Le diocèse de Moulins (en latin de curie : ) est une circonscription ecclésiastique de l'Église catholique en France dont le territoire correspond actuellement aux limites administratives du département de l'Allier.
Les traditions ecclésiastiques attribuent l'évangélisation de la région à deux missionnaires grecs : Andoche, prêtre, et Thyrse, diacre, envoyés de Smyrne par saint Polycarpe dans la région d'Autun au et, à la fin du , à Austremoine de Clermont, Ursin de Bourges et à Martial de Limoges.
Jusqu'au , les paroisses du Bourbonnais ont appartenu à quatre des diocèses qui lui sont aujourd'hui limitrophes : Autun, Bourges, Clermont et Nevers.
L'érection du diocèse de Moulins fut décidée par en mais l'évêque nommé alors et confirmé par le pape ne put pas recevoir la consécration épiscopale en raison des troubles de la Révolution française.
Un évêché fut alors établi par l'Assemblée constituante en dans le ressort de la métropole de Bourges. Au concordat de 1801, le siège ne fut pas relevé et son territoire rattaché à Clermont. Le , le département de l'Allier fut compté parmi les quarante nouvelles circonscriptions ecclésiastiques créées par le concordat conclu entre et .
Le diocèse fut finalement érigé par la bulle du , rendue exécutoire le du même mois et le premier évêque nommé par ordonnance royale le .
Jusqu'au remaniement du , il était suffragant de l'archevêché métropolitain de Sens. Depuis cette date, il appartient à la province ecclésiastique de Clermont.
Depuis , l'évêque de Moulins est Marc Beaumont.
Territoire Le diocèse actuel correspond aux limites administratives du département de l'Allier.
Jusqu'à la réorganisation territoriale décidée en juillet par Pascal Roland, le diocèse était articulé en trois zones pastorales (Moulins, Vichy et Montluçon) — chacune sous la responsabilité d'un vicaire épiscopal — onze doyennés, et .
Actuellement le diocèse compte pour les trois cent vingt communes de son territoire, réparties en cinq doyennés.. Trois sont établis autour de chacune des agglomérations de Moulins, Montluçon et Vichy et deux autres regroupent les paroisses du milieu rural, l’un à l’Ouest, l’autre à l’Est du diocèse.
En , le diocèse comptait sur les du département de l'Allier, soit 85 % de la population totale.
Évêques de Moulins
Histoire Administration ecclésiastique du Bourbonnais sous l'Ancien régime thumb|left|Environs de Moulins vers . Avant la création du diocèse qui portera son nom, Moulins n'avait aucune paroisse, alors qu'elle était pourtant devenue la capitale du Bourbonnais au détriment de Souvigny à partir de l'accession au duché, en , de , dont la cour était l'une des plus brillantes d'Europe. Ses églises étaient seulement des succursalesCongrès archéologique de France, Séances générales tenues à Troyes en 1853 par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Derache, Paris, 1854 des paroisses voisines d'Izeure et de Saint-Bonnet. Pourtant, en , la ville avait vainement demandé à devenir un siège épiscopalJoseph Clément, Un double centenaire, l'évêché de Moulins, Moulins, Librairie historique du Bourbonnais, 1923.
Sous le rapport religieux, le Bourbonnais n'avait pas plus d'unité que sous le rapport judiciaire, civil et militaire ; ses paroisses se partageaient entre quatreSous la direction de Daniel Martin, L'identité de l'Auvergne: mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours Éditions Créer, 2002, puis cinq diocèsesL. Alary : Histoire de l'établissement du diocèse de Moulins, Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, t. IV, Moulins, 1854Nicolas de Nicolay, Description générale du Bourbonnais en 1569, ou Histoire de cette province (villes, bourgs, châteaux, fiefs, monastères, familles anciennes, etc.), ouvrage publié et annoté par les soins du comte Maurice d'Irisson d'Hérisson…, Moulins, Desrosiers, 1875 : archidiocèse de Bourges, diocèses de Limoges, Clermont, Autun et Nevers. Cette division se perpétua après le retour de la province à la Couronne de France, en . Ainsi, en , Nicolas de Nicolay dénombre, pour la seule châtellenie de Moulins, relevant — en tout ou partie — de Clermont, 13 de Nevers et 24 d'Autun.
