L'Autodromo nazionale di Monza est un circuit automobile situé dans le Parco Reale de de la ville de Monza, au nord de Milan en Italie. Il est principalement connu pour accueillir, chaque année, le Grand Prix d'Italie dans le cadre du Championnat du monde de Formule 1 et être le fief des « tifosi », supporters de l'écurie italienne Scuderia Ferrari. Le circuit a également accueilli le Grand Prix de Monza et le Grand Prix de Milan. Il fait par ailleurs partie des sept circuits qui ont accueilli le premier championnat du monde de Formule 1, clôturant cette saison initiale le 3 septembre 1950, et reste en 2024, avec 73 éditions du Grand Prix italien disputées dans le cadre du championnat, le circuit le plus utilisé de l'histoire de la Formule 1.

Financé par l'Automobile Club de Milan, construit entre le et le et réalisé par les ingénieurs Piero Puricelli et Alfredo Rosselli, c'est un circuit chargé d'histoire. La course d'inauguration fut la seconde édition du Grand Prix d'Italie, courue le .

Depuis sa dernière modification, le circuit utilisé pour le Grand prix est long de pour dix virages dont la Variante Ascari et la Curva Parabolica. Ce circuit est le plus rapide du championnat. Juan Pablo Montoya a atteint en vitesse de pointe au cours d'une séance d'essais privés, le . Sur un tour lancé, le record de vitesse moyenne est détenu par Lewis Hamilton en 2020 avec la Mercedes W11 EQ Performance. Cf. La Synthèse.

Le circuit de Monza a été le théâtre de nombreux accidents, particulièrement au cours des premières années du championnat du monde de Formule 1. Il a ainsi coûté la vie à 52 pilotes et 35 spectateurs, parmi lesquels Alberto Ascari en 1955, Wolfgang von Trips en 1961, Jochen Rindt en 1970, Renzo Pasolini et Jarno Saarinen en 1973, Silvio Moser en 1974, Ronnie Peterson en 1978.

Histoire Les débuts thumb|left|Course en 1925 (partie relevée de l'ovale passant au-dessus du circuit « routier ») thumb|L'autodrome de Monza vu du ciel

Sa conception remonte au début des années 1920, époque où la vitesse était l'unique critère recherché en compétition. La première piste, bâtie entre mai et par ouvriers, est financée par l'Automobile Club de Milan via la Società e Incremento Automobilismo Sport (SIAS). Le tracé initial de combine deux circuits, un circuit « routier » de et un anneau de vitesse de formé de deux lignes droites reliées par deux virages relevés. À peine terminé et inauguré le , l'autodrome est le théâtre, le , du deuxième Grand Prix d'Italie, remporté par Bordiono sur Fiat Tipo 804, à la vitesse moyenne de .

Monza accueille ses premières courses d'endurance en 1924 et 1926, avec les Grand premio della Notte (littéralement les « Grand Prix de la Nuit », ou encore les 24 Ore di Monza24 Ore di Monza 1924 (AutoSport).)

Six ans plus tard, en 1928, à l'occasion du Grand prix d'Italie et d'Europe, survient le premier et le plus grave accident de l'histoire de l'automobile italienne. Emilio Materassi et 23 spectateurs perdent la vie à la suite d'un accrochage dans la ligne droite des stands Emilio Materassi - Motorsport Memorial ; l'organisation du Grand Prix d'Italie sera suspendue pendant les deux années suivantes. Le Grand Prix de Monza est organisé dès 1929 pour garder le circuit en activité.

En 1933, le Grand Prix de Monza, qui se dispute alors uniquement sur l'ovale de en ouverture du Grand Prix national (qui lui sera disputé sur ), est marqué par le décès de trois pilotes fameux ; Giuseppe Campari, Baconin Borzacchini et le comte Stanisław Czaykowski se tuent à quelques heures d'intervalle dans deux accidents survenus au même endroit du banking sud, probablement à cause d'huile répandue sur la piste The Golden Era - 1933 : Gran Premio di Monza - The Golden Era of Grand Prix Racing Black Sunday - Leif Snellman, 8W, mai 2001, et le circuit est modifié par l'ajout de deux chicanes. Une première remise en cause de Monza débouche sur l'apparition d’un tracé de .

