La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins est une cathédrale catholique romaine située à Moulins, dans le département de l'Allier. Elle est le siège épiscopal du diocèse de Moulins.
Remplaçant une chapelle de la fin du , à l'origine dédiée à saint Pierre, la « collégiale des Bourbons » fut construite à la fin de l'époque médiévale. Partie la plus ancienne de l'édifice actuel, construite en style gothique flamboyant, sa première pierre fut posée en 1468 par Agnès de Bourgogne, mère de Jean II de Bourbon, duc de Bourbon, et veuve du duc . Les travaux s'achevèrent en 1550.
La collégiale fut érigée en cathédrale en 1823 lors de la création du diocèse de Moulins. Le premier évêque, Antoine de Pons de La Grange se chargea de l'agrandissement de cette église et son successeur, Pierre Simon de Dreux-Brézé entreprit d'importants travaux. Il fit doubler la surface de la nef et ajouter les deux collatéraux et la façade harmonique avec ses deux flèches hautes de . Ces ajouts architecturaux sont réalisés en style néogothique imité du gothique francilien du , sous l'influence de Eugène Viollet-le-Duc. L'architecte parisien Jean-Baptiste Antoine Lassus commença les travaux qui furent continués par Eugène Millet et Paul Selmersheim après la mort de Lassus, en 1857.
De nombreux vitraux dépeignant les Bourbons, la vie de sainte Catherine, celle de sainte Barbe, le crucifiement ou encore l'arbre de Jessé, éclairent le monument pourvu d'une kyrielle d'œuvres d'art.
La cathédrale est surtout célèbre pour son triptyque du Maître de Moulins, chef-d'œuvre réalisé autour de l'an 1500 par un artiste longtemps non identifié, le Maître de Moulins, aujourd'hui reconnu comme le peintre d'origine néerlandaise Jean Hey. Mais on peut y admirer également une Vierge noire du , un groupe sculpté gothique flamboyant représentant la « déploration du Christ » ainsi qu'une statue de Jeanne d'Arc en génuflexion. Le trésor de la cathédrale abrite un christ reliquaire en ivoire du , un triptyque d'Aubery, un autre de Bethléem attribué au peintre flamand Joos van Cleve.
La cathédrale a été consacrée le et érigée en basilique mineure en 1949. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1875..
Les origines du chapitre de chanoines sont plus anciennes que celle de l'église Notre-Dame. Il a été fondé en 1386 par et installé dans une chapelle dédiée à Notre-Dame sous le titre de l'Annonciation.
Histoire : de la chapelle à la cathédrale Une chapelle dépendant du prieuré de Souvigny En 990, quatre frères, Wion, Lambert, Bérard et Guillaume, vendirent au prieuré de Souvigny une chapelle dédiée à saint Pierre, située à . C'est le premier acte mentionnant la ville..
En 1097, le pape Urbain II confirma les donations faites au prieuré de Souvigny, dont la .
En 1100, Norgaud, évêque d'Autun, abandonna aux moines de Cluny, dont relevait le prieuré de Souvigny, l'. La chapelle était donc devenue une église, ce qui semble montrer que la population s'était accrue. Elle s'élevait vraisemblablement près du château des futurs ducs de Bourbon.
La collégiale vignette|redresse=1|gauche|Notre-Dame vers 1850.
Le , le pape Clément VII accorda au duc par bulle pontificale l'autorisation d'ériger un collège de douze chanoines et un doyen sur l'ancien chapelle Notre-Dame..
En 1386, l'évêque de Nevers, Maurice de Coulange installa un chapitre collégial relevant directement du Saint-Siège dans une chapelle dédiée à Notre-Dame sous le titre de l'Annonciation.
Remplaçant la chapelle de la fin du , la « collégiale des Bourbons » fut construite à la fin de l'époque médiévale.
