Josiane Balašković, dite Josiane Balasko est une actrice, réalisatrice, scénariste, romancière, dialoguiste et costumière française née le à .

Elle fait partie de la troupe du Splendid. Au cours de sa carrière, elle est récompensée par trois César : celui du César du meilleur scénario original pour Gazon maudit en 1996 puis deux César d'honneur en 2000 et 2021.

Elle a également été nommée aux César de la meilleure actrice pour Trop belle pour toi (1989), Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes (1993), et Cette femme-là (2003).

Biographie Enfance et formation Josiane Balašković naît le à au 15, cité Malesherbes dans le de ParisActe de naissance .

Fille d'Ivan Balašković (1903-1964), un Croate né à Tordinci (en Croatie, alors en Autriche-Hongrie), et de Fernande Gattechaut (1911-1999), née à NiceJean-Louis Beaucarnot et Frédéric Dumoulin, Dictionnaire étonnant des célébrités, First Editions, 2015, page 30., Josiane Balasko grandit dans un milieu modeste. Elle vit avec ses parents, son frère aîné et ses grands-parents dans trois chambres de bonne séparées, avec eau sur le palierL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.44, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "Mes quatre premières années, je les ai passées, entassée avec mes parents, mes grands-parents et mon frère dans trois mansardes avec l'eau sur le palier. On devait sortir pour aller d'une pièce à l'autre.". Son père est veilleur de nuit. Elle est baptisée catholique le L'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.44, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "J'ai aussi un souvenir très précis de mon baptême, j'avais deux ans (avant on avait pas les sous) : j'étais en larmes parce que mes chaussures vernies me faisaient mal... Alors quand le curé a eu la bonne idée de me mettre du sel sur la langue, de rage je lui ai pissé dessus.".

En , ses parents quittent Paris pour tenir un restaurant pour ouvriers à Saint-QuentinL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.44, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "On avait déménagé pour Saint-Quentin, près d'une usine. On avait une pièce de 10 m² qui faisait resto, et l'autre un peu plus grande pour nous tous. Ma mère, qui faisait très bien la cuisine, a laissé tomber son boulot de représentante à vélo, pour se lancer dans la restauration. Elle a mis quatre tables et fait publier des tracts que j'ai gardés en souvenir... C'était : "À partir de 12 mai 54, plus besoin de gamelles - plats chauds à emporter - prix modérés", c'était émouvant.". En 1956, ils retournent à Paris, dans le , pour y tenir un restaurant plus grandL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "L'année de mes six ans, ils se sont installés dans un plus grand restaurant, entre la gare du Nord et la gare de l'Est. Mon père a quitté son boulot pour aider ma mère qui passait son temps à transpirer devant ses fourneaux à l'heure du coup de feu. Ils avaient une clientèle de postiers, de voyageurs et quelques habitués.".

À l'âge de huit ans, elle souffre de rhumatismes articulaires qui l'obligent, outre ses deux piqûres journalières de cortisone, à être alitée pendant six mois et à ne pas sortir de chez elle pendant un an, elle s'occupe en dessinantL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "J'ai eu des graves rhumatismes articulaires, on m'a soignée à la cortisone. Je suis restée six mois sans me lever, et un an sans sortir. Les clients venaient aider mes parents à me tenir pour les deux piqûres quotidiennes.".

Son père meurt d'un cancer du poumon alors qu'elle a quatorze ans, elle est alors élevée par sa mère et sa grand-mère à Neuilly-en-Thelle, une petite ville de l'Oise où sa mère a acheté l'Hôtel du centre, rue de Paris, une auberge appartenant à la famille MaillardL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "Ma mère, qui est une fonceuse, a acheté une auberge pourrie à 60 bornes de Paris, dans l'Oise, et on s'est installées là-bas. C'était un ancien relais de poste où on faisait noces et banquets. Ces trois femmes seules à la campagne, au départ ça a fait un peu jacasser... Les gens trouvaient ça étrange.". Juste avant la mort de son père, elle avait appris qu'elle avait un demi-frère en Yougoslavie. Elle passera désormais ses vacances familiales dans ce pays, puisant dans cette histoire l'inspiration de son film Demi-sœurEsther Leneman, « Les petites voix » sur Josiane Balasko, émission sur Europe 1, 24 août 2013..

