Dominique Voynet Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API., née le à Montbéliard (Doubs), est une femme politique française, membre des Verts puis des Écologistes.
Elle est candidate des Verts aux élections présidentielles de 1995 (3,3 %) et de 2007 (1,6 %). Après avoir été députée puis ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement de 1997 à 2001, elle est sénatrice (2004-2011) et maire de Montreuil (2008-2014).
Médecin anesthésiste, nommée inspectrice générale des affaires sociales au tour extérieur en 2014, elle est à la tête de l'Agence régionale de santé de Mayotte de 2020 à 2021.
Elle est à nouveau élue députée dans le Doubs lors des élections législatives françaises de 2024.
Biographie Famille Dominique Marie Denise Voynet naît le à Montbéliard dans le département du Doubs du mariage de Jean Voynet, professeur, et de Monique Richard, directrice d'écoleWho's Who in France, édition 2015, ...
Elle est mère de deux filles : Marine et Jeanne.
Carrière de médecin Après avoir obtenu son baccalauréat, elle entame des études de médecine qu’elle achève à l’âge de . Pendant ses études supérieures à la faculté de médecine de Besançon (1977-1982)., Dominique Voynet est infirmière de nuit, syndiquée à la CFDT. Elle fait des remplacements de médecins généralistes, puis spécialistes (1981-1985), se syndique au Syndicat de la médecine générale.
Son diplôme de docteur en médecine obtenu avec un certificat d'études spécialisées en anesthésie-réanimation, elle est anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Dole de 1985 à 1989.
Militantisme écologiste Elle commence son militantisme écologique au sein de l'Association belfortaine de protection de la nature, combat les centrales nucléaires de Fessenheim et de Creys-Malville ainsi que la déforestation des Vosges.
Participant aux émissions de Radio ondes rouges, animatrice de Besançon écologie et du collectif Saône vivante-Doubs vivant, elle adhère également à Amnesty International. Son engagement pacifiste et écologiste se poursuit avec son adhésion au Front de lutte antimilitariste (FLAM) et aux Amis de la Terre - France, association qui avait investi le champ électoral et qui était devenue une des principales composantes de l'écologie des années 1970, sous l'impulsion de Brice Lalonde.
Elle fait partie, à Clichy en 1984, des fondateurs du parti Les Verts., né de la fusion du Parti écologiste (auparavant Mouvement d'écologie politique / MEP) et de la Confédération écologiste.
Ascension politique Chef de file des Verts de Besançon en 1985, elle est élue députée européenne le . Elle abandonne cette fonction le et devient alors porte-parole nationale des Verts.. Au sein du parti, elle fait partie des animateurs de la tendance « Les Verts pluriel » (1990-1994).
Porte-parole de l'opposition à Antoine Waechter au sein des Verts, elle remporte la victoire sur celui-ci en 1993, lors de l'assemblée générale de Lille, au cours de laquelle les Verts décident de négocier des alliances électorales de premier tour, à gauche exclusivement. C'est la fin de la théorie du « Ni, ni », qui estimait que les Verts pouvaient s'allier avec l'un ou l'autre camp selon les offres faites. Ce changement de stratégie, et les fortes tensions qui s'ensuivent au sein du mouvement, entraîneront un an plus tard le départ d'Antoine Waechter, qui fonde le Mouvement écologiste indépendant.
En 1992, Dominique Voynet est élue conseillère régionale de Franche-Comté, poste qu'elle quitte en 1994 pour se consacrer à la campagne présidentielle de 1995. Elle est en effet la candidate des Verts mais aussi d'une alliance à la « gauche de la gauche » comprenant l'Alternative rouge et verte (un parti héritier du PSU), et la Convention pour une alternative progressiste.
Élection présidentielle de 1995 Candidate des Verts à l’élection présidentielle de 1995, elle obtient au premier tour 3,32 % des suffrages ().. Conformément aux décisions de son parti, elle n'appelle pas à voter au second tour pour le candidat socialiste, Lionel Jospin.
Ministre de l'Environnement thumb|Dominique Voynet en 2005. Dans le cadre des accords passés entre les Verts et le PS pour les élections législatives françaises de 1997, elle est élue députée de la du Jura, battant le sortant, Gilbert Barbier (UDF). Elle entre dans le gouvernement de Lionel Jospin, dit de la « Gauche plurielle », comprenant les écologistes et des représentants des différentes formations de la gauche parlementaire. Nommée ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement (poste qu'elle conserve jusqu'en 2001), elle devient ainsi la première ministre issue des Verts dans une équipe gouvernementale en France.
Son passage au ministère de l'Environnement est marqué par l'adoption du protocole de Kyoto () où elle défend une position européenne forte aux côtés d'Angela Merkel, alors ministre de l'Environnement en Allemagne, et par la tenue d'une série de réunions des Nations unies sur le changement climatique, en vue de la mise en œuvre de ce texte. Ainsi, la internationale sur le climat se tient en à La Haye, alors que la France préside l’Union européenne. En tant que chef de la délégation européenne, Dominique Voynet y tient tête aux exigences américaines et se félicite d'avoir évité la conclusion d'..
En 1998, elle milite au sein du gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin pour l'arrêt de Superphénix.., affirmant en commission d'enquête parlementaire le que Superphénix traduisait la et . Elle a affirmé, dans un exposé préliminaire, que la construction de cette centrale de 1.200 MW avait été décidée par une , bercée par des prévisions complètement fausses, telles que l'augmentation de la consommation d'électricité deux fois supérieure à la réalité ou une flambée des prix de l'uranium..
Elle fait voter la loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire, dite « loi Voynet », qui reconnaît l'intérêt des pays. Au titre de la compétence de son ministère dans l'aménagement du territoire, elle négocie des contrats de plan État-régions intégrant des mesures de diversification des modes de transport ou en faveur des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique.
