Alain Guy Lipiec dit Lipietz, né le à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), est un homme politique et économisteBibliographie académique d'Alain Lipietz. français, membre du parti écologiste Europe Écologie Les Verts (EELV).
Biographie Études et vie privée Alain Lipietz, est le fils de Georges Lipietz et de Colette Geuinlé, et le frère aîné d'Hélène Lipietz, femme politique également membre d'EELV.
Il est ancien élève de l'École polytechnique (promotion 1966), diplômé de l'École nationale des ponts et chaussées (promotion 1971) et d'études supérieures en économie de l'université Panthéon-Sorbonne (1972).
Il épouse en 1968 Geneviève Deschamps dont il a deux filles. Après leur séparation, il vit de 1975 à 2008 avec l'écologiste et écrivaine Francine Comte puis, après le décès de celle-ci, avec l'écologiste Natalie GandaisLucile Métout, Villejuif : Lipietz et Gandais définitivement condamnés pour diffamation, leparisien.fr, 24 février 2017.
Recherches Ingénieur en chef des ponts et chaussées, il opte pour la recherche en devenant ingénieur économiste à l'Institut de recherche des transports (1971-1973), puis chercheur au Centre d'étude prospective d'économie mathématique appliquée à la planification, et directeur de recherche au CNRS (1988-2002). Il enseigne l'économie à l'École nationale supérieure des beaux-arts (1975-1976) et au Centre d'études des programmes économiques (1979-1982), puis aux universités de Paris , et (1985-1992).
Alain Lipietz consacre essentiellement ses activités de recherche à l'analyse des rapports socio-économiques au sein des communautés humaines, et entre celles-ci et leur espace, aux niveaux urbain, régional, national, et international. Mais il contribue aussi sur la macroéconomie et la théorie quantitative de la monnaie et de l’inflation dans le cadre de la « théorie de la régulation »., avec quelques contributions en économie mathématique, essentiellement dans le domaine de la formalisation algébrique de la théorie économique marxisteListe d'articles sur l'économie générale et mathématique, sur le site lipietz.net..
Dans les années 1980, il popularise le terme de « post-fordisme »..
Il a rédigé la synthèse d’une étude mondiale sur les rapports capital-travail pour le compte de l’Université des Nations unies, et coordonné une étude sur les positions des différents pays du monde dans la Conférence des Nations unies pour l’environnement et le développement de Rio en 1992, pour le compte de l’UNESCO.
Cette orientation se reflète dans son engagement civique pour l’écologie politique et une série de livres critiques et propositionnels de politique économique, sociale et écologique.
À la demande de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry, il organise en 1999 une consultation nationale de responsables du secteur associatif et coopératif, et en tire un rapport intitulé « Pour le Tiers secteur. L’économie sociale et solidaire : pourquoi, comment ».
En France, il a été nommé membre de la Commission française du développement durable (2000-2003), du Comité consultatif de l'économie sociale, du conseil d’établissement du Collège de France, du Conseil d'analyse économique créé par le Premier ministre Lionel Jospin (-2002), et du Haut conseil à la coopération internationale ( à ).
Il a été l'un des parrains de la revue La Jeune-République.
Du rouge au vert
Militant des comités d'action de l'École polytechnique et du théâtre de l'Épée de Bois en Mai 68, puis membre du PSU de 1968 à 1971, où il est rapporteur de la commission Cadre de vie, Alain Lipietz anime une tendance gramsciste-maoïste, la Gauche ouvrière et paysanne (GOP), qui sera exclue du PSU et connaîtra quelques années d'existence avant de fusionner avec Révolution ! dans l'Organisation communiste des travailleurs (OCT). Durant sa brève existence, la GOP apporta un soutien actif à la lutte des paysans du Larzac et des ouvriers de Lip.
Dès 1971, il participe activement à l'aventure de la revue L'Outil des travailleurs lancée par des militants de la GOP.
Il est l’un des principaux organisateurs des marches sur le Larzac. De 1978 à 1983, il anime la revue Partis pris, tout en collaborant à d'autres journaux tels que Le Monde diplomatique ou Les Temps modernes.
Invité à conduire la liste des Verts aux législatives de 1986 en Seine-Saint-Denis, il rejoint ce parti en 1988. Il en est élu porte-parole de 1997 à 1999.
Après avoir été élu conseiller régional d'Île-de-France en 1992 et conseiller municipal de Villejuif en 1995, il est élu député européen lors des élections européennes de 1999.
Lors des primaires internes aux Verts en 2001, il est élu le pour représenter le parti lors de la présidentielle de 2002, mais il est finalement remplacé pour ce scrutin par Noël Mamère le à la suite, selon lui, d'une prise de position controversée sur l'amnistie des nationalistes corses.. Selon Acrimed, il avait également été sévèrement attaqué par les grands médias, « qui le trouvaient trop radical et trop écologiste ».
Tête de liste des Verts en Île-de-France pour les européennes de 2004, il est réélu député européen, sa liste obtenant 7,6 %.
S’estimant incapable d’apporter des réponses convaincantes aux problèmes de la société française, il renonce à faire acte de candidature pour la présidentielle de 2007Réflexions sur l’élection présidentielle 2007, lettre aux Verts. et apporte un soutien actif à la candidate choisie par son parti, Dominique Voynet..
Au cours des années 2002-2003, il figure parmi une douzaine de personnalités menacées de mort par un certain Raphaël-Guy Schoemann en raison de leur engagement pour les droits des PalestiniensDéclaration au procès de Raphaël Schoemann, Palais de justice, Paris, ..