Elle suit d'abord des cours de dessin à l'École des arts graphiques, mais échoue à l'examen d'entrée à l'École nationale supérieure des arts décoratifsL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "Recalée à 18 ans aux Arts Déco, y'avait pas de quoi faire l'intéressante...". Elle découvre sa vocation lorsqu'une amie l'emmène dans un de ses cours de théâtre de Tania Balachova. Elle décide alors de les suivre égalementL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "J'ai fini par croiser une ancienne copine qui m'a emmenée, moi et mon carton à dessin, au cours de Tania Balachova. Je suis restée." et devient caissière au Théâtre de Poche où elle joue égalementL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "Pour gagner ma croûte, j'étais caissière au Théâtre de Poche, et j'ai joué une mauvaise pièce pleine de sketches hippies à messages. Une horreur.". Après le décès de sa grand-mère et en froid avec sa mère, la jeune femme de vingt ans trouve refuge chez la comédienne Douchka..

Révélation comique (années 1980) Alors qu'elle est en tournée en province avec une troupe de théâtre pour enfants et qu'elle s'ennuie le soir dans sa chambre d'hôtel, Josiane Balasko écrit, à vingt-deux ans, son premier scénario, Quand je serai grande, je serai paranoïaqueL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : « Je m'ennuyais tellement que, tous les soirs, je tapais dans ma chambre d'hôtel ce que j'avais écrit la veille. Ca a donné Quand je serai grande je serai paranoïaque, ma première pièce »., qu'elle interprète avec une autre actrice prénommée Maryse au café-théâtre de l'OdéonL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, p.46, interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : « Je l'ai jouée, en 74, avec une fille qui s'appelait Maryse au café-théâtre de l'Odéon. ».

En 1976, elle rejoint la troupe du Splendid où elle remplace Valérie Mairesse dans Le pot de terre contre le pot de vin puis y joue dans Ginette LacazeL'Hebdo Cinéma, , semaine du 20 au 26 mars 1985, , interview de Josiane Balasko par Leslie Bedos : "En 76, j'ai remplacé Valérie Mairesse dans Le Pot de terre contre le pot de vin avec l'équipe du Splendid, et j'ai enchaîné avec Ginette Lacaze avec Miou-Miou, Coluche, Lanvin et Lamotte ». Dans sa jeunesse, elle joue principalement des rôles d'anti sex-symbol. Elle côtoie dans la troupe du Splendid Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Bruno Moynot et Michel Blanc.

En 1985, elle passe pour la première fois à la réalisation en signant la comédie acide Sac de nœuds, dont elle partage l'affiche avec Isabelle Huppert. Dans sa deuxième réalisation en 1987, la comédie policière Les Keufs, elle forme un tandem d'inspecteurs avec l'acteur ivoirien Isaac de Bankolé.

Comme actrice, c'est en 1989, grâce à Bertrand Blier, qu’elle quitte le registre de faire-valoir pour incarner, dans Trop belle pour toi, la maîtresse d'un riche agent commercial – le rôle est tenu par Gérard Depardieu – qui a pour épouse Carole Bouquet. Son interprétation lui vaut sa première nomination au César de la meilleure actrice.

Reconnaissance critique (années 1990) Elle revient à la comédie noire comme réalisatrice en 1991 avec Ma vie est un enfer, où elle joue une trentenaire dépressive face à Daniel Auteuil. Mais c'est en 1993 qu'elle décroche sa seconde nomination au César de la meilleure actrice, grâce au rôle principal de la comédie Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, de Jean-Jacques Zilbermann.

