Johnson & Johnson est une entreprise pharmaceutique américaine fondée en 1886. Elle produit du matériel pharmaceutique et médical, et fournit également des services connexes aux consommateurs ainsi qu'aux professionnels de santé.

Le siège social de la société est établi à New Brunswick, dans l’État du New Jersey. L’entreprise, qui possède 250 filiales, est présente dans 60 pays à travers le monde. Ses produits sont commercialisés dans plus de 175 paysSite officiel de Johnson & Johnson Canada. Le capital boursier de cette entreprise entre dans la composition du Dow Jones et cette société est recensée dans le « Fortune 500 »Classement de 2008 : place au classement général, place dans l'industrie pharmaceutique (devant Pfizer)..

Johnson & Johnson possède de nombreuses marques de médicaments et de fournitures de premier secours. Ses principaux concurrents sont Abbvie, GlaxoSmithKline, Pfizer et Procter & Gamble.

Histoire Débuts vignette|Robert Wood Johnson I (1845-1910). vignette|Joseph Lister (1827-1912).

En 1864, Robert Wood Johnson part travailler à New York pour Roushton & Aspinwall. Il y rencontre alors George J. Seabury et ensemble ils décident de se lancer eux-mêmes dans les affaires sous le nom de Seabury & Johnson. Mais les relations entre les deux partenaires n'étaient pas toujours au beau fixe : ils se querellaient, en particulier au sujet de l'utilisation des bénéfices de la firme. La querelle ne s'arrangea pas lorsque Seabury fit embaucher son frère cadet, ce qui servit d'argument pour Johnson afin de faire de même avec son frère Edward en 1876, puis James en 1878. Seabury s'inquiétait alors de perdre sa place si l'ensemble de la fratrie Johnson (cinq frères au total) venait à entrer dans l'entreprise.

L'histoire de la firme Johnson & Johnson commence en 1876, alors que Robert Wood Johnson assiste à une conférence de Joseph Lister, alors en visite aux États-Unis, sur les bienfaits des antiseptiques pour les opérations chirurgicales. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, Robert Wood Johnson n'a jamais remis en question les travaux de Lister. Convaincu dès 1876, il mûrit pendant plusieurs années l'idée d'une application pratique à la découverte du chirurgien.

Après avoir écouté Joseph Lister en 1876, Robert Wood Johnson pensait de plus en plus à quitter Seabury & Johnson, alors que sa relation avec Seabury se dégradait, pour créer la première fabrique de bandages chirurgicaux stériles. C'est en 1885 qu'il est rejoint par ses frères, James et Edward, dans son projet de créer un nouveau type de bandages prêts à l'emploi et conditionnés, de manière à éviter tout risque de contamination.

Bien que ce fût Robert qui en eut l'idée, ce sont ses deux jeunes frères qui se lancèrent les premiers dans le projet. Ils quittèrent Seabury & Johnson au début de l'année 1886 et c'est de leur partenariat que naquit l'entreprise Johnson & Johnson. Une fois qu'il fut dégagé de ses obligations envers Seabury & Johnson, Robert Wood Johnson vint rejoindre ses deux frères à New Brunswick pour prendre la tête de l'entreprise, qu’il fit croitre grâce à ses talents d’entrepreneur, sa forte personnalité et ses capitaux. Les premières années de la firme furent celles de sa croissance rapide qui en fit un leader sur le marché américain de la santé.

En 1886, Johnson & Johnson fabrique ses premiers produits. L'entreprise n'emploie que 14 personnes et possède un seul bâtiment à New Brunswick. En 1887, la société est déclarée légalement comme incorporation sous le nom de « Johnson & Johnson ». En 1888, la société réalise un chiffre d’affaires de par mois. En 1889, l'agence Gilmour Brothers distribue les produits J&J Inc. au Canada. De 1890 à 1891, un laboratoire de recherche sur les bactéries est ouvert et J&J se lance dans la production de pansements en coton et en gaze qui ne soient plus simplement aseptisés à l'aide d'antiseptique, mais stérilisés par la chaleur. En 1893, la gamme de produits pour bébé Johnson's Baby est créée avec l'invention de la poudre pour bébé Johnson's Baby PowderKilmer House » 2007 » April. En 1899, avec la collaboration de nombreux chirurgiens américains, J&J développe la production d'un nouveau type de pansements adhésifs contenant de l'oxyde de zinc, qui devient très utile en chirurgie grâce à ses qualités adhésives et non irritantes.

