Le Vieux-Tours est un terme générique pour définir un ensemble de quartiers ou bourgs qui se sont réunis au cours du temps pour former le centre historique de la ville de Tours. Les quartiers du Vieux-Tours sont, d'ouest en est : Notre-Dame-la-Riche, Saint-Martin, Saint-Julien, Saint-Gatien, Saint-Pierre-des-Corps.
Le quartier Saint-Gatien est le premier bourg constitué, il correspond à la cité de l'Antiquité tardive de ; il sera le siège du pouvoir politique et épiscopal de la ville. Le quartier Saint-Martin est le deuxième bourg constitué, qui doit son origine au culte de saint Martin : il sera dès le la ville nouvelle, la ville de pèlerinage. Le quartier Saint-Julien est le troisième bourg constitué entre la cité - l'amont - terme plus souvent utilisé dans les documents anciens, opinion citée, Art et société à Tours au début de la renaissance, page 18, et la ville nouvelle - l'aval - terme plus souvent utilisé dans les documents anciens, opinion citée, Art et société à Tours au début de la renaissance, page 19, : du au , le quartier voit l’implantation de nombreux édifices religieux, dont l'abbaye de Saint-Julien.
En 1356, les bourgs Gatien, Martin, Julien sont réunis dans l'enceinte commune, Notre-Dame et Saint-Pierre des faubourgs.
Le Vieux-Tours deviendra l'ensemble le plus touristique de la ville après sa restauration-rénovation commencée au tout début des années 1960, à contre-courant des opérations de démolition-reconstruction dominant en France pour les besoins du relogement après les dommages massifs de la Seconde Guerre mondiale. Le périmètre défini par un plan de sauvegarde mis en place en 1973 a été depuis très sensiblement élargi. Les quartiers anciens délimités par l'enceinte du , comme l'ensemble de la vieille ville historique de Tours d'une surface de , appartiennent au paysage culturel exceptionnel du Val de Loire, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis l'an 2000. Le , le vieux Tours devient un site patrimonial remarquable..
La Grande Rue, axe médiéval et historique qui traverse la vieille ville (actuellement d'ouest en est : les rues Georges-Courteline, du Grand-Marché, du Commerce, Colbert, Albert-Thomas et Blanqui) ainsi que les rues et les places qu'elle rencontre, ont une activité sociale, historique et culturelle importante. Ces espaces publics sont très visités pour leurs nombreuses maisons médiévales, à colombages ou en pierre.
Histoire des quartiers du Vieux-Tours vignette|upright=1.6|
Le quartier Saint-Gatien ou la Cité est le premier noyau constitué qui correspond à un périmètre de , qui va prendre un nouvel essor et se développer dans un à partir du . Vers l’an mil, la Cité est le siège du pouvoir politique et épiscopal de la ville. À l’emplacement de l'amphithéâtre de Tours s’installent les chanoines du cloître Saint-Gatien. Au le château et la cathédrale sont reconstruits à l’initiative du roi Louis IX.
Le quartier Saint-Martin ou Châteauneuf est le deuxième noyau constitué qui doit son origine au culte de l’évêque de Tours, saint Martin, où une basilique est édifiée sur sa tombe à la fin du . Aux et , des édifices religieux se construisent autour de la basilique et un bourg se constitue au début du . Les raids normands du , obligent les chanoines à faire édifier un castrum, l'enceinte de Châteauneuf. Cette enceinte déclenchera la bipolarisation de la ville entre le Châteauneuf et la Cité. Au , une nouvelle basilique Saint-Martin est reconstruite.
vignette|upright=1.6|La Clouaison
Le quartier Saint-Julien est le troisième noyau constitué entre le bourg de la Cité et le bourg de Châteauneuf. Ses principales voies reprennent le tracé de celles du centre de la ville Antique. Le quartier voit l’implantation, du au , de nombreux édifices religieux, dont l'abbaye de Saint-Julien. Le bourg, jusqu’alors peu dense, voit la construction dans le courant du de couvents d’ordres mendiants. En 1356 les bourgs Gatien, Martin, Julien sont réunis dans une enceinte commune la clouaison, les quartiers Notre-Dame-la-Riche et Saint-Pierre-des-Corps ne sont encore que des faubourgs, Tours unifiée vient de naître.
