Mariahilf est le sixième arrondissement de Vienne. Il fut créé en 1850 à la suite de l'incorporation de cinq banlieues viennoises en tant que . Il devint définitivement le après la division du Wieden en 1861 et obtint ses limites actuelles l'année suivante.

Géographie

Situation L'arrondissement de Mariahilf est délimité: au Nord par Neubau ( arrt), à l'Est par la vieille ville (), au Sud par Meidling (), Margareten () et Wieden () et à l'Ouest par Rudolfsheim-Fünfhaus ().

Mariahilf fait donc partie des arrondissements centraux, à l'intérieur de la Gürtel. Avec une superficie de , il est le deuxième plus petit arrondissement de la ville. Il n'occupe que 0,36 % de la superficie totale de Vienne. Il fait aussi partie des arrondissements les plus densément construits.

Topographie Le territoire de Mariahilf est clairement en pente, direction sud et est. Le dénivelé est de presque , ce qui fait de Mariahilf l'arrondissement le plus abrupt de Vienne après Alsergrund à l'intérieur de la Gürtel. Pour pallier cette différence de niveau, de nombreux escaliers ont été aménagés.

Quartiers Mariahilf a été formé en 1850 par la réunion de cinq banlieues, qui constituent aujourd'hui les cinq quartiers : Gumpendorf, Laimgrube, Magdalenengrund, Mariahilf, Windmühle. Cependant, les terrains de l'ancienne commune de Laimgrube situés aujourd'hui au nord de l'importante Mariahilfer Strasse, ont été cédés en 1862 au .

Les parties est de Laimgrube, Windmühle et Mariahilf se situent dans le périmètre classé patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO au titre du centre historique de Vienne.

Les statistiques officielles n'utilisent qu'une division en trois quartiers : Laimgrube, Mollardgasse, Stumpergasse.

Histoire Avant la création de l'arrondissement 2000 ans , la vallée de la Vienne était déjà peuplées d'Indo-européens au niveau de Gumpendorf, selon des fouilles archéologiques. Durant l'Empire romain, les Romains construisirent dans ce qui est aujourd'hui la vieille ville un camp retranché pour protéger la frontière nord de leur empire : Vindobona. Une des routes qui partaient de ce camp en direction du sud-ouest correspond aujourd'hui en partie à la Gumpendorfer Strasse. C'est le long de cette route qu'apparurent les premières habitations de l'arrondissement, autour de l'an 1000. Au croisement de la voie romaine et du fleuve se trouvait une tour de garde.

Les villages de Gumpendorf et de Laimgrube sont mentionnés pour la première fois aux . Grâce à la proximité du fleuve et au terrain argileux, le vin et l'argile étaient les principales sources de revenus des habitants. Lors du premier siège de Vienne par les Turcs en 1529, des cloîtres, des maisons et des vignes furent détruits. Peu après le retrait des Turcs, la reconstruction démarra, malgré son interdiction. Le deuxième siège de la ville par les Turcs en 1683 eut des conséquences similaires au premier. Les murs d'enceinte construits en 1704 eurent donc pour but de protéger aussi ces villages devenus banlieues de Vienne.

Au , la construction de bâtiments fut intense. De nombreux artisans s'installèrent dans ces villages et on construisit aussi des usines. Parallèlement, l'agriculture perdit de son importance puisque beaucoup de vignes et de champs furent remplacés par des bâtiments.

Le 6 mars 1850, les cinq banlieues Gumpendorf, Mariahilf, Windmühle, Magdalenengrund et Laimgrube furent incorporées à Vienne et constituèrent le sous le nom de Mariahilf. Lorsque l'arrondissement de Wieden fut divisé en 1861, Mariahilf devint le . En 1862, certains terrains au nord de l'arrondissement furent cédés au .