Elle enchaîne avec un autre succès, en 1995, cette fois comme actrice, scénariste et cinéaste. Ou elle joue une lesbienne dans la comédie Gazon maudit avec Alain Chabat. Elle est récompensée par le César du meilleur scénario en 1996 (partagé avec Telsche Boorman). Le film est aussi nommé dans les catégories meilleur film, meilleur acteur et meilleur acteur dans un second rôle.

Elle s'offre alors des premiers rôles dans des comédies fidèles : en 1997, elle tient le rôle-titre de la comédie Arlette, sous la direction de Claude Zidi. L'année suivante, elle livre sa cinquième réalisation, la comédie Un grand cri d'amour, qui l'oppose cette fois à Richard Berry. En 1999, elle mène la comédie d'aventure Le Fils du Français, de Gérard Lauzier. En 2001, elle partage l'affiche de Un crime au Paradis, de Jean Becker, avec Jacques Villeret. Elle essuie cependant un échec critique et commercial cette même année, la comédie Absolument fabuleux, adaptation de la série télévisée anglaise Absolutely Fabulous dont elle partage l'affiche avec Nathalie Baye.

Passage au registre dramatique (années 2000) vignette|droite|L'actrice avec son César d'honneur aux côtés de Daniel Auteuil, Catherine Deneuve et Karin Viard aux César, en 2000. La décennie débute avec la remise d'un César d'honneur en 2000, saluant l'ensemble de sa carrière.

En 2003, elle impressionne en tête d'affiche du polar Cette femme-là, réalisé par Guillaume Nicloux. Sa performance en enquêtrice lui vaut sa troisième nomination au César de la meilleure actrice.

Deux ans plus tard, elle adapte sa propre pièce de théâtre au cinéma, L'Ex-femme de ma vie, dont elle partage l'affiche avec Thierry Lhermitte et Karin Viard. La même année, elle poursuit dans un registre dramatique en jouant Marguerite Duras dans le drame historique J'ai vu tuer Ben Barka, mené par Charles Berling. Mais surtout, elle retrouve la bande du Splendid pour Les Bronzés 3 : Amis pour la vie, dernier chapitre de la trilogie, toujours sous la direction de Patrice Leconte.

En 2008, c'est comme réalisatrice qu'elle se lance dans le drame : avec son septième film, Cliente, elle dirige Nathalie Baye et se confronte à un sujet rarement traité au cinéma, celui de la prostitution masculine. L'année suivante, elle joue le rôle-titre de la comédie dramatique Le Hérisson, réalisée par Mona Achache.

Seconds rôles (depuis 2010) vignette|upright=0.9|Josiane Balasko en , au théâtre de Namur. À partir de la décennie 2010, elle va se voir confier surtout des seconds rôles dans des comédies, parfois dramatiques : en 2011 dans la comédie Beur sur la ville, de Djamel Bensalah puis Un heureux événement, de Rémi Bezançon. En 2012, elle joue la mère revêche de Mathilde Seigner et Marina Foïs dans Maman d'Alexandra Leclère. Puis en 2013, elle apparaît dans Les Gazelles, de Mona Achache.

Retour aux premiers rôles en 2012 pour la comédie dramatique Mes héros, d'Éric Besnard, aux côtés de Gérard Jugnot. C'est avec Michel Blanc qu'elle aborde ensuite le sujet du handicap mental avec le drame Demi-sœur, dont elle est également la réalisatrice.

En 2015, elle fait partie du casting choral de la comédie populaire Le Grand Partage, d'Alexandra Leclère. L'année suivante, dans Joséphine s'arrondit, elle joue le rôle de la mère de l'héroïne, incarnée par sa propre fille, Marilou Berry.

En 2016, elle connaît un nouveau succès comique populaire en incarnant une mère à la fois touchante et énervante dans Retour chez ma mère, d'Éric Lavaine.

En 2019, elle figure au casting de la comédie All Inclusive, de Fabien Onteniente.