Or depuis longtemps, la barre des en pointe est dépassée en ce lieu déjà baptisé « temple de la vitesse ». Différents tracés, dont certains lents, sont expérimentés, jusqu'à ce qu'apparaisse, en 1939, un circuit de sur lequel se déroule le premier Grand Prix d'Italie comptant pour le championnat du monde de Formule 1 de 1950, avec la création de nouveaux stands, le resurfaçage de la piste, le déplacement d'une partie de la piste et l'ajout de deux nouveaux virages. La Seconde Guerre mondiale suspend les courses jusqu'en 1948 et des parties du circuit se sont dégradées en raison du manque d'entretien. Le circuit est rénové en deux mois, début 1948, et un Grand Prix a eu lieu le .

Le , Giuseppe Farina (Alfa Romeo 158) l'emporte à de moyenne. Durant quatre années, ce tracé est conservé pour le plus grand bonheur d'Alberto Ascari (Ferrari) en 1951 et 1952 puis de Fangio (Maserati et Mercedes-Benz) en 1953 et 1954.

À partir de 1949 se tient également la Coppa Inter-Europa réservée aux voitures de Grand tourisme. Intégrée au championnat du monde des voitures de sport, l'épreuve est remplacée par les 1 000 kilomètres de Monza en 1965.

Ovale thumb|Une partie du banking de l'ancien ovale aujourd'hui (2004) En 1954, les responsables décident de reprendre le principe du tracé de 1922 et redessinent un circuit qui, en combinant la partie routière et l'anneau de vitesse avec ses deux virages relevés (les « bankings »), développe à nouveau . Les voitures roulent parallèlement au niveau de la ligne droite principale. Les infrastructures sont également modernisées afin d'améliorer l'accueil des équipes et des spectateurs.

Avant les stands, la courbe qui raccorde les deux sections, en forme de demi-cercle, est de ce fait baptisée « Curva Parabolica ». Ultra rapide, la piste de donne l'occasion à Mercedes-Benz de ressortir ses W196 carénées et à Fangio de triompher à de moyenne. En 1956 Stirling Moss fait encore mieux avec sa Maserati 250F, à . Mais la course est marquée par de nombreux accidents, en particulier chez Ferrari où, d'un geste chevaleresque, Collins donne sa voiture à Fangio, afin que l'argentin soit sacré champion du monde devant Moss. À la suite des multiples incidents et accidents, le circuit abandonne l'anneau de vitesse en 1957 pour s'en tenir au routier. La moyenne tombe, mais de peu. Moss gagne encore, mais sur Vanwall cette fois, à . L'année suivante, Tony Brooks (Vanwall), atteint les avant que Moss, en 1959, au volant d’une modeste Cooper-Climax, passe à nouveau la barre des 200 de moyenne ().

L'Automobile Club d'Italie y organisera les () de la Course des Deux Mondes (500 Miglia di Monza), une épreuve destinée à confronter des IndyCars américaines et des Formule 1. Seules deux éditions auront lieu en 1957 et en 1958, à la fin du mois de juin. Disputée en trois manches de 63 tours () espacées d'une heure, l'épreuve sera surnommée « Monzanapolis ». Toutefois, les pilotes européens, peu habitués à ce type de course, pensent que passer à fond dans les virages relevés de l'ovale est trop dangereux et finalement seules l'Ecurie Ecosse et Maserati représenteront les Européens lors de la première édition. Les équipes américaines ont apporté avec elles des pneus Firestone spéciaux, renforcés pour résister aux hautes vitesses atteintes sur la surface bosselée de Monza. Mais la direction des Maserati est très affectée par la dimension des pneus, plus larges que d'habitude, et l'équipe de Modena se retire. Les trois Jaguar D-Type de l'Ecurie Ecosse utiliseront leurs pneus de spécification Le Mans sans problème, mais ne seront jamais dans le rythme des Américains. Les deux premières manches de 1957 sont remportées par Jimmy Bryan avec sa Kuzma Offenhauser Dean Van Lines Special et la dernière par Troy Ruttman avec sa Watson-Offenhauser John Zink Special. En 1958, des Jaguar, Ferrari et Maserati se présenteront aux côtés des monoplaces américaines mais une fois de plus, les américains domineront l'épreuve, Jim Rathmann remportant les trois manches avec une Watson-Offenhauser.

