Le Musée de Sens se situe dans la ville de Sens dans le département français de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté. Créé au milieu du , il accueille aujourd'hui une vaste collection d'objets et d'œuvres de toutes les époques. Le musée accueille notamment les collections de la Société archéologique de Sens, mais aussi diverses donations (dont celle de la famille Marrey) ainsi que le Trésor de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.
Depuis 1985, le musée prend place dans l'ancien palais des archevêques de Sens, qui jouxte la cathédrale et le palais synodal, lieu de l'exercice du pouvoir épiscopal, en particulier judiciaire, jusqu'à la Révolution française. Les évêques et archevêques ont alors droit de justice, sur les membres du clergé et sur la société civile.
Le musée a rouvert ses portes le 24 janvier 2026, avec un parcours de visite renouvelé.
Historique Le musée s'est originellement installé vers 1844 dans l'ancienne mairie de Sens, à l'hôtel Vezou. Il regroupait initialement une série d'œuvres issues des saisies révolutionnaires et d'une donation faite par Alfred Lorne, un notable de la ville. Dans le même temps, la Société archéologique de Sens est fondée pour veiller à la sauvegarde et à l’étude des blocs gallo-romains découverts suite au démantèlement des anciens remparts de Sens.
Les collections se développant, il devient nécessaire d'agrandir l'hôtel Vezou et une nouvelle aile est construite et inaugurée en 1891. Elle offre au rez-de-chaussée une grande salle de lapidaire gallo-romain et au premier étage, une galerie pour les peintures ainsi qu'une salle consacrée à l'archéologie et à l’histoire naturelle.
En 1903, avec le déménagement de la mairie, le musée peut s'étendre. Ce qui lui permet d'accueillir de nouveaux objets. En 1950, grâce à une donation d'Augusta Hure le musée ouvre une section dédiée à la préhistoire.
En 1985, le musée déménage dans l'ancien palais des Archevêques (classé monument historique). Ce dernier regroupe désormais le trésor de la cathédrale de Sens, le palais synodal et les collections de la Société archéologique de Sens.
Les collections du musée Le musée comprend : une statue de la déesse Epona. une grande salle de lapidaire gallo-romain une salle consacrée à l'archéologie et l'histoire naturelle avec les collections pré- et protohistoriques enrichies régulièrement par les découvertes archéologiques dans la maison danubienne de Charmoy ou les structures funéraires monumentales de Passy (Yonne). le trésor de Villethierry comportant 847 bijoux de l'âge du bronze le trésor de Saint-Denis-lès-Sens composé de 242 monnaies gauloises en or (volé en juin 2012) la collection de Lucien et Fernande Marrey, comprenant des meubles conçus par le ferronnier d'art Raymond Subes (1891-1970) et des céramiques de Jean Mayodon (1893-1967) des peintures flamandes et hollandaises de Pieter Brueghel le Jeune ou Abel Grimmer des sculptures médiévales deux bronzes de Rodin une grande toile de Louis Joseph Watteau nommée "La visite à la ferme" des peintures allant du (Guido Reni, Louis Cretey, Delorme, Georges-Antoine Rochegrosse), ainsi que des œuvres contemporaines d'artistes de la région. le trésor de la cathédrale de Sens, constitué de la chapelle privée des archevêques, de l'ancien "Trésor d'en haut" et de la tribune (donnant sur le chœur de la cathédrale). Il renferme des collections célèbres, dont les tissus anciens constituent le fonds le plus original avec des étoffes persanes et byzantines (suaires de saint Siviard, sainte Colombe et saint Loup) et des vêtements liturgiques (chasuble de saint Ebbon, vêtements sacerdotaux de Thomas Becket. et de saint Edme).
Les collections protohistoriques L'ensemble d’œuvres le plus important pour le parcours préhistorique du musée est le « Trésor de Villethierry ».