De la création de l'arrondissement à la Seconde Guerre Mondiale Après l'incorporation des banlieues, l'empereur autorisa la construction de la Gürtel dans la zone autrefois interdite des constructions près du mur d'enceinte. La Gürtel, longue rue longeant les nouvelles limites de la ville, passa donc par Mariahilf, où elle fut nommée Mariahilfer Gürtel en 1864 et 1869 selon le tronçon ainsi que Sechshauser Gürtel en 1894. Le tronçon restant ne fut appelé Gumpendorfer Gürtel qu'en 1965, n'étant pas praticable auparavant. Lors de l'incorporation de nouvelles banlieues situées au-delà du mur d'enceinte en 1892, le mur était devenu obsolète. Il fut abattu en 1894. La zone ainsi libérée servit à élargir la Gürtel, ou à construire de nouveaux bâtiments.

Vers la fin du , Mariahilf était devenu un arrondissement économiquement important. La Mariahilfer strasse était devenue une rue commerçante de premier ordre, ce qu'elle est encore, même si les grands magasins se situaient plutôt du côté nord de la rue, soit dans le . Le se caractérisait plutôt par la forte présence de petites et moyennes entreprises.

Entre 1890 et 1907, une centrale thermique à vapeur se trouvait dans la Kaunitzgasse; elle constituait une des premières centrales électriques de Vienne. Lors de son achat par la commune, son activité fut suspendue et elle devint une station de transformation.

Entre 1895 et 1899, les parties sud de l'arrondissement furent énormément modifiées à la suite de la régulation du fleuve. Ce fleuve, longé par de simples berges, débordait de son lit lors d'inondations. On protégea alors son lit par des murs, et on le couvrit même d'une voûte au niveau du Naschmarkt. Sur les berges sud, on construisit le Stadtbahn, ancêtre du métro, inauguré le 30 juin 1899. Ainsi, le sud de l'arrondissement fut-il longé par les stations Magaretengürtel, Pilgramgasse et Kettenbrückengasse, aujourd'hui sur la ligne 4 du métro de Vienne.

En 1897, la première ligne de tramway électrique fut mise en service. Un des terminus était dans le , dans la Wallgasse en face de la gare Westbahnhof. La ligne reliait cette gare à trois autres gares en contournant le centre-ville par le nord. L'autre terminus était au Prater. En 1907, cette ligne devint la numéro 5. Depuis les derniers aménagement de la Mariahilfer Strasse, le terminus se situe dans le .

À partir de 1907, Adolf Hitler loua pour plusieurs années un logement au 31 de la Stumpergasse. En 1931, la puissante section du NSDAP de Vienne acheta trois rues plus loin l'immeuble situé au 25 de la Hirschengasse, y installa le siège de la section et le nomma Maison Adolf Hitler.

À partir de 1938, les persécutions nazies n'épargnèrent pas Mariahilf: Juifs, mais aussi opposants politiques, ou Roms furent volés, chassés, déportés, assassinés...

En 1943-44, des tours de béton furent construites pour protéger les Viennois d'attaques aériennes. L'une d'entre elles se trouve dans le parc Esterhazy. Elle permettait de communiquer à la caserne militaire voisine (dans le ), les coordonnées des avions à abattre. Aujourd'hui, cette tour appartient à la commune de Vienne qui y a installé un aquarium.

Après-guerre

Dans l'Autriche de l'après-guerre, le de Vienne fut intégré au secteur d'occupation français de 1945 à 1955. Les arrondissements voisins étaient occupés par les Soviétiques (), les Anglais () et les Américains ().

Le Theater an der Wien, inauguré en 1801 connut une histoire mouvementée. C'est sur sa scène que fut représenté pour la première fois Fidelio, opéra de Beethoven en 1805. En 1962, la commune de Vienne dut acheter le théâtre pour empêcher sa destruction. Après avoir longtemps été la plus importante scène musicale de la ville, il est depuis 2006 le "troisième opéra" de Vienne.

Au centre de l'arrondissement, dans la Amerlingstrasse, se trouvait le Palais Kaunitz construit en 1700. Il fut rasé en 1970 et remplacé par une école.

Enfin, dans les années 1990, les frontières de l'arrondissement connurent de petites modifications. En 1995 au niveau de la Gürtel ainsi que l'année suivante au niveau du parvis de la gare Westbahnhof, là où les , et se rejoignent. Ces modifications furent minimes et ne concernèrent aucun bâtiment d'habitations. En 2009, le céda au petite partie de son terrain, de manière que le Naschmarkt se situe entièrement dans les limites de Mariahilf.

