vignette|Un drone IAI Heron. vignette|Un drone de reconnaissance EADS Harfang lors du Salon du Bourget de 2007. vignette|Bayraktar TB2. vignette|Drone militaire Hermes 900. thumb|Drone suicide russe Zala Lancet.
Un drone ou plus rarement écrit drône (//, du mot anglais signifiant « faux bourdon »Le terme drone (faux bourdon) vient des Britanniques qui affublèrent de ce surnom en 1935 les versions automatisées du De Havilland DH.82 Tiger Moth. En effet, leur constructeur avait baptisé ces avions cibles DH.82 Queen Bee (reine des abeilles), mais leur vol bruyant, lent et lourd les faisait plutôt ressembler à des faux bourdons. Actuellement, les anglophones nomment UAV (pour ), ou encore RPAS (Remotely Piloted Aircraft Systems) ce type d'appareil non militaire sans personne à bord, radiocommandé ou autonome, qui peut éventuellement emporter une charge utile, destinée à des missions ( de surveillance, de renseignement, d'exploration, de transport). Les UAV ont des applications civiles (cinéma, télévision, agriculture, environnement). La charge utile du drone de combat ou UCAV () en fait une arme.) est un engin sans équipage dont le pilotage est automatique ou télécommandé, qu'il soit volant, terrestre ou encore amphibie, à usage civil ou à celui des forces armées ou de sécurité (police, douane, gendarmerie ) d'un État. En fonction des capacités recherchées, sa masse varie de quelques grammes à plusieurs tonnes. Son autonomie peut atteindre jusqu’à plusieurs dizaines d'heures (à comparer aux deux heures d'autonomie moyenne d'un chasseur).
Le drone peut, le plus souvent, retourner à sa base et est réutilisable, à la différence du missile de croisière, détruit en atteignant sa cible.
Définition vignette|L'antenne satellite d'un drone MQ-9 Reaper. vignette|Drone de surveillance du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis. thumb|Drone hélicoptère Camcopter S-100 en version drone de transport avec charge additionnelle latérale et boule optronique de reconnaissance aérienne. thumb|Drone leurre radar Flyrt lancé depuis le Mark 36 SRBOC. Le terme anglais désigne d'abord un avion cible ou un drone cible. Un aérodyne automatisé et son système de mise en œuvre sont aussi appelés UAV (pour , soit « véhicule aérien sans humain à bord ») et de plus en plus souvent UAS (pour , soit « système d'aéronef sans humain à bord »).
L'Organisation de l'aviation civile internationale a, quant à elle, retenu l'appellation « RPAS » (pour , soit « système d'avion piloté à distance »).
L’usage du mot « drone » pour décrire également un véhicule (ou robot terrestre) de surface ou sous-marin, doté d’autonomie, est une particularité française. La classification américaine des mobiles autonomes sans humain à bord en UAV/UAS (aériens), USV/USS (de surface), UUV/UUS (sous-marins), UGV/UGS (robots terrestres) est la plus couramment utilisée dans le reste du monde.
L'expression « système de drones » tend à s'imposer car le drone fait partie d'un système qui est composé : d’un ou plusieurs vecteurs aériens, équipé(s) de capteurs de détection (avec d'éventuels systèmes de détection d'intrus en Thomas EV & Buffet O (2009) Recherche distribuée d'intrus en environnement incertain. L'équipe MAIA, 19.) ; d’une ou plusieurs stations de commandement au sol et de recueil des informations issues des détections ; de liaisons radioélectriques de données entre le vecteur aérien et la partie au sol.
Le terme « drone » désigne, la plupart du temps, le vecteur aérien équipé. C'est ce vecteur seul qui est « sans humain à bord », le système, lui, fait appel à des êtres humains, en particulier le télé-pilote.