Il s'agit d'un pot contenant des épingles de bronze, retrouvé en juin 1969 par hasard quand un maître d'école demanda à chaque élève de sa classe d'amener des objets anciens de l'époque de leurs grands-parents. L'un d'entre eux amena quelques épingles inédites. Intrigué, le professeur lui demanda où il avait trouvé ces épingles. L'élève lui dit que cela venait de son grand-père (M. Letteron) qui, en labourant ses champs de betteraves, trouva ces épingles - ce qui l'énervait puisqu'elles trouaient les pneus de son tracteur. Le professeur montra cette pièce intrigante à un archéologue, qui se rendit compte de sa valeur ; des recherches plus poussées furent effectuées. En tout, 488 pièces uniques en leur genre, chacune gravé d'un dessin différent au bout de leur tête (des cercles principalement) ; elles sont gravées à l'aide d'un tour, à une époque (environ ans ) où cette technique était encore inconnue dans la céramique. C'est ce qui lui donne autant de valeur. Outre ces 488 épingles, le trésor comprend 22 fibules, 41 pendentifs, 71 bracelets, 244 bagues et 1 pincetteAnne de Narbonne, Lydwine Saulnier-Pernuit (conservateur des musées) et Bernard Pernuit, Musées - Trésor de la Cathédrale, éditions régionales (cidev s.a), 46 pages, p.16.
Collections gallo-romaines Les stèles funéraires La salle est située dans les souterrains du musée de Sens. Elle se compose d'une quarantaine de stèles entières, d'une dizaine de fragments de stèles et d'épitaphes.
Les stèles sont creusées en niche et figurent un ou plusieurs défunts sur leur face principale, représentés en pied. Bien que la plupart des stèles affichent la condition sociale du défunt, certains font aussi référence à son métier. La dignité du défunt ne repose pas uniquement sur l'affichage d'une haute fonction politique ou d'un statut juridique prestigieux.
Stèles des Époux âgés : Cette stèle est un grand monument funéraire élevé en l'honneur de deux époux. La défunte tient dans sa main droite une mappa et dans sa main gauche peut-être un vase à parfum. Le défunt semble tenir un objet qu'il déroule, peut-être un volumen ou une mappa. Tous deux sont vêtus d'une tunique et d'un manteau d'apparence finement tissés. Leur âge est figuré par la présence de rides aux commissures des lèvres (femme) et sur leur front. Sur chaque face latérale de la stèle, deux niches superposées présentent des personnages féminins tenant des objets pour la toilette (serviette et coffret).
Stèle de Bellicus : Le défunt est représenté sous les traits d'un très jeune homme. Debout avec un marteau, il s'apprête à forger une bande de métal sur une enclume. Derrière lui, dans le fond de la niche, sont suspendus ses outils. À ses pieds, un chien tient un lièvre en arrêt. Sur le haut de cette stèle est écrit « D.M MEMOR BELLICCI BELLATOR... », ce qui signifie "Au dieux et à la mémoire de Bellicus fils de Bellador".
Les sculptures Louis-Ernest Barrias, buste d'Amédée Dechambre, plâtre, 1885Musée de Sens, Louis-Ernest Barrias dans les collections. des sculptures médiévales deux bronzes de Rodin
Les peintures
Guido Reni Louis Cretey, Louis Joseph Watteau, La visite à la ferme Antoine Vestier, La harpiste Attribué à Jacques-Louis David, Jupiter et Antiope Louis Hersent Pierre Claude François Delorme Georges-Antoine Rochegrosse
Trésor de Sens Le trésor de la cathédrale de Sens se trouve dans le musée de Sens, conservé dans un ensemble de salles accolé à la cathédrale, dont on peut voir l'intérieur depuis une grande fenêtre. Il inclut étoffes anciennes, reliquaire d'orfèvrerie, coffret d'ivoire, vases précieux, livres...
La Sainte Châsse, d'ivoire, d'émaux champlevés sur cuivre doré est destinée à contenir la couronne du Roi. C'est un coffre luxueux et de grande taille, rare pour un objet fait à base de défenses d'éléphant au Moyen Âge. La Sainte Châsse fut probablement fabriquée dans l'Empire byzantin au . Ce trésor est l'un des éléments les plus précieux et importants de la Salle du TrésorLe trésor de la cathédrale Saint-Étienne de Sens : une approche historiographique, vol. 2, planche 71 : Le coffret dit « La Sainte Châsse ».