Expansion et internationalisation

En 1905, l'entreprise réalise sa première acquisition importante : celle de la « J. Ellwood Lee Company of Conshohocken » de Pennsylvanie, une des sociétés majeures dans la fabrication de produits de santé au début du et un concurrent direct de la société aux États-Unis. En même temps, le cofondateur de l'entreprise, Edward Mead Johnson avait quitté J&J depuis la fin du pour créer l'« American Ferment Company », qui devient en 1905 la « Mead Johnson & Company »« Mead Johnson Nutritionals ; 1905-2005, 100 ans en nutrition infantile », Enfamil France..

En 1907, le nombre des employés s'élève à et la société acquiert 35 bâtiments dont plusieurs usines, des entrepôts, des bureaux et des docks à New Brunswick et à Highland Park dans le New Jersey. En plus du transport par chemin de fer, ses produits sont transportés par bateaux à vapeur sur le Raritan de New Brunswick à New York. En 1908, sont employées par la société.

En 1910, l'entreprise est en deuil lorsque Robert Wood Johnson meurt soudainement de la maladie de Bright le . Ses funérailles réunissent plus de mille employés de J&J, des membres du conseil municipal, d'associations caritatives et des hommes d'église pour lui rendre un dernier hommage. Le cortège funèbre remplit la route longue d'un mile qui séparait l'église du cimetière d'Elmwood. Au moment de la disparition de Robert Wood Johnson, des doutes planèrent quant au futur de J&J, tant la gestion et le travail de son premier président comptèrent pour sa réussite. Mais l'entreprise possédait déjà une équipe de managers compétents, qui furent tout à fait en mesure de prendre la succession de la direction. Au premier rang parmi eux, le frère de l'ancien dirigeant, James Wood Johnson, fut élu président de la direction le « The Passing of the Torch », sur le site http://www.kilmerhouse.com, 14 septembre 2007 (consulté le 15 janvier 2016). et continua l’œuvre de son frère avec la même politique. Durant cette période, la direction entreprit la diversification et débuta l'internationalisation de J&J.

En 1918, J&J participe à l'effort de guerre en produisant des quantités massives de produits de soin envoyés aux soldats combattant en Europe pendant la Première Guerre mondiale. Lorsque l'épidémie de grippe espagnole atteint les États-Unis à la fin de l'été, J&J fabrique des masques en gaze pour restreindre la prolifération de ce fléau. L'Armistice signée en novembre, J&J reçoit les remerciements élogieux du ministère de la guerre américain et du directeur de l'Administration de l'aide américaine, Herbert Hoover, pour son aide lors du conflit et son soutien dans la lutte contre la famine.

En 1919, J&J créé sa première filiale à l'étranger, au Canada, dans la province de Québec, à Montréal. En 1920, l'invention du pansement adhésif et de la marque Band-Aid permet à J&J de diversifier sa gamme de produits.

En 1923, les deux fils de Robert Wood Johnson, R. Wood Johnson II et J. Seward Johnson, font un voyage autour du monde et reviennent aux États-Unis avec la conviction de devoir internationaliser sérieusement J&J. Dans un premier temps, J. Wood Johnson y fut opposé. Il avait peur que cela mette en péril les exportations de J&J. Mais l'influence de plus en plus grandissante de son neveu dans l'entreprise finit par le faire changer d'avis. En 1924, J&J implante sa première filiale hors du continent américain, Johnson & Johnson Ltd., au Royaume-Uni. En 1930, c'est au tour du Mexique et de l'Afrique du Sud, puis de l'Australie en 1931.