En 1960, l'Automobile Club d'Italie, décide de revenir au circuit de , ce qui permet à Phil Hill d’imposer pour la trentième fois une Ferrari en championnat du monde et fait de lui le premier américain à remporter une course de Formule 1, à dans une épreuve désertée par Cooper, Lotus, BRM qui jugent le tracé trop dangereux. Ces forfaits ne changeront rien à la volonté des organisateurs.

L'édition de 1961 est marquée dès le deuxième tour par l'accrochage entre la Lotus de Jim Clark et la Ferrari de Wolfgang von Trips qui a envoyé le pilote allemand sur les barrières de la Parabolica Wolfgang von Trips - Motorsport Memorial. Le champion allemand, candidat à la couronne mondiale, et quinze spectateurs perdent la vie. Même si l'accident ne s'est pas passé sur la partie « ovale » de la piste, les hautes vitesses sont considérées comme trop dangereuses et on décide de ne plus courir sur l'ovale.

À partir de 1962, le Grand Prix d'Italie se déroulera donc sur le seul tracé routier de , les bankings apparaissant une dernière fois dans le film Grand Prix. Des nouveaux murs de sécurité, des rails et des clôtures ont été ajoutés pour l'édition suivante, et la zone de ravitaillement a été reculée par rapport à la piste. Ce qui n'empêche pas Jim Clark de s’imposer, en 1963, à . Monza n'échappe pas à sa réputation. La vitesse prend le dessus sur le talent pur des pilotes et le vainqueur est souvent celui qui sait le mieux utiliser la notion d'aspiration. Ainsi, en 1965, le jeune Jackie Stewart (BRM) remporte son premier succès en Grand Prix devant son équipier Graham Hill, à la moyenne de . L'année suivante, avec la Formule 3 litres, la moyenne fait un nouveau bond. Ludovico Scarfiotti (Ferrari) triomphe à . Dès lors, la vitesse ne cesse de grimper : en 1968 pour Denny Hulme (McLaren).

En 1966, on installe des chicanes permanentes à l'entrée des deux bankings. L'ovale connaît sa dernière course en 1969 avec les de Monza, l'épreuve ayant lieu sur le circuit routier l'année suivante. Les bankings existent toujours, quoique délabrés par les années, et échapperont à la démolition dans les années 1990, le banking nord est visible à l'intérieur du circuit actuel et accessible aux spectateurs.

Les changements du circuit

Les Grands Prix automobiles, depuis 1922, et Grands Prix motocyclistes, depuis 1949, italiens se tiennent à Monza chaque année et la vitesse ne cesse d'augmenter. Deux chicanes, la première à la hauteur de la sortie des stands, et Ascari, à l'arrière du circuit, sont ajoutées en 1972, la longueur de la piste passant à . Les Grands Prix moto continuent à utiliser la piste sans les chicanes et deux graves accidents se produisent en 1973 dans la courbe très rapide Curva Grande : Renzo Pasolini et Jarno Saarinen se tuent en durant le Grand Prix des Nations au mois de mai et trois autres pilotes se tuent quarante jours plus tard dans une course moins importante. Les motos ne reviendront sur le circuit qu'en 1981.

Les chicanes de 1972 (considérées comme inefficaces pour ralentir les voitures) sont fortement modifiées en 1974 après l'accident de Silvio Moser lors des 1 000 kilomètres de Monza, lequel décèdera un mois plus tard. En 1976, la chicane de la sortie des stands est déplacée vers la Curva Grande sous la forme de deux gauche/droite successifs ayant pour effet de ralentir l'arrivée sur la Grande à au lieu des plus de atteints précédemment ; une chicane est construite avant le double droit rapide de Lesmo (diminution des vitesses de à ). Ces travaux portant la distance de la piste à . La Parabolica reste une des courbes les plus rapides du championnat de Formule 1.