Partie la plus ancienne de l'édifice actuel, construite en style gothique flamboyant, sa première pierre fut posée en 1468 par Agnès de Bourgogne, mère de , et veuve du duc . Les travaux furent probablement entrepris par Jean Poncelet, maître des œuvres de , mais il fallut les suspendre en 1508.. Ils continuèrent, sous le duc Pierre II de Bourbon et sa femme, la duchesse Anne de France, fille de Louis XI. Le chœur était construit et vers 1540, en attendant mieux, on le ferma à l'ouest par un simple pignon orné d'une rosace, de rampants et de pinacles, lequel servit de façade à l'édifice jusqu'en 1854. Cette partie du bâtiment constitue le chœur de l'actuelle cathédrale.
La collégiale devient cathédrale Moulins fut érigée en évêché en 1822.. Le premier évêque, Antoine de Pons de La Grange, établit son siège épiscopal à Notre-Dame et décida de l'agrandissement de cette église, devenue trop exigüe. Son successeur, Pierre Simon de Dreux-Brézé entreprit d'importants travaux pour achever la construction.
La cathédrale a été consacrée le et érigée en basilique mineure en 1949.
Architecture vignette|redresse=1.2|Façade du chœur de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins.
Le chœur gothique flamboyant vignette|redresse=1.2|Dans les années 1860, dans la voie bordant le côté sud de la cathédrale (l'actuelle rue Louis-Mantin), au pied de l'édifice, Pierre Simon de Dreux-Brézé pose avec probablement le curé ou le doyen du chapitre de Moulins, et sans doute les architectes Eugène Millet et Paul Selmersheim. Sur cette photographie de Charles Marville, est également visible l'avancement des travaux d'agrandissement du monument.|alt=Dans les années 1860, dans la voie bordant le côté sud de la cathédrale (l'actuelle rue Louis-Mantin), aux pieds de l'édifice, Dreux-Brézé pose avec probablement le curé ou le doyen du chapitre de Moulins, et sans doute les architectes Eugène Millet et Paul Selmersheim. Sur cette photographie de Charles Marville, est également visible l'avancement des travaux d'agrandissement du monument.
Le chœur gothique flamboyant est la partie à la fois la plus ancienne et la plus agréable de l'édifice. De proportions élancées, d'un style homogène et harmonieux, il unit à l'élégance des masses et à la souplesse des lignes le raffinement savoureux des détails.
Vu du dehors, le chevet a la forme d'une pyramide à deux étages s'élevant sur une base carrée. L'étage inférieur correspond aux combles des chapelles rayonnantes ; l'étage supérieur, à la naissance des combles du chœur. Ils sont soulignés par des balustrades à arcatures éperonnées, reliés entre eux par une série d'arcs-boutants légèrement infléchis, et de larges baies à remplages flamboyants en font .
L'intérieur donne une idée de la hardiesse avec laquelle les architectes de la période gothique savaient vaincre les difficultés. Limité à l'est par la rue qui obligeait à restreindre le développement du chœur, le chœur n'a pas de chapelles rayonnantes, se contentant d'un déambulatoire transformé en galerie rectangulaire. Afin de masquer la ligne droite du mur terminal et de ménager à l'œil une perspective agréable, un énorme pilier est disposé à chaque extrémité de cette galerie, sorte de palmier de pierre, sur lequel vient se rassembler une vigoureuse gerbe de nervures.
À l'angle intérieur sud, s'élève une gracieuse tourelle d'escalier du qui conduisait jadis au vestiaire des chanoines.
Le chœur de la collégiale a été privé, à la fin du de son jubé et de ses stalles en bois sculpté du , ainsi que des quatre grilles en fer forgé et doré exécutées, vers 1770, par les maîtres serruriers Boyer et Paradis et qui furent brisées sous la Révolution. De tout cela, il ne subsiste que trois des bas-reliefs qui ornaient la face intérieure du jubé, démoli en 1769, et qui ont été adaptés à l'autel de la chapelle du Saint-Sacrement. Ces œuvres représentent la montée de la Vierge au Calvaire, son Assomption et son couronnementDeux ou trois autres panneaux de la même série se voient encore au maître autel de l'église de Villeneuve-sur-Allier..