Le diocèse de Clermont était représenté en Bourbonnais par les archiprêtrés de Souvigny, de Cusset et une partie de celui de Limagne. Marcillat, Saint-Marcel et Saint-Farjol, ainsi que Montaigut-en-Combraille, dépendaient de l'archiprêtré de Menat. Le diocèse de Bourges formait, en Bourbonnais, les archiprêtrés de Montluçon, Huriel, Hérisson, Bourbon, Chantelle, Charenton ; une partie de ceux de Dun-le-Roi, de La Châtre et de Montfaucon. Le diocèse de Limoges n'y comptait que Gouzon et deux petits villages dans l'archiprêtré de Combraille. Le diocèse d'Autun y était représenté par les archiprêtrés de Moulins, de Pierrefitte et une partie de celui de Bourbon-Lancy. L'évêque d'Autun entretenait un official à Moulins. Les quelques paroisses dépendantes du diocèse de Nevers, étaient situées dans les archiprêtrés de Saint-Pierre-le-Moûtier et de Decize.
L'administration ecclésiastique n'était pas à l'abri des singularités qui distinguaient toutes les branches de l'administration séculière. Le village des Écherolles était une année de la paroisse de Saint-Gérand-de-Vaux et une autre de celle de Saint-Loup. À Bruère en BerryCommune actuellement située dans le département du Cher, à au Nord-Ouest de Saint-Amand-Montrond, les limites du département de l'Allier ne coïncidant pas exactement à celles du Bourbonnais. ., la ville et les faubourgs n'avaient pas de paroisse : une partie était de la paroisse de Bruyère-Campagne, et l'autre de celle d'Alichamps. Les habitants de la paroisse de Saint-Bonnet-de-Four étaient alternativement de Saint-Bonnet et de Montvicq. En , les églises de Moulins étaient toujours des succursales des paroisses d'Izeure et de Saint-Bonnet. Le curé de Saint-Bonnet avait la succursale de Saint-Jean, et le curé d'Izeure, curé primitif de Moulins, la succursale de Saint-Pierre-des-Ménétréaux. En outre, la collégiale dépendait du prieuré de Souvigny. Les annales de Moulins sont remplies des discussions et des scandales occasionnés par les prétentions et les querelles de préséance des parties intéressées.
Communautés religieuses sous l'Ancien Régime thumb|170px|Armes de Marie-Gabrielle du Boulay-Favier, abbesse de Saint-Menoux (1678-1695) L'état ecclésiastique de la fin du , en , dénombre pour la généralité de Moulins un évêché — celui de Nevers — , dix chapitres, de religieux, de religieuses et . Le Bourbonnais y figurait pour une bonne part.
Abbayes Cinq abbayes étaient établies en BourbonnaisL. Alary ne recense pas l'abbaye de Cusset dont on connait pourtant des bilans financiers au moins jusqu'en ni celle d'Yzeure. : L'abbaye prémontrée Saint-Gilbert de Neuffontaines fondée par le moine saint Gilbert au Bernard Ardura, Prémontrés histoire et spiritualité, Université de Saint-Étienne, 1995, ; L'abbaye cistercienne Notre-Dame de Sept-Fons, qui porta d'abord le nom de Notre-Dame-de-Saint-Lieu, fondée en , par Guichard de Bourbon, seigneur de DompierreÉtienne Beaumont, Sept-Fons moderne et contemporain (1789-1936), Moulins, Crépin-Leblond, 1938 ; L'abbaye Saint-Léger d'Ébreuil, fondée vers par les moines bénédictins de Saint-Maixent, chassés du Poitou par les incursions des Normands et qui retournèrent pour la plupart dans leur monastère d'origine en , lors du traité entre et les envahisseurs. Cette abbaye existera jusqu'à sa vente en bien nationaux par arrêté du directoire du département du J. Viple, L'abbaye Saint-Léger d'Ébreuil, article paru dans le Bulletin de la Société d'Émulation du Bourbonnais, t.22, 1919.
