Jaulny est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est. Ce village fait partie du parc naturel régional de LorraineMinistère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Décret du 27 janvier 2015 portant renouvellement du classement du parc naturel régional de Lorraine..

Bien que leur gentilé soit « Jaulnois(e)s », les habitants de Jaulny ont coutume de se faire appeler « Jaunottes ».

Géographie alt=|centré|vignette|Fig. 2 - Jaulny (ban communal). Situation vignette|gauche|250px|Vue du viaduc, de la voie ferrée et du Rupt de Mad. Située dans la vallée du Rupt de Mad, Jaulny a été médiatisée principalement grâce au viaduc le plus haut du trajet de la ligne TGV-Est : d’une longueur de , il atteint de hauteur. Celui-ci surplombe un site inscrit comme ZNIEFF, la voie ferrée entre Jaulny et Thiaucourt-Regniéville, ainsi que le ruisseau local, le Rupt de Mad, qui alimente partiellement la ville de Metz en eau potable. Le viaduc possède une pile double spéciale conçue afin d’absorber les efforts engendrés par un possible freinage d’urgence d'une rame.

Accès routier La commune est desservie par la route départementale D 28 provenant de Thiaucourt-Regniéville au sud-ouest et allant vers Rembercourt-sur-Mad au nord-est. Au sud-est, le chemin communal nommé « route de Viéville » rejoint le chemin de Prény au lieu-dit « les Quatre Chemins » avant de continuer vers la commune de Viéville-en-Haye.

Communes limitrophes

Topographie L’altitude minimale de la commune est de et sa maximale est de , pour une moyenne de d’altitude. La mairie est située à d’altitude.

Géologie Le sol est composé d’oolithe miliaire supérieure et d’oolithe à Clypeus, les deux ensembles étant séparés par un banc de calcaire dur à bivalves..

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Rupt de Mad et le Rupt..

Le Rupt de Mad, en provenance de Thiaucourt-Regniéville, traverse en partie la commune du sud-ouest au nord-est en direction de la vallée du Rupt de Mad. D'une longueur de , prend sa source dans la commune de Geville et se jette dans la Moselle à Novéant-sur-Moselle, après avoir traversé . Deux ponts l’enjambent à Jaulny. L’un d’eux est l’unique accès routier au lieu-dit la Pelouse où se situe un camping-caravaning et à l’ancienne carrière de pierre ayant servi dans les années 1960 à la construction du lac de Madine ; elle a par la suite été transformée en parc de jeux dans les années 1980.

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de JaulnyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Rupt de Mad, Esch, Trey ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Rupt de Mad, de l’Esch et du Trey. Le périmètre a été arrêté le 2 juin 2014, la commission locale de l'eau (CLE) a été créée le , puis modifiée le 0. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Parc naturel régional de Lorraine..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nonsard-Lamarche à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Jaulny est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Metz, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (55 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (43,7 %), forêts (40,4 %), zones agricoles hétérogènes (11,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire Gaule romaine et période franque Des fouilles au lieu-dit la Pelouse suggèrent la présence de l’Homme « de la pierre taillée » en 9000 avant notre ère. L'homme aux armes de bronze était également présent en 750 avant notre ère. À l’emplacement actuel se trouvait un village celte de la tribu de Médiomatriques en 200 avant notre ère.

Après 52, les Romains occupaient la région, et une villa gallo-romaine était présente, si on en croit une charte carolingienne datée de 848.

En 848, sous Charles le Chauve, la charte mentionnée ci-dessus cite la villa galliniaga (littéralement la villa de Gallinus) dont certaines parties sont cédées en aumône par Fredal, fils d’Osianna, frère d’Otgulf et son épouse Blitgiane à l’abbaye bénédictine de Gorze, fondée en 751.

Moyen Âge redresse=1.2|vignette|left|Le château fort. On entend parler en 1060 dans la charte de l’abbaye de Saint-Benoît-en-Woëvre d’un chevalier, Milon de Jaulny, un ami parent et vassal des barons d’Apremont. Un premier château fort, sans doute en bois, était peut-être en place à cette période.