La croix reliquaire de la « Vraie croix » est faite d'argent, de vermeil (argent doré), de pierres, de perles et de perles de verre. Elle a été fabriquée par l'orfèvre Poussielgue-Rusand en 1873Le trésor de la Cathédrale Saint-Étienne de Sens : une approche historiographique, volume 2, Planche 45 : Fig.1 « Reliquaire de Sainte Croix ».
La Sainte Coupe est une orfèvrerie argentée et dorée, ciselée, à motifs, fondue et soudée. Ce vase sacré est une double coupe d'argent doré complété d'un pied en doucine, adapté en couvercle avec une tige, elle aussi en doucine. Cette coupe remarquable est un emblème du Trésor. Elle aurait été réalisée en Angleterre, dans la seconde moitié du . Elle a été inscrite dans l'inventaire du Trésor en 1446. Au-dessus de la Sainte Coupe se trouve le pavillon de celle-ci ; ce dernier est de cuivre argenté, symbolisant le ciel. Il date du et vient probablement d'une autre égliseLe trésor de la cathédrale Saint-Étienne de Sens : une approche historiographique, vol. 2, planche 33, fig. 1 : art « orfèvrerie », la Sainte Coupe du trésor de la cathédrale de Sens..
La Sainte Couronne ou Couronne du Christ est la couronne d'épine, posée sur la tête du Christ avant sa crucifixion, évoqué par les premiers Pères de l'Église comme Clément d'Alexandrie ou Origène. Faisant partie des reliques attribuées à Jésus, elle devient un symbole chrétien important et notamment une des reliques de la Sainte-Chapelle. Le , elle fit une entrée solennellement à Villeneuve-l'Archevêque (alors en Champagne) accompagnée du roi de France Saint Louis, de son frère Robert Ier d'Artois et de leur mère Blanche de Castille. Le 11 août eut lieu l'office de Sens car l'archevêque de Sens portrait le titre de « Primat des Gaules et de Germanie », Paris dépendant de l’Église métropolitaine de Sens. Le trésor abrite une partie de la couronne d'épines donnée par saint LouisChiara Mercui, Saint Louis et la couronne d'épines : histoire d'une relique à la sainte-chapelle, Riveneuve, 2011, 212 p..
La vitrine d'orfèvrerie contient plusieurs croix (dont la croix reliquaire provenant de l'abbaye de Pontigny dans l'Yonne, argentée et dorée, avec pierres et de filigranes, du ), une couverture de livre de luxe, des crosses, des pyxides, des châsses, des anneaux pastoraux, deux éléments d'agrafes tréflés, des fibules, des chandeliers, des plats, des calices et un bénitier portatif.
La vitrine d'émaux (religieux) possède des plaques en émail représentant des profils de personnes importantes (empereurs, saints et vierges) ou des événements importants datant du .
La vitrine contenant la collection de l'abbé Georges Brillot possède des crucifix, des calices et une patère, datant de 1889 à 2001.
Tapisserie des Trois couronnements
Elle est composée de matières rares, comme la soie (dont le transport depuis la Chine coûtait très cher) ainsi que de fil d'or et d'argent. Elle fut probablement réalisée entre 1476 et 1488 dans un atelier de Bruxelles. C'est une commande faite par la famille de Bourbon plus précisément le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Lyon. À sa mort, en 1488, la tapisserie fut donnée au trésor de Sens par Louis de Bourbon, archevêque de Sens.
L'œuvre est faite en forme de croix, avec au centre la représentation de la Vierge lors de son couronnement, accompagnée de Jésus et de son Père, ainsi que du symbole de la colombe qui représente la pureté religieuse et relie les deux visages masculins. Ces personnages sont contenus dans une forme ovale appelée mandorle. Elle est colorée de rouge et de bleu et parée d'anges avec des visages différents. Ils accentuent le côté sacré de la Trinité. On peut apercevoir en bas de cette mandorle le blason de la famille de Bourbon, que l'on reconnaît grâce aux trois fleurs de lys de la famille royale.