En plus de ces trois monastères d'hommes, il y avait deux abbayes de bénédictines : L'abbaye royale Notre-Dame de Cusset, due à l'évêque de Nevers Emmenus (ou Eumène ou Eugène) en , consacrée sous le vocable de Saint-Sauveur en par Fulcran, évêque de LodèveR. Saint-Aubin, Laprugne et les abbesses de Cusset ., placée sous protection royale par ; reçut le titre d'abbaye en Georges de Soultrait, Armorial du Bourbonnais, Moulins, 1857 ; L'abbaye de Saint-Menoux, fondée vers l'an 1000, en remplacement d'un monastère d'hommes fondé autour du tombeau du saint à Malliacum, peut-être vers le . ;
Prieurés On dénombrait également sur le territoire du duché, dont les principaux étaient :
thumb|Église et ancien prieuré d'Yzeure le prieuré génovéfain de Domérat ; le prieuré génovéfain de Durdat ; le prieuré bénédictin du Montet ; il dépendait de l'abbaye des bénédictines de Nevers et fut abandonné vers Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France, Fiche sur Notre-Dame du Montet ; le prieuré des Augustins de Moulins ; le prieuré bénédictin de Saint-Germain-de-la-Garde.Henriette Dussourd, Le Bourbonnais, Éditions Volcans, 1975.La ville aujourd'hui appelée Saint-Germain-des-Fossés était à l'origine composée d'une partie fortifiée et du prieuré Saint-Germain, qui, avec son territoire, était appelé Saint-Germain-de-la-Garde. L'église du prieuré servait également d'église paroissiale. ; le prieuré bénédictin Saint-Pierre et Saint-Paul de Souvigny, fondé en par Aimard, sire de Bourbon ; dépendant de l'abbaye de Cluny, il eut une grande importance pendant le Moyen Âge ; le prieuré des bénédictines d'Yzeure ; les bénédictines de Saint-Menoux avaient reçu l'église d'Yzeure de l'évêque d'Autun, Henri de Bourgogne, en ; elles y fondèrent un prieuré de DamesRobert Chabot, Contribution à l'ouvrage sur l'Histoire d'Yzeure : Les anciens microtoponymes, rédaction d'étape du 30 septembre 1998. Lire en ligne.
On peut encore citer : thumb|Église prieurale Notre-Dame de Montluçon, . le prieuré des bénédictines de Bourbon ; le prieuré Notre-Dame de Banelle à Escurolles ; fondé au Fiche sur Patrimoine de France ; confié aux Carmes, puis aux Oratoriens et enfin aux missionnaires diocésains en ; le prieuré Saint-Vincent de Chantelle ; fondé en ; le prieuré Saint-Augustin du ChâteauRené Germain et Dominique Laurent, Châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs en Bourbonnais, Éditions de Borée, 2004, ; le prieuré bénédictin d'Huriel ; il dépendait de l'abbaye de Déols. ; le prieuré du Saint-Sépulcre de Jaligny ; fondé en par Hector de Jaligny et supprimé en Après avoir connu de nombreuses vicissitudes depuis le , le prieuré du Saint-Sépulcre de Jaligny, réduit à un seul moine chargé d'assurer le culte divin, sera dissout en . ; le prieuré Notre-Dame de Montluçon ; le prieuré Saint-Pierre de Montluçon ; le prieuré augustin de Néris. ; le prieuré du Puy-Saint-Ambroise près de Saint-Léon ; cité en , dans une bulle d', comme possession de l'abbaye de MozacLucien Fanaud, Voies romaines et vieux chemins en Bourbonnais, Moulins, 1960 ; le prieuré de Saint-Germain-de-Salles ; il dépendit d'abord de l'abbaye de Vézelay puis de celle de ClunyHistoire de Saint-Germain-de-Salles sur le site de la communauté de communes du bassin de Gannat ; le prieuré bénédictin de Saint-Pourçain qui fut d'abord une abbaye mais n'est plus mentionné que comme prieuré depuis ; il dépendait de l'abbaye de Tournus ; en , les bénédictins passèrent sous la règle de Saint-Maur, puis le prieuré fut rattaché à la congrégation de Saint-Lazare de Paris par une bulle d' en Georges Touchard-Lafosse, La Loire historique, pittoresque et biographique : de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, vol. 2, Adolphe Delahays, 1858.
Chapitres de chanoines thumb|upright=0.75|Blason du chapitre de Notre-Dame de Moulins