Louis-Auguste Camus de Richemont, né le à Montmarault dans la province du Bourbonnais et mort le à Charrin en France, est un général français de l’Empire et un homme politique français.

Biographie

La Révolution française, Nicopolis

Louis-Auguste Camus entre à huit ans à l'école militaire d'Effiat. Il en sort en 1786. Un de ses condisciples célèbres est le futur général Desaix. Entré au service actif, il prend part comme officier du génie à diverses campagnes sur le Rhin, en Suisse et en Italie.

Capitaine depuis 1795, il est fait prisonnier lors de la bataille de Nicopolis en 1798 et emmené à Constantinople. Il ne recouvre la liberté qu'en 1801.

Les Indes, la Russie et la campagne d'Allemagne

De retour en France, son mérite et sa capacité sont connus. Il est chargé d'une importante mission dans les mers de l'Inde : il s'agissait d'étudier les moyens d'y résister à la Grande-Bretagne. Il va au-delà du cap de Bonne-Espérance étudier les moyens de défense des possessions de la France et de ses alliés. Après avoir séjourné à l’île de France et à Java, et après avoir payé par des maladies graves un tribut à l’influence funeste de ces climats, il est nommé colonel. De retour en Europe sur un navire brêmois qui, malgré sa neutralité, est saisi par un croiseur anglais. Il faut à l’officier français rester quelque temps captif, mais il peut revoir la France, et il remet à l’Empereur un mémoire très bien fait, très instructif sur les moyens de résister à la Grande-Bretagne dans les mers de l’Inde. Il n’y a d’ailleurs plus rien à faire de ce côté, et Napoléon rendant justice à Richement, s’empresse de l’utiliser sur un autre théâtre.

Il l’envoie ensuite en Prusse et en Pologne, afin de présider aux préparatifs de l'expédition de Russie. Il organise avec autant de prévoyance que d’activité les approvisionnements, les moyens de transport que réclame cette gigantesque entreprise.

Après les désastres de la retraite de 1812, il se renferme dans Dantzig avec les débris de plusieurs corps d’armée, et durant un an entier, bravant les privations, les ravages d’une épidémie meurtrière, les attaques continuelles des assiégeants, il seconde le général Rapp dans une défense des plus opiniâtres. Le manque de vivres, la certitude de ne pas être secourue, puisque les Français évacuent l’Allemagne, forcent enfin la brave garnison de Dantzig à capituler. Elle devait rester libre, mais les Russes violent la convention. Richemont et ses compagnons sont prisonniers de guerre. La paix vient d’ailleurs lui permettre presque aussitôt de revenir dans sa patrie.

Les Cent-Jours et les deux Restaurations

Nommé maréchal de camp à la Première Restauration, il reçoit de Louis XVIII le commandement de l'École royale de Saint-Cyr. Après le retour de l'île d'Elbe, Richemont fidèle à ses sympathies, offre son épée à contre la septième Coalition étrangère. Il prend pendant les Cent-Jours, le commandement du génie du corps de l'armée du Nord avec l'inspection des forteresses de la frontière. Le collège de département de l'Allier l'a élu le , représentant à la ChambrePar 51 voix sur 83 votants et 248 inscrits. Il ne se trouve pas à Waterloo, étant occupé à inspecter les forteresses de la frontière.

Carrière politique

La seconde Restauration met Camus de Richemont en demi-solde. Il se retire alors dans son département d'origine et vécut en dehors des affaires publiques jusqu'au , époque à laquelle il rentre dans la vie parlementaire comme député du de l'Allier (Montluçon)Avec 161 voix sur 256 votants et 343 inscrits contre M. Aupetit-Durand71 voix, député sortant. Élu par les libéraux constitutionnels, il siége au côté gauche et est des 221. Il est réélu le Par 207 voix sur 299 votants et 358 inscrits contre M. de Chevenon de Bigny87 voix, ancien député.

La monarchie de Juillet, dont il se déclare le partisan, le replace à la tête de l'école de Saint-Cyr. Il est également nommé le , conseiller d'État en service extraordinaire jusqu'en 1845. Il doit alors se soumettre à la réélection le , et son mandat lui est confirméPar 234 voix sur 238 votants et 386 inscrits.