En 2005, il signe l'appel des Indigènes de la République qui développe une thèse attribuant aux séquelles du colonialisme le racisme anti-immigrés en France.
En 2006, avec sa sœur Hélène Lipietz, conseillère régionale verte d’Île-de-France, il se lance dans la défense et l'illustration du jugement du tribunal administratif de Toulouse en faveur de son père et de son oncle contre l’État et la SNCFDossier de l’affaire, sur le site d'Alain Lipietz., pour leur arrestation comme présumés juifs et leur transfert à DrancyArticles d'Alain et Hélène Lipietz au sujet de ce procès et de ses suites..
Il est chroniqueur de l’hebdomadaire Politis.
Député européen Élu au Parlement européen en , il est membre de la Commission économique et monétaireCommission économique et monétaire. et suppléant à la Commission emploi et affaires socialesCommission emploi et affaires sociales. de ce parlement. Il participe aux intergroupes « Tiers secteur », « OMC » et « Initiatives pour la paix », et est membre de la délégation parlementaire auprès de l’Amérique du Sud et du Mercosur. Réélu en 2004, il préside la délégation pour les relations avec les pays de la Communauté andineDélégation pour les relations avec les pays de la Communauté andine.. Il est également membre de la Commission du commerce internationalCommission du commerce international. et de la Commission des affaires juridiquesCommission des affaires juridiques., membre suppléant de la Commission des affaires économiques et monétairesCommission des affaires économiques et monétaires., et de la délégation pour les relations avec le Mercosurdélégation pour les relations avec le Mercosur.. Il est président de l’intergroupe « Commerce international et développement soutenable » et vice-président de l’assemblée parlementaire Europe-Amérique latineEUROLAT..
Dans ses fonctions de diplomatie parlementaire vis-à-vis de l’Amérique latine, il tente d'œuvrer à la libération d'Íngrid Betancourt et de tous les otages retenus en Colombie, ainsi qu’à améliorer l’accord d’association entre l’Union européenne et la Communauté andine. En association avec la revue Mouvements, il prend l’initiative de deux colloques internationaux, sur l’Amérique latine. et sur la justice transitionnelle..
De par sa formation initiale, il se spécialise, dans son activité de législateur, sur des questions relativement techniques mais aux conséquences collectives importantes : réorientation de la politique de la Banque européenne d'investissement, supervision et règles prudentielles des conglomérats financiers, responsabilité civile des entreprises en matière environnementale, inclusion de l’aviation civile dans le quota européen des gaz à effet de serre, soutenabilité écologique du commerce international, création de l’Agence européenne de l’énergie, etc.
En 2004-2005, il prend, à l'instar de Michel Rocard et de Daniel Cohn-Bendit, une part active dans la fronde contre la brevetabilité illimitée des logiciels soutenue depuis plusieurs années par l'Office européen des brevets. Alors que le Conseil de l'Union européenne et la commission européenne désirent légaliser cette pratique par la directive européenne sur les inventions mises en œuvre par ordinateur, Alain Lipietz joue un rôle de liant entre les revendications des petites entreprises réunies au sein de l'Association pour une infrastructure de l'information libre et les partisans des logiciels libres d'une part, et les eurodéputés d'autre part. Le , le Parlement européen rejette très nettement le projet de directive en seconde lecture, après avoir constaté que le Conseil de l'Union européenne n'avait tenu aucun compte de ses amendements votés lors de la première lecture en Brevetabilité des inventions mises en œuvre par ordinateur — texte adopté par le Parlement européen en première lecture en . et visant à encadrer la brevetabilité du logiciel.
Il participe aux manifestations des « faucheurs volontaires » dans le combat contre les OGM, et organise plusieurs colloques contre les excès des agrocarburantsVoir « Les arbres du mal », Politis , , et le colloque « La querelle des agrocarburants », sur le site d'Alain Lipietz..
Il s'engage fortement en faveur du traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE).. Il inscrit ce choix dans le prolongement de son combat politique contre les quatre traités précédents., combat conduit au nom de l'Europe politique et fédéraleVoir ses critiques sur l'Acte unique (L’acte unique contre l’Europe, L’Expansion, 1988), le Traité de Maastricht (Contre Maastricht parce que pour l'Europe, Silence , ), le Traité d'Amsterdam (Message urgent pour Dominique Voynet : ne pas ratifier le traité d'Amsterdam - ) et le Traité de Nice (« Sur le traité de Nice - le vrai fiasco de la présidence française », Le Monde, ..
Prenant acte du rejet du TCE par la France et les Pays-Bas., il propose aux partisans du « non » de s’atteler, en particulier au Parlement européen, à sauver les avancées qu’il apportait à ses yeux, et notamment la loi européenne sur les services publics dans l'Union européenne prévue par l'article 122 du TCE« La concurrence et les services publics dans le TCE », , sur le site d'Alain Lipietz..
Il soutient le traité de Lisbonne en tant qu’avancée vers l’Europe politique par rapport aux traités existants, tout en soulignant les reculs qu’il représente selon lui par rapport au TCE..
Lors de la législature 2004-2009, Alain Lipietz a été présent à près de 84 % des sessions du Parlement européen ( sur 298)VoteWatch, statistiques des votes d'Alain Lipietz.. Plus de 97 % des ( sur ) concordent avec le vote majoritaire de son groupe parlementaire, Groupe des Verts/Alliance libre européenne. Il a voté en accord avec la majorité des autres députés européens français près de 73 % des fois.
Entre 2009 et 2020 vignette|upright|Intervention d'Alain Lipietz au Festival international de géographie en 2010.