Catégorisation La famille des drones militaires est subdivisée en sous-catégories selon la vitesse, le rayon d'action et les fonctions : les micro et mini-drones, généralement peu autonomes, qui jouent souvent le rôle de « jumelles déportées », par exemple : pour observer un obstacle en survol ou dans une zone à risque ; les drones tactiques, lents ou rapides, à endurance moyenne ou haute, à voilure fixe ou tournante appelés TUAV (pour ). ou VTOL ()Michel Asencio, Philippe Gros, et Jean-Jacques Patry, Les drones tactiques à voilure tournante dans les engagements contemporains, Fondation pour la recherche stratégique, Recherches & documents , 2010, 160 . Pour l'OTAN un UAV est ; les drones stratégiques volant à moyenne altitude et de grande endurance appelés MALE (pour ) « Heron TP (Eitan) » Defense Update, 2 décembre 2007 ; les drones volant à haute altitude et de grande endurance appelés HALE (pour ). ; les drones de combat, encore appelés UCAV (pour ). ; les drones cible servant de cibles pour les avions de chasse et les missiles surface-air ; certains drones peuvent emporter des petites charges destinées à être livrées à des combattants sur le champ de bataille, en mode drone de transport le drone leurre, servant à tromper et dévier un missile ; les drones suicide ou munitions rôdeuses qui explosent à l'impact ou sur commande ; des véhicules automatisés de transport, qui semblent en préparation, y compris pour le transport des personnels et qui pourraient aussi être utilisés pour le sauvetage en mer.
Engins volants de taille réduite, moins chers et plus simples à mettre en œuvre qu'un avion (la présence d'un pilote imposant une dimension à un appareil habité, le dispositif d'éjection représentant à lui seul une masse supérieure à celle d'un Predator), ils sont plus discrets et leur perte est moins grave que celle d'un appareil et de son pilote. Ils représentent une alternative pour les pays dont le budget est limité et également pour des terroristes potentiels (étatiques ou non), des contrebandiers ou des trafiquants de stupéfiants.
Leur taille varie de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres (près de d'envergure pour un Global Hawk). Leur forme également, tout comme leur type de propulsion : certains sont équipés de réacteurs, d'autres d'hélices (tricoptères, quadricoptères, hexacoptères, octocoptères voire multicoptères ; selon le nombre d'hélices), quand d'autres utilisent des rotors (on les dénomme parfois multirotors, tels les quadrirotors), à l'instar des hélicoptères (appelés UAR, pour ).
Applications Les progrès informatiques et technologiques ont fait de certains drones des plateformes de désignation de cible ou des armes. Ils servent aussi au recueil de renseignements et à la guerre électronique (pour le brouillage ou l'interception des communications). Leurs missions font alors partie de l'ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance) ou l'ISTAR (pour ).
Leurs applications civiles incluent le contrôle du trafic routier ou des foules, la surveillance maritimeJ. Petit « Les drones maritimes » Défense nationale-paris-études politiques stratégiques militaires économiques scientifiques 2006;62(10):94. et environnementale, les opérations de recherche aérienne et de sauvetage, la récolte de données d'intérêt météorologique ou les opérations en environnement difficile, par exemple en zone de risque NRBC (« Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique »), le relais d'informations, la prise de photographies aériennes voire, bientôt, l'acquisition directe de données photogrammétriquesF. Gervaix « R-Pod : un drone photogrammétrique au service du territoire » 2011;109(9):440..…
Certains sont des démonstrateurs technologiques qui valident à moindre coût, grâce à la réduction d'échelle et donc la quantité de matériaux nécessaires, des formules aérodynamiques ou certains équipements, sans risquer la vie d'un pilote d'essai. Ils permettent aussi d'atteindre les limites d'un appareil en dépassant celles que pourrait supporter un pilote (+9g/-3g maximum), afin d'en confirmer la solidité.
D'autres, les « AAV » (pour ) sont dotés d'une capacité d'autonomie décisionnelle embarquée. Tout engin peut en être équipé dans la mesure où il n'a pas de pilote embarqué. Les « drones terrestres » (utilisés, notamment, pour l'inspection de véhicules ou d'environnements à risque), marins, sous-marins et même souterrains, répondent ainsi à cette définition sensu lato.
