thumb|Yasser Arafat, en 1999.

Yasser Arafat (en ), né le et président de l'Autorité palestinienne depuis , meurt le à l'hôpital d'instruction des armées Percy, à Clamart (France).

Aggravation de son état Le , et avec l'accord d'Israël, une équipe de médecins tunisiens se rend dans la soirée à Ramallah, en Cisjordanie, pour examiner Yasser Arafat. Son conseiller Nabil Abou Roudeina affirme que Yasser Arafat est « OK ». Le lendemain, un proche de Yasser Arafat déclare que les médecins tunisiens ont diagnostiqué une très forte grippe. Le , Arafat est autorisé par Israël à quitter Ramallah où il est confiné depuis fin 2001. Le mercredi , la radio israélienne publique indique que Yasser Arafat a perdu connaissanceDe Ramallah à Clamart, les derniers jours du président de l'Autorité palestinienne Le Monde (consulté le 5 mars 2007), une information démentie par plusieurs responsables de l'Autorité Palestinienne. Les autorités israéliennes font savoir qu’elles autorisaient le président de l’OLP à « se rendre où il veut pour des traitements médicaux, y compris à l’étranger ». Tout en précisant qu’elles ne garantissaient « pas son retour »Le Président Arafat, dans un état critique, sera soigné à Paris Al oufok (consulté le 6 mars 2007). Le , l'Élysée annonce la demande en ce sens de l'Autorité palestinienne. Le , gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé, afin d'être hospitalisé à l’hôpital d’instruction des armées Percy à ClamartYasser Arafat, malade, va être transféré à Paris Le Monde (consulté le 5 mars 2007). Son évacuation de son QG de Ramallah a fait l'objet de plusieurs semaines de négociations conduites par son épouse Souha ArafatTsahal de Pierre Razoux, 467.

Couverture médiatique vignette|gauche|L'hôpital militaire français Percy Le , des communiqués de presse annoncent que Yasser Arafat est tombé à plusieurs reprises dans le coma, malgré les soins intensifs qu'il reçoit, dans l’unité de soins intensifs où il était entré la veille. La deuxième chaîne de télévision israélienne, ainsi que la radio militaire israélienne, annoncent la mort de Yasser Arafat, en se basant sur des sources françaises. La correspondante de la radio militaire précise qu’elle avait obtenu « confirmation de la mort de Yasser Arafat de source française, mais que l’annonce officielle du décès du président de l’Autorité palestinienne devrait être faite par les Palestiniens eux-mêmes ». Des sources françaises et palestiniennes démentent alors le décès. Le docteur Christian Estripeau, porte-parole du service de santé des armées, déclare ainsi que « M. Arafat n’est pas décédé ». Le Premier ministre palestinien de l'époque, Ahmed Qoreï, dément lui aussi la mort clinique du raïs, et Azzam Al-Ahmad, ministre palestinien des communications de l'époque, déclare, pour sa part: « C’est faux! Si le président était mort, tout le monde le saurait. Mais il est vrai qu’il est dans un état très critique ». Des officiels américains déclarent qu’Arafat est maintenu en vie par assistance technique jusqu’à ce que sa famille et les autorités françaises, israéliennes et égyptiennes se mettent d’accord sur un lieu de sépulture Arafat in coma as concerns increase over burial CNN.

Le , une confusion s'installe autour de l'état de santé d'Arafat. Le service de santé des armées françaises indique d'abord à l’AFP n’avoir « pas d’informations supplémentaires ». Quelques heures plus tard, le médecin général Christian Estripeau déclare que l’état de santé d’Arafat s’était « aggravé dans la nuit » et que son coma est « plus profond »Quatre hauts dirigeants palestiniens sont à Paris pour rencontrer MM. Chirac et Arafat Le Monde (consulté le 5 mars 2007). Puis l’agence Reuters annonce le même jour : « Il est mort » et, à Ramallah, le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat, affirme à l’AFP que Yasser Arafat est « dans un état critique, mais encore vivant ». Un ministre palestinien, à Ramallah, déclare à son tour à l’AFP qu’Arafat était mort le jour même : « la question est de savoir comment et quand nous allons l’annoncer. Mais il est mort, c’est sûr », ce que dément catégoriquement la déléguée générale de Palestine en France de l'époque, Leïla Shahid, qui déclare : « Son état est mauvais, mais il est toujours en vie ».

Le président de la République française Jacques Chirac se rend à son chevet et lui exprime « tous ses vœux » de rétablissement.

Décès thumb|Mausolée d'Arafat, inauguré en 2007 à Ramallah. alt=Mausolée d'Arafat vue de derrière en 2017 |vignette|Mausolée d'Arafat vue de derrière en 2017 thumb|Sa tombe gardée à Ramallah Il décède officiellement à Clamart le , à 3h30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. L'annonce est faite par le médecin-général Christian Estripeau, chargé de la communication au service de santé des arméesJeune Afrique. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay, en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, une cérémonie officielle se tient au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers. Le , les funérailles de Yasser Arafat commencent à 8h50 au club militaire Al-Galaa, à Héliopolis, près de l'aéroport international du Caire, en présence de dirigeants arabes et étrangers, mais en l'absence du publicHeure par heure : depuis l'annonce de la mort de Yasser Arafat à son départ pour Le Caire Le Monde (consulté 5 mars 2007). Yasser Arafat est inhumé le , dans la Mouqata’a, son dernier quartier général de Ramallah en Cisjordanie dans lequel il a vécu confiné durant trois ans, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem. Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être enterré. Des pressions sont exercées sur le gouvernement israélien pendant ses derniers jours pour qu’Arafat puisse y être inhumé. La journaliste Stéphanie Le Bars explique dans le quotidien Le Monde que « Politiquement, la présence de la tombe de M. Arafat sur ce site, âprement disputé depuis des décennies, équivaudrait à reconnaître une souveraineté palestinienne sur le lieu saint », « Les Israéliens craignent, en outre, que le tombeau ne devienne un lieu de pèlerinage et de rassemblements. Ils redoutent également le déferlement de centaines de milliers de Palestiniens en plein cœur de Jérusalem pour l’enterrement ».