Quartier Notre-Dame-la-Riche vignette| alt=Place de Notre Dame la Riche, 1775|vignette|
Le quartier Notre-Dame-la-Riche est le prolongement du decumanus de vers l’ouest, où vont se constituer les faubourgs médiévaux de la Riche, près du cimetière des chrétiens du Bas-EmpirePierre Audin, Tours, à l'époque gallo-romaine, p. 103 . Ce cimetière, aujourd'hui place Abbé Payon, anciennement place de la Riche, recevra les corps de saint Gatien et saint LidoireSophie Join-Lambert, Tours, éditions Bonneton, 1992, p. 46, dans une basilique construite par ce dernier. Dès le s’établit le prieuré Saint-Médard et sur l'emplacement de la basilique de Lidoire, une nouvelle église Notre-Dame La Pauvre, la future église Notre-Dame-la-Riche. Le quartier au présente une zone peu urbanisée entre quatre établissements religieux : la basilique Saint-Martin à l’est, le prieuré Saint-Éloi au sud et les prieurés Sainte-Anne et Saint-Cosme à l'ouest. Il faut, pour se rendre aux prieurés Saint-Cosme et Sainte-Annehttp://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071221/index.htm, emprunter le pont Sainte-Annehttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071156/index.htm qui franchit le ruau Sainte-Anne, canal de dérivation de la Loire au Cher. Ce ruau Sainte-Anne constitue la limite ouest du quartier Notre-Dame-la-Richehttp://www.ville-lariche.fr/IMG/pdf/panneaux_histoire_bd1-bd-2.pdf LE RUAU SAINT ANNE. En 1356, le quartier devient, à l'ouest, un faubourg de la ville, la porte Notre-Dame-de-la-Riche, qui fait partie de la nouvelle enceinte dite la clouaison, qui est alors la principale sortie de la ville par l’ouest . Les constructions de maisons le long du faubourg se densifient, l’installation de nombreux ouvriers de la soie, dès le troisième quart du , transforme le faubourg en zone industrielle dans laquelle travaillent les maîtres-tisseurs. Le quartier a conservé de cette période des maisons à pignon sur rue, construites aux , très remaniées aux siècles suivants. Dans la deuxième partie du , ordonne la construction d'un boulevard à l'ouest devant l'enceinte commune, près la porte Saint-Simple. Elle deviendra dans cet espace libre le marché aux bleds et la promenade de la Baguenauderie. Au , elle prendra le nom de place d'Aumont, voulu par les Tourangeaux en mémoire de César, marquis d’Aumont, gouverneur de Touraine. Lieu de la guillotine pendant la Révolution - le , Guillaume Le Métayer dit Rochambeau y sera fusillé -, elle sera plus tard la place Gaston-Paillhou.
En 1520, pour améliorer le problème de l'extension de la ville, François ordonne la construction d'une nouvelle enceinte qui ne sera véritablement commencée que par ordre d'Henri IV et terminée en 1690. Ce nouveau rempart englobe le quartier Notre-Dame-la-Riche. L'ancien faubourg devient une partie de la ville mais, par manque de moyens, la partie la plus à l’ouest, le faubourg Sainte-Anne se retrouve extra muros : ce quartier devient alors la « Ville Perdue », s’étendant de la porte de ville Sainte-Anne de la nouvelle enceinte jusqu’au « ruau » Sainte-Anne, c'est aujourd'hui la rue Lamartinehttp://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071527/index.htm. Au sud, le faubourg Saint-Éloihttp://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071224/index.htm est également incorporé à la ville, c'est aujourd'hui la rue Jules-Charpentier.