Successivement réélu le , par le de l'Allier (Montluçon)Avec 95 voix sur 173 votants et 260 inscrits, contre Charles Gilbert Tourret74 voix, de l'opposition démocratique ; puis le Avec 126 voix sur 217 votants et 311 inscrits, contre M. Tourret73 voix, Camus de Richemont vote généralement avec la majorité conservatrice. Il observe cependant une attitude indépendante sur la politique extérieure, étant l'adversaire du système de avec l'Angleterre. Il développe ses vues dans plusieurs brochures. Ses divers écrits sur les objets qui furent successivement à l’ordre du jour, tels que les fortifications de Paris et la question d’Orient.

Le général de Richemont meurt le à un âge fort avancé et est inhumé à Montmarault, où il est né.

État de service Lieutenant () ; Capitaine () ; Chef de bataillon () ; colonel () ; Directeur des fortifications à Brest ( - ) ; Commandant de l'École royale de Saint-Cyr ( - ) ; maréchal de camp ( (confirmé (Cent-Jours)) ; commandant du génie du corps de l'armée du Nord ( - ) ; mis en non-activité () ; mis en disponibilité ( - ) ; admis en retraite () ; commandant de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr ( - ) ; réadmis en retraite () ; placé dans la section de réserve ().

Titres Baron de Richemont (lettres patentes du (première Restauration)).

Décorations Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Officier (), puis, Commandeur (), puis, Grand officier de la Légion d'honneur () ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : Chevalier de Saint-Louis ().

Autres fonctions Député de l'arrondissement de Montluçon (Allier) : À la Chambre des Cent-Jours ( - ) ; À la Chambre des députés ( - 1837) ; Conseiller d'État en service extraordinaire ( - 1845).

Hommages Un portrait a été conservé jusqu'à nos jours par un de ses parents au manoir de Saint-Hubert, à Chavenon dans l'Allier ; La caserne Richemont de Montluçon a été nommée en son honneur.

Publications Le général Camus de Richemont laissa plusieurs écrits sur des questions militaires, ainsi que des Mémoires que sa famille a publiés après sa mort. On a de lui :

Poésies diverses (tirés à 50 exemplaires), de l'imprimerie d'Ancelle, Évreux, 1829, in-8 ; Du gouvernement constitutionnel et du refus de l'impôt, éditions Charles-Béchet, [elaunay, Paris V, 1830, in-8 de 64 p. ; Il a été publié une brochure en réponse à cet écrit, sous le titre de Lettre sur le refus de l'impôt à M. de Richemond, par A. Ricard, ancien soldat, avant servi sous les ordres de ce général. Paris, 1830, in-8 ; Nouvelles mémoires politiques, Levavasseur, Paris, 1830, in-8 ; Discours (Session de 1831), Imprimerie de Cosson, Paris, , in-8 de 40 p. ; De l'École militaire spéciale de Saint-Cyr, Paris, Levavasseur, 1833, in-8 de 48 p. ;

De la question d'Orient et du traité de Londres du 15 juillet 1840.

Vie familiale Louis Auguste était le fils de Claude Jean François Camus de Richemont (né le à Montmarault et mort le au même lieu), sieur de Richemont (en la paroisse de Bizeneuille, Allier) et de Petit-Bord, avocat en parlement, conseiller du roi et procureur en la maîtrise des Eaux et forêts de Montmaraud, correspondant de l'Assemblée provinciale (1780-1781), membre de l'Assemblée provinciale du Bourbonnais pour le tiers état (1788), président du Tribunal de district (1792), membre du conseil municipal de Montmarault (1800), et de Claudine Éléonore de la Poix de Fréminville (1749-1835).

Aîné de six enfants, le baron Christophe François Camus, général de brigade, était son frère.

Louis Auguste épousa en Marie Guyonnet.

Armoiries Il s'agit là des armes de son frère, Christian François Camus, baron de l'Empire

Annexes Bibliographie , voir l'article ; , passage CAMBIS-DORSAN_CANAPLE ;

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Génie militaire ; Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Ordre de bataille de la Grande Armée pendant la campagne de Russie ; École spéciale militaire de Saint-Cyr ; Liste des commandants de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr ; Arrondissement de Montluçon ; Chambre des représentants (France) ; Chambre des députés (Restauration) ; Chambre des députés (Monarchie de Juillet) ; Adresse des 221 ; Entente cordiale ; Conseil d'État (France) ; Conseiller d'État (France).

Liens externes

Service historique de la Défense – Château de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Cote : 8 Yd 1 714. CAMUS de RICHEMONT Louis Auguste sur thierry.pouliquen.free.fr

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