Une foule de près de est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte. L'Autorité palestinienne a décrété un deuil de quarante jours dans l'ensemble des territoires palestiniens. Les commerces ont été fermés pour trois jours et les administrations pour sept jours. Pendant les quarante jours qui ont suivi son décès, les drapeaux sont en berne et toutes les manifestations de joie sont annuléesYasser Arafat est mort Le Monde (consulté le 17 février 2007). . Arafat est la seule personnalité à avoir connu des obsèques sur trois continents différents : Europe (Villacoublay, France), Afrique (le Caire, Égypte), Asie (Ramallah, Palestine).

Une nouvelle affaire éclate après la mort d’Arafat. Un certificat de décès atteste qu’il serait né à Jérusalem. Israël envoie des documents à la municipalité de Clamart et à Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur à l’époque, attestant qu’Arafat est né au Caire, et demande des explications à la France. La municipalité de Clamart indique avoir fourni l'attestation sur présentation de la traduction assermenté d'un document en arabe fourni par la famille.

Réactions internationales

Jacques Chirac est le premier chef d'État à réagir. Il déclare « Âgé de 75 ans, Abou Amar, de son nom de guerre, a pendant un demi-siècle incarné la Palestine, donnant une crédibilité internationale à l’espoir d’un État palestinien, mais sans jamais parvenir à concrétiser cette ambition ni accomplir son rêve de prier à Jérusalem »La représentation du conflit israélo-palestinien à travers le traitement médiatique de l’« ère-Arafat » de Pommeray Anica (consulté le 2 mars 2007).

Le pape Jean-Paul II, qui a rencontré huit fois le leader palestinien a prié pour que « Dieu dans sa miséricorde accueille l’âme de l’illustre défunt et concède la paix à la Terre Sainte, avec deux États indépendants et souverains, pleinement réconciliés entre eux », selon le porte-parole du Vatican.

Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, « profondément ému », a exhorté à une relance des efforts de paix israélo-palestiniens. Pour la Ligue arabe, c’est également une « grande perte »., à l’instar de ce que ressent le continent africainYasser Arafat est mort Afrik (consulté le 28 octobre 2006).

Au Salvador, un parc dans le centre-ville de la capitale a été rebaptisé à son nom pour lui rendre hommage Row over El Salvador Arafat park, BBC News, (consulté le 17 novembre 2006).

Une journée de deuil national est décrétée en Turquie le jour de ses funérailles.

États-Unis :

Aux États-Unis, les réactions sont partagées. Si le Christian Science Monitor, le Los Angeles Times ou le Washington Post voient en Arafat un leader palestinien, d’autres journaux conservateurs décrivent Arafat comme Synthèse de la presse américaine du 6 au 12 novembre 2004 Ambassade des États-Unis en France (consulté le 15 décembre 2006). Le président américain, George W. Bush, qui a présenté Arafat comme un obstacle à la paix, déclare "Nous espérons que l'avenir apportera la paix et la réalisation des aspirations à une Palestine indépendante et démocratique, en paix avec ses voisins"Les dirigeants internationaux présentent leurs condoléances Le Monde (consulté le 5 mars 2007).

Côté israélien, deux types de discours ont été prononcés. Shimon Pérès, qui avait participé aux accords d’Oslo avec Arafat, a employé un discours assez compatissant avec le peuple palestinien et qui insiste sur l'image du père : « les Palestiniens voient dans Arafat le père de leur nation. Comme un père, il a fait beaucoup pour ses enfants, mais il les a aussi protégés de façon excessive. Ses efforts incessants ont porté la cause palestinienne au premier rang des préoccupations mondiales (…). La mort d’un père crée toujours une profonde douleur, mais c’est aussi l’occasion pour les Palestiniens de se comporter comme un adulte en pleine maturité ». Ariel Sharon, Premier ministre israélien de l'époque, déclare que « Les récents évènements pourraient constituer un tournant historique au Proche-Orient. Israël est un pays qui cherche la paix et qui poursuivra ses efforts pour aboutir à un accord de paix avec les Palestiniens sans retard ». Le ministre de la Justice Yossef Lapid et l'ancien Premier ministre ont insisté sur l’image du terroriste. Yossef déclare « Je l’ai haï pour la mort d’Israéliens. Je l’ai haï pour n’avoir pas laissé le processus de paix (…) aller de l’avant. C’est l’une des tragédies du monde qu’il n’ait pas compris que le terrorisme qui a commencé ici s’est répandu au monde entier » et Barak « le règne d’Arafat était une tragédie pour son peuple et pour nous. Son but n’était pas de parvenir à la paix, mais d’entretenir le terrorisme et la violence. Il était et demeurera un dirigeant terroriste et corrompu ».

Conséquences Question de sa succession thumb|Mahmoud Abbas