Population

Évolution

À sa création en 1850, Mariahilf était déjà très densément peuplé. En 1869, personnes y habitaient, un chiffre qui n'a jamais été dépassé depuis. Jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, la population diminua légèrement, gardant ainsi une certaine stabilité. Après la guerre, en revanche, la population fut pratiquement sans cesse en diminution. Étant donné les exigences toujours plus hautes des habitants concernant les logements, l'arrondissement se vida de plus de la moitié de sa population. Depuis le recensement de 2001, le nombre d'habitants s'est stabilisé et a même légèrement augmenté en 2009 pour se fixer cette année-là à habitants.

Structure

L'âge des habitants de Mariahilf divergeait en plusieurs points de l'âge moyen de la population de Vienne en 2001. En effet, à Mariahilf vivaient moins d'enfants, mais plus de jeunes ou de jeunes adultes que sur l'ensemble de la ville. La part des moins de 15 ans en 2001 était en dessous de la moyenne viennoise: 12,4 % contre 14,7 %. La population des 20 à 39 ans était en revanche au-dessus de la moyenne : 34,4 % contre 30,9 %. Enfin, la part des plus de 60 ans était légèrement inférieure à la moyenne : 19,2 % contre 21,7 %. La répartition hommes-femmes dans l'arrondissement était comparable à la moyenne avec 47,1 % d'hommes contre 52,9 % de femmes, tandis que les habitants de Mariahilf étaient assez nettement moins souvent mariés que le Viennois moyen: 35,8 % contre 41,2 %.

Origine et langues

La part de la population étrangère était de 19,6 % en 2005 (Vienne: 18,7 %), ce qui démontre une tendance à la hausse, comme dans toute la ville, par rapport à 2001 (17,8 %). La première communauté étrangère établie à Mariahilf est celle des Serbes et Monténégrins qui représentaient en 2005 3,6 % de la population de l'arrondissement. Suivaient les Allemands avec 2,4 %, les Turcs avec 1,5 %, les Polonais avec 1,3 % et les Croates et les Bosniques avec chacun 0,8 %. En 2001, 26,6 % des habitants de Mariahilf n'étaient pas nés en Autriche. 5,6 % utilisaient le Serbe comme principale langue de communication, 3,5 % le Turc et 2,3 % le Croate.

Religion

La répartition des communautés religieuses à Mariahilf différait à peine de la moyenne viennoise en 2001. Seule la part des catholiques et des musulmans étaient un peu inférieure à la moyenne. 47,4 % des habitants se déclaraient catholiques (Vienne 49,2 %). L'arrondissement est divisé en trois paroisses catholiques. 6,4 % des habitants se déclaraient musulmans, 6 % orthodoxes et 5,2 % protestants. 26,8 % de la population déclaraient n'appartenir à aucune communauté religieuse, 8,2 % déclaraient leur appartenance à une autre religion, ou bien être sans confession.

Politique

L'arrondissement de Mariahilf a toujours été très disputé par le SPÖ et l'ÖVP. Alors que les conservateurs de l'ÖVP étaient majoritaires depuis 1946, le SPÖ les renversa en 1969. La majorité bascula de nouveau à droite en 1978, et l'ÖVP remporta les élections qui suivirent. À la fin des années 80, l'arrivée des Verts et des Libéraux du Liberales Forum provoqua une chute de l'électorat des deux grands partis. En 2001, l'ÖVP perdit massivement ses voix, et le SPÖ récupéra la majorité. Cette année-là, les Verts arrivèrent juste derrière les Conservateurs, tandis que les Libéraux perdirent beaucoup de voix, comme par ailleurs le FPÖ d'extrême-droite. Cette tendance s'accentua en 2005, au point que les Libéraux ne furent plus représentés au conseil municipal. Les Verts et le SPÖ continuèrent à gagner des voix, ce qui relégua les conservateurs en troisième position. En 2010, les Verts et les Conservateurs perdirent des voix, tandis que le SPÖ en gagna, ainsi que les deux formations d'extrême-droite FPÖ et BZÖ. Depuis 2014, le maire d'arrondissement est Markus Rumelhart du SPÖ.

Blason