La loi sur la chasse qu'elle fait également voter vise notamment à définir les conditions d'un usage partagé des espaces naturels et ruraux entre les chasseurs et les autres usagers. Elle instaure un et permet à tout citoyen qui le désire, en rupture avec les dispositions de la loi Verdeille (1964), de s'opposer à l'inclusion de ses propriétés dans le territoire d'une association communale de chasse agréée, en raison de ses convictions personnelles. Le rôle de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, établissement public de l'État, est renforcé dans le domaine des études et des actions techniques ainsi que de la police de la chasseLoi -698 du 26 juillet 2000..
Dominique Voynet est critiquée pour avoir permis la création du Laboratoire de recherche sur le stockage géologique des déchets nucléaires à Bure (Meuse).
Elle est enfin critiquée à la suite de l'inscription par le ministre de l'Agriculture d'une variété d'OGM (le Maïs Bt) au catalogue officiel des espèces autorisées à la culture en France. Elle obtient cependant que cette forme d'autorisation ne soit accordée qu'à cette seule variété et pour une durée de trois ans. Pour toutes les autres espèces, un moratoire est décidé.
Lors de la marée noire consécutive au naufrage de l'Erika, en vacances sur l'île de la Réunion, Dominique Voynet est interrogée par France Soir pour son absence sur les lieux du sinistre. « Ma présence sur place avec un ciré et des bottes ne servirait à rien », rétorque-t-elle, en refusant d'interrompre ses congés.. Elle déclare par la suite en se rendant sur les côtes souillées par les hydrocarbures qu'il ne s'agit .. L'événement ayant causé une grande émotion dans le public, cette remarque lui est aussi beaucoup reprochée. Plus tard, afin de se défendre, elle accusera Météo France et tous les services de l’État de lui avoir menti..
Lors d’une négociation à Bruxelles en 2000, alors que la France tout comme le Royaume-Uni souhaitent que l’énergie nucléaire fasse partie des technologies considérées comme propres dans le mécanisme de développement propre (MDP) prévu par le protocole de Kyoto, elle désobéit à son mandat et rapporte de manière erronée la position anglaise pour arriver à ses fins. Dans le cadre de la crise énergétique mondiale de 2021-2023 une séquence tirée d’un documentaire est diffusée sur les réseaux sociaux et lui vaut . Selon le documentaire, Dominique Voynet . Interrogée sur ce point, Dominique Voynet assume avoir, en tant qu’antinucléaire, favorisé cette clause et que le ministère des affaires étrangères soutenait son intervention. Une contre-enquête du journal Libération concluait que Dominique Voynet aurait exagéré son rôle dans ces négociations et que l'inclusion du nucléaire dans les MDP n'aurait eu qu'une valeur symbolique et donc sans influence sur le développement de cette industrie...
Dominique Voynet ne peut faire aboutir son projet de réforme de la politique de l'eau, préparé depuis et adopté en conseil de ministres le . Élue secrétaire nationale des Verts., elle démissionne du gouvernement le ; elle est remplacée à son poste de ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement par Yves Cochet.
Après le gouvernement C'est en tant que cheffe de parti qu'elle anime les campagnes électorales de 2002, dont celle de la présidentielle, pour laquelle Noël Mamère est le candidat du parti. Dans un contexte difficile, il franchit pour la première fois la barre des 5 % (, soit 5,24 %).
À nouveau candidate à la députation dans la du Jura lors des élections législatives de , elle bénéficie du soutien du PS, du PCF et du PRG, mais elle est battue au second tour par son adversaire de droite, Jean-Marie Sermier (UMP).
L'assemblée fédérale de Nantes () ayant fait la critique de la fin de la période de participation gouvernementale, elle se retrouve mise en minorité. En , Gilles Lemaire lui succède.
En 2004, elle déclare dans le journal Le Monde qu'elle est en négociation avec le PS pour obtenir un siège sénatorial en Seine-Saint-Denis, négociation menée de son propre chef, en dehors des Verts. C'est néanmoins dans le cadre d'accords entre les Verts et le PS, qu'elle est élue sénatrice de ce département. à l'instar de Jean Desessard et d'Alima Boumediene-Thiery à Paris. Elle rejoint ainsi au Sénat Marie-Christine Blandin, élue du Nord, jusqu'alors unique sénatrice verte.
Élection présidentielle de 2007 thumb|Cécile Duflot et Dominique Voynet en 2007.
Candidate à l'investiture pour les Verts à l'élection présidentielle de 2007, Dominique Voynet arrive en tête du premier tour, devant Yves Cochet. Le second tour de la primaire n'ayant pas réussi à la départager d'Yves Cochet (deux voix les séparent, pour une participation de 60,85 %), un nouveau second tour est organisé. Dominique Voynet l’emporte finalement avec une avance de sur Yves Cochet.
Candidate officielle des Verts pour l'élection présidentielle de 2007, elle est créditée de quelque 2 % d'intentions de vote par les sondages. Au soir du premier tour, (1,57 %) se portent sur son nom, publiée au JORF du .. Elle appelle à voter au second tour pour la candidate du PS, Ségolène Royal.
Maire de Montreuil thumb|Dominique Voynet, Mouna Viprey et les candidats de la liste « Montreuil, Vraiment ! » en 2008, à la mairie de Montreuil. Le , elle annonce sa candidature aux élections municipales de 2008 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Elle s’oppose au maire sortant, Jean-Pierre Brard, soutenu par le PCF, le PRG et le Parti socialiste (après que celui-ci a hésité entre lui et Dominique Voynet, qui avait demandé son soutien)..