Classification thumb|Le Barracuda. à Manching. La classification des drones varie selon le contexte et les pays.
Les drones aériens peuvent être classés selon plusieurs critères : L'altitude et l'endurance (drones tactiques, MALE, HALE) : l'altitude considérée est l'altitude de croisière avec les ordres de grandeur suivants : les moyennes altitudes < h < ; les hautes altitudes : h > ; l'endurance est le temps que peut passer l'aéronef en vol. Un ordre de grandeur d'une endurance dite longue est de . La différence entre drone tactique et drone MALE tient avant tout à l'usage que l'on en fait.. la taille (longueur, envergure, etc.) ; la capacité à emporter des armements ou non (drone de reconnaissance, drone de surveillance / drones armés / drones de combat) ; le caractère furtif ou non ; la capacité à participer à des missions de haute ou basse intensité ; la voilure (fixe, tournante ou battante).
Le classement le plus répandu est fondé sur les critères d'altitude et d'endurance., auquel on peut ajouter la catégorie des drones de combat :
Segment Exemples Drones tactiques ou TUAV (Tactical Unmanned Air Vehicule) Bayraktar TB2, RQ-7 Shadow, Sperwer, Hermes, Watchkeeper, Patroller Drones volant à moyenne altitude et de longue endurance (MALE), permettant d'utiliser une charge de mission pouvant atteindre Anka-A, Predator A, Reaper, Harfang, Talarion, Mantis / Telemos, Heron TP, Aarok, DRIADE (SE Aviation), EyePulse (Daher) Drones volant à haute altitude et de longue endurance (HALE) Anka-A+, Global Hawk, , Eurodrone Drones de combat (UCAV) Baykar Bayraktar Kızılelma, Anka-B, X45, X47, nEUROn, Taranis, S-70
vignette| Predator. tirant un missile hellfire. En service de 1995 à 2018, il est le symbole de la première génération de drone de combat.
Le segment tactique se décompose lui-même en cinq sous-segments : micro-drones (Micro Air Vehicule ou MAV), qui s'apparentent plus à des modèles réduits. ; drones de très courte portée (TCP)http://www.onera.fr/sites/default/files/ressources_documentaires/cours-exposes-conf/mieux-connaitre-les-drones.pdf ; drones moyenne portée lents (multicharges, multimissions ou MCMM lents) ; drones rapides basse altitude (MCMM rapides) ; drones maritimes tactiques (DMT).
Étymologie En anglais, le mot « drone » désigne le faux bourdon (mâle de l'abeille). Ce nom a été donné par dérision, dans les années 1930 au Royaume-Uni, à des DH.82 « Queen Bee » (la version automatisée) servant d'avions-cibles au De Havilland DH.82 Tiger Moth : leur vol lent et bruyant ressemblait plus à celui du bourdon à la vie éphémère, qu'à celui d'une reine abeille (Queen Bee). Ce nom fut repris par l'armée américaine dès 1941..
Histoire thumb|Prototype de drone-torpille vers 1918 (Kettering Bug). thumb|Drone cible américain . Le concept naît pendant la Première Guerre mondiale : des prototypes d'avions sans pilote radio-commandés ont ainsi vu le jour, avec des tentatives de « torpilles aériennes » (telles que le Kettering Bug) télécommandées par télégraphie sans fil et embarquant un gyroscope, qui ne furent jamais opérationnelles sur le terrainGuerre Moderne — Engins Nouveaux - Le Monde Illustré du 14 août 1915 (voir archive). En 1916, au Royaume-Uni, est conçu l’, un projet d'avion-cible, par l'ingénieur Archibald Low Aerial Target (A.T.) - The Worlds of David Darling. En 1917, aux États-Unis, le projet des ingénieurs Elmer Ambrose Sperry, Lawrence Sperry et Peter Cooper Hewitt se développe.