L’histoire militaire de l'Australie est relativement courte et, pourtant, depuis les 220 ans qu'a commencé la colonisation européenne, l'Australie a été impliquée dans de nombreux conflits et guerres. Au début, les affrontements entre Aborigènes et Européens, puis, au , la participation aux guerres du Royaume-Uni, ensuite la participation à la Première Guerre mondiale puis la Seconde Guerre mondiale lors de la première moitié du , les guerres de Corée, de Malaisie, de Bornéo et du Viêt Nam pendant la guerre froide, ont fait que près de ont trouvé la mort à la guerreCe nombre ne tient pas compte des pertes pendant les guerres internes entre Aborigènes et Européens. Voir Coulthard-Clark 1998, p. v.. Après la guerre du Viêt Nam, les forces australiennes sont devenues de plus en plus impliquées dans le maintien de la paix internationale, à la fois pour l'Organisation des Nations unies et pour d'autres organisations, notamment dans le golfe Persique, au Rwanda, en Somalie, au Timor oriental et dans les îles Salomon, et elles ont également pris part aux conflits en cours en Irak et en Afghanistan au début de . Au cours de ces conflits, les soldats australiens surnommés les Diggers, ont souvent été appréciés pour leurs qualités aux combats et humanitairesGrey 1999, .. Il faut savoir que pendant la plus grande partie du siècle dernier, l'action militaire a été l'une des plus grandes expériences communes vécues par les blancs en Australie, et même si la situation est en train de changer, elle continue toujours d'influencer la société australienne.

Les guerres et les actions militaires ont fortement influencé l'histoire australienne. En effet, l'identité nationale et l'éthique australienne ont été en grande partie construites sur une conception idéalisée de l'expérience australienne de la guerre et du caractère du soldat australien. Cette mythologie est allée de pair avec deux aspects durables de la culture australienne : le bandwagoning stratégique avec un allié puissant et les guerres loin du sol natal. Ces tendances, bien que sans doute l'expression de la situation d'une puissance moyenne géographiquement retirée des centres de pouvoir du reste du monde ont été de remarquables fonctionnalités constantes dans l'histoire du pays. Pour se sentir sure, l'Australie a d'abord mené une politique militaire étroitement liée à la Grande-Bretagne jusqu'à ce que la crise japonaise de 1942 l'ait fait se tourner, comme c'est encore le cas aujourd'hui, vers une alliance avec les États-Unis. Les Australiens ont souvent été confrontés au dilemme de la défense d'un pays étranger alors que leur pays était sous la menace et cela a eu pour conséquence, qu'ils ont souvent été impliqués dans des guerres hors de leurs frontièresGrey 1999, .. En dépit de ces habitudes de guerres étrangères, l'excès de confiance dans ses capacités est une habitude de l'Australie qui, souvent, n'est pas préparée pour les grands problèmes militairesVoir Evans 2005 pour une réflexion sur la stratégie australienne.

Début de la guerre coloniale

thumb|upright=1.5|Affiche publiée en Tasmanie au cours de la guerre noire illustrant la politique d'amitié et l'égalité de la justice. La "guerre noire"

En 1826, la population autochtone de Tasmanie avait commencé une résistance violente à l'expansion des colonies britanniques. En 1828, le gouvernement colonial estima cette résistance suffisamment grave pour imposer la loi martiale. Par la suite, l'action militaire a été dénommée Guerre noire ("Black War"). En 1830, le colonel George Arthur exécuta un plan connu sous le nom de "Black Line", qui visait à rabattre l'ensemble de la population autochtone sur deux péninsules. Le plan fut un échec désastreux. Il s'acheva par la capture de deux membres de la communauté autochtone, un jeune enfant et un vieillard. Les Anglais, semble-t-il, n'avaient pas assez d'expérience de la géographie des lieux et les autochtones ont facilement réussi à briser la ligne et à s'échapper sans être capturés. Les hostilités se sont poursuivies jusqu'en 1832. Les efforts suivants vont aboutir à ce qui a été appelé le seul génocide jamais réussi de l'histoire. La population autochtone fut finalement parquée dans des réserves minuscules et laissée à l'abandon. Entre la maladie et le vol de leurs enfants, les aborigènes de Tasmanie disparurent des "peuples libres". Il reste tout de même un nombre important de d'aborigènes ou de métis en Tasmanie.