vignette|
Dès le début de la Contre-Réforme, de nouvelles congrégations religieuses s'établissent dans le quartier. Sur un terrain donné par Diane de France, le couvent des Récollets est construit en 1621 sous la protection d'Anne d'Autriche ; il se trouve toujours aujourd'hui au 20ter rue Rouget-de-l'Islehttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071200/index.htm . Marie de Bragelongne, épouse de Claude Bouthillier de Chavigny et mère de Léon Bouthillier, reçoit de Louis XIII par lettres patentes le droit de création d'un couvent des Capucines rue de la Bourde en 1623. Un grand bâtiment de brique et de pierre du début du au rue de la Bourde et un très grand porche en pierre du au place Gaston-Paillhou en sont les seules souvenirs. Dès 1643, les annonciades ou le couvent Notre-Dame de la Charité du Refuge se construit entre les rues Georges-Courteline, Jean-Macé et Rouget-de-l'Isle, formant un des plus vastes enclos religieux de la ville de Tours. Vendu en , une partie de l'ancien couvent aujourd'hui au rue Georges Courteline est devenu loge maçonniquehttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071201/index.htm. Construit de 1545 à 1650 à l'extérieur de l'enceinte de la ville, le couvent de la Charité Saint-Roch ou l'Hôpital général de la Charitéhttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071355/index.htm est aujourd'hui l'hôpital Bretonneau.
Au milieu du , l’enceinte du , déjà obsolète, est aménagée en promenade, et les deux parties de l'ancien faubourg Notre-Dame-la-Riche et Sainte-Anne sont réunies à la suite du percement du rempart en 1752. La Révolution transforme la ville de Tours en commune ; le faubourg Sainte-Anne est intégré administrativement à la ville par décret impérial du .
Dès 1790, la place d’Aumont s'agrandit au nord par la suppression de l'église Saint-Simple, aujourd'hui 18 place Gaston-Paillhou http://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071217/index.htm ; la ville achète en 1792 l'église Saint-Clément pour servir de halle aux blés http://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071207/index.htm. Dans la première moitié du , le conseil municipal lance plusieurs projets de réunion entre la halle (ancienne église) et la place d'Aumont. C'est en 1863 que le projet est réalisé par la construction sur le modèle des Halles de Paris de deux halles en pavillon d'architecture métallique par Gustave Guérinhttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071141/index.htm. Les places d'Aumont et des Halles forment une même place avec deux noms. En 1883, l'église Saint-Clément est démolie pour agrandir les Halles.. Par une délibération du , la place d'Aumont prend le nom de place Gaston-Paillhou ; les pavillons seront remplacés en 1976 par la halle actuelle. La construction en 1845 d’un quartier de cavalerie au nord à l’emplacement de l’ancien mail Preuilly contribue à l’animation du quartier et dynamise son activité commercialeTours 1992, éditions Bonnetons, page 166, , et l'ancien ruau Sainte-Anne est transformé en jardin botanique. Jouxtant le quartier de cavalerie devenu la caserne Lasalle., le champ de Mars à l'est sert de terrain d’entraînement militaire, mais aussi de foire à bestiauxTours 1992, éditions Bonnetons, page 163, . Au sud, entre les rues de la Bourde, faubourg Saint-Éloi, aujourd'hui rue Jules-Charpentier, une cité ouvrière se structure. De 1867 à 1873, la cité de la maison Mame est construite par l'architecte Henri Racine, composées d'un ensemble en pierre et brique de 62 maisons individuelles, autour d'une place centralehttp://www2.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR24/IA00071407/index.htm .
Le quartier Notre-Dame-La-Riche peut se diviser en deux secteurs, le secteur nord délimité par la rue de la Victoire, le boulevard Preuilly, la rue Léon-Boyer et le front nord de la rue Rouget-de-Lisle, le secteur sud délimité par le front sud de la rue Rouget-de-Lisle, la place des Halles de Tours, le boulevard Béranger et la rue Léon-Boyer.
Quartier Saint-Martin vignette|upright=1.4| vignette|