En 1206, dans une donation du droit de pâture à l’abbaye de Sainte-Marie-au-Bois, on apprend l’existence d’Hugues de Jaulny. Certaines citations permettent de penser qu’un premier château rudimentaire en pierre, probablement une tour carrée, a remplacé le fort d’origine.

Une transaction de 1330 avec les cisterciens de Saint-Benoît-en-Woëvre sur des rentes de l’abbaye au village, d’une valeur de 40 sous de Metz, de blé et de vin, font mention des enfants de Simon de Jaulny : Simon, Alix et Robin de Jaulny. En 1357, Robin de Jaulny épouse Jeanne des Armoises, fille de Colard des Armoises et de Marie de Chambley. Il donne son tiers de l’alleu de Jaulny à ses beaux-parents contre Boucq. Les Jaulny gardent deux tiers de la seigneurie de Jaulny et le château. Les Armoises sont propriétaires de l’autre tiers. Jaulny est et reste une propriété et non un fief, comme le précise l’acte de 1357 et les écrits ultérieurs de Thierry des Armoises en 1504. Mais les Jaulny sont des vassaux attitrés de Lorraine, alors que les Armoises sont de fidèles feudataires des comtes et ducs de Bar.

Succession des maîtres de Jaulny dans les deux familles entre 1357 et 1457

Période Famille Jaulny Famille Armoises 1357–1368 Simon II de Jaulny Colard des Armoises 1368–1404 Simon III de Jaulny Robert des Armoises 1404–1440 Ferry de Jaulny Simon des Armoises 1440–1457 Simonin II de Jaulny Richard II des Armoises

Simon des Armoises est cousin germain de Robert des Armoises, sire de Tichemont et de Norroy, époux en 1436 de Claude N., connue aussi sous le nom de « Jehanne du Lys, la Pucelle de France », telle que la nomme textuellement une copie tardive datée de 1598 d’un contrat qui aurait été signé en novembre 1436 entre le couple et Colard de Failly, concernant notamment Haraucourt. C’est cette Claude N. que deux frères de la Pucelle de Domrémy auraient reconnue comme leur sœur Jehanne, libératrice d’Orléans. Il s’agit là d’un des fondements tardifs de la thèse dite de la « fausse Jeanne d'Arc », laquelle prend appui sur l’incrédulité réelle qui frappa le peuple et les observateurs au sujet de la mort de la Pucelle, brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431Chronique du Doyen de l'église Saint-Thiébaut de Metz.. Voir à ce sujet le « point de vue élargi » sur Jeanne des Armoises.

De 1457 à 1466, un traité de paix est rédigé entre Simonin II et son fils Ferry II de Jaulny d’une part, et Richard II des Armoises d’autre part. Les gens, les terres et la Justice de Jaulny sont partagés rigoureusement par un compromis d’arbitrage prévoyant notamment une justice tournante entre les deux maîtres.

Renaissance et Face aux affronts quotidiens de Ferry de Jaulny, Thierry des Armoises se débarrasse en 1504 de sa part dans les mains du Duc de Lorraine René II pour barrois. Les Jaulny gardent leurs droits, à savoir deux tiers, pendant que les officiers ducaux administrent l’autre tiers, comme il est rapporté par les titres de vente et les courriers échangés entre les parties. La Terre de Jaulny qui relevait de la Châtellenie lorraine de Prény passe sous l’administration barroise de la prévôté de Lachaussée. Il est probable que la majeure partie du château actuel date de cette époque des . Ceci ne concerne que la maison forte, à distinguer de l’aile ajoutée au . En 1521, Simon de Jaulny s’en prend à l’échevin ducal, Jehan le Trey. Le prévôt de Lachaussée le fait convoquer devant le duc, si on en croit les minutes de l’enquête ducale et déclaration des témoins comme de l'accusé, qui finit sa vie à l’abbaye prémontrée de Sainte-Marie-aux-Bois.