La "bataille de Pinjarra"

En 1834, en réponse à une résistance violente d'une tribu aborigène à l'expansion des colonies britanniques en Australie-Occidentale, le capitaine James Stirling lança la bataille de Pinjarra près de la ville de Pinjarra. La tribu Nyungar, y compris les femmes et les enfants, fut poursuivie, encerclée et tirée au fusil. Les survivants furent ensuite brièvement emprisonnés et libérés en signe de bienveillance de l'Empire.

Les guerres de Nouvelle-Zélande (1861-1864) La guerre du Taranaki

En 1861, le navire Victoria alla aider le gouvernement colonial de Nouvelle-Zélande dans sa guerre contre les Maoris dans la province du Taranaki. Après avoir terminé son rôle, un de ses marins fut tué.

L'invasion du Waikato

À la fin de 1863, le gouvernement colonial de Nouvelle-Zélande demanda des troupes pour aider à l'invasion de la province du Waikato. Environ furent recrutés dans les colonies du Queensland, Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et de Tasmanie, plus de la moitié d'entre eux venant du Victoria. Pendant cette guerre, environ 31 Australiens furent tués.

Soudan (mars-juin 1885)

Au cours des premières années 1880, le régime égyptien au Soudan, appuyé par les Britanniques, se trouva menacé par une rébellion dirigée par un autochtone, Muhammad Ahmad (ou Ahmed), connu sous le nom de Mahdi par ses disciples. En 1883, les Égyptiens envoyèrent des forces armées pour faire face à la révolte. Toutefois, les Égyptiens furent repoussés et eurent beaucoup de peine pour faire revenir leurs troupes. Le gouvernement britannique envoya le général Charles Gordon pour prendre en main la question, mais il fut tué le . Quand la nouvelle de sa mort arriva en Nouvelle-Galles du Sud en , le gouvernement de la colonie proposa d'envoyer un contingent de forces locales et de prendre en charge les dépenses du groupe. Le groupe se composait d'un bataillon d'infanterie de 522 hommes et 24 officiers ainsi que d'une batterie d'artillerie de 212 hommes. Il partit de Sydney le . Il arriva à Suakin au Soudan le , et fut rattaché à une brigade composée de soldats du Régiment royal d’Écosse, de Grenadiers et de Coldstream Guards. Ils marchèrent sur Tamai à à l'intérieur des terres un village où s'était déroulée le de l'année précédente, la bataille de Tamai et, le village atteint, brûlèrent les huttes encore debout et retournèrent à Suakin. Les Australiens eurent 3 blessés. Après cela, la plupart des soldats du contingent de Nouvelle-Galles du Sud travailla à la construction d'une ligne de chemin de fer qui devait traverser le désert jusqu'à Berber, une ville sur le Nil. Les Australiens furent affectés à la garde des travaux, mais bientôt un corps de chameliers fut formé et recueillit 50 australiens volontaires. Ils partirent en reconnaissance sur Takdul le . Le , ils firent une dernière sortie pour enterrer les morts de la bataille de Tamai. L'artillerie fut affectée à Handoub pendant un mois, mais, le , elle rejoignit le camp de Suakin. Les seules victimes furent dues à des maladies. En , le gouvernement britannique décida que la campagne au Soudan ne valait pas la peine d'être prolongée et se contenta de laisser une garnison à Suakin. Le contingent australien appareilla pour le pays le . Il arriva à Sydney le .

Seconde guerre des Boers (1899-1902)

La deuxième guerre des Boers fut le résultat de l'implantation de colons britanniques sur des domaines déjà occupés par les Afrikaners - qui étaient connus familièrement sous le nom de Boers (« agriculteurs ») - descendants des premiers colons néerlandais.