Le fils de Robert Wood Johnson, Robert Wood Johnson II, fait partie de l'équipe dirigeante de J&J depuis 1914 ; il n'a alors que 21 ans, mais accompagnait déjà son père pendant son travail lorsqu'il était plus jeune. Il gagne le surnom de « général Johnson » après avoir servi sous le grade de général de brigade pendant la Seconde Guerre mondiale.

Homme d'affaires novateur et philanthrope comme son père, c'est grâce à Robert Wood Johnson II que la firme accède à un niveau supérieur en devenant le plus gros conglomérat industriel mondial de produits de santé et de soins médicauxRWJF « About Us - Our Founder », sur le site rwjf.org..

Il lance une politique importante de diversification et de décentralisation de la direction au profit des nombreuses filiales de J&J. Son credo de responsabilité de l'entreprise vis-à-vis des travailleurs lui vaut en 2005 d'être intégré de manière posthume au « Labor Hall of Fame » par le Département du Travail des États-Unis en remerciement de sa contribution pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs américains.

En 1947, J&J installe d'une nouvelle usine à Montréal sur un terrain de 55 acres, rue Notre-Dame Est. En 1956, J&J implante sa première filiale en Suède.

En 1959, J&J acquiert la firme américaine et de son médicament antidouleur, le Tylenol, qui est devenu depuis un des produits majeurs de J&J. En 1961, J&J implante sa première filiale au Japon. En 1963, Robert Wood Johnson cède sa place de directeur. Il continue cependant à jouer un rôle dans le groupe jusqu'à sa mort, survenue le alors qu'il était âgé de 74 ans. Il est enterré dans le cimetière d'Elmwood. Sa fortune est presque entièrement reversée à la fondation portant son nom. Ce don s'élevait à . La fondation Robert Wood Johnson est aujourd'hui la cinquième association philanthropique des États-Unis.

En 1973, J&J implante sa première filiale en Grèce. En 1981, J&J implante sa première filiale en Corée. En 1982, sept décès sont causés par les gélules Extra-Strength Tylenol. En 1985, J&J implante sa première filiale en Égypte.

Dans les années 1980, J&J collabore avec la dictature militaire au Brésil en lui transmettant des informations sur les activités des militants syndicaux de l'entreprise. Ces informations sont utilisées par la police pour surveiller, harceler et arrêter les syndicalistes afin d'empêcher l'organisation de grèves.

En 1998, une restructuration du groupe entraîne la fermeture de 36 usines sur 158 unités dans le monde et la suppression de sur 94 000« Frappé par la crise, Johnson & Johnson fait le grand ménage dans ses usines », L'usine nouvelle, 15 février 2001..

En 2007, Johnson & Johnson rachète l'activité pharmaceutique sans ordonnance de Pfizer« Johnson & Johnson cherche à céder son usine d'Orléans », Les Échos, 27 février 2008.. En 2009 et en 2011, Johnson & Johnson rachète le groupe américain Mentor« Eric Pérouse rachète son ancienne usine », Le Parisien, 8 mars 2012. puis le groupe suisse Synthes pour un montant de 21,3 milliards de dollars, soit environ 18,7 milliards de francs suisses, deux entreprises produisant des prothèses osseuses, des implants et des instruments chirurgicaux.

En , Johnson & Johnson rachète l'entreprise Aragon Pharmaceuticals pour près d'un milliard de dollars« Amgen se renforce dans l'oncologie en rachetant Onyx », Dominique Gallois, Le Monde, 27 août 2013.. En , J&J vend sa filiale Ortho Clinical Diagnostics, filiale spécialisée dans les dépistages sanguins et les tests immunodiagnostiques et chimiques, à Carlyle Group pour 4,15 milliards de dollars « J&J to sell diagnostics unit to Carlyle for $4.15 billion », Reuters, 16 janvier 2014.. En septembre, J&J acquiert l'entreprise pharmaceutique Alios BioPharma, spécialisé dans le domaine des infections respiratoires, pour 1,75 milliard de dollars « Johnson & Johnson to buy private drug developer for $1.75 billion », Vidya L. Nathan, Reuters, 30 septembre 2014..