La nef et les tours néo-gothiques vignette|redresse=1.2|gauche|Les deux parties de la cathédrale.
L'achèvement de la cathédrale fut un des chantiers d'architecture les plus importants au dans l'Allier. Décidé par l'évêque de Moulins, Antoine de Pons de La Grange, la nouvelle cathédrale s'avérant trop exigüe, il fut mis en œuvre par son successeur, Pierre Simon de Dreux-Brézé, ultramontain convaincu. Dans le domaine des arts, l'orientation politique du prélat se traduisait par son attachement au mouvement archéologique, enthousiaste pour l'art médiéval. L'évêque soutenait la mise en pratique dans son diocèse de cette nouvelle esthétique. Entre 1852 et 1876, Pierre Simon de Dreux-Brézé suivra de très près les travaux.
Ces ajouts architecturaux furent réalisés en style néogothique, sous l'influence de Eugène Viollet-le-Duc. L'architecte parisien Jean-Baptiste Antoine Lassus choisit le modèle gothique d'Île-de-France du pour agrandir la collégiale qui était en gothique flamboyant. La rupture est d'autant plus accentuée avec le bâtiment originel par le fait qu'il n'employa pas non plus les mêmes matériaux..
La surface de la nef de la collégiale fut doublée et on ajouta les deux collatéraux, les cinq travées se terminant par un massif occidental surmonté de deux flèches en pierre calcaire hautes de . La hauteur des voûtes de la nef atteint environ .
Le maître-autel de Notre-Dame, surmonté d'un ciborium, fut disposé, comme il l'est de nos jours, « à la romaine »Contrairement à une idée courante, la place antique de l'autel du rite romain n'est pas au fond de l'abside mais en avant du chœur, comme c'est le cas dans les plus anciennes basiliques romaines : : . : contrairement à l'usage le plus répandu à l'époque, il fut installé en avant du chœur et non pas au fond de l'absideL'évêque et les chanoines y célébraient la messe tournés vers la nef, alors que les autres prêtres attachés à la cathédrale, qui officiaient sans la présence du chœur, célébraient face à l'abside.. L'autel ne fut déplacé au fond du chœur qu'après 1937. Voir notamment la photographie hors texte du chœur de la cathédrale.. Il reprit sa place initiale après les réformes issues du concile .
Les statues de saints ou d'évêques, qui ornent la façade, sont de la main des sculpteurs Chenillon, Fromanger, Denécheau, Gaudran, Michel-Pascal. Les fresques du porche, peintes à la cire, sont de Lameire.
Commencés avec Esmonnot., les travaux furent continués par Eugène Millet et Paul Selmersheim après la mort de Lassus, en 1857.
Les vitraux vignette|redresse=1.2|Vitrail de la Crucifixion, armes du cardinal de Bourbon.
Les nombreux vitraux de la cathédrale sont de l'époque gothique. La plupart représentent leurs donateurs regroupés autour d'un grand sujet. Au , il était fréquent que les notables financent les vitraux et que ces donateurs se fassent représenter dans ces œuvres, parfois avec leur famille proche.
Ces vitraux sont précieux à tous égards. Ils constituent la plus brillante parure de la collégiale et dénotent le talent des peintres verriers de la fin du et du début du . Du point de vue iconographique et historique ils offrent un intérêt de premier ordre.
La technique en est assez compliquée. L'effet est obtenu, en général, par l'emploi simultané de trois procédés : des morceaux de verres teints dans la pâte réunis par des plombs ; des applications d'émail pour souligner les formes ; des morceaux de verres blancs, colorés au pinceau, et rendus transparents au moyen de fondants.
Vitraux des chapelles vignette|redresse=1.2|Vitrail de sainte Catherine. vignette|redresse=1.2|gauche|Geoffroy Aubéry et ses quatre fils, vitrail « de l'Église militante ». vignette|redresse=1.2|Jean Chanteaux, vitrail de sainte Élisabeth de Hongrie.