En effet la Compagnie néerlandaise des Indes orientales avait créé un comptoir dans la région du Cap pour permettre le ravitaillement de ses navires en route vers ou de retour des Indes Orientales. Ce comptoir s'était étendu et la région fut mise en valeur par des paysans hollandais. Mais à la suite du déclin hollandais et de la faillite de la Compagnie des Indes (voir l'article : Quatrième guerre anglo-néerlandaise), la Grande-Bretagne entreprit d'annexer et de coloniser la région ce qui créa rapidement une rivalité entre les deux populations. Cette rivalité fut exacerbée par la découverte d'or et de diamants en République sud-africaine, lorsque de nombreux mineurs britanniques, y compris australiens, immigrèrent dans le pays.

Avant la formation de la Fédération australienne et de l'armée nationale, les six gouvernements coloniaux australiens envoyèrent des contingents séparés en Afrique du Sud pour servir dans la deuxième guerre des Boers. Ces soldats étaient payés par le gouvernement britannique et, en tant que tels, faisaient techniquement partie de l'armée britannique.

En juillet 1899, au cours de la longue période de préparation à la guerre, le Queensland offrit des troupes. Toutefois, le premier détachement, envoyé en , fut connu sous le nom de Australian Regiment, et était une unité d'infanterie, composée principalement de volontaires des colonies du Victoria, Tasmanie, Australie-Méridionale et Australie-Occidentale, qui quitta l'Australie sur un seul navire pour la ville du Cap. En raison de la façon dont la guerre se préparait, ces troupes ont été converties de l'infanterie à l'infanterie montée, combattant à pied mais se déplaçant à cheval. Elles ne furent pas impliquées dans la défaite britannique de la Semaine Noire (Black week) (du 10 au ) lorsque furent tués ou blessés dans trois batailles.

Environ 500 membres de l'infanterie montée du Queensland et des lanciers de Nouvelle-Galles du Sud prirent part au siège de Kimberley en février 1900 et un bataillon de cavalerie de Nouvelle-Galles du Sud joua un rôle mineur à Paardeburg.

Après la défaite des républiques Afrikaners, les Afrikaners formèrent des Commandos qui ont perturbèrent les mouvements de troupes et les lignes d'approvisionnement de l'Empire britannique. Les Afrikaners utilisèrent le dernier modèle de fusils à poudre sans fumée et ont été en mesure de tirer l'infanterie impériale, qui connut une période difficile d'adaptation à ce style de guerre.

Cette nouvelle phase de résistance des forces afrikaners conduisit le gouvernement britannique à recruter davantage dans les colonies australiennes. Connus sous le nom de Bushmen's Contingents (Contingents d'hommes du Bush), ces soldats étaient généralement des bénévoles pratiquant avec brio l'équitation et le tir mais n'ayant pas d'expérience militaire. Après la création de la Fédération australienne en 1901, huit bataillons de cavalerie furent envoyés d'Australie.

Bon nombre de ces unités australiennes ont eu une période de service de courte durée et ont été soumises à de fréquentes restructurations. Certains Australiens ont également rejoint des unités militaires locales telles que le Bushveldt Carbineers au lieu de retourner en Australie. C'est dans cette unité que servirent les lieutenants Harry "Breaker" Morant et Peter Handcock avant de passer en cour martiale et d'être fusillés pour crimes de guerre après avoir tué des prisonniers.

Au milieu de l'année 1901, les unités de l'Empire britannique organisèrent des expéditions de nuit pour attaquer les fermes ou campements Boers, écrasant un petit nombre d'Afrikaners avec un nombre supérieur de combattants. Dans les derniers mois de 1901, les cavaliers de Nouvelle-Galles du Sud parcoururent , furent impliqués dans 13 accrochages et eurent 5 morts et 19 blessés. Ils avaient tué 27 Boers, en avaient blessé 15 et capturé 196.