mittermaier und Zachariä, Heidelberg, 1829, p. 159: , son professeur à l'Université d'État de Louvain, et de l'illustre Savigny.
Il avait consacré sa thèse latine auprès de l'Université d'État de Louvain en 1827, à l'origine des coutumes belges (Dissertatio inauguralis juridica de origine diversarum consuetudinum localium regni nostri). Ce travail eut un grand succès et fut souvent cité avec honneur. Voici le commentaire de Reiffenberg concernant le travail d'Auguste Van Dievoet intitulé Dissertatio inauguralis juridica de origine diversarum consuetudinum localium regni nostri. (Baron Frédéric de Reiffenberg, Archives pour servir à l'histoire civile et littéraire des Pays-Bas, faisant suite aux Archives philologiques, tome 3, Louvain, édition Michel, 1827, pp. 253-254: "L’avant propos commence par la formule d’usage dont il serait tems de défaire : praegrave onus est etc. Mais ce fardeau, tout pesant qu’il est, M. Van Dievoet le porte avec aisance et légèreté. Il relève d’abord une opinion de M. De Berg, émise dans un mémoire couronné en 1783 par l’Académie, et soutient contre lui que le droit romain était en usage dans la Belgique, sous les empereurs : non seulement dans l’administration publique, mais dans les transactions privées. Cependant il observe que ce droit exerçait moins d’autorité dans l’île des Bataves. Il aborde ensuite son sujet aidé de MM. Savigny et Raepsaet. Le choix de ce sujet ne fait pas moins d’honneur à sa sagacité que la manière dont il l’a traité. ". Mais c'est au barreau qu'il consacra ensuite toute son énergie et il ne développa plus ses recherches d'historien, comme le déplore en 1843 Adolphe Roussel dans son Encyclopédie du droit: " Van Dievoet, dans une thèse remarquable publiée à Louvain en 1827, a essayé de rechercher l’origine des coutumes belges. Il est à regretter qu’il n’ait point repris un travail qui annonçait des vues ingénieuses et nouvelles. " (p. 21)
En 1848 toutefois, il en donna une version française à la maison d'édition Briard: De l'origine des diverses coutumes locales du royaume de Belgique.
Cette étude fut encore publiée également sous forme de fascicules dans La Belgique Judiciaire, tome VI.
Ses recherches sont souvent citées à l'étranger dans des travaux éruditsPar exemple, concernant son interprétation du mot scabinus, lire: Kritische Zeitschrift für Rechtswissenschaft und Gesetzgebung des Auslandes, 1829, p. 143, note: "Mit Grimm’s Ansicht vom Ursprung des Worts Scabinus S. 775. stimmt einigermassen zusammen (Augustus) Vandievoet de origine consuetud. Belgicar. Lovanii 1827. p. 39, wo sie für judices selecti genommen werden"..
Il figure dans la liste des fondateurs de l'Université libre de BruxellesLéon Vanderkindere, L'université de Bruxelles 1834-1884 . Notice historique, Bruxelles (P. Weissenbruch), 1884..
La création de la bibliothèque du barreau thumb|Auguste Van Dievoet, âgé. thumb|Son épouse Antoinette Coniart (1819-1885).
Ce fut Auguste Van Dievoet qui lança l'idée et qui, à la tête d'un petit groupe d'avocats, fut le créateur en 1842 de la bibliothèque du barreau de Bruxelles. Lors de la séance du 17 mars 1842 de l'Ordre des avocats à la Cour de cassation il proposa d'établir cette bibliothèque dans la salle des délibérations de l'Ordre et en permettre l'accès aux membres du barreau pour enrichir leurs plaidoiriesEllen Tistaert, Le murmure des livres. Als boeken vertellen… Historiek van de bibliotheek van de balie van Brussel, dans : Histoire du barreau de Bruxelles / 1811–2011 / Geschiedenis van de balie van Brussel, (dir. Bart Coppein et Jérôme De Brouwer), Bruxelles, Éditions Bruylant, 2012, p. 200 : "Stilaan sluimerde binnen de Brusselse balie de idee om een eigen bibliotheek op te richten. Een kleine groep advocaten, onder leiding van meester Van Dievoet, nam in 1842 het initiatief. Van Dievoet, penningmeester van de Orde, stelde tijdens de zitting van 17 maart 1842 voor een bibliotheek op te richten in de raadzaal van de Orde, toegang te verlenen aan de leden van de balie en hen gebruik te laten maken van de boeken voor hun pleidooien"..
Le botaniste amateur Lorsque le barreau lui en donnait le loisir, il aimait se consacrer à la botanique, il fut ainsi administrateur de la "Société royale de Flore de Bruxelles" et se passionnait particulièrement pour la culture des Camélias. Lors de la de la Société royale de Flore de Bruxelles ouverte les 20, 21, et 22 mars 1859, le jury félicita M. l'avocat Van Dievoet "pour son remarquable contingent de Camellia; ils sont d'une culture et d'une floraison qui feraient honneur au plus habile horticulteur. Ses Camellia Mistress, Abby Welder, Duchess of Northumberland, Matotiona et Comte Bouturlin, ainsi que plusieurs autres sont admirables." Il reçut pour cette collection de 50 Camellias en fleurs le Prix, la médaille de vermeil de grand module.
Famille
thumb|Cimetière de Laeken, tombe d'Auguste Van Dievoet et sa famille.
Sa postérité juridique Auguste Van Dievoet eut comme successeur au barreau de la Cour de cassation : Auguste Beernaert, futur prix Nobel de la paix en 1909, nommé avocat à la Cour de cassation par arrêté royal du , en remplacement d'Auguste Van Dievoet, exerça sa charge de 1859 à 1912 ; Auguste Braun de Ter Meeren (Nivelles, - ), nommé avocat à la Cour de cassation par arrêté royal du , en remplacement d'Auguste Beernaert, exerça sa charge de 1913 à 1945.
Notes
Voir aussi Bibliographie 1827 : Baron Frédéric de Reiffenberg, Archives pour servir à l'histoire civile et littéraire des Pays-Bas, faisant suite aux Archives philologiques, tome 3, Louvain, édition Michel, 1827, pp. 253–254.